LILLE-TFC : « Quand on arrive pas à gagner un match… » (Fou de Foot, 28 novembre 2013)

Me Maillot TFC 2

…Autant le perdre. C’est apparemment cette philosophie qui a prévalu lors de la deuxième mi-temps du déplacement chez le dauphin du championnat. Vaillants et même proches d’ouvrir le score dans la première partie de la rencontre, les violets ont dû se réorganiser suite à l’expulsion de Trejo. Mais voilà, au TFC de plan B il n’y a.

La logique a été respectée, un bloc lillois bien plus créatif a finit par trouver la faille à sept minutes de la fin du temps réglementaire. Les esprits cyniques se contenteront de cette conclusion. Mais avec un tout petit peu d’esprit critique, nous pouvons attribuer cet échec à l’incapacité chronique du club haut-garonnais à se réorganiser lorsqu’une circonstance défavorable perturbe le plan de jeu initial.

 

Un plan sans accrocs contre les dogues

 

Tout n’a pas été mauvais du côté du Grand Stade Lille Métropole, et même loin de là. Toujours privé d’Abdennour, ainsi que de Spajic (suspendu) sur ce match, Alain Casanova remanie de nouveau sa défense en y faisant redescendre Serge Aurier, substitué de son côté en milieu défensif par Pavle Ninkov. Pour le reste il s’agit du même onze de départ qui avait obtenu un nul insatisfaisant devant Ajaccio au Stadium. Lille ne possède pas tous ses meilleurs atouts non plus, puisque Marvin Martin (blessé) et Nolan Roux (suspendu) sont absents. Du reste le seul suspense sur le papier semblait de savoir la façon dont les violets allaient s’incliner, tant le territoire leur est hostile depuis un dernier succès en 2006-2007 (quatre défaites et deux nuls). Enjeu parallèle : le challenge lillois de terminer une neuvième rencontre consécutive de L1 sans encaisser de but.

 

Le premier quart d’heure voit un pressing très haut des Toulousains, une possession de balle parfaitement équilibrée et seulement deux tirs non cadrés à leur passif. Le gros abattage de Chantôme permet aux joueurs offensifs de se consacrer à leurs tâches. Dans les cinq minutes qui suivent Ben Yedder loupe un face à face avec Enyama 17’), Sylla réalise une frappe cadrée (20’) et même Zebina se montre dangereux (21’) à l’issue d’un corner.

Oscar très chaud et Enyama l’invincible

 

Entame quasiment idéale, mais les premiers nuages s’amoncellent à la demi-heure de jeu, un Yago poussif prend un carton jaune tandis que Trejo entame un match dans le match viril avec Souaré. Le jeu se durcit, mais ne frise pas encore la correctionnelle. À cinq minutes du terme Ninkov s’enflamme dans une série de dribbles, oubliant d’adresser une passe « de la mort » à un Chantôme seul en retrait. Malgré la première vraie situation chaude pour Lille via Kalou en toute fin de mi-temps, la présence physique des violets leur offre un contrôle global.

 

La force de l’entrejeu toulousain se confirme au début de la deuxième manche, beaucoup de récupération mais peu de situations dangereuses derrière…sauf pour les pigeons quand Trejo y va d’une frappe enlevée comme il en a le secret (52’). Trois minutes plus tard l’Argentin aggrave son cas en décidant de se venger d’un coup de coude reçu de la part de Souaré. Rouge direct et tensions accrues au milieu de terrain, un jaune ne tarde pas à suivre pour Chantôme (57’).

 

Ne voyant rien de bon se profiler, Alain Casanova rééquilibre son milieu, Didot rentre aux dépens de Ben Yedder. La dernière demi-heure s’apparentera à une phase de jeu de handball, avec un TFC aligné beaucoup plus bas et des lillois qui cherchent des décalages. Les frappes s’enchaînent, le pénalty est étonnamment évité après une énième faute de Yago sur Kalou (74’). L’attaquant ivoirien n’est par ailleurs pas dans un grand jour, sans ses multiples contrôles manqués le LOSC aurait déjà été devant au tableau d’affichage. Il s’en faut d’une tête croisée du défenseur/buteur Pape Souaré (83’, déjà son 3e but cette saison) pour permettre aux locaux de respirer. Dans la foulée, l’étau se desserre un peu et permet de rêver à une égalisation. Regattin, entré tardivement en place de Yago, manque de capitaliser ce sursaut offensif avec une frappe en finesse parfaite…à un Enyama près. Tel un chat, ou Dhalsim dans Street Fighter, le dernier rempart lillois réalise une extension salvatrice alors qu’il semblait battu.

 

Un malheur n’arrivant jamais seul, Zebina parait s’être claqué pendant les arrêts de jeu, ce qui préfigure un nouveau réajustement défensif pour la réception de Sochaux samedi soir.

Des points et vite !

Après plus d’un tiers du championnat disputé voilà donc Toulouse maintenue à une 14e place aussi confortable que peu flatteuse. Six points d’avance sur le premier relégable, et seulement trois de retard sur le 7e. Si l’on excepte le passage à vide face à Rennes, les prestations sont rarement désastreuses, mais le temps presse, car à force de laisser des unités en chemin, notamment à domicile, le risque est de quitter ce ventre mou étendu et de basculer dans le championnat du bas.

 

Cette 14e journée a confirmé la division de la compétition en trois mondes distincts : un trio de tête intouchable (tous victorieux le week-end dernier) ; un large wagon middle class auquel vient de se rattacher Lorient, 17e, grâce à sa victoire surprise à Annecy ; un trio de relégable de plus en plus décroché (en dehors de leurs confrontations directes aucun ne s’est imposé depuis sept journées). Nous sommes donc sur les bases d’une jauge de maintien plutôt basse en fin de saison…mais aussi d’un plafond peu élevé pour décrocher le dernier accessit européen. Devant les coups de pompe répétés des cadors de seconde zone comme Lyon, Saint-Étienne, Rennes, il y a fort à parier que ce strapontin se disputera entre de nombreux candidats jusqu’aux premières orées du mois de mai. Or la suite du calendrier est prometteuse pour les Toulousains : réception de trois équipes largement à leur portée (Sochaux, Montpellier, Guingamp) et deux déplacements périlleux chez les « leaders » du ventre mou (Lyon, Nantes) d’ici la trêve. Il sera alors temps de faire les comptes des ambitions pour un groupe qui n’a pas grand-chose à envier aux équipes de sa zone. Pour éviter de craindre vaut-il mieux commencer par espérer.

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