Devenir challenger au titre : un parcours du combattant…mais pas seulement (Top Fight n°10, Janvier-Février 2012)

« Insulte-le, tu auras un match de championnat !» lance un supporteur à son favori sur le ton de la recommandation. Boutade très répandue dans les milieux spécialisés depuis le discours provocateur (et productif) de Nick Diaz envers le Champion Welterweight de l’UFC, Georges Saint-Pierre. Vaudrait-il mieux avoir une langue bien pendue que des poings de fer ? Les détracteurs du trash talker californien oublient volontairement de préciser qu’il reste sur onze victoires consécutives et sort d’un règne sans partage au StrikeForce. Bien que Carlos Condit ait été dépouillé en chemin de son title shot ou « s’est gentiment écarté » selon les versions, la manoeuvre ne mérite sans doute pas un tel déferlement de suspicions autour de l’UFC.  

 

Désignations arbitraires, polémiques stériles

Non, l’UFC n’a pas cédé aux sirènes du tout-spectacle et ne désigne pas les prétendants aux ceintures selon des critères similaires à ceux du catch. Est-ce que l’organisation doit pour autant ignorer toute tension entre deux fighters désireux d’en découdre sous l’autel du critère purement sportif ? Tito Ortiz contre Ken Shamrock hier, Anderson Silva contre Chael Sonnen aujourd’hui, sans doute d’autres demain, tout est affaire de circonstances. La subjectivité restant par ailleurs omniprésente quand il s’agit de juger les mérites des uns et des autres. De même que la dénomination d’un match en tant que « championnat mondial » est arbitraire puisqu’il ne s’agit toujours que de titres affiliés à une seule compagnie, la désignation de challengers est soumise à une sphère de critères épars . Et parmi eux la controverse.

Parmi les raisons qui font que la hiérarchie du MMA est si peu lisible, il convient d’évoquer la jeunesse de ce sport. Que ce soit l’UFC, le StrikeForce ou en leur temps Pride et Cage Rage, la mise en place de championnats, de catégories de poids et de « statuts » entourant les rencontres a pris beaucoup de temps. Il a fallu aussi un nouveau délai pour crédibiliser les titres et compétitions créés, ainsi que pour développer les moyens de repérage et de recrutement de nouveaux talents dont le TUF est aujourd’hui la pierre angulaire. En clair, il n’a pas été simple de constituer un gotha mondial du MMA.

On pourrait croire l’objectif désormais atteint avec la position de quasi-monopole de l’UFC (rachats successifs du Pride, du WEC et du SF), mais une autre problèmatique se pose : une décision prise unilatéralement peut-elle être juste ? Le système de fonctionnement en apparence simple de l’Octogone, à savoir un homme, Dana White, distribuant bons et mauvais points, a par le passé fait ses preuves.

Ainsi, de la fin du XIXe au début des années 1960, les Champions du monde et prétendants  en boxe anglaise étaient reconnus unanimement sans qu’il y ait débats entre fédérations pour chapeauter la compétition. Seulement, nous étions à une époque où les amateurs n’avaient pas le loisir de décortiquer des milliers d’heures d’images donc encore moins de déclarer, arguments à l’appui, qu’untel méritait plus d’aller au titre que tel autre.

Le contexte technologique a changé, la connaissance des combattants aussi. Là où les formations préparaient autrefois à une discipline propre, elles enseignent désormais le MMA dans son ensemble et contribuent à un véritable nivellement par le milieu, que l’afflux massif de fighters entérine. D’où l’apparent paradoxe de l’UFC aujourd’hui : absence de classement faisant réellement autorité, mais désignations des prétendants sans le moindre débat. Solution abrupte mais toujours préférable aux sempiternelles luttes de pouvoir qui ont poussés la boxe dans des situations inextricables. Mettre en place un match de championnat à l’UFC ne demande que l’aval des deux parties… elles-mêmes rattachées à l’organisation qui coordonne le tout. Sans ce raccourci, il est probable que des Brock Lesnar ou Anderson Silva n’auraient pas obtenu des combats pour le titre à l’issue d’une seule victoire acquise dans l’Octogone. Une façon d’anticiper et de miser sur les qualités de Champions en puissance. Passés les frissons et polémiques qu’ont provoqués ces arrivées triomphales, tout le monde a dû s’incliner suite au parcours des deux hommes. L’un s’est révélé un Champion plus que digne (Lesnar), l’autre un artiste exceptionnel (Silva).    

