Ken Shamrock, le premier géant américain (Top Fight HS n°1, Décembre 2010)

Ken Shamrock (fiche HS)

 Catégorie : Heavyweight

 

 Taille : 1,86 m

 

 Poids : 97 kg

 

 Date de naissance : 11 février 1964

 

 Lieu de naissance : Macon, Etats-Unis

 

 Périodes de carrière : 1993-1996, 2000-…

 

Technique préférée : Ankle Lock (clé de cheville)

 

 Surnom : The World’s Most Dangerous Man

 

Statistiques en MMA : 28 victoires, 15 défaites, 2 nuls

Premier UFC Superfight Champion

Premier King of Pancrase Champion

 

 Discipline d’origine : Lutte

 

 3 dates à retenir :

     17 décembre 1994 : Il devient le premier King of Pancrase, suite à sa victoire en finale du tournoi de la fédération japonaise, Pancrase, contre Manabu Yamada. Il s’affirme alors comme une star internationale.

     14 juillet 1995 : À l’UFC VI : Clash of the Titans, Dan Severn capitule sous l’emprise d’un étranglement permettant à Ken de s’adjuger le premier titre officiel de l’organisation, celui de Superfight Champion, ancêtre du futur World Heavyweight Title.

     9 avril 2005 : En main event de la première édition de l’Ultimate Fighter, Shamrock s’incline face à Rich Franklin dans un match à l’allure de passation de pouvoir.

 

Académie : La Lion’s Den, l’école de lutte qu’il a fondée, a notamment compté dans ses rangs Guy Mezger, Vernon White, Jerry Bohlander, Mikey Burnett, ainsi que le frère adoptif de Ken, Frank Shamrock.

 

 L’adversaire emblématique : Tito Ortiz l’a affronté et battu à trois reprises. Il représente une véritable obsession pour Shamrock qui, dans les années 2000, veut prouver qu’il a encore les moyens de combattre à haut niveau.      

 

Le saviez-vous? : Dans sa jeunesse, Ken subit une grave blessure aux cervicales pendant une séance d’entraînement. Suite à cet incident, une plaque de métal est insérée dans sa nuque pour maintenir en place ses vertèbres. Les médecins lui annoncent que son avenir dans les sports de contact est fortement compromis. On connaît la suite…

 

 

 

 

 BIOGRAPHIE

 

Ken Shamrock n’a pas connu une jeunesse des plus faciles. Dès son plus jeune âge, il doit faire face à l’abandon, puisque son père fuit ses responsabilités et délaisse les siens. Bien que sa mère se remarie, ses problèmes ne prennent pas fin pour autant : le beau-père de Ken se distingue malheureusement par la façon violente dont il le traite. Le petit Ken s’enfuit du domicile familial  et finit par être accueilli par Bob Shamrock, gérant d’un centre pour jeunes en difficultés, qui l’adopte. C’est là que sa rédemption prend forme, et que Kenneth Wayne Kilpatrick prend le nom qui le rendra célèbre.

King of Pancrase

À l’école, déjà, Ken démontre une certaine aptitude pour la lutte. Sa capacité à faire entendre raison à des garçons bien plus grands et plus costauds que lui se manifeste progressivement. Même s’il livre tout d’abord trois combats au Pancrase (organisation japonaise de MMA qui s’inspire fortement des règles du catch), c’est au soir du gala UFC I The Beginning, en novembre 1993, qu’il se révèle aux yeux du monde entier. En moins de deux minutes, Ken bat Patrick Smith grâce à une clé de cheville en quarts de finale. En demi-finale, surpris par Royce Gracie, futur vainqueur du tournoi, Shamrock abandonne en moins d’une minute sur un étranglement arrière. À cette époque, l’UFC ne prévoit ni rounds, ni limites de temps, et ses pay-per-views consistent en un tournoi où les gladiateurs doivent combattre trois fois dans la même soirée. Ken se remet en question : outre l’acquisition d’une meilleure endurance, il souhaite affiner ses méthodes de préparation. Son objectif est simple : prendre sa revanche sur Royce Gracie. Après de nouveaux succès au Japon, le World’s Most Dangerous Man participe en septembre 1994 à la troisième édition de la grande messe du MMA. Il remporte ses deux duels par soumission : le premier face à Christophe Leninger, le second, plus tard dans la même soirée, contre Felix Mitchell. En toute logique, Ken Shamrock doit retrouver Royce Gracie en finale. Malheureusement pour le public et pour l’ambition de Ken, Gracie déclare forfait dès son entrée en demi-finale, traînant une blessure obtenue un peu plus tôt dans la soirée. Démobilisé, prétextant lui aussi une blessure, Shamrock est remplacé par Steve Jennum pour la finale. Il avouera plus tard que l’absence de son rival brésilien était la cause de son désistement impromptu, et qu’il ne voulait pas gagner le tournoi dans ces conditions. Trois mois plus tard, Shamrock entame au mieux le nouveau cycle japonais de sa carrière, remportant le premier tournoi King of Pancrase, en 1994, en disputant pas moins de quatre rencontres et ce, en moins de 48 heures. Parmi ses victimes se trouvent Maurice Smith et Masakatsu Funaki. Bien que ce tournoi ne possède pas la densité d’un UFC, il gagne en notoriété avec la victoire d’un combattant américain. Le roi du Pancrase défend son titre à deux reprises début 1995, mais n’en oublie pas pour autant son principal objectif… L’affrontement tant souhaité face à Gracie a enfin lieu à l’UFC V, sous la forme d’un superfight. Ce combat hors tournoi est le premier prévu dans une limite de temps de trente minutes. Dans les faits, il en dure six de plus, puisqu’une prolongation est décrétée. Ainsi, cette joute rentre dans les annales du MMA !

