La nouvelle formule gagnante de NxT (Planète Catch n°50, Novembre 2012)

Planète Catch n°50 NXT Page 1 001Planète Catch n°50 NXT Page 2 001

À force de suivre les exploits des Superstars de Raw et SmackDown, on en viendrait à oublier une alternative qui prend de l’envergure depuis l’été dernier : NXT. Non pas le « À la recherche de la nouvelle star » en mode catch qu’il fut à ses débuts en 2010, mais un véritable show indépendant avec ses stars en herbe, ses managers, ses Champions. Cet article répond à la suggestion Facebook de Chris Rombaux, bravo à lui.

 

Une seule heure de show (environ 45 minutes effectives), une ambiance réactive et bon enfant, un décor sobre, des cordes noires et un éclairage tamisé : vous n’êtes pas à la Ring of Honor mais bien à la NXT Wrestling, ligue issue de la fusion entre le show hybride NXT (mi-télé réalité/mi-catch) et la Florida Championship Wrestling, ancien territoire de développement de la WWE. Toujours sous l’égide de la grande sœur de Stamford, la petite compagnie qui monte se démarque néanmoins par sa propre identité.

 

Maîtres et disciples

Il faut d’abord se souvenir des origines de NXT. Lorsque l’émission débarque en remplacement de la ECW en février 2010, Vince McMahon himself parle de révolution, d’un laboratoire dont la mission sera de définir ni plus ni moins que le futur du catch. Les saisons s’enchaînent, à raison d’une durée d’environ trois mois par session. De six à huit rookies concourent, tous épaulés par un catcheur confirmé en guise d’entraîneur. Dans un premier temps, le succès escompté est au rendez-vous, notamment grâce à la vague Nexus, groupe formé des huit participants de la saison 1. Au lieu du seul vainqueur (Wade Barrett), ils obtiennent tous un contrat à la WWE. Au diable le règlement, d’ailleurs celui-ci présente des incohérences, comme le fait de pouvoir franchir des tours grâce aux acclamations du public, indifféremment de son bilan de victoires et défaites. L’accumulation d’épreuves proches du ridicule (notamment lors de la saison 3, spéciale Divas) et le faible temps d’antenne dévolu à présenter la personnalité des athlètes constituent le principal handicap. Le public se désintéresse du programme, d’autant que la saison 5, intitulée Redemption avec sa fausse bonne idée de ramener d’anciens candidats déchus, s’étale sur quinze mois pour se terminer de manière arbitraire. Le concept a montré ses limites.  

 

Un casting bien pensé

Décision est donc prise de donner une existence propre à l’émission, d’offrir de nouvelles perspectives aux catcheurs ne bénéficiant pas de temps d’antenne dans les shows principaux de la WWE. Ainsi que laisser le temps au public de se familiariser avec les nouvelles recrues. Logique dès lors de fusionner l’écurie de NXT avec celle de la FCW, puisque leur visée est identique. C’est chose faite depuis le 20 juin dernier. Reste à créer une vraie compétition et des titres exclusifs. Pour l’instant, seule une ceinture individuelle a été mise en place. À l’issue d’un tournoi comprenant huit concurrents, Seth Rollins (anciennement Tyler Black à la RoH) est couronné tout premier NXT Champion lors de l’édition du 28 août. Cette compétition inaugurale reflète bien l’ambition du programme : croiser des catcheurs aguerris sur le circuit indépendant (Rollins mais aussi Chris Hero devenu Kassius Ohno, Dean Ambrose ou Rick Victor) et des rejetons de la formation made in WWE comme Michael McGillicutty ou Richie Steamboat. La recette aboutit à un savant mélange entre un style très technique issu de la lutte traditionnelle et des prises mettant en avant la puissance physique. La touche prestigieuse n’est pas oubliée grâce à la présence de Dusty Rhodes en GM, de Ricky « The Dragon » Steamboat comme entraineur et de Jim Ross aux commentaires. 

 

Une qualité technique au dessus de la moyenne

Cependant, si NXT est en train de conquérir de plus en plus de fans c’est bien grâce au niveau des oppositions qu’il abrite. Il ne se passe plus une semaine sans que l’on constate l’irruption d’un nouveau talent ou qu’un match vole la vedette aux joutes ayant lieu à Raw et SmackDown. Dès le show inaugural, l’équipe The Ascension (Conor O’Brian et Kenneth Cameron) place la barre haute. Tout droit sorti d’un univers BD futuriste à la Enki Bilal (célèbre dessinateur), le duo laisse apprécier toute sa férocité et domine leurs pauvres opposants en une petite minute. Leurs puissants mouvements rappellent l’âge d’or des tag team WWE telles Demolition ou Legion of Doom. Lors du main event du même show, Michael McGillicutty (fils du légendaire Curt Hennig alias Mr. Perfect) et Tyson Kidd (bercé au Donjon de la famille Hart) démontrent qu’ils sont bien mieux que des faire-valoir via un duel très technique de quinze minutes. Mais c’est bien l’annonce d’un « Gold Rush » Tournament par Dusty Rhodes fin juillet qui met l’émission sur de bons rails. Le premier lauréat du titre, Seth Rollins, a tout pour plaire : un look à part, une attitude déjantée, un arsenal de prises spectaculaires. Chacun de ses combats dans le tournoi a fière allure : un brillant retournement de situation contre Drew McIntyre qui l’acculait dans les cordes, un enchaînement d’école Buckle Bomb/Blackout face à Michael McGillicutty et une résistance à toutes épreuves au Camel Clutch de Jinder Mahal en finale. D’autant plus méritoire qu’il traînait une blessure au dos.

CM Punk Champion WWE depuis près d’un an, Daniel Bryan multidécoré ces derniers mois, Austin Aries au top de la TNA, Antonio Cesaro (ex Claudio Castagnoli à la RoH) Champion US, l’époque sourit aux catcheurs issus du circuit indépendant. Le couronnement de Seth Rollins confirme la tendance et/ou annonce la nouvelle vague.

Avec NXT, le futur, c’est aujourd’hui.

 

Une fonction de tremplin relativement efficace

Tout le monde se souvient de Wade Barrett, le vainqueur inaugural de NXT mode télé-réalité. Mais où sont passés les autres personnages marquants du show ? À commencer par les gagnants. Lauréat de la saison 2, Kaval a connu un flop à la WWE et a choisi de retourner à la New Japan Pro Wrestling. Bilan mitigé pour ses successeurs : Kaitlyn tournait en rond avant d’obtenir récemment une chance au titre des Divas… finalement repoussée suite à l’attaque qu’elle subit à Night of Champions, quant à Johnny Curtis, il fait partie de l’aventure du nouveau NXT mais ne se distingue pas particulièrement. Au rayon des bonnes surprises, le duo constitué de Darren Young & Titus O’Neil (Prime Time Players) a démontré sa complémentarité, Skip Sheffield s’avère encore plus terrifiant sous les traits de Ryback, AJ (classée 3e en saison 3) a été hissé GM par sa popularité grandissante et Brodus Clay (finaliste de la saison 4) a viré disco pour le bonheur de tous.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s