BJ Penn, l’American jiu-jitsu (Top Fight HS n°1, Décembre 2010)

BJ Penn (fiche HS)

Catégorie : Welterweight / Lightweight 

 

Taille : 1,76 m

 

 Poids : 77 kg

 

 Date de naissance : 13 décembre 1978

 

 Lieu de naissance : Hilo, États-Unis   

 

 Période de carrière : 2001-…

 

 Technique préférée : Rear Naked Choke (étranglement arrière sanguin)

 

 Surnoms : The Prodigy, Baby Jay

 

 Statistiques en MMA : 16 victoires, 7 défaites, 1 nul  

UFC Welterweight Champion

UFC Lightweight Champion

 

 Discipline d’origine : Jiu-Jitsu  

 

 3 dates à retenir:

               31 janvier 2004 : Alors que le titre de Champion poids légers s’est déjà refusé à lui à deux reprises, B.J. remporte triomphalement le Championnat de la catégorie supérieure (welters). Étouffé dans les bras de l’Hawaïen, Matt Hugues, légende parmi les légendes, doit abandonner.

               23 juin 2007 : Dans un match qui signe son retour chez les légers, Penn place un étranglement décisif sur Jens Pulver, ancien Champion de la catégorie.

               31 janvier 2009 : Cinq ans jour pour jour après avoir glané le titre des welters, il tente le pari fou d’unifier les ceintures des légers et des welters. Malheureusement pour lui, le Canadien Georges Saint-Pierre ne l’entend pas de cette oreille.   

 

 Académie : BJ Penn’s MMA n’est pas un club au sens où on l’entend aujourd’hui puisque BJ s’entraîne seulement aux côtés de sa garde rapprochée et n’a pas de partenaires d’envergure. 

 

 L’adversaire emblématique : Georges Saint-Pierre, un combattant qu’il respecte encore au moment de le rencontrer à l’UFC 58 : USA vs Canada. Penn accepte la décision des juges. Ceux-ci le donnent perdant à deux contre un. Leur match revanche de 2009 met à rude épreuve les passions, et ce, bien au-delà de la simple remise en jeu du titre welters. Penn, nettement dominé, accuse le Canadien d’avoir triché en s’enduisant le corps de vaseline. Une vive polémique s’en suit ainsi qu’une plainte vaine de BJ devant la commission athlétique du Nevada.            

 

 Le saviez-vous ? : Si sa victoire contre Joe Stevenson à l’UFC 80 lui a permis de devenir Champion des poids légers, elle est aussi un événement particulier puisqu’il s’agit du premier combat pour le titre de cette catégorie qui n’est pas allé jusqu’à la décision.    

 

 

 

 

BIOGRAPHIE

 

 BJ Penn a marqué l’histoire du MMA à plus d’un titre. D’abord en tant qu’homme ayant su  s’accommoder d’un physique relativement quelconque pour devenir l’un des meilleurs, sinon LE meilleur poids léger que l’UFC ait connu. Ensuite, il est l’un des deux seuls combattants (avec Randy Couture) à avoir détenu des ceintures dans deux catégories de poids différentes. Enfin et surtout, il est l’un des plus grands adeptes de prises de soumission.

Un apprentissage éclair

Comme souvent dans la vie d’un combattant, c’est une rencontre qui décide Baby Jay à se lancer dans un sport de contact. En l’occurrence, la famille Penn a pour voisin un certain Tom Callos, qui veut monter un club de jiu-jitsu et se répand en tracts pour promouvoir son idée. Quelque temps après, Jay Dee (son vrai prénom) et son frère sont sur les tatamis, prêts à s’entraîner. Après un séjour peu studieux à l’université, pendant lequel il s’adonne surtout à la lutte, BJ franchit un cap dans son apprentissage en rejoignant l’école de Ralph Gracie, neveu de Royce. En 2000, soit à peine trois ans plus tard, il remporte les mondiaux de jiu-jitsu dans la catégorie ceinture noire. C’est la première fois qu’un non-Brésilien sort gagnant de cette compétition ! Exploit d’autant plus remarquable que BJ parvient à surpasser des hommes ayant consacré des décennies, voire toute une vie, à se préparer pour ces mondiaux. Premier miracle de celui qu’on surnomme bientôt The Prodigy.

 

Fait rarissime, alors qu’il n’a pas encore livré le moindre combat en MMA, l’UFC lui fait déjà les yeux doux. Une arrivée à point nommé pour une compagnie en pleine restructuration. L’UFC désire promouvoir des combattants techniques et par conséquent créer des catégories de poids plus en adéquation avec les exigences de ce sport de haut niveau. D’où l’émergence de la division des poids légers. Lors de sa première année, Penn démontre un atout qu’on ne lui connaissait pas : la boxe. Avec l’aide de celle-ci, il vient à bout de trois adversaires dès le premier round. Aussitôt propulsé challenger de Jens Pulver, premier Champion poids légers UFC, Baby Jay s’évertue à appliquer toute sa science du combat au sol durant les cinq rounds. Une performance qui emballe le public, mais non le jury. Le tenant du titre est désigné vainqueur par deux juges, tandis que le troisième opte pour un match nul. Plus tard dans l’année, Pulver quitte la compagnie avec le statut convoité de guerrier invaincu. Le titre vacant est alors remis en jeu entre Penn et le Japonais Caol Uno, mais aucun des protagonistes ne tire son épingle du jeu. Un relatif flottement règne sur cette catégorie, à tel point qu’elle disparaît un temps. La première consécration de Penn a finalement lieu chez les poids welters, lors de son retour à l’UFC début 2004. Le légendaire Matt Hughes a déjà défendu glorieusement ce titre et annonce à qui veut l’entendre qu’il ne lui faudra qu’un tout petit round pour se débarrasser de Penn. Effectivement, le match n’excède pas un round… mais en faveur du challenger. Après avoir esquivé un Ankle Lock, BJ se retrouve sur le dos de son rival et lui place un Rear Naked Choke insurmontable. Nouveau miracle pour The Prodigy !

