My own private Festival Saison 2 Episode 5 (Arte Creative, 29 novembre 2013)

ÉPISODE 5 : Comme dit le dicton c’est les plus courtes…

Jeudi 28 novembre : Panorama « Humour en Court » (Cinémathèque)

Sequence 2013 Episode 05

Prematur

Le festival entame sa dernière ligne droite avec les emblématiques séances de la Cinémathèque, de deux à quatre programmes quotidiens jusqu’à la clôture du dimanche 1er décembre. Autant d’occasions de se vautrer joyeusement dans les fauteuils douillets de ce lieu culte de la ville rose. Ce très attendu programme « Humour en court », précédemment baptisé « Et vous trouvez ça drôle ? », a déplacé un large panel d’initiés, puisque seuls les trois premiers rangs de la grande salle étaient clairsemés. À noter un discours introductif de la toujours pétillante Élisa F-V, proche en tous points de celui de l’an dernier, mais on ne lui en tiendra pas rigueur vu la qualité de la sélection.

Les films présentés

En ouverture The voorman probem ressemble dans un premier temps à une fable, celle d’un prisonnier ayant réussi à convaincre tous ses codétenus  qu’il n’est autre que le créateur suprême. À travers les entretiens de cet « élu » et d’un psychiatre, ce court-métrage esquisse également une réflexion philosophique sur la relativité de l’existence : Quand commence le monde ? Où s’arrête-t-il ? Après tout, les choses n’existent que tant que nous avons connaissance.

OFNI venu de Finlande, Treffit (Le rencart) se concentre sur le rapport sexuel de deux chats, humainement planifié. Ce qui ne domine qu’en bruits de fond, puisque nous assistons parallèlement au brunch pris par les propriétaires. La discussion débouche sur un malaise, la perception que derrière l’admiration vouée à son Diablo de chat serial-baiseur, le jeune homme refoule une attirance pour son invitée.

Sorte de Junior le terrible au féminin, Penny dreadful déclenche les plus grosses réactions du public. Comment résister à cette petite fille au sang-froid et l’insensibilité espiègle surréaliste ? Malgré le postulat assez courant de malfrats bras cassés tombant sur un otage incontrôlable, le scénario réserve suffisament de rebondissements pour éviter le piège des convenances.

Quand un français caricature un défilé militaire britannique, cela donne Forward march !, récit acide parsemé des poncifs affiliés à la Couronne : pluie pouvant déboucher du ciel à chaque instant, thé pris à l’heure en toutes circonstances, sens du ridicule exacerbé.

Sous une forme plus fine, mais dans une finalité pas si lointaine, Prematur pointe des spécificités culturelles norvégiennes, difficilement compréhensible par une jeune espagnole. D’autant plus, quand cela se couple avec la première impression de la rencontre des parents de son fiancé.

En trois courtes minutes, Tourette et péroné évoque un syndrome réel pouvant faire du rire le pire des moyens de rejet. Nous nous en voulons presque de nous esclaffer devant le témoignage de cette femme exaspérée de l’unique expression à l’actif de son mari.

En bouquet final, Welcome and our…condolences tire dans tous les sens : récit historique de l’immigration russe après la chute du bloc soviétique, caricature des contradictions de l’administration israélienne, film de vacances marquant une époque charnière. Le tout servi avec beaucoup d’autodérision sur les stéréotypes accolés aux juifs.

Le film coup de cœur

Faux dialogue, car à sens unique, le huis-clos voiturier du jeune couple de Prematur, rappelle le précepte selon lequel l’enfer est pavé de bonnes intentions. Ainsi la mère norvégienne cherche l’attention amicale de sa belle-fille, dégage une volonté de faire absolument plaisir à son hôte, de la persuader de son amour pour l’Espagne. Seulement, elle ruine son opération séduction par le biais de multiples maladresses, de clichés empilés sans la moindre retenue (de la sangria aux tapas…en passant par Julio Iglesias !). Le père, moins dans l’emphase, enterre cependant la moindre possibilité de connivence en enchaînant propos de pure formalité et lapalissades (« Ce sont des brises-vitesse, ils servent à ralentir les voitures »). D’abord intriguée et amusée, Lucia se décompose au fil du trajet, la tension prend le pas sur la curiosité suite à l’incrustation de la mère dans l’espace intime. La fin silencieuse tranche avec le flux comique tout au long du trajet.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s