My own private Festival Episode 8 (Arte Creative, 26 novembre 2012)

Episode 8 : Madagascar comme si on y était

vendredi 23 novembre : Programme Voyage à Madagascar (Centre Culturel Mix’Art Myrys)

Sequence 2012 Episode 08

24h to Diego

 

Les films présentés

Une séance placée sous le signe de la simplicité, celle de vouloir présenter les différents aspects et les multiples problématiques d’un pays à travers des courts-métrages à petit budget, mais riches en contenu et interrogations. Notamment à l’adresse d’un public français, volontiers adepte de cette destination touristique sans en avoir une image forcément diversifiée. Pour couronner le tableau, l’organisation nous gratifiait d’une exposition et de concerts sur le même thème ainsi que la présence d’un stand de nourriture malgache. Autant dire une immersion totale dans une culture lointaine.

La projection démarre avec Conter les feuilles des arbres, tranche de vie de trois préadolescents insouciants, suivi de La photographie, grand bond générationnel puisqu’il s’agit cette fois de vivre l’attente d’une vieille femme, émue de la perspective d’une visite de son fils. Une fiction qui nous rappelle que le cinéma n’a pas besoin d’être alerte pour exprimer des idées fortes. Ouvertement fait de bric et de broc, l’animation 24h to Diego est à sa façon un road movie réjouissant. Tout aussi original, le parcours du héros du documentaire Tambin, Ezaka est jalonné d’embûches, mais c’est bien la bienveillance qui l’emporte dans ce portrait intimiste.

Les enfants sont à l’honneur des deux films suivants : Dooz et son amateur de caméléons, poussant son adoration jusqu’au mimétisme, et 2 euros à Madagascar, chronique de la journée extraordinaire d’un petit garçon, prenant à témoin un touriste français sur les possibilités qu’offre sur l’île cette simple pièce. Il est également question de choc culturel entre habitant et vacancier dans Madagascar, carnet de voyage. En l’occurrence d’une énonciation de différents particularismes locaux, le tout entrecoupé de tableaux atypiques, reflets du paysage et de l’identité du pays. Une oeuvre rafraîchissante par son animation colorée sans prétention. Signalons un générique de fin sous forme d’album photos.

La séance vue de l’intérieur

Le frisquet hangar à la Reservoir dogs du Mix’Art Myrys laissait augurer d’une salle toute aussi fraîche. Heureusement, le staff de Séquence, a pris l’initiative de chauffer la grande pièce en question une heure avant. Ce sont ensuite les films qui ont réchauffé le coeur du public, pas particulièrement composé d’originaires du pays témoin d’où la confirmation de l’intérêt double du programme. Des sourires pour les rêves d’enfance de Conter les feuilles des arbres, un léger ennui perceptible pendant La photographie puis des rires francs du collier pour 24h to Diego, salué par de longs applaudissements. Beaucoup de ferveur également à destination de l’attachant artisan de Tambin’ Ezaka, plus de gravité pour le gamin de 2 euros à Madagascar et une bonne humeur communicative pour l’animation Carnet de voyage qui conclut le programme. C’est d’ailleurs durant ce dernier qu’une mère de famille malgache se signale avec délectation, semblant valider par ses réactions positives toute la présentation effectuée autour des traditions culturelles et culinaires du pays.

Le film coup de coeur

Le personnage principal de Tambin’ Ezaka ne peut laisser indifférent, tant sa détermination et ses actions amusent et touchent à la fois. Car derrière l’aspect marginal, il y a la volonté de toucher à des causes essentielles (écologistes et structurelles). Cet autodidacte, volontiers adepte de l’autodérision puisqu’il se déclare détenteur d’un seul et unique diplôme, le DTTS (Débrouille-Toi Tout Seul), assume de passer pour un martien aux yeux de son entourage. Son portrait, très finement dressé dans ce documentaire, rend ainsi compte de l’embarras de sa femme, victime collatérale des expériences menées. Par exemple quand elles impliquent une détérioration du mobilier et matériel de cuisine de la maison. La période de doute est bientôt suivie de la phase d’enthousiasme, avant la consécration quand éclot ce fameux goudron économique. Une touche amère plane néanmoins, comme l’explicite ce passage au sujet de son impossibilité de breveter sa création. On ressort de ce film avec la sensation de s’être vu administrer une leçon de vie. À la fois salutaire et inspirante.

La « presque » décla’ de l’organisation

« Je devais justement aller à Madagascar pour faire de la plongée, mais c’est tombé à l’eau. » Jean-Marc F. (saluons une fois n’est pas coutume un intervenant extérieur, mais aussi un fidèle du festival Séquence)

Le petit « on s’en fout » du jour

Mention spéciale aux interprétations très pointues (et surréalistes?) du collègue nouvellement barbu tendance christique, assis à ma droite. Capable de voir en La photographie un portrait au vitriol de la colonisation ou de lâcher un inspiré « Avec ses deux euros, le petit va pouvoir faire ses courses au MadagaSPAR », il a prouvé également une belle vivacité oculaire au moment de reconnaître pendant Dooz la présence furtive d’un poster de Cristiano Ronaldo, époque Manchester United.

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