Wanderlei Silva, le volcan permanent (Top Fight HS n°1, Décembre 2010)

 Wanderlei Silva (fiche HS)

Catégorie : Light Heavyweight

 

 Taille : 1,81 m 

 

 Poids : 91 kg

 

 Date de naissance : 3 juillet 1976

 

 Lieu de naissance : Curitiba, Brésil

 

 Période de carrière : 1996-…

                                                  

 Technique préférée : Knee Strikes (série de coups de genou)

 

 Surnom : The Axe Murderer

 

 Statistiques en MMA : 33 victoires, 10 défaites, 1 nul, 1 no contest

 Pride Middleweight Champion

 Vainqueur du Pride Middleweight Grand Prix 2003

 IVC Light Heavyweight Champion 

 

 Disciplines d’origine : Muay Thaï, Jiu-Jitsu

 

 3 dates à retenir :

               25 mars 2001 : Le commencement d’une période faste. Ce jour-là, il stoppe l’ascension du Japonais Kazushi Sakuraba, jusqu’alors figure héroïque au Pride.

               9 novembre 2003 : Déjà Champion Middleweight du Pride, il accroît sa suprématie sur la division en remportant le Pride Middleweight Grand Prix.

               29 décembre 2007 : Son combat contre Chuck Liddell à l’UFC 79 est l’occasion de mettre un terme à une rivalité à distance de plusieurs années. Il s’incline aux points.

 

 Académie : Longtemps membre emblématique de la Chute Boxe Academy, Wanderlei a récemment créé la Wand Fight Team. Son équipier le plus célèbre est Demian Maia. Jorge Lopez et Keli Manglona font également partie de l’équipe. 

 

 L’adversaire emblématique : Quinton Jackson, à qui il voue une véritable haine. Les deux hommes ont été opposés à trois reprises. Wanderlei a remporté les deux premières manches de manière magistrale, du temps de son règne au Pride. Mais, fin 2008, ils se retrouvent une dernière fois au sein de la cage de l’UFC et, cette fois, l’Américain prend le dessus.     

 

 Le saviez-vous? : Le tatouage tribal qu’il porte en bas du crâne, est devenu une marque d’identification forte. Nombre de ses fans l’ont reproduit ; le plus connu d’entre eux dans l’Hexagone est Jérémie Janot, le gardien de l’AS Saint-Etienne, club mythique de football.   

 

 

 

 

 

BIOGRAPHIE

 

 Le cérémonial est toujours le même : Wanderlei descend la rampe d’accès avec une musique techno captivante, exécute une petite danse lors de son entrée entre les cordes, joint ses mains et les agite avec un rythme soutenu au moment de l’annonce de son nom. Puis, il fixe son adversaire d’un air froid et tente d’emblée de prendre l’ascendant psychologique. Avant même que le combat ne démarre, Silva électrise la salle, qu’elle soit acquise ou non à sa cause.

Il était une fois l’IVC

 Difficile d’imaginer que cet homme empli de fierté et au regard de tueur, a été un jour un adolescent complexé. Le jeune Wanderlei vit dans une certaine frustration due à un physique ingrat : son excédent de poids couplé à sa relative petite taille en font un « gros ». Frustré par un manque de popularité évident auprès des filles, il décide d’y remédier en suivant la voie de ses grands frères qui pratiquent des activités physiques. Wand opte pour le muay thaï (communément appelé boxe thaï) et se dirige naturellement vers le MMA. Il est entraîné par Rudimar Fedrigo, le futur fondateur de la Chute Boxe Academy. Silva, tout juste 20 ans, débute au Brazilian Vale Tudo Fighting (BVF), même s’il ne possède alors aucune connaissance du combat au sol. Malgré deux premières victoires encourageantes, il est vite amené à apprendre le jiu-jitsu pour devenir un combattant complet. C’est au sein de l’International Vale Tudo Championship (IVC) qu’il se révèle véritablement lorsqu’il participe au tournoi de la deuxième édition en 1997. Il remporte deux nouveaux combats en vitesse accélérée pour se qualifier en finale, où il s’incline sur arrêt médical face à Arthur Mariano. Toujours au sein de cette organisation brésilienne, il met K-O Mike Van Arsdale, un combattant passé par l’UFC. Il n’en faut pas plus pour que la machine s’emballe et que Wanderlei devienne une des têtes d’affiche d’un UFC spécial se déroulant au Brésil à la fin 1998. Manque de chance, l’expérience s’avère traumatisante pour Silva. Un déluge de coups signé des poings de son compatriote Vitor Belfort, le lamine de toutes parts. Un second passage à l’IVC restaure sa gloire puisqu’il s’empare du titre Light Heavyweight de la compagnie après un facile succès sur Eugene Jackson.

