Hygiène : la douche froide (1) (Haltereego, 13 mai 2013)

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Cela pourrait sembler être une évidence : après la mise à mal de son corps des heures durant (bon ok une heure tout au plus, mais ce n’est déjà pas mal), l’étape suivante serait d’en prendre soin, à commencer par une douche réparatrice. Pourtant, les avis et les pratiques divergent. Tour d’horizon des différentes « écoles » en la matière.

Approchez, approchez, ceci n’est pas un ennemi

Approchez, approchez, ceci n’est pas un ennemi

 

« Je ne me lave pas moi Madame, depuis que la France a été vaincue. Et si personne ne se lavait, la France serait plus propre ! » (Dédé, collaborateur zélé dans La Traversée de Paris de Claude Autant-Lara, 1956)

Ah ! L’hygiène ! Vaste débat ! Si tous ceux qui théorisent des préceptes à ce sujet les appliquaient, bon nombre de maladies et syndromes auraient disparu de la surface de la Terre. À l’échelle des salles de sport, une opposition sourde gronde depuis la nuit des temps entre les partisans de la douche immédiate et les tenants du lavage domestique. Alors, la sueur, sur place ou à emporter ?

Pseudo-lavage et vrai camouflage

Bien qu’il y ait deux camps principaux au cœur du conflit, nous pouvons diviser les pratiquants en quatre groupes, quelques nuances importantes les distinguant.

  • Groupe A : ceux qui optent pour une douche intégrale en bonne et due forme.

Mode opératoire : Équipés de rechanges pour chaque partie du corps (certains font l’impasse sur les chaussettes), d’un gant incluant un savon ou un gel douche et d’une serviette supplémentaire dévolue à l’essuyage, ils passent vingt bonnes minutes sous les jets à jouir de l’eau bouillante tout en jaugeant des transformations en cours de leur physique.

Qui sont-ils ? Avant tout des citadins dans une fourchette d’âge 18-45 ans, majoritairement célibataires ou du moins non soumis à une pression les incitant à rentrer chez eux, issus de la classe populaire dans l’ensemble (Charles-Henri considère déjà comme une grande concession de s’entraîner au milieu des badauds, alors ne lui parlez pas de jouer les prolongations).

Modèle à suivre ? Dans un sens oui, mais ne croyez pas qu’ils soient tous guidés par la seule volonté de ne pas asphyxier leur prochain, il y a dans le lot les meilleurs clients du magasin Maxi-Pince. Économiser sur la facture d’eau, c’est toujours ça de pris.

  • Groupe B : ceux qui prennent une douche express sans se savonner.

Mode opératoire : Identique, en apparence, à celui du premier groupe. Ils rentrent bel et bien dans la cabine, sauf qu’ils s’exemptent du frottage et ne restent en tout et pour tout que cinq minutes.

Qui sont-ils ?  Des personnes entre deux obligations, professionnelle d’une part et sociale de l’autre. Impossible pour eux de conserver leur tenue sportive, même le temps d’un trajet en voiture. Sans doute aussi des individus n’habitant pas à proximité de leur salle et sortant dans un lieu public dans la foulée de leur entraînement.

Modèle à suivre ?  Pour sauver les apparences, leur solution est un moindre mal. Cependant, sauf exception pour le cas de Lourdes, l’eau n’est pas magique et leur peau gardera les stigmates de l’effort.

  • Groupe C : Ceux qui réalisent un rinçage sommaire.

Mode opératoire : Ils ôtent simplement leur haut, se dorlotent le visage quelques instants au lavabo, mettent éventuellement en boule leur T-shirt après l’avoir utilisé comme une serviette de fortune. Arrive le moment où ils s’attaquent à leurs dessous de bras, il s’agit alors de s’écarter au plus vite sous peine de subir un bombardement de parfum face auquel le nuage de Tchernobyl passerait pour un simple assombrissement passager. Sereinement, ils se débarrassent ensuite de l’ensemble de leurs vêtements et enfilent leur tenue de soirée du plus bel effet.

Qui sont-ils ?  Bien souvent des Jacky Con ne nous le cachons pas, mais aussi des feignasses tout simplement. Pour justifier de ne pas s’attarder, ils invoquent le même type de causes que le groupe précédent, mais leur stratagème est bien plus vicieux.

Modèle à suivre ?  Aucunement. C’est à cause de ce type de spécimens que les Français continuent de traîner une réputation douteuse quant à l’hygiène.

  • Groupe D : Ceux qui partent directement en conservant leur tenue d’entraînement.

Mode opératoire :  Un passage pour récupérer son sac aux vestiaires, un éventuel changement de chaussures, ça s’arrête là. Ils quittent ensuite les lieux avec leur tenue teintée de sueur.

Qui sont-ils ?  Vraisemblablement des gens habitant près de la salle où ils s’entraînent. Ainsi ont-ils planifié sans risque de repasser chez eux.

Modèle à suivre ?  Un moindre mal. Au moins évitent-ils l’aberration de transpirer dans de nouveaux vêtements.

NB :  La deuxième partie de cet article s’ingéniera à analyser quelles sont les différentes raisons poussant à ne pas se laver « en salle », au-delà des impératifs de temps évoqués.

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