My own private Festival Episode 9 (Arte Creative, 27 novembre 2012)

Episode 9 : Rire et effroi se marient bien

samedi 24 novembre : Compétition Vidéo-Fiction (Médiathèque José Cabanis)

The end

The end

Les films présentés

Le nombre de films en compétition se réduit à six films, ce qui n’a fait que mettre en évidence le standing élevé et l’homogénéité de cette sélection. On peut néanmoins classer les oeuvres diffusées en deux catégories. La première concerne des histoires simples ou cocasses, consacrant l’art cinématographique dans toute sa diversité : Une fiction où une actrice est spoliée de ses rôles dans The end, d’une drôlerie universelle autant que dotée de multiples références au cinéma français ; un vrai-faux documentaire sur un club de structuration personnelle nommé Aux timides anonymes, série de portraits tendant à obtenir des vérités générales sur ce trait de caractère dur à vivre ; un micro-trottoir recueillant des témoignages d’habitants du quartier de Belleville à Paris, joyeusement foutraque avec ses discussions partant dans tous les sens.

Tous transcendés par leur thème et leur forme, ces films véhiculent un message d’ensemble plutôt positif et léger.

Pour ce qui est de la deuxième catégorie, nous retiendrons plutôt que leurs qualités formelles le malaise social qui ressort des trois autres productions du jour. La remise en question du statut de victimes et de coupables dans Les meutes, récit d’un tabassage en règle au coeur d’une soirée de fête. Elle se déroule sous les yeux fuyards d’un jeune homme tandis que les autres invités choisissent de faire miner d’ignorer ce qui se passe de l’autre côté de la porte. Qui blâmait ? Qui exonérait ? Dérangeant et nécessaire. Le coupable est en revanche clairement identifié dans Fuir, à savoir un mari violent et dominateur. Les traits pris par ce personnage sont volontairement grossiers et très appuyés afin de ne pas minimiser la portée de ses actes. On peut regretter néanmoins le choix de privilégier la démonstration à la suggestion lors de certaines scènes.

La tête froide, film de clôture du programme, s’avère plus pudique dans sa façon de traiter la relation ambigüe entre deux jeunes footballeurs. Une rivalité et une jalousie sportive s’installe pour mieux masquer une irrépressible attirance physique. Aussi est exposé en toile de fond le sujet hyper tabou de l’homosexualité dans le milieu du ballon rond.

La séance vue de l’intérieur

Une assemblée importante est venue garnir aux trois quarts les confortables gradins du grand auditorium de la médiathèque, malgré un horaire (16h30) pas toujours propice à l’art cinématographique. The End qui ouvrait le bal a reçu des applaudissements tardifs, mais plus longs que la norme. Aux timides anonymes recevait un accueil plus froid, tandis que Les meutes faisait passer une stupeur dans la salle. Une petite portion du public quitta d’ailleurs les lieux peu après, sans que l’on sache si cela était dû à la violence de ce court-métrage. En vertu de quoi, le nombre de votants à l’issue de la séance fut moindre que ce que le remplissage initial laissait augurer. Dommage que l’un des programmes à la qualité intrinsèquement la plus élevée se soit déroulé dans ce relatif anonymat.

Le film coup de coeur

On reproche suffisament au cinéma français de trop se prendre au sérieux pour ne pas saluer le concept de The end : le remplacement « sauvage » de séquences originelles par des scènes rejouées par des acteurs/actrices plus jeunes. Quitte à mixer ces images récentes avec tout ou partie du film de base. À l’époque phare des remakes et autres reboots, l’idée n’est pas si farfelue. Ainsi Charlotte Rampling découvre par hasard qu’on l’a effacée d’un de ses grands rôles. Elle mène alors une enquête, rendant visite à un Gérard Darmon (lui aussi dans son propre rôle) à la fois acerbe, cynique et gouailleur. Un dialogue millimétré d’une efficacité absolue. Sa rencontre avec le producteur répondant au prénom de Georges est tout aussi loufoque, à l’image du chantage qu’elle lui soumet en prenant en otage son César. Mais la séquence qui donne véritablement sa substance au film est celle où elle envahit le studio de la société spécialisée dans ces substitutions. Ainsi croise-t-elle notamment un ersatz de Jean-Paul Belmondo qui répète tant bien que mal le texte d’À bout de souffle ou un duo de libertins prêts à s’incruster dans Les valseuses. Est-ce que la disparition du passé remet en cause le sens de son existence présente ? D’abord réticente à voir lui succéder de jeunes actrices, Charlotte Rampling semble au vu de la scène finale accepter son sort. Disparaître à titre individuelle pour que les oeuvres puissent perdurer, s’inscrire dans la mémoire collective des générations suivantes.

Le petit « on s’en fout » du jour

Alors que le débat sur le « mariage pour tous » bat son plein, la séquence du baiser prolongé entre les deux footballeurs de La tête froide aurait provoqué des réactions controversées dans la salle. Le conditionnel est de mise puisque seule une spectatrice déclara en fin de séance avoir perçu des cris de dégoût au-dessus d’elle, même les amis l’accompagnant conclurent à une hallucination auditive.

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