Christian, retour vers le futur ? (Planète Catch n°47, Août 2012)

À nouveau auréolé d’une ceinture, sa quatrième levée intercontinentale, Christian a incontestablement réalisé un retour gagnant. Au vu du manque de main eventers confirmés dans l’écurie bleue, il pourrait très vite viser la ceinture poids lourds. Sans même avoir à quémander un « one more match » ?

Une petite période d’indisponibilité et ça repart ! Blessé à la nuque début novembre 2011 suite à un Chokeslam du Big Show, détruit précédemment par Sheamus à Hell In A Cell après avoir tenté de se hisser au niveau de Randy Orton une bonne partie de l’année, l’auto proclamé Captain Charima ne recevait en ce temps-là qu’insultes et huées de la foule. Une époque déjà révolue.

L’éternelle influence d’Edge

Il a suffit d’une seule soirée pour que la magie et l’affection se réinstalle entre le héros canadien et les fans américains. Une reconquête en deux étapes lors du PPV Over The Limit : d’abord un succès dans une bataille royale pour déterminer l’aspirant au titre intercontinental puis la domination du tenant du titre alias Cody Rhodes, le « fils de » le plus fringant et détestable à la fois. Comparativement au melon que se traîne le rejeton de l’American Dream, l’ego de Christian a la dimension d’une cerise.

Si cette nuit de couronnement et sa brillante défense de titre à No Way Out ont fortement contribué à la fin de ce désamour, l’origine de ce changement d’attitude est étroitement liée à Edge. Plus précisément à l’intronisation de la Rated-R Superstar au Hall Of Fame de la WWE. Auteur d’un discours très émouvant en l’honneur de son « frère » d’armes, Christian a ressenti l’importance que peut revêtir le soutien du public. Et la versatilité de celui-ci. Ainsi les coups tordus et diverses manigances du 11 fois Champion du monde (titres poids lourds et wwe confondus) n’ont-ils pas généré de griefs de la part des fans, car si Edge a souvent triché pour parvenir à ses fins il n’a jamais bradé son investissement dans son sport. Une passion plus qu’un métier. Déterminé à suivre son exemple, Captain Charisma dispose du luxe du temps pour gommer son image de vilain petit geignard. Et convaincre enfin le WWE Universe de sa place parmi les grands.

Reconnu comme une légende par la TNA

Toute la difficulté réside dans cet objectif. Dépasser le rang de « bon petit catcheur » pour être accepté parmi les leaders de son temps. Une mission semée d’embûches à laquelle les catcheurs techniques sont plus particulièrement confrontés. Eddie Guerrero, Chris Jericho ou Chris Benoit ont tous entendus un jour ce commentaire « Sportivement tu es le meilleur, mais tu n’es pas une Superstar ». Comprendre par là un homme doté d’un fort charisme, d’un talent oratoire élevé, capable de faire se déplacer les foules sur son seul nom. Chacun est finalement parvenu à acquérir les codes supplémentaires nécessités par la profession.

Pour l’heure, Christian demeure un petit poisson dans un grand étang, une situation stable depuis son retour dans la Big League début 2009, et ce malgré deux règnes (éphémères) de Champion poids lourds. Or, pour avoir connu les joies du statut de star au sein de la concurrente floridienne de 2005 à 2008, il pourrait céder à la tentation de redevenir un squale dans un petit aquarium. La compagnie de Dixie Carter n’a d’ailleurs jamais tari d’éloges sur le maître du Killswitch, considéré comme une véritable légende du circuit. Quand la WWE choisit de situer son come-back lors d’un pauvre show ECW en février 2009, la TNA lui consacre un segment majeur au cœur du PPV Genesis en 2005. Un mois plus tard, Christian dispute la place de challenger numéro un à l’éternel prétendant Monty Brown lors de Turning Point. Deux mois passent et le voici couronné de l’or mondial après un succès sur Jeff Jarrett. Soit un laps de temps très mince par rapport à celui qu’il a dû attendre pour toucher une ceinture de premier ordre à Stamford. Et encore a-t-il fallu (déjà) la blessure d’Edge pour qu’il soit propulsé concurrent au sésame.

Preuve que le climat d’Orlando lui est toujours aussi propice, Captain Charisma a été invité à participer au Slammiversary marquant les dix ans de l’existence de la compagnie. Les semaines précédant cette apparition historique (au sens où un catcheur sous contrat avec la WWE aille sur les écrans de la concurrence), Impact Wrestling égrenait les dix moments les plus importants de l’histoire de la TNA. Au cinquième rang, l’arrivée originelle du Canadien a fière allure. Qu’en sera-t-il de la place que lui attribuera la WWE au moment de célébrer la 1000e édition de Raw ?

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