 

Personnage plutôt que fighter

Est-ce à dire que Joe Silva, principal organisateur de rencontres à l’UFC, est un visionnaire, capable de ressentir le potentiel enfoui chez le moindre fighter ? Que ce soit le cas ou non, les désignations ne peuvent découler de critères uniquement sportifs et les strapontins ne sont pas accordés pour les mêmes motifs d’un challenger à l’autre.

Si recette il y a, les ingrédients de la réussite sont bien gardés.

Certains fighters-stars, à moins d’un déclin avéré, sont destinés à demeurer en tête d’affiche ou du moins en carte principale des galas. Proche en un sens de la constitution du casting d’un film, présence d’acteurs bankables incluse, la composition des cartes d’un show de MMA doit jongler entre enjeu sportif et source de spectacle. Ainsi les affiches doivent-elles provoquer chez le fan le petit frisson supplémentaire, l’intérêt au-delà de voir deux bons fighters croiser le fer.

Du point de vue du combattant, cela aboutit à devoir être une personnalité publique, un représentant d’un emblème, un communicant voire… un personnage, nouvelle analogie avec l’acteur qui ne doit rien au hasard. D’ailleurs, bon nombre de fighters ont participé à des films et ainsi diffusé leur image au-delà de leur activité première. Contrepartie logique : leurs résultats sont bien plus mis en valeur que ceux de combattants plus confidentiels. Le savoir-faire n’est rien sans le faire savoir, essentiel pour prétendre à une ceinture.      

De même qu’être le meilleur musicien au monde dans le désert ne vous permettra pas de vendre des millions d’albums. Une inégalité légitime en soi.

Être bankable ou au minimum médiatique passe par plusieurs facultés ou particularités : physique exceptionnel, statut indéboulonnable, propension au trash-talking,… (voir encadré).

 

L’importance des match up

Une fois mis en place les personnages, l’UFC a tout loisir de « raconter » des histoires à travers le choix des match up (oppositions), tendance renforcée depuis la création du TUF en 2005, seul véritable espace avec les countdowns (longs vidéos clips de présentation diffusés quelques jours avant les shows) pour découvrir les hommes qui se cachent derrière les combattants. Ce qui explique sans doute le lien particulier de la compagnie vis-à-vis de ses ouailles issus du TUF, largement promues par la création des Ultimate Fight Night puis poussées rapidement vers les sommets. Pour un Efrain Escudero et un Travis Lutter licenciés sans ménagement, combien d’opportunités offertes à des Forrest Griffin, Kenny Florian, Nate Diaz ou Manny Gamburyan ? Mêmes bonnes intentions avec les figures historiques de l’organisation telles Randy Couture, Chuck Liddell ou Tito Ortiz. Plutôt que les pousser vers la sortie, on leur offre des combats pouvant les relancer prestement puis des adversaires « nouvelle génération » de prestige. Que serait-il advenu si Couture avait vaincu Lyoto Machida et si Ortiz avait réussi à traverser l’épreuve Rashad Evans ? Vraisemblablement de nouvelles courses au titre pour les vétérans. Beaucoup dénoncent ce traitement accordé aux UFC Originals et non aux stars s’étant bâti dans d’autres compagnies, ce que tend à démontrer l’exemple Nogueira (voir encadré) ou celui de Mirko Cro Cop*1.

