My own private Festival Episode 2 (Arte Creative, 19 novembre 2012)

Épisode 2 : Des O.F.N.I. qui volent haut

Sequence 2012 Episode 02

At the formal

samedi 17 novembre : Programme O.F.N.I. objets filmiques non identifiés (Cinéma ABC)

Les films présentés

« Tout ce qui n’a pas pu être classé dans un thème mais méritait de figurer au festival », tel était annoncé cette intrigante série de courts. Effectivement, peu de liens identifiables entre par exemple Hovedlost begaer, parodie de films de zombie à la violence esthétisée façon Tarantino et la froideur clinique de God view, suivi en caméra aérienne d’un homme au bord du pétage de plombs. Impression tout aussi diffuse pour le très introspectif In loving memory et le glaçant At the formal. Quant aux loups de l’animation Old fangs, nous les quittons sans avoir perçu tous leurs secrets. Mais en opposition aux clichés persistants sur de telles œuvres expérimentales, la drôlerie a bien été à l’honneur. Elle imprégnait Prohveti sünd et ses pâtes à modeler lubriques, Danny boy et son monde d’hommes sans têtes, et surtout La bifle, petit bijou d’humour graveleux doublé d’une caricature (à moins que ce soit un véritable hommage) des films d’arts martiaux. Mention spéciale au duel « à quiquettes tirées » en mode David contre Goliath.

La séance vue de l’intérieur

Des rangs un peu plus clairsemés que la veille dans la « petite » salle de l’ABC, mais assurément un public de connaisseurs (voir par ailleurs) qui a su apprécier le programme présenté. Les réactions les plus vives furent destinées aux délires hippies et SM de Prohveti sünd et à la démonstration martialo-pornographique présente dans La bifle.

Le film coup de coeur

Un cadavre, fraîchement dégoupillé, placé en bas de marches d’escaliers, une assemblée souriante qui prend la pose pour une photo bien singulière : la conclusion d’At the formal fait froid dans le dos. Elle n’en est pas moins en adéquation avec le climat pesant que parvient à installer ce court australien en l’espace de huit minutes. On comprend d’emblée que le sort du « sacrifié » est scellé. Sa marche vers l’exécution, à la fois funèbre et festive (du fait de l’enthousiasme des spectateurs autour de lui), rappelle un rite religieux comme le catenaccio, cette procession en forme de parcours du combattant accomplie par un fidèle pour expier ses pêchés. La tension ne se relâche jamais par le biais d’un choix narratif abouti : l’absence de dialogues et même de sons provenant de la foule. Seul un bruit sourd constitue le fil rouge auditif du film, il sonne en quelque sorte le glas.

Aucune condamnation ni point de vue explicite sur ce meurtre public d’où cette sensation d’anormale normalité qui nous envahit pendant le générique de fin. À voir.

La décla’ de l’organisation

« Préparez-vous à être secoué » Élisa F-V

 

Le petit « on s’en fout » du jour

Le public spécialisé en courts-métrages existe bel et bien, je l’ai rencontré. En l’occurrence un petit groupe de trentenaires qui ne manquait pas d’accentuer chaque début de film d’un : « Celui-là il est bien je l’ai vu à Clermont-Ferrand », « Attends non c’était à Villeurbanne », « À moins que ce soit Triel sur Seine ». Du coup, ils ont davantage revu que vu, mais étaient néanmoins ravis.

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