My own private Festival Episode 14 (Arte Creative, 3 décembre 2012)

Episode 14 : du simple sourire à l’hilarité

jeudi 29 novembre : Programme « Et vous trouvez ça drôle ? » (Cinémathèque)

 

Double mixte

Double mixte

Les films présentés

Lourde tâche chaque année pour ce programme 100% comique : tenir aussi bien la route que les précédents. Un savant équilibre auquel le choix d’agencement des neuf courts-métrages n’est pas innocent. Bien vu par exemple de démarrer par l’humour grand-guignolesque de La mystérieuse disparition de Robert Ebb, conte fantastique sans esbroufe technique. Semble tout droit sorti de la fin de la fin des 80’s par son imagerie rappelant Gremlins et son fameux monstre proche d’un adversaire des Power Rangers. Fatalement, The white mosquito s’avère beaucoup plus fin en comparaison. Pourtant, le stratagème de ces deux flics véreux pour pervertir un lac public afin de mieux le protéger, reste assez prévisible et manichéen.

 

D’une durée proche de 25 minutes, Diagonale du vide prend le temps de créer une proximité avec Gavroche et Laurent, ses deux principaux personnages, que l’on a très vite l’impression de déjà connaître. Leur recherche de shit les entraîne à la rencontre d’individus tout aussi perdus qu’eux : un ersatz de Tony Montana (Scarface) se révélant un trognon fils à maman, un faux gangster s’avérant fan des Pokémons. Mission accomplie pour les trois brefs films diffusés dans la foulée : 05 07 et son utilisation d’Iphone qui trahit la nature d’une relation de couple ; Waiting for her sailor ou l’attente contrariée d’une femme de marin ; Summer bummer enfin et son homme hésitant raisonnablement à sauter d’un plongeoir. De beaux morceaux d’humour absurde, mais tout sauf stupide.

 

Place au vaudeville avec I’m your man, récit cocasse d’une liaison sexuelle trop « collante ». Les enchaînements de cette comédie de situation, relativement attendus, fonctionnent néanmoins très bien.

 

Arthur Flèche brille grâce à son idée de départ assez irrésistible, un homme traditionnellement de droite qui bascule à gauche à son corps défendant. L’interprétation habitée de Yann Barthès n’est que la cerise sur le gâteau. Remarque opposée concernant Double mixte. Malgré une succession d’idées scénaristiques variées, le film explose véritablement dans sa deuxième partie avec l’introduction du personnage de la soeur, interprétée par Claude Perron, muse des films d’Albert Dupontel.

 

La séance vue de l’intérieur

Sans surprise une des projections les plus plébiscitées par le public du festival. La grande salle de la Cinémathèque affichait quasiment complet, la tranche d’âge 25/35 largement majoritaire, mais aussi quelques personnes plus âgés. Le kitschissime La mystérieuse disparition de Robert Ebb a déclenché les rires gras attendus, entrée en matière idéale avant le plus fouillé The white mosquito, valant surtout pour son rebondissement final. Diagonale du vide a incontestablement été le film le plus fédérateur, sans doute par la proximité induite par son identité française et ses personnages de petits dealers à la manque. Le passage où le personnage « gangsta rap » révèle collectionner les cartes Pokémon a d’ailleurs donné lieu à ce qui est sans doute la plus belle explosion de rire collective de la quinzaine Séquence. Très large approbation également pour les trois hyper courts du jour (1 à 2 minutes) tant leur unique gag fonctionne à merveille.

 

Le film coup de coeur

Étonnante variation sur le thème du buddy movie (film porté par un duo que tout oppose), Double mixte se démarque des autres comédies du soir. Notamment par l’épaisseur de ses personnages, concrets et parfaitement crédibles malgré des situations hors-normes. Au fil du déroulement, les cartes sont redistribuées, les caractéristiques s’inversent : ce témoin qui paraissait si insouciant devient le personnage le plus rationnel quand le garde du corps paranoïaque exécute sa mission avec de plus en plus d’inconscience. Lorsqu’ils optent pour se planquer dans une maison de campagne plutôt qu’à l’hôtel débute la deuxième phase explosive. Comme signalé précédemment, la composition de Claude Perron y est pour beaucoup. Il faut bien dire que ce rôle de soeur psychotique parait taillé sur mesure pour cette habituée du cinéma en décalage. Impossible évidemment de faire l’impasse sur la séquence des vidéos de tennis, astucieusement montées pour donner une saveur érotique à l’échange de balles.

 

La décla’ de l’organisation

« Nous on a trouvé ça drôle donc on espère que ce sera aussi votre cas. » Élisa F-V

 

Le petit « on s’en fout » du jour

Lors du discours d’introduction, une vieille dame a eu une réaction paniquée quand elle a entendu que le Festival avait démarré depuis deux semaines : « Comment ça ? Oh là là ». Visiblement déçue de ne pas avoir été conviée à la fête plus tôt, elle a alors saisi son agenda et confrontée le programme de Séquence, des fois que les organisateurs lui auraient menti.

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