Fedor Emelianenko, tsar parmi les stars (Top Fight HS n°1, Décembre 2010)

Fedor Emelianenko (fiche HS)

Catégorie : Heavyweight

 

 Taille : 1,83 m

 

 Poids : 104 kg

 

 Date de naissance : 28 septembre 1976

 

 Lieu de naissance : Rubizhne, Ukraine (ex-URSS)

 

 Période de carrière : 2000-…

 

 Technique préférée : Armbar (clé de bras)

 

 Surnom : The Last Emperor

 

 Statistiques en MMA : 31 victoires, 2 défaites, 1 no contest

 Pride Heavyweight Champion

 Vainqueur du Pride Heavyweight Grand Prix 2004

 WAMMA Heavyweight Champion

 Rings Heavyweight Champion

 Vainqueur du Rings Absolute Class Tournament 2002

 

 Disciplines d’origine : Sambo, Judo

 

 3 dates à retenir:

               16 mars 2003 : Pour son 3e match au sein du Pride, il s’empare du titre Heavyweight à la décision unanime face au déjà renommé « Minotauro » Nogueira.

               28 août 2005 : Lors du Pride Final Conflict 2005, Fedor domine Mirko « Cro Cop » Filipovic qui faisait office du dernier grand challenger pouvant vaincre le Champion russe.

               26 juin 2010 : Alors que son match contre Fabricio Werdum doit être une simple étape avant qu’il ne s’attaque au titre Heavyweight du Strikeforce, il s’incline à la surprise générale. Pour la première fois, Fedor se trouve en position de faiblesse.

 

Académie : Le Red Devil Sport Club est avant tout caractérisé par la présence des frères Emelianenko, Fedor et Aleksander, bien que ce dernier s’en soit récemment détaché. Amar Suloev et Gegard Mousasi sont d’autres membres notables du club. Enfin, Ivan, l’autre petit frère, pourrait à son tour l’intégrer bientôt.

 

 L’adversaire emblématique : Antonio Rodrigo Nogueira. Les combats entre les deux adversaires ont écrit l’histoire du Pride, alors au sommet du MMA. Fedor est le premier à avoir su rivaliser dans le combat au sol face au talentueux Brésilien.   

 

 Le saviez-vous? : Fedor est un véritable héros national en Russie. Pour preuve, il a fait partie des célébrités sélectionnées pour porter la flamme olympique lors de l’étape à Saint-Pétersbourg en 2008.  

 

 BIOGRAPHIE

 

Fedor Emelianenko voit le jour en 1976 en Ukraine. Son pays natal n’est alors qu’une République parmi tant d’autres que comprend l’immense empire soviétique. Pour cette raison, le jeune homme acquiert la nationalité russe.

Du sambo au MMA

 Le parcours de Fedor est assez différent de la majorité des grands combattants de MMA. Son initiation au sport de contact démarre ainsi avec le sambo, une pratique nationale qui croise habilement des techniques de lutte et de judo. Il devient très tôt un spécialiste de cette discipline, obtenant un Master de sport à 21 ans qu’il complète avec un diplôme équivalent en judo. Il remporte alors une pléthore de médailles dans des tournois internationaux dont celle de Champion d’Europe de sambo en 1997. Avant de se lancer en MMA, il axe ses entraînements sur l’amélioration de ses frappes, notamment avec les poings. En 2000, il rejoint la Rings, une promotion qui organise des éditions spéciales en Russie sur le thème « oppositions entre combattants de l’Est ». Il gagne par soumission face au Bulgare Martin Lazarov et au Géorgien Levon Lagvilava. Il prolonge durablement avec la fédération japonaise. Après une facile victoire par K-O face à Hiroya Takada, il rentre en lice dans le célèbre tournoi King of Kings. Lors du premier tour, il l’emporte à la décision face à Ricardo Arona. Le même soir, l’arbitre stoppe la rencontre entre Fedor et Tsuyoshi Kohsaka au bout de 17 secondes pour une coupure à l’œil. Une blessure doublée d’une élimination injuste… En effet, les images montrent qu’il a reçu un coup de coude de la part de son adversaire -manœuvre interdite-, car Kohsaka ne portait pas de protection comme l’oblige le règlement. Une première défaite jamais vraiment considérée comme telle par les admirateurs de Fedor. L’année suivante, il participe à un nouveau tournoi de la Rings, ayant pour but de déterminer un Champion poids lourds. Il conquiert ce titre sans délivrer la prestation attendue, puisque l’homme qu’il doit rencontrer en finale, Bobby Hoffman, n’est pas autorisé à combattre par les médecins. Fedor enchaîne sur un challenge devant couronner un Champion toutes catégories. Début 2002, il triomphe en finale de l’Australien Chris Haseman par TKO.