Sans un match up de qualité, enchaîner les victoires n’apporte que peu de crédit. Affronter de bons adversaires certes, mais aussi au bon moment. Trois cas récents illustrent l’insuffisance des succès acquis au sein d’un parcours peu évolutif. Notamment celui de Melvin Guillard, poids léger qui fait figure de grand ancien de l’UFC à seulement 28 ans. Depuis deux ans, The Young Assassin a successivement servi de comité d’accueil pour nouvelle recrue (Ronys Torres puis Waylon Lowe), d’opposant de choix à des combattants de milieu de tableau (Jeremy Stephens, Shane Roller) ou de tremplin pour une star montante (Evan Dunham, finalement vaincu par Guillard à la surprise générale). Après cinq succès de rang, obtenus qui plus est de manière spectaculaire, l’élève de l’Académie Jackson aurait sans doute espéré un autre rival que Joe Lauzon, restant alors sur deux défaites lors de ses quatre derniers matchs,  pour l’UFC 136. Un duel où Guillard avait tout à perdre et rien à gagner. Le couperet n’a d’ailleurs pas manqué de tomber, faute à un excès de confiance manifeste. Une façon de perdre sa chance au titre sans y avoir postulé. Dans le même registre, le parcours impeccable de Jon Fitch depuis son échec face à GSP à l’été 2008 ne témoigne pas d’une ascension particulière*2. Ainsi lui propose-t-on de conclure l’année 2011 face au prometteur Johny Hendricks dans un match piège par excellence au lieu de le confronter à un ténor de la catégorie comme Josh Koscheck ou Carlos Condit.

Enfin, tout chauvinisme exclu, on peut s’interroger sur l’efficacité du match up de Cheick Kongo depuis son retour de blessure. Si Pat Barry était l’adversaire idéal pour se remettre en selle, la rencontre avec Matt Mitrione était surtout une chance pour ce dernier d’épingler un grand nom à son maigre palmarès. Le plus intrigant est à venir avec la perspective du match à l’UFC japonais contre Mark Hunt, vieille gloire du K-1 n’affichant aucune ambition particulière sinon donner une belle performance dans un pays où il est adoré. Le combat sera sans doute intense mais pour la course au title shot on repassera.

 

Des alternatives ?

Les combattants sont donc soumis à des facteurs dépassant largement le cadre de leurs strictes qualités pugilistiques. Sans pousser jusqu’à la comparaison avec le poker, la chance s’invite souvent au tirage. Ce qui n’empêche pas d’envisager des hypothèses pour tendre vers une certaine objectivité.

Par exemple, établir un principe de nombre de victoires consécutives nécessaires pour pouvoir prétendre au statut de challenger. Cela éviterait des éventuels passe-droits et supposerait au préalable une mise sur un pied d’égalité de tous les combattants d’une catégorie. Fini aussi les longues plages de préparation entre deux matchs, la prime serait accordée aux hommes les plus prolifiques. Cela suppose une volonté de l’organisation-hôte d’augmenter les cadences à cinq ou six rencontres par an. Rien d’impossible à en croire le précepte selon lequel l’entraînement est la partie la plus difficile et le combat une forme de décrassage.

En pratique, plusieurs limites pourraient empêcher la mise en place de ce système : cumule-t-on les victoires acquises dans d’autres fédérations ? Ne pas les inclure dans la série en cours serait une forme de discrimination envers des fighters aguerris, les prendre en compte impliquerait que les niveaux des organisations soient identiques. En admettant que la base de cette idée fonctionne, qui choisir lorsque deux fighters sont sur la même série ?  Les opposer pour la place de prétendant certes mais comment s’occupe le Champion pendant ce laps de temps ? Et comment trancher quand personne n’est en position de candidat légitime ?

 

En opposition à ce premier concept, le vieux serpent de mer du classement préalable servant à orienter les match up semble de prime abord plus crédible. Pour rendre les choses plus dynamiques et évolutives, chaque gagnant prendrait la place de celui qu’il a vaincu et idem pour le perdant si son tombeur était moins bien classé que lui. Seul le numéro 2 « en titre » de la catégorie aurait la possibilité de défier le Champion. Ainsi, un challenger aura forcément eu le mérite d’avoir surclassé des combattants de haut standing. Autre avantage, les matchs de transition n’existeraient pas puisque les oppositions revêtent toujours un enjeu clair et précis.

