My own private Festival Episode 10 (Arte Creative, 27 novembre 2012)

Episode 10 : Une compétition en toute décontraction

Samedi 24 novembre : Compétition Midi-Pyrénées (Centre Culturel Alban Minville)

 

Wonder landes

Wonder landes

Les films présentés

La diversité des genres et des thèmes a été encore une fois la principale force de cette sélection. En premier lieu, Wonder landes et sa rencontre hors du temps entre une jeune femme déprimée et un homme d’âge mûr se prenant (à tort ou à raison ?) pour une fée.

 

Suit Boum et sa cohabitation difficile entre une petite maison dotée d’une éolienne et une centrale nucléaire à l’entretien douteux. Dommage que le titre ne laisse aucun doute sur l’issue de cette animation bien conçue. Univers plus humaniste dans Eva, réminiscences par une adolescente des souvenirs vécus avec son père, dont elle vient d’apprendre la mort. Attachant par sa sobriété et ses suggestions. Beaucoup moins fin, encore que, Closed nous fait vivre le moment de solitude d’une femme aux toilettes. Une animation toute droite de l’univers de la BD trash.

 

Avec son réveil invariablement fixé à 10h33, Sunday fucking Sunday rappelle brièvement un Jour sans fin. Comme son aîné, le personnage principal de ce CM rivalise d’ingéniosité pour ne pas tomber dans la routine du dernier jour de la semaine, souvent synonyme de blues chez une partie de la population. On suit avec ferveur sa succession de boulettes et malchances. Diffusé dans la foulée, Confessions d’un rétro-geek enfonce le clou de la lutte contre la routine, allant beaucoup plus loin puisque ce dernier, après une rencontre amoureuse improductive, envisage de se suicider un soir de 14 février. A noter l’acteur principal, Nicolas Gruber, autre lien commun entre ces deux courts-métrages.

 

Place au drame lors des deux films suivants : Ondée raconte le choix extrême d’un agriculteur face à la sécheresse condamnant toute récolte. L’averse finale est particulièrement cruelle et renforcée par ce choix artistique de laisser place au silence ; quant à Sans rire, il aborde le conflit crucial du Moyen Orient vu par les enfants de Palestine. Un documentaire à charge qui divise forcément.

 

La séance s’achève par le poétique et très maitrisé techniquement Origami, animation où un petit garçon s’envole aux côtés des dragons de papier qu’il confectionne. Entre fantasme et réalité, ce film étonne par son image léchée et la fluidité de ses enchaînements.

 

La séance vue de l’intérieur

Une configuration toute particulière pour accueillir cette compétition régionale, qui a offert l’occasion de connaître réalisateurs et/ou équipes techniques des films présentés. Ainsi après chaque court-métrage, les lumières se rallument et les auteurs sont appelés à dire quelques mots, parfois ardemment « extorqués » par Alain, président de l’association Séquence, qui a brillamment assuré le rôle de maître de cérémonie. Un procédé qui aura considérablement rallongé la durée du programme, mais utile et préférable à un appel collectif de toutes les personnes concernées en fin de séance.

 

Saluons chacun des intervenants, venus représenter leurs productions sans aucune forme d’ego ou de revendication. Mention spéciale à l’intervenant de Closed. Expliquant la contribution de l’actrice porno Nina Roberts dans sa création, il émet juste le regret de ne pas avoir pu recruter Ovidie qualifiée de « Star du porno culturel ».

 

Les plus grosses ovations de la soirée ont été décernés à l’osé Wonder landes (qui repart d’ailleurs avec le grand prix) et aux très drôles Sunday fucking Sunday et Confessions d’un rétro-geek (vainqueurs chacun d’un autre prix). Belle harmonie entre feeling du public et choix du jury, ce n’est pas si courant.

 

Le film coup de coeur

Il faut vraiment posséder un côté barré (dans le bon sens du terme) et n’avoir aucune peur des accusations de ridicule pour écrire et réaliser le scénario de Wonder landes, assurément le court-métrage qui aura marqué les esprits durant cette compétition.

 

Lorsque l’on entre au milieu de cette plage quasi déserte, on croit d’abord à un conte surréaliste, à une fable de noël, mais rien ne s’avère idyllique dans l’échange entre cette jeune femme et son ange providentiel atypique. Les dialogues et les situations, par leur crudité et leur aspect séculier (ils fument par exemple un joint ensemble) désamorcent ainsi régulièrement tout aspect purement fantastique.

 

La cerise sur le gâteau est découverte via cette carte bancaire immiscée au milieu d’un château de sable. En un clin d’oeil, l’aspect ludique est corrompu par la réalité d’un monde dirigé par l’argent. Comme pour ne pas se laisser griser par la magie du moment, le rebondissement final vient une nouvelle fois briser la situation rêvée. Une chute proche de celle d’un sketch scénique. Le réalisateur précisera d’ailleurs l’adaptation sur les planches de ce court-métrage en tant qu’acte d’une pièce. Il y aura tout à fait sa place.

 

La décla’ de l’organisation

(En référence à sa chute dans l’escalier et à la capacité du réalisateur d’Eva, Frédéric Duvin, à descendre les marches sans embûches) « Bravo pour cette performance. Je n’ai pas eu autant de réussite, je ne sais pas si vous avez vu mon petit numéro tout à l’heure. » Alain E. (capable d’autodérision, chapeau !)

 

Le petit « on s’en fout » du jour

Mention bien au petit apéritif offert sous les coups de 23h30 au bar du centre culturel, notamment une sauce cocktail orange qui se mariait parfaitement avec les chips et autres petits salés.

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