Anderson Silva, l’indétrônable (Top Fight HS n°1, Décembre 2010)

Anderson Silva (fiche HS)

Catégorie : Middleweight

 

 Taille : 1,88 m

 

 Poids : 84 kg

 

 Date de naissance : 14 avril 1975

 

 Lieu de naissance : Curitiba, Brésil

 

 Période de carrière : 2000-…

 

 Technique préférée : Knee Strike (série de coups de genou)

 

 Surnom : The Spider

 

 Statistiques en MMA : 27 victoires, 4 défaites

 UFC Middleweight Champion

 Dernier Cage Rage Middleweight Champion

 Shooto Middleweight Champion

 

 Discipline d’origine : Muay Thaï

 

 3 dates à retenir :

               26 août 2001 : Il remporte son premier titre important, le Shooto Middleweight Championship. Une performance renforcée par sa victoire contre Hayato Sakurai, légende japonaise qui possédait jusque-là une fiche parfaite (20-0).

               14 octobre 2006 : Il créé la surprise en devenant Champion Middleweight de l’UFC dès sa deuxième apparition dans l’Octogone, en dépossédant le Champion Rich Franklin.

               1er mars 2008 : Il bat le grand Dan Henderson par soumission et poursuit ainsi son règne sans partage sur la catégorie des poids moyens.

 

 Académie : La Black House, dont il est le leader, fait figure de véritable mètre-étalon au Brésil avec des hommes comme Lyoto Machida, Junior Dos Santos et Paulo Thiago. Elle s’est couplée récemment avec la Team Nogueira laquelle comprend les deux frères du même nom. 

 

 L’adversaire emblématique : Rich Franklin, l’homme à qui Silva dérobe le titre un soir d’octobre 2006, était pourtant perçu comme le meilleur poids moyens de sa génération voire de l’histoire. D’où la nécessité d’une revanche pour régler la question. Le Brésilien s’impose à nouveau lors de l’UFC 77 et enterre ainsi tous les doutes émis quant à sa légitimité.     

 

 Le saviez-vous? : Avant de faire de sa passion un métier, The Spider a notamment travaillé pour une grande enseigne de restauration rapide : celle qui a pour mascotte un bonhomme rouge et jaune dont les enfants raffolent.  

 

 

 

BIOGRAPHIE

 

L’histoire d’Anderson Silva est celle d’un gamin né au milieu des favelas brésiliennes. L’histoire d’un bambin de quatre ans dont la mère abandonne le soin de l’éducation à sa sœur. À l’époque, la ville de Curitiba est encore loin de faire figure de modèle de société. Les différences entre classes sociales y sont très marquées : le jiu-jitsu, auquel il voue une passion dès son plus jeune âge, est paradoxalement le sport de l’élite brésilienne. La famille Silva ne pouvant payer des cours d’apprentissage de cette discipline, le petit Silva trouve alors une parade qui vaut ce qu’elle vaut : il observe les combattants et reproduit seul les mouvements qu’il croit avoir compris. Pas vraiment la garantie du succès !

Globe-trotteur certifié

Lorsqu’il obtient enfin la possibilité de suivre des enseignements de sport de contact, il se dirige vers le taekwondo puis progressivement la capoeira et enfin le muay thaï. C’est cet art qui lui confère les grandes qualités de puncheur qui sont les siennes aujourd’hui.

Alors qu’il possède le bagage complet d’un kickboxer, c’est en boxe traditionnelle qu’il débute en 1998 ; une expérience si peu probante qu’il ne se risquera plus à cette activité pendant sept ans. Deux ans plus tard, il est de la première édition du Meca World Vale Tudo (appelé parfois simplement Meca), et doit s’incliner à la décision face à son compatriote Luiz Azeredo. Il entame alors ce qui s’avérera une exceptionnelle série de victoires. S’il ne bat que des adversaires sans grand standing au sein de la fédération brésilienne, il se révèle véritablement au Shooto qu’il fréquente parallèlement. Dès son deuxième combat dans la compagnie japonaise, il fait face au grand Hayato Sakurai, Champion des poids moyens et encore invaincu. Anderson livre une bataille épique et conquiert le titre à l’unanimité, celle des juges mais aussi du public nippon qui a pourtant vu son héros s’incliner. Il ne profite pas longtemps de cet état de grâce puisqu’il signe rapidement au Pride et n’a alors pas l’occasion de défendre ce titre. Il commence idéalement au sein de LA grosse compagnie japonaise : trois succès de rang dont un K-O explosif via un coup de genou sauté face à Carlos Newton, ancien Champion Welter de l’UFC. Il devient ainsi un combattant incontournable, briguant sans cesse le haut du pavé ; il apparaît même comme un challenger sérieux à son homonyme, Wanderlei Silva, Champion alors de la catégorie Middleweight. Cependant, les deux hommes sont équipiers d’entraînement au sein de l’équipe Chute Boxe, ce qui rend l’opposition inenvisageable. Anderson ne tient pas à être uniquement associé au Pride et, au lendemain de sa surprenante défaite face à Daiju Takase (soumission par étranglement en triangle alors que Silva dominait), il vogue à travers le monde du MMA. Il va jusqu’en Corée du Sud où il bat le réputé Jeremy Horn puis en Angleterre où il devient aussitôt Champion Middleweight du Cage Rage, en prenant le dessus sur Lee Murray. Il revient au Pride pour l’édition du jour de l’an 2004. Ce soir-là, sa défaite face au technicien japonais Ryo Chonan met en avant ses limites dans le combat au sol.