Pas très éloigné du système appliqué par l’UFC, les sauts de palier en moins, ce mode de sélection est voué à ne rester que théorique. Prenons le cas de figure d’un Champion vaincu. Ce dernier deviendrait de fait numéro 2 donc le numéro 3 devrait d’abord le battre pour avoir une chance au titre. Quid du nouveau Champion pendant ce temps ? De plus, comment établir une hiérarchie préalable incontestable et gérer les cas de blessures si ce n’est arbitrairement ? Difficile aussi de se mettre dans la peau du jeune combattant talentueux qui va devoir se farcir tout le top 25 de sa catégorie avant d’obtenir sa chance. Bilan des courses : classer ne rime pas forcément avec pragmatisme.

 

Une autre alternative a émergé du côté du Bellator Fighting Championships : désigner Champions et challengers par le biais de tournois hebdomadaires, catégorie par catégorie. Un bon moyen de légitimer d’office des combattants, surtout pour des organisations naissantes désireuses de mettre en service des titres sans devoir désigner deux prétendants de manière arbitraire. Les fighters n’ont pas à combattre plusieurs fois dans la même soirée d’où la validation du principe par les commissions sportives américaines.

Une bonne base qui implique néanmoins de posséder dans ses rangs un top 16 ou du moins un top 8 qui fasse autorité. Là aussi, le problème quant au rôle alloué au Champion pendant la durée du tournoi se pose. En près de trois ans d’existence, le Bellator a multiplié les tournois (20 en cinq saisons) mais leurs Champions ne défendent pas plus leurs ceintures pour autant… et même plutôt moins. À l’image du titre poids lourds détenu par Cole Konrad, équipier d’entraînement de Brock Lesnar, et toujours pas défendu à ce jour. La tendance ne risque pas de s’inverser puisque la récente finale de la catégorie s’est terminée en queue de poisson, faute à un coup dans les parties de Thiago Santos sur Eric Prindle, et n’a donc pas déterminé de challenger.

Du côté du StrikeForce, l’enthousiasme généré début 2011 par le tournoi Heavyweight est tombé à plat. La substance même du projet s’est étiolée voire délitée au fur à mesure du déroulement. Au final, aucune hiérarchie n’a été clarifiée, faute à des résultats inattendus (défaite de Fedor au premier tour), un échelonnement trop long (Quarts de finale en février et juin, demi-finales en septembre, finale toujours pas fixée) et des concours de circonstances (affaire Overeem, entrée en lice de Daniel Cormier). Différents facteurs défavorables, mais foncièrement prévisibles, qui démontrent que la mise en place d’une compétition par éliminations successives n’est pas le meilleur chemin pour déterminer un postulant au titre.

En soi, un tournoi est pourtant ce qu’il y a de plus traditionnel dans les arts martiaux, les images héroïques des films de Bruce Lee et Jean-Claude Van Damme faisant foi.

Comme quoi lorsqu’il s’agit d’actes concrets fighters et acteurs n’ont pas tant en commun.

 

Émilien Bartoli

 

 

*1 Lors de l’arrivée de Cro Cop à l’UFC en 2007, de nombreux spécialistes prédisaient qu’il allait rapidement s’emparer du titre. La victoire du Croate dans le grand tournoi Openweight du Pride l’année précédente le plaçait en position de force. Pourtant, pas de match de championnat direct pour le combattant à damnier Au lieu de ça, deux matchs de transition supposés « faciles ». Dans pareil cas, les grands combattants sont tentés de faire le minimum syndical en vertu de l’opposition. Cro Cop est-il tombé dans cet écueil ? Toujours est-il qu’au soir de l’UFC 70 il est sonné par le retentissant high kick de Gabriel Gonzaga et ne reviendra jamais dans la course au titre. Certains voient en ce choix d’adversaires une intention délibérée de l’UFC pour saper la compétitivité de fighters venus de l’extérieur. Objectif : ne pas voir un ancien du Pride parader avec la ceinture poids lourds de la compagnie.

 

*2 Depuis 2009, Jon Fitch compte cinq succès et un résultat nul controversé contre BJ Penn. En cours de route, il a notamment dominé Paulo Thiago et Thiago Alves. Problème : il a aussi rencontré des opposants sans grand standing comme Ben Saunders ou Mike Pierce. Souvent moqué par les fans pour le peu d’attrait de ses combats, Fitch avait néanmoins livré une bataille passionnante lors de son duel pour le titre Welterweight de Georges Saint-Pierre à l’UFC 87.  

