My own private Festival Episode 7 (Arte Creative, 23 novembre 2012)

Épisode 7 : Des courts qui osent tout 

Jeudi 22 novembre : Compétition Animation (Centre Culturel Bellegarde)

 

Brandt rhapsodie

Brandt rhapsodie

Les films présentés

Étranges, audacieux, provocateurs, finement élaborés : les courts du soir possèdent toutes ces caractéristiques. À commencer par Dripped, hommage au mouvement d’arts plastiques dit le Dripping (qu’on pourrait traduire par le « laisser couler »). C’est la magie de cette activité qui est exprimée à travers les péripéties d’un voleur devenant les oeuvres d’art qu’il ingurgite jusqu’à l’overdose. En ce qui concerne Tempête dans une chambre à coucher, l’emphase est mise sur les délires sexuels et divers symboles phalliques.

 

A noter une « inondation » finale dont on n’est pas près de se remettre. Autres curiosités, le singe joueur de djembé se frottant aux flammes pour mieux les capturer (Little monkey) ou cet attachant personnage de Oh willy, vivant en l’espace de 17 minutes plus de grands moments de solitude que la plupart des hommes durant toute une vie. Cecelia & her selfhood installe une ambiance un peu plus sombre, mais c’est pour mieux nous illuminer par son utilisation d’un noir et blanc classieux parsemé d’un rouge vif. La chanson en toile de fond ravira aussi bien les fans de folk que de new wave. Moins touchant de prime abord, mais tout aussi poussé philosophiquement, Moi évoque la recherche de son alter ego dans une société où hommes et femmes tendent à s’uniformiser. C’est de ce monde qui défile à toute vitesse dont il est question dans The people who never stop, brève et brillante satire dont le dessin rappelle South park. L’identité à moitié japonaise de ce court nous laisse supposer une allusion au drame de Fukushima en 2011, seul évènement capable d’arrêter la marche en avant d’une société nippone très axée sur le travail.

 

De nature plus privée, la discussion chantée de Brandt rhapsodie englobe le meilleur et le pire de la nouvelle scène musicale française. À mille lieux de cet égrenage du quotidien, Lazarov choque avec sa séance prolongée d’électrodes sur un coq, ouvrant non sans humour le débat conflictuel de la science face à la souffrance animale. Enfin, la matérialisation des envies sexuelles de la conductrice de Tram nous entraîne dans une chorégraphie très réussie, non sans rappeler les grandes heures de l’animation érotico-pornographique, le chef d’oeuvre Fritz the cat en tête.

 

La séance vue de l’intérieur

Une salle de près de cent personnes à guichet fermé pour ce programme très attendu, notamment par la classe d’âge 18/30 ans qui truste complètement les lieux. Au vu des personnes restées à la porte, la nouvelle diffusion le lendemain ne sera pas du luxe. Le public du soir est très réactif, s’émerveille de la fin « éclaboussante » de Dripped, encense les trips secuels de Tempête dans une chambre à coucher, ne semble pas comprendre grand-chose (lui aussi) à Little monkey et surtout Moi. Les déclinaisons de clips de Cecelia & her selfhood et Brandt rhapsodie, l’un se situant dans le domaine fantastique, l’autre dans le quotidien le plus ordinaire, ont provoqué un enthousiasme certain. Belle approbation également des tortures subis par le coq de Lazarov et du voyage lubrique de la conductrice de Tram.

 

Le film coup de coeur

Lorsque Benjamin Biolay et Jeanne Cherhal écrivent la chanson Brandt rhapsodie en 2009, ils ne peuvent ignorer les critiques qui s’abattent sur le courant musical émergent nommé par la presse « Nouvelle Scène Française ». Notamment l’accusation principale à propos de l’indigence de paroles centrées sur le petit quotidien nombriliste des auteurs. Le duo va donc complètement assumer cette image par le biais de cette chanson évoquant les phases d’une relation amoureuse, de la rencontre à la rupture, au moyen de post-it laissés sur un frigidaire. Au fil de la chanson, les mots s’écartent de plus en plus de la passion amoureuse initiale, deviennent des reproches mouchetés puis des banalités sans charme (factures à payer, liste des courses, recettes de cuisine). Autant d’excès dans la caricature qui ne peuvent laisser croire à une parodie involontaire de la part des auteurs. Trois ans plus tard, le film d’animation s’appuyant sur ce texte donne un nouvel essor à cette énonciation du quotidien. Le rendu visuel, fluide et apaisant, se permet à la fois de coller au plus près des mots et de les transcender par sa touche poétique, bien loin d’être ordinaire elle.

 

La décla’ de l’organisation

« Si vous aimez le programme vous pouvez en parler autour de vous parce qu’il est rediffusé demain : même heure, même endroit… et pas même jour donc. » Theodora N.

 

Le petit « on s’en fout » du jour

Mention spéciale aux ricanements poussés et prématurés lors des premières secondes de Oh willy, la chute initiale dans la cuisine du personnage suivi d’un écran noir ayant laissé croire à certains que le film se limitait à cette scène.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s