Tito Ortiz, la gloire et le business (Top Fight HS n°1, Décembre 2010)

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Tito Ortiz (fiche HS)

Catégorie : Light Heavyweight 

 

Taille : 1,88 m

 

 Poids : 93 kg

 

 Date de naissance : 23 janvier 1975

 

 Lieu de naissance : Huntington Beach, États-Unis  

 

 Période de carrière : 1997-…

 

 Technique préférée : Ground & Pound

 

 Surnom : The Huntington Beach Bad Boy

 

 Statistiques en MMA : 15 victoires, 8 défaites, 1 nul

 UFC Light Heavyweight Champion

 

 Discipline d’origine : Lutte

 

 3 dates à retenir :

     14 avril 2000 : Victoire à la décision contre Wanderlei Silva à l’UFC 25. Ortiz met la main par la même occasion sur le titre Light Heavyweight, alors vacant.

     22 novembre 2002 : Il défend victorieusement son titre pour la cinquième fois. Ken Shamrock, son grand rival des années 2000, abdique à l’appel du 4e round.

     7 juillet 2007 : Après une infructueuse chance au titre face à Chuck Liddell, il manque l’occasion de se relancer face à Rashad Evans, combattant issu de The Ultimate Fighter. Tito doit se contenter d’un nul après avoir reçu une pénalité.    

 

 Académie : Team Punishment est autant le nom d’un groupe d’entraînement que d’une société de textile, dont Ortiz est le propriétaire. Elle a vu passé d’anciens Champions de l’UFC tels Ricco Rodriguez et Quinton Jackson. Aujourd’hui, elle se compose notamment de Rob McCullough, Justin McCully et Tiki Ghosn.

 

 L’adversaire emblématique : Ken Shamrock remporte ce « titre », mais beaucoup d’hommes peuvent y prétendre tant Ortiz a attisé les rancœurs au long de sa carrière. Ses échanges verbaux avec « The World’s Most Dangerous Man » ont largement dépassé le cadre de l’UFC. Sur le ring, Tito s’est montré intraitable : trois victoires par TKO.           

 

 Le saviez-vous ? : Estimant sans doute que sa vie n’est pas assez sulfureuse, Tito Ortiz fréquente depuis 2006 l’ancienne actrice de films pornographiques, Jenna Jameson. Trois ans plus tard, elle donne naissance à deux jumeaux. 

 

 

 

 

BIOGRAPHIE

 

 Parler de Tito Ortiz oblige à considérer l’homme de spectacle, l’homme aux multiples frasques et provocations, indissociables de son parcours de combattant. Mais devant cette toile de fond houleuse se dresse un des plus grands Champions passés par l’Octogone. Bébé agité, celui qui répond au doux prénom biblique de Jacob est rapidement surnommé « Tito » par son père, en référence au tyran yougoslave. Beau témoignage d’amour paternel s’il en est… La suite n’est guère plus reluisante. Elle raconte l’itinéraire d’un enfant délaissé qui doit composer avec des parents héroïnomanes et cède à la tentation de fréquenter des gangs. Les centres de détention pour jeunes sont alors son pain quotidien.

 

Premières passes d’armes avec le Lion’s Den

 Heureusement, Tito n’abandonne pas complètement l’école et s’épanouit en pratiquant la lutte au lycée et à l’université. L’occasion de se venger des sévères trempes que lui inflige jusque-là son grand frère. Peu attiré de prime abord par le MMA, Ortiz rentre pourtant en contact avec David « Tank » Abbott, Californien lui aussi et détenteur d’une flatteuse réputation de destructeur. Il sera son premier partenaire d’entraînement. Dans la foulée, il appréhende la boxe et le jiu-jitsu. La future légende des mi-lourds débute opportunément à l’UFC dans une période où l’organisation commence à intégrer des catégories de poids. Ce 30 mai 1997, il surpasse Wes Albritton en une petite trentaine de secondes. Alors qu’il doit théoriquement se limiter à cette opposition, Tito est appelé à la rescousse pour remplacer Enson Inoue en finale du tournoi des légers. Un combat controversé. Le premier d’une longue série. En effet, alors qu’Ortiz est sur le point de mettre K-O Guy Mezger, l’arbitre interrompt l’échange pour vérifier les coupures de l’élève de Ken Shamrock. Finalement, le match reprend et Mezger place un Guillotine Choke fatal. Depuis cette défaite, Tito nourrit une grosse rancœur à l’égard de Shamrock et son clan, le Lion’s Den. Il devient leur ennemi intime. La victoire face à Jerry Bohlander puis la belle revanche sur Mezger à l’UFC 19 n’éteignent pas l’incendie. La faute aux t-shirts personnalisés du latino, plus particulièrement celui affirmant : « Guy Mezger est ma S***** ».

 

Trois ans de règne et de contestations

Lors de sa première opportunité au titre Light Heavyweight, Frank Shamrock se charge de lui fermer son clapet. Mais lorsque ce dernier se retire de la compétition, Tito fait figure de logique prétendant au titre vacant. À l’issue d’un match assez terne, il emporte la décision devant Wanderlei Silva. Reste à crédibiliser cette nouvelle ceinture. The Huntington Beach Bad Boy ne se fait pas prier et s’impose trois fois de suite au premier round pour ses premières défenses de titre. Vladimir Matyushenko le pousse dans ses retranchements à l’UFC 33, mais la victoire ne lui échappe pas. Fin 2002, vient le moment de solder les comptes avec Ken Shamrock. Une atmosphère haineuse pollue l’avant-match et annonce ce qu’il sera : une bataille rangée où l’endurance et le mental vont faire la différence. À ce petit jeu, le Champion se montre le meilleur. Le coin Shamrock l’admet implicitement en abandonnant en fin de 3e round. Tito est à son summum… mais entre alors dans la phase la plus sombre de sa carrière. Malgré le soutien indéfectible du public, le milieu du MMA remet en cause cet homme qualifié d’arrogant et de surcoté. Lorsqu’il refuse de défendre sa ceinture face à Chuck Liddell, un autre reproche fuse : Ortiz choisirait ses matchs ! Démis un temps du titre, il obtient le droit de le disputer à Randy Couture, surprenant Champion intérimaire, lors de l’UFC 44. Hélas, le mauvais garçon d’Huntington Beach ne peut jamais imposer son style empreint de boxe guerrière et de coups de genou atomiques. Tito fond en larmes lors de la décision officielle, mais démontre le fair-play nécessaire pour placer lui-même la ceinture autour de la taille de Couture. Enfin opposé à Liddell, il n’arrive pas à contenir son côté explosif et subit un K-O. Le Champion déchu se relance dans une série de matchs, marqués par la polémique : victoires sur des décisions contestables contre Vitor Belfort (UFC 51) et Forrest Griffin (UFC 59) ; célébration avant même la décision contre ce même Belfort ; succès sur arrêt prématuré de l’arbitre lors de la revanche contre Ken Shamrock (UFC 61)… son dernier grand fait d’armes étant la simulation d’enterrement qu’il réserve au maître du Lion’s Den, après leur ultime match lors de UFC : The Final Chapter. Ortiz termine l’année 2006 par un match pour récupérer le titre à Chuck Liddell, mais il est encore une fois mis K-O par sa bête noire. Un temps parti de l’UFC, le maître de la provocation signe un nouveau bail courant 2009. Malgré des résultats en chute libre, Dana White ne semble pas résolu à le placer sur la grille des licenciements. Pour la plus grande joie de ses fans et aussi, même s’ils ne l’avoueront jamais, de ceux qui prennent plaisir à le détester.

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