UFC Superfight Champion

 À cette époque, le système de notation n’existe pas et aucun combat n’est départagé à la décision. Sans jury, et malgré la domination évidente de Shamrock, aucun vainqueur n’est déclaré. Le Champion brésilien prend par la suite sa première « retraite » (qui durera cinq ans), tandis que Shamrock concourt logiquement au premier titre poids lourds mis en jeu par l’UFC lors de sa sixième édition intitulée Clash of the Titans. Ken se mesure à Dan Severn et le force à abandonner sur une guillotine en l’espace de deux minutes. L’Américain devient Superfight Champion et défend son titre à deux reprises contre Oleg Taktarov (match nul) et Kimo Leopoldo. Mais face à Severn, lors du match revanche, ce n’est pas la même histoire : au bout du temps réglementaire, le jury décerne la victoire et le Championnat à Dan. Dominé, Shamrock est tout de même un modèle à suivre tant il fait preuve d’une combativité exceptionnelle. Ken remporte un dernier succès lors de l’UFC Ultimate Ultimate 1996, contre Brian Johnston, en se brisant la main au passage. Il s’éloigne des rings quelques temps, mais attiré par les lumières et l’argent du catch, Shamrock rejoint très vite la toute-puissante World Wrestling Federation (WWF, devenue World Wrestling Entertainment en 2002) de Vince McMahon, d’abord comme guest star, puis rapidement comme membre à part entière de l’écurie. Il met à profit ses trois années au sein de cette compagnie pour démontrer un autre aspect de ses qualités de catcheur et remporter des titres prestigieux (Champion intercontinental, Champion par équipe, King of the Ring 1998), ne manquant que d’un cheveu le titre suprême face au Champion d’alors, Shawn Michaels.

Ortiz, dernier grand rival

Lorsqu’il annonce son retour aux arts martiaux mixtes en mai 2000, la réaction des fans est mitigée : beaucoup d’entre eux craignent que sa carrière ne soit ternie. Il renoue des contacts avec le Japon via le Pride, et s’y montre rassurant quand il bat Alexander Otsuka par TKO au Pride GP 2000. En revanche, il est peu à son aise face à Kazuyuki Fujita lorsqu’il est poussé à l’abandon au bout de six minutes, non sous une pluie de coups, mais à cause d’un mystérieux problème gastrique. En dépit de cette déconvenue, il n’est en aucun cas question de retraite, à tel point qu’il postule dès son retour à l’UFC en 2002 au titre des poids mi-lourds détenu par Tito Ortiz. Courageusement, Shamrock passe l’essentiel du match à encaisser des coups d’une puissance inouïe, abdiquant seulement à la fin du troisième round. L’année suivante, le World’s Most Dangerous Man goûte à la reconnaissance absolue du métier : avec le légendaire Royce Gracie, il est le premier combattant ultime à être intronisé au Hall of Fame de l’UFC. Parallèlement, Ken fréquente des fédérations indépendantes de catch et devient notamment le premier Champion de la TNA. En 2006, il est le coach de l’une des deux équipes de The Ultimate Fighter, une émission de télé-réalité ayant pour but de repérer de nouveaux combattants. Ses élèves sont régulièrement dominés lors des rencontres les opposant aux membres de l’équipe dirigée par Tito Ortiz. Faut-il y voir les prémices d’un clash supplémentaire ? Quelques mois plus tard, la polémique enfle entre les deux hommes à l’issue de leur affrontement à l’UFC 61 : l’arbitre arrête prématurément la rencontre, suite à un TKO de Shamrock. Or, la réaction de protestation de l’homme le plus dangereux au monde, au moment de la décision, prouve qu’il avait encore tous ses esprits. Sous la pression de Ken et de la majorité du public de l’Octogone qui l’idolâtre, l’UFC n’a d’autre choix que de lui accorder une troisième manche dite « ultime » face à Ortiz. Ce dernier s’y montre impitoyable et inflige cette fois-ci un K-O sans appel à son rival éternel. Après une nouvelle pause, Shamrock a repris la route des rings. Son nom en tête d’affiche demeure une garantie de spectacle pour le public et l’assurance d’une grande motivation chez ceux qu’on lui oppose. Le vaincre, équivaut à s’approprier une parcelle  de la légende de ce guerrier au grand cœur…

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