 

 

 

Ø    Encadré/Tableau/Analyse Éternels challengers

 

Pour illustrer les inévitables inégalités de traitement quant aux possibilités de concourir à une ceinture, nous nous sommes concentrés sur des combattants n’ayant jamais détenu de ceintures à l’UFC mais ayant eu au moins deux possibilités d’y parvenir, que ce soit directement par un match de championnat ou par le biais d’un match pour être désigné challenger numéro un. Pour chacun, nous entamons la série de matchs au moment de leur première tentative infructueuse.

 

Légende

Vert = victoire

Orange = match nul

Rouge = défaite

MC = Match de championnat

MP = Match pour déterminer le prétendant numéro un

 

Observations : Le premier constat qui apparaît est la relative bienveillance de l’UFC à l’égard de Kenny Florian, Nate Marquardt voire Josh Koscheck en opposition aux itinéraires plus compliqués de Yushin Okami ou Dan Henderson.

 

Si KenFlo a dû enchaîner six succès pour avoir sa chance au titre Lightweight contre BJ Penn (UFC 101), il ne lui a par la suite fallu qu’une pincée de combats pour repostuler. Après avoir loupé une nouvelle place de prétendant face à  Gray Maynard (UFC 118), le chouchou du public US descend en poids coq et se contente d’écarter Diego Nunes pour bénéficier d’une rencontre face au Champion de la catégorie.

 

Tout va vite aussi pour Nate Marquardt, frôlant les honneurs du championnat Middleweight à trois reprises. Sans son éviction à la veille de l’UFC on Versus 4, The Great aurait sans doute titillé la place d’outsider en poids welters, le match up de la compagnie orientait clairement sa carrière dans ce sens.

 

En revanche, quelqu’un qu’on n’attendait plus, Josh Koscheck, pourrait tirer son épingle du jeu. Malgré déjà deux défaites contre GSP (UFC 74 et 124), le lutteur américain devrait obtenir son ticket pour une 3e manche en cas de victoire sur Carlos Condit en février prochain.

 

Le cas Gray Maynard est un peu à part puisqu’il a logiquement bénéficié d’un rematch direct suite à un résultat nul face à Frankie Edgar à l’UFC 125. D’autant plus qu’il avait vaincu le Champion lightweight lors d’une première opposition en 2008.

Quant à Frank Trigg et Pedro Rizzo, ils ont bénéficié rapidement de nouvelles chances à une époque où l’écurie de l’UFC était bien moins étendue.

 

Plus intrigant est le sort réservé à Dan Henderson, non retenu par l’entreprise en 2009 alors qu’il restait sur trois succès de rang prestigieux (Rousimar Palhares, Rich Franklin, Michael Bisping) et pouvait légitimement postuler au titre d’Anderson Silva. Au lieu de ça, Hendo s’est vu offrir un title shot direct au StrikeForce mais a échoué contre Jake Shields… avant de renaître en passant en mi-lourds. Ceux qui jugeraient son actuel statut de challenger numéro un prématuré doivent se rappeler qu’avant son incroyable prestation contre Shogun il y eut son exceptionnel retour de flamme au StrikeForce.

 

Enfin, Yushin Okami a bien cru que la chance au titre lui passerait éternellement sous le nez mais à grand renfort de patience et de spectaculaire striking, le Japonais a su faire oublier ses deux revers à la décision face à des lutteurs particulièrement accrocheurs (Rich Franklin et Chael Sonnen). De quoi garder l’espoir pour les combattants ni américains ni brésiliens.

 

 

 

Ø    Encadré Les victimes collatérales

 

Certaines désignations de challengers sont restées plus célèbres que d’autres car assimilées à des bizarreries et des injustices vis-à-vis de fighters plus méritants.

