Vitor Belfort, le talent n’attend pas les années (Top Fight HS n°1, Décembre 2010)

Vitor Belfort (fiche HS)

Catégorie : Heavyweight / Light Heavyweight / Middleweight

 

 Taille : 1,83 m

 

 Poids : 84 kg

 

 Date de naissance : 4 janvier 1977

 

 Lieu de naissance : Rio de Janeiro, Brésil

 

 Période de carrière : 1996-…

 

 Technique préférée : Punches

 

 Surnom : The Phenom

 

 Statistiques en MMA : 19 victoires, 8 défaites

 UFC Light Heavyweight Champion

 Vainqueur du tournoi Heavyweight de l’UFC XII

 

 Discipline d’origine : Jiu-jitsu

 

 3 dates à retenir :

     7 février 1997 : À l’UFC XII, il remporte le tournoi en catégorie lourds après seulement deux minutes, le temps nécessaire pour vaincre Tra Telligman et Scott Ferrozzo.

     29 avril 1999 : Pour sa première apparition au Pride, il perd à la décision face au héros local, Kazushi Sakuraba. Outre cette cinglante défaite, il se brise la main en début de combat, ce qui le contraint à suivre des soins durant de longs mois au Brésil avant de pouvoir revenir.

     19 septembre 2009 : Il confirme son retour en force lors de l’UFC 103 où il s’impose par TKO face à l’ancien Champion des poids moyens, Rich Franklin.

 

 Académie : Aucune équipe attitrée à ce jour, bien qu’il s’entraîne souvent avec Anderson Silva et « Minotauro » Nogueira. Il est passé tout au long de sa carrière par l’écurie Gracie et par la Brazilian Top Team.

 

 L’adversaire emblématique : Randy Couture, avec lequel il entretient une rivalité qui passionne l’Amérique. Dommage que sa seule victoire face à Randy (en trois combats) fut sujette à polémique, à cause de la « coupure de Couture ». En effet, à l’UFC 46, Couture – Champion en titre des mi-lourds – saigne suite à une coupure à l’œil, due aux frottements des gants. L’arbitre est alors contraint de stopper la rencontre.

 

 Le saviez-vous ? : Un drame a frappé la vie de Vitor Belfort en mars 2004 : sa sœur, Priscilla, enlevée par la guérilla urbaine au Brésil, est retrouvée morte quelque temps après. Sans qu’on puisse formellement établir un lien de causalité avec ses performances sur le ring, la période qui suit est la plus dure de sa carrière puisqu’il enchaîne trois défaites.  

 

 

 BIOGRAPHIE

 

 Quand un membre de la famille Gracie vous met le pied à l’étrier, il faut avouer que c’est toujours plus facile. Surtout pour un jeune dont l’objectif principal est de livrer bataille dans des compétitions d’arts martiaux mixtes. Vitor Belfort est conscient de sa chance, conscient que recevoir sa ceinture noire de jiu-jitsu des mains de Carlson Gracie n’est pas donné à tout le monde. Pour autant, cela ne l’empêche pas de s’émanciper assez vite de l’enseignement Gracie. Au-delà de ses compétences en jiu-jitsu, il possède un punch dévastateur.

Striker avant tout

 En 1996, Vitor n’a que 19 ans lorsqu’il s’expatrie aux États-Unis pour atteindre le centre nerveux du MMA mondial. Il dispute son premier combat au sein d’une organisation méconnue, le Superbrawl, où le K-O qu’il inflige à son adversaire, le malheureux Jon Hess, après seulement douze secondes de match, lui assure déjà une certaine renommée. L’UFC, en quête de renouveau à cette époque, est aux anges en signant un aussi jeune talent.

