My own private Festival Episode 1 (Arte Creative, 19 novembre 2012)

Épisode 1 : Un 21e siècle voué à sa perte ?

vendredi 16 novembre : Programme 21, Ouverture du Festival (Cinéma ABC)

Sequence 2012 Episode 01

Artificial melodrama

Les films présentés

21e édition, 21e siècle, l’ordre du jour promettait d’être vaste et hétérogène. Il le fut, sans que l’ensemble ne perde de sa cohérence. Ainsi la métaphore de la société de consommation de We ate the children last rejoint la dénonciation de l’artefact médiatique de Il y a une guerre (autour d’un fait divers de sabotage sur les rails SNCF ultra médiatisé en 2008), lui-même pas si éloigné de la tyrannie des marques décrit dans Logorama. Une méfiance quant à l’évolution tentaculaire de la société que l’on retrouve dans Artificial melodrama au sujet de la mondialisation comme liquidatrice des cultures, Fireworks et les nuisances d’une usine sur l’environnement ou Nostradamos et sa petite ville censée être la seule à échapper à l’imminente fin du monde. Deux oeuvres se démarquent néanmoins, aussi bien par leur sujet que par leur style : Bradley Manning had secrets avec son animation numérique autour des conversations secrètes d’un soldat américain frustré de son sort, et Solipsist, véritable tour de force visuel doublé d’un point de vue philosophique sur la notion de réalité.

La séance vue de l’intérieur

Arrivée tardive mais finalement importante du public, d’où un traditionnel quart d’heure toulousain de retard pour le début de la projection. D’abord relativement silencieux lors des trois premiers courts-métrages, les spectateurs décernèrent quelques discrets applaudissements à Fireworks, avant que de vives acclamations saluent Nostradamos. D’un point de vue franco-français, on peut se demander dans quelle mesure le succès de ce dernier est dû à l’accent québéquois de ses protagonistes. Le montage saccadé et désynchronisé d’Il y a une guerre a pu perdre une partie du public, mais tout le monde s’est retrouvé autour de Logorama et sa créativité insolente.

Le film coup de coeur

Sans doute pas le plus fantasque techniquement, Artificial melodrama, outre son parti pris anti carte postale de Singapour et ses références Shakespeariennes, se révèle capable de poser de nombreux enjeux et idées en très peu de mots et de plans. L’espace d’une course en taxi, une femme se rend compte que son rejet du pays n’est qu’une extrapolation de la déception amoureuse qu’elle y vit. Loin de se décourager de l’attitude austère de sa cliente, le chauffeur se donne pour mission de ne la déposer qu’une fois son état d’esprit modifié. À travers leurs courts échanges sont exposés la perte de l’identité propre à une culture dans un monde tendant à s’homogénéiser, le rôle néfaste de la publicité et les rapports factices entre individus. Déposée à son hôtel à la fin du film, l’héroïne décide de tourner le dos à son fiancé l’attendant et de repartir à la rencontre de Singapour. Pour y poser un regard plus objectif.

 

La décla’ de l’organisation

Prononcée par Alain E., président de l’association, dans son discours d’ouverture, au sujet de la difficulté de la vie culturelle : « Tenir encore ce festival aujourd’hui c’est un acte de résistance ».

 

Le petit « on s’en fout » du jour

L’excessif étonnement de la dame d’un certain âge à ma gauche quand je lui ai filé un programme du festival « qu’elle pouvait garder », alors qu’elle demandait seulement de pouvoir emprunter le mien. Le plus beau jour de sa vie ou pas loin.

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