 

Ø    2000-2003 : Tito Ortiz accomplit le plus long règne d’un Champion Light Heavyweight à l’UFC mais des voix s’élèvent contre les challengers qu’on lui oppose. Mieux, l’organisation est suspectée d’utiliser à son corps défendant Chuck Liddell, l’autre terreur de la catégorie, pour écarter les prétendants dangereux tandis qu’Ortiz rencontre des seconds couteaux. Jugez plutôt avec cette série de quatre combats, entamée lors de l’UFC 29, le dernier show de l’année 2000 : Ortiz défend successivement son titre face à Yuki Kondo, Evan Tanner, Elvis Sinosic et Vladimir Matyushenko pendant que Liddell domine Jeff Monson, Kevin Randleman, Guy Mezger et Murilo Bustamante. Bis repetita en 2002 : trois succès de prestige à l’actif du Iceman (Amar Suloev, Vitor Belfort et Renato Sobral) pendant que le Champion croise le fer avec un Ken Shamrock dépassé. Au soir de cet UFC 40 mémorable, Liddell rend publique sa frustration face à un Ortiz plus que mitigé à l’idée de le rencontrer. Cette séquence de « protection» du tenant du titre est d’ailleurs parfaitement relatée dans le documentaire Ultimate Iceman.

 

Ø     Fin d’année 2008 : pendant que Brock Lesnar bénéficie d’une chance au titre poids lourds contre Randy Couture à la suite d’un seul succès dans l’Octogone, Antonio Rodrigo Nogueira doit défendre la ceinture intérimaire…de la même catégorie. Fraîchement débarqué du Pride, le Brésilien restait pourtant sur trois succès de rang : un face à Heath Herring, soit le même homme vaincu par Lesnar, et deux devant des anciens Champions UFC, Josh Barnett et Tim Sylvia. Big Nog n’a jamais complètement digéré cet épisode.

 

Ø    Plus proche de nous, l’opportunité accordée à Quinton Jackson à l’UFC 135 s’est effectuée au détriment de Rashad Evans, opposé deux éditions plus tôt à Tito Ortiz dans un combat sans enjeu alors qu’il avait acquis le statut de prétendant en dominant ce même Jackson en mai 2010. Raison officielle : problème de calendrier.

 

 

 

Ø    Encadré Devenir le challenger parfait en (un peu plus de) dix points

 

1/ Avoir le physique gargantuesque de Brock Lesnar

2/ Être aussi apprécié par le public que Kenny Florian ou Brian Stann

3/ Être aussi doué pour le trash talking que Nick Diaz ou Chael Sonnen

4/ Afficher une confiance à toute épreuve façon Anderson Silva

5/ Cultiver sa personnalité et exacerber ses origines comme BJ Penn

6/ Être une figure emblématique de l’UFC comme Randy Couture ou Diego Sanchez

7/ Être aussi spectaculaire que Paul Daley ou Nate Marquardt

8/ Ne pas toujours aller à la décision pour éviter d’être assimilé à Jon Fitch

9/ Être aussi beau gosse qu’Urijah Faber ou Josh Koscheck

10/ Avoir un style unique en son genre comme Lyoto Machida ou Jon Jones

11/ Être une figure historique et bankable du Pride comme Shogun ou Quinton Jackson

12/ Être aussi actif sur Twitter que Demian Maia ou Phil Baroni

 

En marge de ces recommandations, difficilement cumulables pour un seul homme, précisons qu’enchaîner les victoires reste quand même très utile.

 

 

Ø    Encadré Les licenciements eux aussi à deux vitesses

 

Au moins aussi arbitraire que la promotion au titre, le licenciement de fighters obéit à une règle arithmétique (trois défaites consécutives) à laquelle on doit combiner un critère de « notoriété » pour le moins indicible.

 

Gerald Harris ou Antonio McKee, tout juste transféré du MFC, fédération canadienne, ont été sacrifiés au bout d’une défaite. Dans le cas de ce dernier, ses virulents propos envers l’UFC n’ont pas dû aider.

En parallèle, Dan Hardy ou Tito Ortiz sont toujours dans les rangs de l’organisation malgré des séries de 3 ou 4 défaites. Ce qui provoque un début de vindicte de la part de fighters qui ont le malheur de ne pas être suffisamment médiatiques ou bankables. Ainsi John Howard, lui-même victime de la règle des trois revers, a exigé publiquement que l’Anglais à l’iroquoise soit licencié après sa défaite contre Chris Lytle en août dernier.

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