My own private Festival Saison 2 Episode 3 (Arte Creative, 27 novembre 2013)

ÉPISODE 3 : Prouesses techniques et animaux rigolos

Dimanche 24 novembre : Compétition Internationale Animation (Cinéma ABC)

In vino veritas

In vino veritas

Avec la création de cette section, le festival Séquence concrétise une forme spécifique du court-métrage alimentant déjà notablement ses programmes depuis plusieurs éditions, soit un aboutissement logique. L’occasion de découvrir des animations loin des canons habituels des long-métrages visibles sur grand écran.

En discours d’introduction, le président de l’association salue la collaboration avec l’ESMA (École Supérieure des Métiers Artistiques) et rappelle la force principale du film d’animation : sa quasi absence de limites. A noter qu’il s’agissait de la deuxième diffusion de cette projection, celle de la veille ayant consacré le prix du jury tandis que celle-ci était auréolée du prix du public. La salle affichait complet, affluence essentiellement composée de connaisseurs et habitués du festival, concernés par leur tâche consistant à sortir du lot deux des douze films d’une session très riche.

Les films présentés

A girl named Elastica, épopée de la dite fille dans un monde entièrement composé de liège, ouvrait le bal. Les réticents à l’informatique y verront un bricolage rappelant une défragmentation, d’autres remarqueront les nombreuses références, notamment à l’univers du jeu vidéo. Bien plus sombre est Obida, récit sous la forme d’un graphisme ondulant de la triste condition d’une petite fille. Souffre-douleur de son école et incapable  de créer des liens sociaux, elle se réfugie dans l’affection d’une étrange créature, sorte de boule de poil difforme.

Le court-métrage chinois Big hands Oh big hands… utilise une imagerie proche de celles des jeux vidéos de plateforme chers au début des 90’s. Sur fond de chants d’enfants propagandistes, nous assistons à l’œuvre de ces « grosses mains », rouages d’une usine de fabrication de fraises. Qui voudra y voir la métaphore d’une certaine société tentaculaire l’apercevra.

Encore plus énigmatique, Kalte plonge dans le quotidien brumeux d’un kangourou sorti de son environnement. Une ombre plane sans cesse sur lui, s’agit-il de l’esprit d’un défunt ? Nous quittons l’aventure perplexe, mais sommes tout de suite revigorés par les rires de In vino veritas, retrouvailles animées de trois amies sur fond d’animaux blagueurs. Le tragique The magnificent lion boy est une variante réussie sur le thème de l’enfant sauvage qu’un éducateur tente d’intégrer à la société humaine. Mais entre la mère lionne et un exploitant de cirque peu scrupuleux, l’humanité n’est pas où on l’attend.

Les formes de narration sont encore très diversifiées lors des cinq courts suivants : une place centrale au ressenti du bruit et aux projections fantasmatiques qu’il génère dans Noise ; un spot militant mêlant images imperceptibles et mots-clés pour Joda ; le récit en voix off de la vie héroïque d’un coq devenant l’emblème d’un village paisible dans Marcel, king of Tervuren ; un chant agressif et tranché accompagnant le dessin enfantin de Autour du lac, un docu-témoignage bluffant de réalisme sur les habitants d’un foyer social, si ce n’est que celui-ci est entièrement occupé par des animaux dans La nuit de l’ours.

Comparé à ces procédés radicaux, Beerbug, ou la course-poursuite d’un tenancier de station d’essence avec une bête chapardeuse, adopte une forme plus familière au grand public, et conclut le programme de manière réjouissante.

Le film coup de cœur

Au commencement d’In vino veritas, un animal curieux, adepte de coups tordus envers ses propriétaires. Derrière ses blagues potaches, nous découvrons une famille caricaturale proche des Simpsons, mère hirsute à la coupe de cheveux improbable et père gavé de télévision et de bières. Mais passé cette présentation sommaire, le noyau dur de ce court-métrage concerne les retrouvailles dans un bar de la mère avec des amies de jeunesse. Après de longues années sans nouvelles, c’est à laquelle impressionnera le plus les deux autres quant à la vie menée et le parcours suivi par leurs enfants. La narration coupe court aux dialogues pour dévoiler les différents témoignages via des images projetées dans des bulles. Ainsi l’une vivrait avec le prince charmant, l’autre aurait un enfant pianiste, la dernière serait fascinée par les dons vocaux de sa fille…

Puis absorption de vin aidant, et cliché photographique les ramenant à leur vraie condition, la vérité fuse. Les images ressurgissent, mais prennent un sens bien différent. Seraient-elles des perdantes, désillusionnées de leurs idéaux de jeunesse ? Un rebondissement final vient opportunément nuancer le propos, sacralisant l’amour comme seul rempart à la routine. Un court-métrage drôle, sensible et inventif.

Le petit « on s’en fout » du jour

Saluons la présence d’une jeune fille très bon public dans le fond de la salle puisqu’elle reprenait avec entrain les chants de Big hands oh big hands… et de Autour du lac. Enthousiasme non dissimulée non plus pour In vino veritas.

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