Belfort pénètre dans l’Octogone lors de la douzième édition pour disputer le tournoi des poids lourds, désormais limité à deux matchs dans la soirée et dissocié d’un autre challenge, destiné aux poids moyens. Dès la fin de cet événement, il est connu comme The Phenom (le phénomène), surnom qu’il mérite amplement à la suite de ses prestations remarquables face à Tra Telligman et Scott Ferrozzo, mais aussi grâce à son attitude presque débonnaire, à mille lieues de la dangerosité à laquelle il fait face. Ainsi, quand le légendaire arbitre « Big » John McCarthy déclare le TKO suite à son impressionnante série de coups de coude sur Telligman et le repousse, il semble ne pas réaliser ce qu’il vient d’accomplir, et prend sa victoire avec un certain recul, très déconcertant. À l’UFC XIII, le choc des générations est annoncé : le Phenom doit affronter un autre grand puncheur en la personne de David « Tank » Abbott. Mais le choc tant attendu se révèle être seulement une démonstration de manœuvres ultrarapides de la part du Brésilien, qui lamine un Abbott dépassé en 52 secondes. Un défi plus grand l’attend cinq mois plus tard : Randy Couture. Le Champion de lutte gréco-romaine résiste à la boxe de Belfort et coupe la distance autant que possible. Par conséquent, le jeune prodige ne peut donner à ses coups l’impact souhaité et finit par être amené au sol. Il subit un enchaînement irrémédiable : le TKO est déclaré. Ce premier accroc ne met pas fin à l’ambition du Phenom qui repart de plus belle.

Lors de l’UFC Brazil, il détruit Wanderlei Silva, le futur grand Champion du Pride, en une quarantaine de secondes. Mais sa marche en avant est malheureusement contrariée par une grave blessure à la main, contractée lors du Pride 5 où il s’incline par décision devant Kazushi Sakuraba. Parallèlement, il se brouille avec le clan Gracie et met à profit ce repos forcé pour rejoindre la Brazilian Top Team, groupe d’entraînement de Murilo Bustamante, voué au perfectionnement du jiu-jitsu.

Règne sans saveur…et résurrection ?

C’est un nouveau Vitor Belfort qui entame les années 2000, visiblement plus endurant et capable de gagner ses combats autrement que par la qualité de ses frappes dévastatrices. Ainsi, il s’impose à la décision pour son retour face à Gilbert Yvel, idem devant Daijiro Matsui au Pride 10. Ses succès au Japon ne laissent pas de marbre l’UFC, puisque l’organisation fait de nouveau appel à ses services en 2002 pour un match titanesque face à une autre star montante, Chuck Liddell. Le gagnant est destiné à affronter Tito Ortiz, alors Champion Light Heavyweight incontesté. Bien qu’il s’incline à la décision, Belfort reste un prétendant sérieux. Puisque le plan ne se passe pas comme prévu, le Brésilien est amené à retrouver son premier bourreau, Randy Couture, Champion en titre. Ce choc amplifie le contentieux entre les deux géants de l’Octogone, car il est interrompu prématurément suite à une coupure à l’œil chez le lutteur américain. Belfort devient Champion sous les huées d’un public venu voir un potentiel main event de feu. Sa célébration trop marquée, étant donné les circonstances de sa victoire, rajoute de l’huile sur le feu. Pourtant, il appartenait à l’arbitre et à lui seul de conclure à un no contest qui aurait évité cette supposée offense faite à Couture.

 

L’UFC remet le couvert à l’été 2004 dans une édition judicieusement intitulée Unfinished Business (UFC 49). C’est peu de dire que Couture est particulièrement remonté, ce qu’il confirme dans les faits en obtenant l’abandon du coin Belfort à l’issue de la troisième reprise. Ce règne de Champion a décidément un goût bien amer. C’est le début d’un passage à vide pour le Brésilien qui, les mois suivants, ne parvient pas à redevenir un prétendant sérieux au titre. Mais il faut toujours se méfier du Phenom en sommeil… Durant la deuxième partie des années 2000, il rappelle à tous qu’il a encore de belles années devant lui, redevenant le puncheur impitoyable de ses débuts. Il signe des K-O probants face à Terry Martin et Matt Lindland, qu’il rencontre au sein de l’organisation Affliction. En septembre 2009, il tutoie à nouveau les sommets de l’UFC en infligeant un K-O monstre à Rich Franklin, dans un main event enflammé. Vitor Belfort est bel et bien de retour, affûté comme jamais. Un an plus tard, il est même propulsé à la place de prétendant à la ceinture mondiale. Début février 2011, on saura si la légende continuera à s’écrire pour The Phenom.

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