My own private Festival Saison 2 Episode 4 (Arte Creative, 27 novembre 2013)

ÉPISODE 4 : Vent de fraîcheur

Lundi 25 novembre : Panorama « Voyage en Asie » (Bar Le Caméléon)

Noodle fish

Noodle fish

En ce début de semaine le festival entame sa série de séances dans des lieux moins coutumiers à la projection de films. Déjà partenaire l’année précédente, le bar associatif Le Caméléon renouvelle l’opération au sein de son sous-sol rustique, nettement agrandi d’ailleurs depuis l’édition précédente. Pas suffisament toutefois pour contenter la forte affluence de curieux vis-à-vis du programme asiatique diffusé. Fauteuils, chaises et marches d’escaliers ne sont pas de trop, renforcés par la présence d’un plus petit écran à l’étage du dessus.

Les films présentés

Le voyage débute par Monsters do not exist, témoignage déstabilisant d’un petit enfant cambodgien. On croit dans un premier temps avoir affaire à une fable sur le Yeak, monstre que l’on agite comme une menace équivalente à un ogre, mais la peur du narrateur devient plus identifiable à mesure que les images de cauchemar le poursuivent.

La menace pèse également sur Achele, chronique pesante des derniers jours communs entre deux sœurs fusionnelles. Une fête de village maculée de tristesse, une excursion proche d’une tentative de fugue, et enfin un départ s’apparentant à une disparition.

Le court-métrage sud coréen Intervention jongle entre climat solennel et situation comique par le biais du jusqu’au-boutisme d’un policier en civil envers une jeune fille coupable d’avoir jeté sa cigarette dans la rue. Un dialogue de sourds s’installe entre eux, pour cause. L’imminence de la rencontre de la mère de son fiancé ne simplifie pas la donne.

Recycled aura du mal à échapper à l’étiquette « expérimental » avec son choix narratif radical de trois écrans sur lesquels défile une palette d’images de manière oppressante. Les écrans ne modifient pas seulement leur contenu, ils se s’agrandissent, s’accélèrent, se balayent les uns les autres, semblent envahis à leur corps défendant. Telle une culture sacrifiée sur l’autel de la mondialisation ? Chacun glanera ici ou là des indices, la présence de Ronald McDonald étant le plus évident d’entre eux.

L’épopée plus légère du héros de Butter ravit l’assistance, mais derrière la force humoristique de ce marchand en quête d’acheteurs de beurre plane la misère sociale (voir par ailleurs).

Immergé dans une mer étrangement épaisse et jaunâtre, le naïf poisson de Noodle fish tente de comprendre sa condition et mène son enquête pour savoir à quoi ressemble le monde extérieur. Hélas de mystérieux prédateurs rôdent et lui compliquent la tâche, la main de l’homme n’étant pas étrangère à ses embûches. Étonnante animation, dont le rebondissement final révèle le secret de fabrication.

Little terrorist conclut le voyage par la case Inde, l’occasion d’un beau moment d’humanité avec le quiproquo autour de cet enfant pakistanais passé innocemment sur le territoire du pays voisin. Son salut passera par une rencontre providentielle et une inconscience défiant la peur.

Le film coup de cœur

Dès le premier plan Butter ne s’annonce pas commode : un homme filmé de très près est en proie à un pétage de plombs vis-à-vis de son (probable) patron. Tandis qu’il réclame de l’argent, il ne se voit offrir que deux gros blocs de beurre. Alors il se résout à exécuter une livraison mais les problèmes s’accumulent : village impossible à situer sur une carte, population peu loquace, chaleur caniculaire menaçant de réduire sa cargaison à peau de chagrin. Le voilà en quête d’un frigo pour limiter les dégâts. Manque de chance, le chauffeur du camion frigorifique qui accepte de l’aider parait peu fiable, conséquence d’une déprime post-rupture. Le « beurriste » trouvera bien quelque solidarité auprès d’une maison rurale, mais réalisera le caractère absurde de sa mission face à la misère ambiante. Et si ce qu’il prenait pour un moyen de survie n’aboutissait qu’à sa perte ? Sans doute l’interrogation sous-jacente de ce road trip qui manie humour et drame avec brio.

Le petit « on s’en fout » du jour

La qualité de la projection a été renforcée par le nouveau dispositif, l’écran se trouvant côté opposé par rapport à la session de l’année précédente, isolant davantage le public du bruit de la circulation urbaine. À part ça les tarifs demeurent imbattables : 1,50 euro le verre de vin par exemple.

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