Silva s’affirme néanmoins comme un Champion incontestable au Cage Rage, défendant son titre à trois reprises en l’espace d’un an. Il est victime entre deux d’une élimination cocasse au premier tour du tournoi poids moyens du Rumble on the Rock (ROTR), dont il est pourtant le favori. Yushin Okami ne lui pose aucune difficulté particulière mais pris dans son élan, The Spider lui assène un coup de pied à la tête alors qu’il se trouve au sol. Une manœuvre proscrite par le règlement de l’organisation, ce que les combattants comme Silva, habitués aux normes du Pride, ignorent. Disqualification instantanée.

Arrivée tonitruante à l’UFC

Durant cette période, Anderson s’émancipe de la Chute Boxe et créé l’équipe Black House. Il perfectionne son jiu-jitsu auprès de Rodrigo « Minotauro » Nogueira et obtient la ceinture noire en 2006. C’est un nouvel homme qui débute dans la plus grande compagnie mondiale de MMA, l’UFC. Il passe d’abord par l’antichambre de cette dernière, l’Ultimate Fight Night où il allonge Chris Leben, pourtant pas le premier venu, suite à une impressionnante rafale de coups après seulement 49 secondes de combat. Les ralentis dévoilent la précision absolue des frappes du Brésilien qui trouvent la cible à chaque fois. Sur la foi de ce résultat, il devient challenger au titre des poids moyens, détenu par un Rich Franklin que beaucoup considèrent comme intouchable. Toutefois, l’UFC 64 marque le début d’une nouvelle ère, celle d’un Brésilien capable de mettre K-O le tenant du titre en l’espace de trois petites minutes avec un seul coup de genou. L’image-choc de Franklin avec le nez cassé contribue à faire entrer Anderson Silva dans la légende. Après une première défense de titre avortée quatre mois plus tard (son adversaire Travis Lutter s’est présenté avec un surplus de poids), The Spider écœure un à un tous les prétendants à la ceinture. Il met rapidement fin aux espoirs de Nate Marquardt à qui il assène une violente série de coups, ce qui débouche sur un TKO en fin de première reprise (UFC 73). Il accorde une revanche très attendue à Franklin lors de l’UFC 77 dans laquelle il se montre aussi impitoyable que lors du premier combat face à un Américain surmotivé à l’idée d’évoluer devant son propre public. Un enchaînement de coups de genou aura raison de lui. Lors de l’UFC 82, Silva ne perd pas l’occasion de marquer un peu plus l’histoire du MMA, sa victoire par étranglement arrière sur Dan Henderson sonne comme le triomphe de l’UFC sur le Pride. En effet, ce match permet l’unification entre l’UFC Middleweight title et le Pride Welterweight title, encore en possession de l’Américain, un an après l’absorption de la compagnie japonaise par l’UFC. Avant la défense suivante, Silva se permet d’aller titiller la division Light Heavyweight, le temps d’un combat facilement remporté contre James Irvin.

L’homme de tous les records

Durant les deux années qui suivent, l’UFC a le plus grand mal à lui proposer des challengers qui fassent l’unanimité tellement il semble au-dessus de la mêlée. Le Champion a conscience de cet état de fait et se montre dès lors très provocateur durant ses combats, s’évertuant parfois à démontrer que ses adversaires n’ont pas le niveau. Même le Président de l’UFC, Dana White s’étonne de le voir reculer volontairement la conclusion de son combat contre le Canadien Patrick Côté à l’UFC 90. Silva n’a que faire des critiques et réitère ses provocations face à Thales Leites. Il remporte le match non sans avoir passé au préalable les deux derniers rounds à littéralement danser autour de son adversaire et à lui assener d’humiliantes gifles. The Spider remonte dans la catégorie Light Heavyweight pour rencontrer l’un de ses anciens Champions, Forrest Griffin. Enfin un concurrent à sa hauteur ? Même pas, puisqu’un succès par K-O dès le premier round solde leur duel. On cherche son prochain adversaire du côté des légendes de l’Octogone. Vitor Belfort possède le profil idéal mais de longs pourparlers et des blessures malvenues de chacun des combattants font échouer la mise en place de ce match. Demian Maia hérite du cadeau et prend sa chance lors de l’UFC 112. Encore une fois, Silva se moque de son opposant et produit peu de véritables coups. Il est même averti pour cette inactivité au début du cinquième round, moment où le public s’évertue à soutenir pleinement Maia. Malgré cette désinvolture, la décision n’échappe pas au Brésilien. Lors de sa plus récente défense de titre, le 7 août 2010, il tombe sur plus provocateur que lui. Chael Sonnen, son opposant, raille les valeurs du jiu-jitsu brésilien qui selon lui veulent qu’un homme « accepte d’écarter les jambes afin qu’un autre homme vienne s’allonger sur lui ». Cette référence détournée à la garde fermée met de l’huile sur le feu d’un combat qui s’annonçait déjà enflammé. D’autant que Sonnen, précédemment battu par Maia, ne fait pas figure d’outsider ultime. Il va pourtant mener durablement le combat, dominant les quatre premiers rounds en ground and pound. Silva affiche un air serein qui ne trompe personne au moment de débuter la dernière reprise. Il puise alors dans ses ressources pour placer une clé de bras en triangle à deux minutes de la fin de la rencontre. Ce retournement de situation prouve à tous que Silva appartient à la race des grands Champions. Un Champion qui détient le plus long règne de l’histoire de l’UFC (quatre années, record en cours), mais aussi le plus grand nombre de défenses de titre victorieuses (7) et le plus grand nombre de victoires consécutives (12). Sans aucun doute, c’est bien dans l’Octogone que l’Araignée a le mieux  tisser sa toile.

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