 

Sa joie est malheureusement de courte durée puisque des divergences avec l’UFC l’amènent à signer au K-1. Fidèle au MMA, Penn ne combat que sous cette stipulation, bien que la compagnie japonaise soit réputée pour organiser des rencontres mêlant kickboxing et muay thaï. Le plus Brésilien des Américains participe aussi, aux côtés de son frère, au développement de l’organisation Rumble on the Rock. Ses compétitions se déroulent à Hawaï, sa terre natale. Côté ring, il ne faiblit pas puisqu’il vient à bout, insigne honneur, de deux membres de la famille Gracie, Rodrigo et Renzo. Des performances encore peu connues du public américain. Qu’importe, cela n’altère en rien son retour à l’UFC début 2006. Matt Hughes a récupéré son titre des welters mais, n’ayant pas vaincu le Champion précédent, il génère le doute. Penn, malgré sa courte défaite aux points face à Georges Saint-Pierre dans un match désignant le nouveau prétendant, affronte tout de même Hughes à l’UFC 63. Dominateur en boxe, l’Hawaïen paraît en mauvaise posture au début du 2e round puis parvient à placer un étranglement en triangle. Hughes suffoque, mais est sauvé par le gong. Lors du round suivant, le Champion en titre trouve enfin la clé du problème : il bloque les bras de son adversaire et le pilonne jusqu’au K-O technique. Penn est « chassé » de la division Welterweight.

Seconde vie en mode léger

Néanmoins en 2007, l’UFC lui confie l’entraînement d’une équipe de la 5e saison de The Ultimate Fighter. En fin de saison, il affronte le coach de la team adverse. Un certain Jens Pulver… The Prodigy ne laisse pas passer l’occasion de vaincre le « vieux maître », son légendaire étranglement arrière règle la question au cours du 2e round. Un succès qui rappelle combien la division Lightweight lui convient. Le titre de cette catégorie est remis en jeu début 2008. BJ s’empare de l’or en plaçant un nouvel étranglement arrière à son vis-à-vis d’un soir, Joe Stevenson, dans un authentique bain de sang. Plus tard, il défend brillamment son titre contre Sean Sherk, ancien Champion, suspendu pour prise de produits illicites. Son règne s’annonce impérial. Cependant, son ambition démesurée le conduit à postuler à nouveau au titre des welters, pour unifier les deux ceintures. Un nouvel homme règne sans partage sur cette catégorie : Georges St-Pierre. Ce match phare de l’année 2009 confirme la suprématie du Canadien qui laisse son adversaire dans l’incapacité de poursuivre le duel après quatre rounds. Malheureusement, ce résultat est entaché par l’affaire du « grease gate », nom donné en référence à la vaseline appliquée par un homme de coin de GSP entre les rounds.

Cette crème, autorisée pour le visage, est formellement interdite sur toutes autres parties du corps, car elle provoque des glissements. Penn juge qu’elle est responsable des grandes difficultés auxquelles il a dû faire face durant le combat, notamment pour appliquer un étranglement. L’organisation envisage un dernier combat entre les deux hommes pour solder le conflit, mais il ne voit finalement pas le jour.

Sa place parmi les grands

Une fois cette histoire oubliée, le Champion Lightweight se concentre sur la ceinture qu’il doit défendre. Face à deux combattants issus du TUF (The Ultimate Fighter), Kenny Florian et Diego Sanchez, Penn se pose en professeur. Il utilise une énième fois un étranglement arrière pour faire abdiquer Florian, véritable héritier de son style. À l’image d’Anderson Silva en Middleweight, le prodige semble avoir « vidé » sa catégorie. Or, un nouveau venu va bouleverser la hiérarchie. À l’UFC 112, Frankie Edgar l’emporte par décision unanime, après avoir réussi à imposer son style très particulier : Edgar tourne souvent autour de son adversaire et s’efforce de le percuter de façon décisive à chacune de ses frappes. Le public hue la décision à l’unisson et garde son soutien à Penn. Une revanche est très vite fixée. Mais c’est la même partition qui se joue, puisqu’au bout des cinq rounds, Edgar s’impose, cette fois-ci sans aucune ambiguïté tant la fougue de Penn a été annihilée. Si bien qu’on se demande si ce match ne sonne pas la fin pour l’Hawaïen. Revenu en Welterweight, Penn balaie les doutes en terminant l’année 2010 par un K-O radical (21 secondes) sur Matt Hughes.

 

BJ Penn n’a que 31 ans et aucune idée de retraite en tête. Qu’importe qu’il puisse étoffer sa légende ou non, sa gloire est acquise. On peut parier sans risque une petite pièce sur sa prochaine intronisation au Hall of Fame de l’UFC.

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