Wand is Pride

 Wanderlei revient dans l’Octogone et saisit l’occasion de faire découvrir au monde entier la puissance de ses coups de genou. Sur l’un d’eux, il met K-O Tony Petarra, à l’UFC XX. Plusieurs mois après, il apparaît au Pride et y entame une impressionnante série d’invincibilité. Elle sera seulement entrecoupée d’une nouvelle déception à l’UFC où il s’incline à la décision devant Tito Ortiz. Au pays du Soleil Levant, Wand paraît indubitablement plus à l’aise, voire même transcendé. Il rentre définitivement dans le gotha du MMA mondial le soir du Pride 12, en 2000, où il obtient une décision unanime contre Dan Henderson, invaincu jusqu’alors. Lors de l’édition suivante, Silva croise le fer avec la star de la jeune compagnie, Kazushi Sakuraba, un homme au physique relativement quelconque mais capable de se sortir des situations les plus périlleuses pour soumettre les meilleurs. Les limites techniques de Wanderlei sont compensées par son implacable agressivité. Le Brésilien bondit littéralement sur son adversaire et obtient un knockdown dont le Japonais ne se remet pas. Il enchaîne ensuite stomps et soccer kicks (coups de pied au visage sur un adversaire au sol). Assistant à la destruction de la célébrité locale, l’arbitre arrête la rencontre logiquement, après seulement 98 secondes de combat. Dès lors, Silva occupe une place à part dans le cœur du public nippon : aussi bien adulé que détesté, il ne laisse jamais indifférent. Il faut dire que ce personnage intriguant dégage un côté impitoyable et chaleureux en même temps, comme s’il jouissait des corrections infligées à ses adversaires. Shungo Oyama est le suivant à connaître la dure loi de l’Axe Murderer. Incapable de contenir la fougue du Brésilien, l’arbitre se doit de stopper le match au bout de trente secondes. Lorsque Sakuraba est prêt à prendre sa revanche, tout le Japon est derrière le héros national. Au Pride 17, les choses commencent d’ailleurs bien mieux pour lui puisqu’il parvient à amener le combat au sol et tente, en vain, une clé de bras. Mais Wanderlei veille au grain et se dégage avec une violente projection. Sur celle-ci, Sakuraba se blesse à l’épaule. À peine la fin du premier round, et les médecins exigent de mettre un terme aux hostilités. C’est une victoire plus qu’honorifique qui consacre le premier Champion Middleweight de l’histoire de l’organisation. D’ailleurs, ce titre devient quasiment la propriété de Silva. Ce roi de la baston finit par s’ennuyer  assez vite du manque de concurrence dans sa catégorie et n’hésite pas à affronter – entre deux défenses de titre – les poids lourds qu’on lui présente. Ainsi, il vient à bout du redoutable Alexander Otsuka et fait match nul avec la star montante, Mirko « Cro Cop » Filipovic. Les Japonais restent, quoi qu’il en soit, ses principaux adversaires et par conséquent il est parfaitement accoutumé à les rencontrer. Ces combattants, ayant souvent pour base le judo, sont rarement armés pour contrer l’explosivité du membre de la Chute Boxe Academy. Un nouveau challenge  remobilise néanmoins ses concurrents : le Pride Grand Prix 2003 (tournoi étalé sur deux évènements : le Total Elimination et le Final Conflict). Sakuraba joue une fois de plus avec le feu et récolte un K-O radical, fait majeur des quarts de finale. En demi-finale, Wanderlei doit attendre la décision pour éliminer le vaillant judoka Hidehiko Yoshida. En finale, Quinton Jackson, un homme avec qui il est en guerre depuis plusieurs semaines suite à des provocations mutuelles, se dresse sur sa route. L’Américain s’estime aussi bon striker que lui mais il n’a pas la même capacité à encaisser ; pour preuve, une salve de coups de genou l’étend pour de bon. Wanderlei profite de la lenteur de l’intervention de l’officiel pour asséner quelques coups superflus sur un adversaire déjà condamné. Sympathiques offrandes dont Jackson saura se souvenir ! La revanche au Pride 28, plus disputée, s’achève par un nouvel enchaînement de coups de genou. Jackson s’effondre entre deux cordes avec la grâce d’un mannequin désarticulé, image qui fera date. Après une défaite aux points contestable mais anecdotique contre le poids lourd Mark Hunt, Wanderlei rentre en lice dans le Pride Grand Prix 2005, à nouveau consacré aux poids moyens. Il parvient à se hisser jusqu’en demi-finale avant de s’incliner à la décision contre Ricardo Arona. Une défaite à relativiser puisque son successeur désigné, Mauricio « Shogun » Rua, membre lui aussi de la Chute Boxe Academy, prend soin de laver l’affront en battant en finale Arona, membre de la Brazilian Top Team, l’école rivale. En fin d’année, Wanderlei bat à son tour Arona à la décision, dans un match où la ceinture Middleweight est en jeu. L’année suivante, Wanderlei est convié à pallier l’absence de Fedor Emelianenko, dans le cadre du Pride Grand Prix Openweight, tournoi sans aucune limite de poids. Cependant, avec un tableau trusté par les poids lourds, le défi s’annonce rudement compliqué. Wanderlei échoue en demi-finale contre Mirko « Cro Cop » Filipovic qui l’exécute d’un head kick létal. Une défaite de bien plus grosse ampleur que celles connues auparavant.

