My own private Festival Episode 6 (Arte Creative, 22 novembre 2012)

Episode 6 : Un itinéraire parsemé d’embûches

mercredi 21 novembre : Programme Tour du Monde en 7 courts (à l’Alliance Française)

Tuba atlantic

Tuba atlantic

Les films présentés

Petite prémisse bien nécessaire au sujet de ce programme : la plupart des films sélectionnés sont diffusés avec les sous-titres anglais présents sur leur support d’origine. Ce qui n’est pas sans altérer le jugement d’une partie du public, bien que le jargon utilisé ne soit pas d’un niveau shakespearien non plus. Tout commence par The greek crisis explained, fable de trois minutes où l’art de la métaphore transforme la Grèce en une petite fille en danger et le FMI en un pseudo super-héros. Suit The Curse, amour contrarié d’une femme fuyant son village pour retrouver son amant, et Niagara, jeu de dupes entre deux pâtes à modeler de retour d’un casse. Entre les deux, le statut d’arnaqueur et d’arnaqué restera flou jusqu’au bout. Rayon ovni, le film suédois Âterfödelsen est le choc visuel du jour avec ses zombies devenus un enjeu commercial pour l’état et ses chasseurs façon Ghostbusters. Loin de toute cette complexité, Chambre 69 dévoile les joies d’une nuit sexuelle d’un homme en possession d’un mannequin gonflable, mais qui a vraiment possédé l’autre au final ? Autre rayon de lumière, les exactions iconoclastes du vieil homme de Tuba atlantic, décidé à mourir avec ses idées. Enfin, Srak conte le périple nocturne de deux jeunes israéliennes insouciantes, bien vite rattrapé par la réalité violente de leur environnement.

La séance vue de l’intérieur

Encore une projection assez atypique (à l’image de celles au Caméléon ou à l’Institut Goethe) puisque l’Alliance Française regroupait notamment des étudiants et professeurs habitués des lieux, donnant une oscillation du public allant des adolescents au troisième âge. Le tout rappelait le temps d’une séance scolaire dans la salle de conférence. D’où une ambiance bon enfant, des bavardages plus réguliers et à voix haute que dans un cinéma traditionnel… Après l’accueil enthousiaste au film expliquant la crise grecque, une légère exaspération se diffuse dans l’assemblée à la vue (ou plutôt la non vue) des sous-titres de The Curse, d’un blanc sur blanc qui détonne et constitue un obstacle de plus (après la transcription anglaise) à la compréhension. Qu’importe, les fourberies du couple pâte à modeler de Niagara ramène la bonne humeur, les zombies suédois plantent l’effroi avant que l’homme mourant de Tuba atlantic ne choque et émeuve à la fois.

Le film coup de coeur

Six jours à vivre. Ou plutôt six jours à tuer dans le cas du vieux Norvégien quelque peu aigri de Tuba atlantic. Là où beaucoup d’entre nous tirerait parti d’une telle annonce pour réaliser des souhaits inédits ou éponger nos ultimes regrets, lui décide de concentrer ses dernières forces dans le domaine où il est le meilleur : nuire à ses seuls voisins, les mouettes tournant autour de son habitation-igloo. La succession de pièges qu’il leur réserve, tous plus savoureux les uns que les autres, tend à confirmer la personnalité de cet être anti-conformiste. Mais derrière le côté sanguinaire perdure l’humain, la part en lui qui ne s’est jamais remise d’une brouille de trente ans avec son frère. Alors qu’il est sur le point de prendre la direction de l’au-delà, le vent, tout aussi violent, choisit lui aussi de changer de cap. L’occasion pour le vieil homme de mettre en fonction la véritable aspiration qui a guidé sa vie : un tuba géant créé pour provoquer le plus gros écho perceptible de l’autre côté de l’atlantique, son frère vivant aux États-Unis.

Un accomplissement réalisé au pied du mur qui sera la clé de la réconciliation fraternelle. À présent il peut mourir tranquille. D’autant que la jeune fille dont il a pris en mains la formation assure la relève pour ce qui est de faire la guerre aux mouettes.

La décla’ de l’organisation

« Il y a un film suédois sur des zombies avec des scènes un peu dures. Donc n’hésitez pas à fermer les yeux. » Élisa F-V

Le petit « on s’en fout » du jour

Séance particulièrement copieuse en matière burlesque entre mon voisin de droite traumatisé par les dits zombies (« Ho putain c’est celui qui fait 28 minutes en plus ? ») et les réflexions acérées d’une dame devant nous, notamment au sujet de la poupée gonflable féminine de Chambre 69 : « Franchement ça fait pas envie. »

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