L’invincible du Pride

Fedor Emelianenko quitte la Rings en tant que légende absolue, ce qui incite le Pride à l’opposer d’entrée à de fortes figures. Sa première victime est Semmy Schilt, un homme qui le dépasse de presque 30 centimètres, lors du Pride 21. Le Russe mène le combat de manière très technique et dévoile ses compétences avancées en ground and pound. Schilt perd logiquement à la décision. Même topo ou presque contre Heath Herring, autre ténor de la catégorie. Fedor alterne projections et contrôles actifs en position montée ou latérale. L’Américain est arrêté par l’arbitre à la fin de la première reprise. Vient le moment de s’attaquer au titre mondial du Pride détenu par Antonio Rodrigo Nogueira. Cette opposition de styles débouche sur une rencontre qualifiée instantanément de « classique ». Fedor ne se laisse pas enfermer dans l’étau du Brésilien, habitué à se laisser dominer pour mieux verrouiller une soumission. Il fait preuve d’une grande vivacité pour échapper à un étranglement en triangle lors du 1er round et esquive aussi une clé de jambe en fin de match. Pour le reste, il se montre bien supérieur à Minotauro au niveau des initiatives et des échanges en boxe. Décision unanime en faveur du combattant de l’Est. Son surnom de « dernier empereur » acquiert dès lors toute sa légitimité. Pourtant, un malentendu demeure quant à son attitude jugée trop « froide »… du coup, sa popularité en pâtit. Il est vrai que Fedor ne verse jamais dans la joie exubérante après ses victoires, mais c’est davantage une forme d’humilité que de prétention. Il apparaît une dernière fois à la Rings où il bat le Lituanien Egidijus Valavicius seulement trois semaines après son choc épique contre Nogueira. Le public du Pride va progressivement être conquis par celui qui devient à la fois le visage de la compagnie et le cauchemar de l’UFC, laquelle s’échine à le recruter en vain. Fedor est peu inquiété lors de ses premières défenses de titre. Kazuyuki Fujita a beau enflammer le public lorsqu’il parvient à le faire chanceler, la seule chose à retenir de ce match est l’étranglement arrière décisif porté par le Champion. Quant à Gary Goodridge, terreur en son temps, il affiche une lourde expression de peur au moment de rentrer sur le ring pour affronter le tsar. Il subit un TKO sans appel. Le tournoi poids lourds du Pride Grand Prix 2004 assoit la domination du Russe qui bat d’anciens Champions de l’UFC : Mark Coleman et Kevin Randleman, tous deux soumis par clé de bras. Il retrouve Nogueira en finale, pour une revanche très attendue. Le Brésilien est beaucoup plus dynamique que lors de la première manche et entreprend une prise de soumission, lorsque soudain s’entrechoquent les deux têtes. Fedor est profondément coupé et le match est interrompu de longues minutes avant que la décision ne tombe : no contest. Il est aussitôt annoncé que le tournoi et le titre poids lourds seront remis en jeu lors du Pride Shockwave. Leur troisième duel est à sens unique en faveur du Champion qui choisit cette fois de maintenir au maximum le combat debout. Fedor prend ensuite soin de remettre les pendules à l’heure vis-à-vis de Kohsaka qu’il punit durant tout le premier round au Pride Bushido 6. Son plus grand défi se profile face au Croate Mirko « Cro Cop » Filipovic, match maintes fois repoussé, qui a enfin lieu à l’été 2005. Nombreux sont ceux qui prédisent l’avènement d’un nouveau Champion. Pourtant, l’ouragan russe domine encore une fois les débats et s’impose à l’unanimité. Il privilégie la domination au sol pour ne pas laisser l’occasion à son adversaire de l’atteindre via ses réputés high kicks. Après ce grand succès, le tsar se retire une bonne partie de l’année 2006 pour panser ses plaies. Il livre deux matchs coup sur coup en fin d’année. Après avoir dominé Mark Coleman une seconde fois, Emelianenko se dégage d’une tentative de soumission face à Mark Hunt en début de 1er round et conserve son flegme légendaire pour lui appliquer une clé Kimura par la suite.

Négociations = peu d’action

Tandis qu’il fête les quatre ans de son règne de Champion, il doit considérer sérieusement les offres de l’UFC début 2007, étant donné la disparition programmée du Pride. Mais, il déroute son monde, en préférant signer une exclusivité avec la promotion russe M-1 Global. S’ensuit une période paradoxale où l’homme reconnu comme le meilleur combattant au monde n’exerce pas dans la plus grande compagnie. Cette contradiction ne l’empêche pas de battre facilement Matt Lindland au Bodog Fight et de soumettre sans effort le géant Hong-Man Choi (2,18 m) en fin d’année. La création de la compagnie Affliction redonne un coup de fouet à la carrière de Fedor puisqu’elle attire des concurrents prestigieux. Les anciens Champions Heavyweight de l’UFC, Tim Sylvia et Andrei Arlovski, sont de ceux-là. Fedor, désormais en possession du titre hybride de Champion WAMMA (World Alliance of Mixed Martial Arts), s’impose avec une facilité déconcertante contre ces deux anciennes gloires. L’année 2009 est davantage marquée par les négociations administratives que par ses performances dans le ring. Affliction dépose le bilan et la star doit chercher un nouvel endroit pour combattre… Ainsi, Fedor trouve un accord avec la promotion Strikeforce durant l’été. Une rencontre est mise sur pied contre la star montante, le toujours invaincu Brett Rogers. Fedor, visiblement à court de rythme, souffre et manque d’être mis K-O avant de se ressaisir et de mettre au tapis son adversaire au 2e round. À l’été 2010, il confronte Fabricio Werdum. Le Brésilien est un combattant reconnu, mais compte déjà quatre défaites, dont certaines aux mains d’hommes vaincus par le Russe. Le match s’annonce comme une simple étape dans la marche vers le titre. Fedor ne perd pas de temps et assène un superbe enchaînement qui le place en position de force pour achever le travail en ground and pound. Suite à une astucieuse roulade en appui sur la grille, Werdum se sort de cette position périlleuse et bloque la tête de son adversaire en garde fermée avant de finaliser une clé de bras en triangle. Révolution dans le MMA !  Le roi incontesté a perdu. Pour de bon cette fois-ci. Mais personne ne s’avise d’en conclure que Werdum lui est supérieur. La suite dira s’il faut considérer ce combat comme un accident de parcours ou le début d’un déclin. Celui d’un homme que beaucoup de spécialistes considèrent comme le meilleur combattant de tous les temps. Le dernier empereur ne va certainement pas accepter aussi facilement qu’on le déloge de son trône…

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