My own private Festival Episode 12 (Arte Creative, 29 novembre 2012)

Episode 12 : Entre sobriété et excentricité

mardi 27 novembre : En espagnol d’Ici et d’ailleurs (Instituto Cervantes)

 

La cruz

La cruz

Les films présentés

Comme à chaque édition de Séquence depuis 6 ans, l’instituto Cervantes accueillait une projection de courts entièrement en langue espagnole. L’occasion de nous entrainer chez notre voisin européen (à travers trois régions différentes) mais aussi en Amérique du Sud et Centrale (Argentine, Colombie, Cuba et Porto Rico).

 

Les fictions sont majoritaires (six sur huit films présentés). Par ailleurs, des bases communes rapprochent tout ou partie de ces films : le déroulement dans un milieu rural, leurs préoccupations des classes moyennes et populaires, l’importance de la cellule familiale dans ce qu’elle a de rassurant mais aussi de castrateur. Ainsi la jeune femme indépendante de Gabi doit, à la mort de sa mère, reprendre contact avec l’environnement campagnard de son enfance dans lequel elle n’est plus habituée à évoluer. Ses clashs répétés avec sa soeur, demeurée elle au village, sont autant de stigmates de cette scission originelle. Dans Asunto de gallos, un père et un fils ne parviennent à briser la glace autrement que par l’intermédiaire de combats de coqs clandestins. Un business duquel un seul pourra survivre. Crise familiale toujours dans le burlesque La cruz où un père divorcé revoit sa fille pour la première fois depuis bien longtemps. Débutant sous la forme d’une ballade champêtre, ce court-métrage s’avère une belle parodie de film d’horreur.

 

Crise du couple enfin pour La fiesta de casamiento, un huis clos en périphérie d’une fête de mariage. Saisissant l’euphorie du moment, une jeune femme tente de recréer la magie amoureuse avec son petit copain. L’ultime plan sonne comme le couperet de leur échec…

 

Plus ouvertement comiques, Matador on the road et Los banistas apportent fraîcheur et espièglerie. En premier lieu celle d’un torero blasé devant se rendre à Las Vegas pour une représentation. Cet itinéraire sous forme de road movie à petite vitesse sera interrompu de manière chaotique. Le second nommé conte les péripéties d’un moniteur de natation, devant préparer ses élèves à une compétition sans le moindre bassin d’entraînement. L’opportunité d’inventer le Air Swimming (brasse dans le vide) mais aussi d’user d’une astuce commerciale pour trouver une piscine remplie dans la banlieue avoisinante.

 

Parallèlement, les deux animations du jour ont surpris par leur vivacité et leur inventivité. D’un côté, le voyage surréaliste d’un petit garçon (si tant est qu’il en soit un) au travers de moyens de locomotion tout droit issus d’un parc d’attraction géant. Il finira entre les mains peu scrupuleuses de martiens, eux-mêmes adeptes de parcours galactique.

 

Autre versant avec le récit de la journée-type du petit bonhomme, pas tout à fait en mousse, de Historia d’este. Capable d’enchaîner café, cognac et bière comme nul autre, cet individu se distingue aussi par une répartie à faire frémir les meilleurs piliers de comptoir. Grâce à son montage dynamique, ce court-métrage ne se noie pas dans son idée de base plutôt étriquée.

 

La séance vue de l’intérieur

Une tendance, constatée depuis une dizaine de jours, s’est encore confirmée lors de cette projection : les programmes diffusés hors salles de cinéma traditionnelles conduisent à une ambiance bien plus conviviale et partageuse. Ainsi, il n’était pas rare qu’entre deux films certains donnent bruyamment leur avis quand ce n’était pas un débat qui démarrait sur les chapeaux de roue. Grosse tranche de rire pendant Matador on the road tandis que le spatial Bendito machine IV fascinait autant qu’il demeurait incompris. De larges réactions d’étonnement pour l’horreur familial de La cruz, compensée aussitôt par la comédie dramatique La fiesta de casamiento. C’est cependant le petit bonhomme alcoolique de Historia d’este qui tire pour ce soir son épingle du jeu en termes de popularité. Sa beuverie ininterrompue, mais argumentée, a conquis jusqu’aux plus frileux.

 

Le film coup de coeur

Une des choses les plus dures dans la narration cinématographique est de savoir créer des ruptures de ton dans le récit. Et plus encore qu’elles puissent être ressenties comme naturelles et bienvenues. En moins de dix minutes, La cruz parvient à jongler avec trois ambiances aussi différentes que complémentaires. En premier lieu, celle du drame familial : un père et une fille sacrent leurs retrouvailles par le biais de cours de conduite « sauvages » sur une route peu fréquentée. À peine a-t-on le temps d’être bercé par ce climat d’apaisement qu’une embûche pointe à l’horizon. Un lourd secret semble exister entre les deux, un flic trop curieux n’aura pas le temps de le découvrir puisque le père le massacre avec délectation. Une scène de meurtre grand-guignolesque qui rappelle par exemple les coups de pelle outrageux de Bernie. Le rire prend le dessus, notamment quand on découvre que la mère était bâillonnée depuis le début dans le coffre. Ce brutal changement de ton passe comme une lettre à la poste. Idem pour l’irruption de spiritualité avec la figure emblématique de la grand-mère, apparition céleste appelant à la réunion de la famille dans l’au-delà. À ce titre, le crash volontaire de la voiture ne sonne ni comme cruel ni comme ridicule, juste comme un aboutissement d’une logique de fou menée de mains de maître.

 

Le petit « on s’en fout » du jour

Deuxième panne de stylo en seulement dix jours de prises de notes cinéphilique, au milieu du sixièmedes huit films de la séance, ce qui m’oblige à pianoter des textos/mémo sur mon téléphone, obstruant quelque peu de sa lumière mes voisins de séance. Décidément, ils ont une durée de vie limitée ces stylos distribués au quiz du London Town.

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