Jess Liaudin, l’UFC comme leitmotiv (Top Fight HS n°1, Décembre 2010)

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Jess Liaudin (fiche HS)

Catégorie : Welterweight / Lightweight 

 

Taille : 1,76 m  

 

 Poids : 77 kg                         

 

 Date de naissance : 21 décembre 1973

 

 Lieu de naissance : Évry, France  

 

 Période de carrière : 2000-…   

 

 Technique préférée : Triangle Choke (étranglement en triangle)

 

 Surnom : The Joker

 

 Statistiques en MMA : 18 victoires, 11 défaites  

 10th Legion FC Welterweight Champion

 

 Discipline d’origine : Kickboxing  

 

 3 dates à retenir :

               22 février 2003 : Pour sa première au Cage Rage, Jess livre un combat intéressant contre Paul Taylor, bien qu’il s’incline à la décision.

               21 avril 2007 : Il débute brillamment dans l’Octogone lors de l’UFC 70, bat Dennis Siver par clé de bras en un peu plus d’une minute.

               13 mars 2010 : Son combat le plus récent se conclut par étranglement en guillotine sur Manu Garcia. Il s’agit de la quatrième victoire consécutive de Liaudin depuis la fin de son contrat avec l’UFC.    

 

 Académie : Pancrase London.  

 

 L’adversaire emblématique : Paul Taylor, sa bête noire. L’Anglais domine Joker aux points lors du Cage Rage 2. Même résultat lors de l’UFC 85 malgré une très belle prestation du Français.          

 

 Le saviez-vous ? : Si Bruce Lee est le premier pratiquant d’arts martiaux qu’il a admiré, Jess a de nombreuses idoles : Jean-Claude Van Damme, Hayato Sakuraï, Mike Tyson… et Jean-Paul Belmondo !   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

BIOGRAPHIE

 

 Le 21 avril 2007, Jess Liaudin réalise son rêve : pénétrer dans l’Octogone, ce lieu hautement symbolique du fight. Plus de treize ans que cette idée lui a traversé l’esprit. Des années entièrement consacrées ou presque à atteindre cet objectif. Maintenant qu’il se trouve à « l’endroit où il faut être », Jess est mû par une nouvelle ambition : rester dans l’élite. Continuer de délivrer de grandes prestations pour exister et croire en sa destinée. Une tâche des plus ardues.

 

La fantaisie, meilleur remède à la rudesse de la vie

L’adversité, Liaudin a dû s’en accommoder dès son plus jeune âge. Face à un mari très autoritaire, sa mère quitte le foyer et amène avec elle ses trois enfants. Jess veille alors sur ses deux sœurs comme un véritable père. Inspiré par Bruce Lee, son idole, il s’intéresse très tôt aux arts martiaux. À tel point qu’il court-circuite son cursus scolaire dès l’adolescence et participe à des compétitions de full-contact à l’âge de seize ans. Parti vivre aux États-Unis, Jess y découvre le MMA et commence à s’entraîner activement tout en exerçant de petits boulots. Il n’hésite pas à postuler à l’UFC via l’envoi de son CV. L’art qu’il fait sien en premier lieu est le kickboxing, sport dans lequel il affiche un score de 19 victoires en 22 rencontres. Les voyages font partie intégrante de son éducation au combat : Japon, Thaïlande… et finalement l’Angleterre. Le royaume britannique devient le théâtre de ses exploits. Liaudin combat dans quantité d’organisations entre 2000 et 2003 et en ressort le plus souvent couvert de gloire. Ses victoires sont expéditives et le plus souvent obtenues par prise de soumission. Plus que ses succès, le public est aussi marqué par le personnage, volontiers sympathique et joueur, sans ego ostensible. Son surnom The Joker prend tout son sens, car comme le célèbre ennemi de Batman, il possède le sens de la blague et de la légèreté bienvenue dans des moments intenses. Mais quand il s’agit de choses sérieuses, Jess répond également présent. Ainsi rejoint-il le Cage Rage, compagnie appelée à devenir la force dominante du MMA Européen. Opposé à Paul Taylor, Jess soulève l’enthousiasme du public par son côté rentre-dedans et sa technicité au sol. Il place une superbe clé de bras au cours du premier round, mais Taylor s’en dégage astucieusement et le duel reprend de plus belle. À l’issue du temps imparti, les deux hommes sont unanimement acclamés par le public. Néanmoins, au décompte des juges, l’Anglais rafle la mise. Plus tard, une certaine naïveté le conduit à une nouvelle défaite au Cage Wars, face au vétéran Shonie Carter. Le rêve d’Amérique semble s’évaporer et son manque de motivation transparaît lors de ses combats suivants.

 

Le rêve devient réalité

Finalement lassé d’être traité comme un combattant de seconde zone, le joker reprend les cartes de sa destinée en mains début 2006, en changeant notamment de partenaires et de type d’entraînements. La reconquête peut commencer. Liaudin surclasse Paul Jenkins au ZT Fight Night 1 et revient dans les bonnes grâces du Cage Rage. Au sein de la plus grande scène britannique, il démontre de grandes qualités de striker et oblige Lee Doski à rendre les armes sur arrêt médical à l’issue du 2e round. Quatre mois plus tard, il place une clé de talon victorieuse sur Ross Mason, en moins de trois minutes. Suite à ses succès, Jess reçoit la proposition tant espérée : l’UFC le recrute pour cinq combats… et plus si affinités. Cette opportunité en fait le deuxième Français (après Cheick Kongo) à fouler le sol de l’Octogone. Bien décidé à ne pas être qu’un feu de paille, Liaudin ne fait pas dans le détail pour ses débuts : clé de bras victorieuse face à Dennis Siver (81 secondes de combat) puis implacable TKO en fin de premier round devant Anthony Torres à l’UFC 75. Les premières rumeurs d’un match pour le titre de la catégorie Welterweight bruissent. Mais un autre homme très ambitieux contrecarre ses plans : l’Américain Marcus Davis. Le natif d’Évry n’est pas récompensé de son initiative, son approche pour provoquer le clinch est accueillie d’un crochet gauche dévastateur. Ses retrouvailles avec Paul Taylor lors de l’UFC 85 ont un goût amer. Il s’incline sur une décision contestée, l’Anglais n’ayant rien démontré de probant. Les jours de Jess dans la plus grande compagnie au monde sont désormais comptés : il doit absolument vaincre le Suédois David Bielkheden pour le dernier match prévu dans son contrat. Trois défaites consécutives étant souvent synonymes de résiliation à l’UFC. Le Français a beau afficher son habituelle décontraction lors de son entrée, il sait que l’épée de Damoclès est au-dessus de sa tête. Dans un dernier baroud d’honneur, Liaudin résiste aux puissants assauts de son adversaire, mais s’incline logiquement à la décision. Après quelques mois de flottement pour digérer sa déception, le joker accomplit une brillante série de victoires depuis 2009, notamment dans les récents évènements français dédiés au MMA, qu’il contribue à promouvoir. Dans les épreuves, Jess est resté le même : ce gamin qui rêve de combattre à l’UFC. À nouveau.

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