Cheick Kongo, la France sans complexe (Top Fight HS n°1, Décembre 2010)

Cheick Kongo (fiche HS)

Catégorie : Heavyweight 

 

Taille : 1,92 m  

 

 Poids : 105 kg

 

 Date de naissance : 17 mai 1975 

 

 Lieu de naissance : Sevran, France  

 

 Période de carrière : 2001-…

 

 Technique préférée : Coups de genou

 

 Surnoms : The Unstoppable, The French Sensation

 

 Statistiques en MMA : 15 victoires, 6 défaites, 2 nuls

 

 Disciplines d’origine : Kendo, Muay Thaï

 

 3 dates à retenir :

     8 juillet 2006 : Après des années passées dans des organisations néerlandaises, Cheick signe une arrivée fracassante à l’UFC. Il détruit Gilbert Aldana, qui perd sur arrêt médical dans le premier round.

     8 septembre 2007 : Son combat le plus accompli. Vainqueur par décision unanime devant Mirko « Cro Cop » Filipovic, Kongo est désormais perçu comme un des meilleurs de la catégorie poids lourds.

     13 juin 2009 : Il s’incline à la décision dans un match qui consacre un autre combattant en pleine ascension : Cain Velasquez. 

 

 Académie : Wolfslair Academy, populaire formation anglaise qui comprend des stars comme Michael Bisping et Quinton Jackson, que Cheick considère comme un frère.

 

 L’adversaire emblématique : Mirko « Cro Cop » Filipovic. L’affrontement (et la victoire) contre le Croate a propulsé Kongo dans une autre sphère médiatique.    

 

 Le saviez-vous ? S’il n’est pas connu à sa juste valeur en France, Cheick Kongo est une star appréciée au-delà des fans de MMA aux États-Unis. Ainsi, les contrôles d’un aéroport ont été interrompus plusieurs minutes parce que les douaniers, ayant aperçu The French Sensation, ont quitté leur poste pour prendre des photos avec lui.

 

 

 

 

 

 

 

BIOGRAPHIE

 

 Pour un combattant français, acquérir une notoriété mondiale n’est pas une mince affaire. En plus d’une situation structurelle et politique défavorable, les pratiquants d’arts martiaux de l’Hexagone ont tendance à nourrir un complexe vis-à-vis des Américains ou autres Brésiliens. Ces vieux préceptes, Cheick Kongo est parvenu à les éradiquer.

 

Un combattant atypique

 Terreur des rings néerlandais, puis star internationale via ses multiples participations à l’UFC, le Francilien possède des atouts qui lui sont propres. Ainsi, sa première approche du fight passe par le karaté et par un sport rare en France : le kendo. Il doit cette initiation à son entourage familial, notamment son grand frère Rudy, aujourd’hui décédé. Dès l’adolescence, Guillaume (son prénom d’origine) comprend l’intérêt d’élargir son répertoire. Il s’exerce alors en lutte gréco-romaine et plus encore, dans des disciplines de percussion comme le kickboxing et le muay thaï. C’est dans cette dernière que Kongo accomplit ses plus hauts faits d’armes, devenant Champion intercontinental en 2003, puis Champion du monde l’année suivante. Une performance d’autant plus exceptionnelle que le Français continue alors d’exercer son autre métier : commercial en textile. Avec ses chemises, ses lunettes « d’intello » et son caractère humble, il se situe à mille lieux des stéréotypes éculés sur les guerriers des rings. Mais il sait se montrer agressif quand la situation le nécessite. Les premiers à avoir l’honneur d’apprécier son adaptation au MMA sont les spectateurs de la Rings Holland en 2001. Kongo s’impose avec une facilité déconcertante face à Andre Tete puis rencontre Dave Van der Veen à la fin de l’année. Une autre paire de manches ! Un premier round harassant passé au sol tourne en faveur du Néerlandais… jusqu’à ce que le combat reparte debout et que The French Sensation fasse parler la poudre. Dans la 2e reprise, Van der Veen n’est plus qu’un sac de frappes offert à la fougue de Kongo, et la rencontre s’achève sur une logique interruption arbitrale. Jamais rassasié, le phénomène de Sevran accomplit un parcours parallèle dans l’organisation It’s Showtime. Il livre en tout et pour tout dix combats au pays de Van Gogh. Intrigué plus que convaincu par les performances de Kongo, l’UFC lui offre un essai à l’été 2006.

 

l’Octogone apprivoisé

Cheick a conscience que les Américains le recrutent seulement dans l’optique d’apporter un peu d’exotisme dans une compétition trustée par les combattants de la bannière étoilée. Sa volonté de prouver qu’il n’est pas un faire-valoir l’emporte sur les intentions des dirigeants. À présent, on en est sûr : il n’y a aucune incompatibilité entre le fait d’être originaire de la France et celui de dominer des opposants issus de pays où le MMA est une pratique instituée. Gilbert Aldana et Christian Wellisch, les deux premières victimes de Kongo dans l’Octogone, reçoivent cette vérité en pleine face : l’un est arrêté sur décision médicale, l’autre s’effondre sur un coup de genou venu de nulle part. Dans les deux cas, Kongo fait la différence dès le premier round. Les spécialistes le présentent désormais comme « L’homme à surveiller ». Son premier revers sur le sol américain est pourtant imminent. Carmelo Marrero stoppe l’élan de la sensation française d’une courte décision et met en évidence les limites de ses aptitudes au sol. Revigoré par un entraînement ayant pour but de combler ses lacunes, il revient bien décidé à devenir The Unstoppable. Le succès étant au rendez-vous devant Assuerio Silva, l’UFC décide de passer la vitesse supérieure et le confronte au Croate Mirko « Cro Cop » Filipovic, légende aussi bien en kickboxing qu’en MMA. La métamorphose du combattant français saute aux yeux durant ce choc. C’est une domination de tous les instants : dans les échanges de kicks, dans les corps à corps, dans les phases au sol… Filipovic ne peut qu’accepter la supériorité technique et physique de son opposant. Au bout des trois rounds, le Croate reste dans son coin, complètement exténué, tandis que Kongo grimpe sur le haut de la structure octogonale pour célébrer son succès unanime avec les supporteurs français, largement présents dans la salle. Lors de son duel suivant, face à Heath Herring, le Champion de muay thaï désoriente son monde en amenant le combat au sol. Hélas, ses initiatives sont souvent contrées. Néanmoins, la décision majoritaire en faveur de l’Américain demeure contestable. Piqué au vif, Kongo réagit avec trois victoires de rang et oblige la compagnie américaine à le considérer comme un possible prétendant au titre mondial des poids lourds. La rencontre qui l’oppose à Cain Velasquez lors de l’UFC 99 doit constituer le tremplin attendu. Bien que battu, Kongo livre sans doute son plus grand match à ce jour : il percute vivement, manque de mettre K-O plusieurs fois le Californien, résiste héroïquement à la puissance des coups de son adversaire. Pour la première et unique fois de sa carrière, Velasquez ne parvient pas à s’imposer avant la décision. Cheick s’est récemment relancé en parvenant à faire abandonner Paul Buentello lors de l’UFC on Versus 1 et il n’est plus qu’à un palier d’être considéré comme un des leaders de sa catégorie. L’occasion d’enterrer définitivement le complexe français.

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