La chute… et le retour de flamme

 Début 2007, le Meurtrier à la hache subit un autre K-O retentissant contre Dan Henderson dans son dernier match au Pride. Après cinq années de règne ininterrompu, il perd son titre Middleweight. Suite au rachat du Pride, l’UFC mise rapidement sur sa venue et met en place une des oppositions les plus attendues de l’histoire : Wanderlei Silva vs Chuck Liddell. Deux symboles. Deux anciens Champions, chacun dans leur organisation, en phase de reconquête. Le duel ne déçoit pas, les échanges sont très vifs mais personne n’obtient le K-O espéré. Le knockdown subi lors du dernier round condamne les chances de succès de Wanderlei aux yeux des juges. Tout est désormais à reconstruire, au sein d’un Octogone qui lui réussit si peu. Wanderlei retrouve de sa superbe, le temps d’un K-O expéditif face à Keith Jardine. Puis vient le moment du troisième acte contre Quinton Jackson. Devant cet homme sur qui il a un certain ascendant psychologique, Wanderlei se montre dominateur et percutant. En dépit de cet avantage, l’efficacité de Jackson est implacable. Un coup, un seul et Silva est touché de manière décisive. Rancunier, Rampage se permet même d’adresser trois coups « gratuits » à son rival étalé au sol, en guise de représailles. Cruelle vengeance ! Les blessures rattrapent le combattant brésilien, condamné au repos forcé plusieurs mois durant. Ce dont il profite pour subir une opération avec succès.

 Lors de son dernier combat en date, début 2010, Silva brise l’élan de l’Anglais Michael Bisping, un combattant classé dans le top 10 de la catégorie. Sa performance rassure, tant le public a l’impression de revoir l’homme fort du Pride.

 Wanderlei a récemment déclaré qu’il avait encore de belles années devant lui. Alors qu’il est seulement âgé de 34 ans, son affirmation paraît légitime et on ne peut que souhaiter qu’il ait raison. Dans son intérêt et pour le plus grand plaisir du public, bien sûr.

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