Nexus/Corre, des lendemains qui déchantent ? (Planète Catch n°40, Janvier 2012)

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Plusieurs mois après la double dissolution des groupes Nexus et Corre, les anciens membres connaissent des fortunes diverses. Certains sont en pleine lumière et ne tarderont pas à viser les sommets, d’autres sont retombés dans l’anonymat et ont bien du mal à se réinventer. Revue d’effectif.

Tout avait commencé avec perte et fracas un soir de juin 2010. Tout s’est éteint dans un silence des plus assourdissants au coeur de l’été 2011. The Corre, premier disparu, ne survit pas plus d’un mois à la désertion d’Ezekiel Jackson. Lorsque ce dernier chasse le leader, Wade Barrett, du trône intercontinental, la belle entente de l’Anglais avec le duo Justin Gabriel-Heath Slater vole en éclats. Quant à la Nexus, devenue New Nexus en chemin par l’entremise de CM Punk, sa disparition fut progressive et causa peu de vagues. Déjà, lors de son mythique discours du 27 juin dernier, le leader StraightEdge se pose en porte-drapeau des opprimés de la WWE et ne parle pas au nom des siens. Il n’arbore pas d’ailleurs une marque de reconnaissance du clan mais un t-shirt de Stone Cold Steve Austin. Tout au long de sa course au titre, Punk avance seul, bien qu’il soit encore mentionné comme leader de Nexus. Plus pour longtemps. Lorsque la WWE le réengage, c’est seulement en tant que Best In The World qu’il confronte Cena. Alors Champions Tag Team, David Otunga et Michael McGillicutty décident d’abandonner toute marque d’identification au groupe.

 L’art d’exister par soi-même

Peu de temps après, le duo perd les ceintures et se sépare. Depuis lors, tous les anciens membres visent le même objectif : conserver les projecteurs braqués sur eux. Mais l’opération n’est pas aisée. Il est facile de capter l’attention en désossant une cible telle une meute de loups, bien moins évident d’impressionner l’assistance dans des oppositions à un contre un. Dans cette analyse, nous n’incluons pas John Cena et CM Punk, étant entendu que Nexus ne constitue pour eux qu’une péripétie dans des carrières bien remplies. En revanche, on peut s’interroger sur le devenir de catcheurs découverts à travers le prisme du groupe.

Dans la catégorie reconversion, Wade Barrett ne semble pas trop avoir de souci à se faire. Celui à propos duquel Chris Jericho a dit « Je ne lui ai rien appris puisqu’il savait déjà tout » s’est fort bien accomodé de la perte du titre intercontinental en juin. Mieux, il a promis lors du SmackDown du 21 octobre que c’en était fini d’alliances avec des légions de parasites, que désormais il avancera seul et ses opposants se briseront sur The Barrett Barrage, un peu l’équivalent du Hall of Pain de Mark Henry. Depuis cette déclaration, seul Randy Orton a contrarié sa série de victoires. Quant à ses vélléités de soliste, certes Barrett les a mises entre parenthèses le temps des Survivor Series, mais il était encore leader de son équipe. Comme si ce poste lui incombait naturellement. On ne peut en dire autant d’Ezekiel Jackson, longtemps confiné dans le rôle de la force brute  indispensable à tout clan. Lassé d’être un bodyguard, quand ce n’est pas un laquais, le dernier Champion de l’histoire de la ECW a pris le taureau par les cornes. Malgré un court règne intercontinental, son parcours post-Corre peut être qualifié de très prometteur. Capable de hisser Great Khali sur ses épaules pour lui porter un Torture Rack ou de demeurer parmi les derniers participants à des batailles royales devant désigner le prétendant au titre poids lourds, Ezekiel redouble d’efforts pour conserver un statut de star en devenir. Un temps cantonné au show SuperStars, The Personification of Domination est revenu mettre son grain de sel dans le show bleu. Puissant, déterminé et soutenu par le public, il a tout pour être un des hommes forts de l’année 2012. Daniel Bryan le côtoiera-t-il au sommet ? Celui qu’on surnomme The American Dragon possède une arme bien pratique : la malette du Money In The Bank, jusque là toujours synonyme d’or autour de la taille. Patient, l’ancien Champion de la Ring of Honor commence tout doucement à sortir de l’ombre. Il est déjà passé près d’utiliser son droit à un match de championnat mondial. Sera-t-il le premier homme à ne pas transformer l’essai ?

Des absences rédhibitoires ?  

Être le plus performant sur le ring n’est pas le seul moyen de crever l’écran. Il faut aussi utiliser son intelligence pour être apprécié des dirigeants de la fédération. Opportunément, David Otunga s’est rappelé de ses études de droits pour soutenir la fronde mené par un groupe de catcheurs à l’encontre de Triple H. Ainsi il ne se passe plus une semaine sans que le juriste de fortune ne distille ses conseils au GM de Raw, John Laurinaitis, ennemi notoire du Game. Changement de cap définitif pour ce catcheur seulement âgé de 31 ans ? Ne parions pas trop là-dessus tant Otunga possède des arguments autres que juridiques pour s’imposer. Certes l’efficacité d’une stratégie ne se juge qu’a posteriori mais la voie choisie par Heath Slater et Justin Gabriel, coéquipiers emblématiques, est sans doute la plus limpide : le clash. L’homme au 450° Splash atomise son ancien partenaire, devient un favori de la foule et enchaîne les victoires, bien que ce soit le plus souvent à SuperStars. Pour sa part, Slater semble passé à côté de sa reconversion. Idem pour Michael McGillicutty. Encore un peu jeune pour mener une carrière solo, le fils de Mr Perfect a cherché du soutien auprés de Drew McIntyre. Pas vraiment une bonne idée vu la déliquescence de la carrière de l’Irlandais. Parmi les grands espoirs issus du clan, Mason Ryan pourait bien tirer son épingle du jeu. Souvent comparé à Batista, le petit dernier du clan Nexus a choisi des ennemis de premier ordre à travers le duo Dolph Ziggler/Jack Swagger. Son courage ne peut être mis en doute, tout comme son repentir qui lui a permis de repartir du bon pied.

D’autres n’ont pas eu la chance de pouvoir délivrer une deuxième impression au public. Il s’agit des membres partis du clan contre leur gré : trois pour de graves blessures (Michael Tarver, Skip Sheffield et Husky Harris) et un pour en avoir été éjecté (Darren Young).

Certes ce dernier a été sélectionné pour NXT Redemption, un show justement voué à la réhabilitation des candidats malheureux des NXT précédents mais, quand on a appartenu à un groupe nommé Nexus peut-on sérieusement construire son avenir en resassant son passé ?

Présenté comme la brute épaisse du groupe, Sheffield soigne encore sa cheville. Son retour est loin d’être garanti puisqu’il s’agit déjà de la troisième grosse blessure de sa carrière. En revanche, le mystère ne plane plus concernant Michael Tarver, licencié par la WWE en juin dernier. Il était pourtant revenu à l’antenne pendant sa convalescence, traînant dans les coulisses de Raw ou SmD. Harris, successeur de Tarver dans l’histoire du groupe, a eu droit à plus de compassion de la part de la compagnie. Au lieu de le licencier, on l’ a envoyé réapprendre ses gammes à la Florida Championship Wrestling (FCW), territoire de développement de Stamford.

 Au final, les longues pèriodes d’absences semblent impossibles à compenser. Les anciens Nexus/Corre toujours en vue aujourd’hui sont ceux ayant pu attraper tout de suite la balle au bond. Ainsi en est-il dans la terrible jungle du catch professionnel : les bourreaux d’hier seront les victimes de demain.

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