My own private Festival Saison 2 Episode 9 (Arte Creative, 5 décembre 2013)

ÉPISODE 9 : L’amateurisme au sens professionnel du terme

samedi 30 novembre : Compétition « Le Sport dans tous ses États » (Cinémathèque)

Tennis elbow

Tennis elbow

En ce début de soirée de l’avant-dernier jour du festival c’est un concours bien singulier qui attendait les spectateurs. Soutenu par la Fondation d’Art Oxylane (Décathlon), ce programme spécial proposait de regrouper des films, non sous l’égide d’une étiquette nationale, internationale ou d’une catégorie cinématographique, mais en vertu du thème qui les unissait : le sport. Deuxième édition de cette formule. Durant ses sept courts-métrages, nous avons donc flirté avec de nombreux genres : la pure comédie de fiction, la chronique sociale, l’animation sophistiquée, l’immersion proche du documentaire etc

Le traditionnel test auprès du public révélait que deux tiers de l’assemblée étaient de nouveaux adeptes de Séquence. Rien de tel que débuter l’aventure de manière sportive.

Les films présentés

Le football est le premier sport évoqué via Un santo para Telmo (Un sauveur pour San Telmo). Nous entrons dans les turpitudes d’un club argentin, le jour d’un match important. Leur nouvelle recrue brésilienne arrivera-t-elle à temps pour disputer la rencontre ? Son parcours sera semé d’embûches entre amateurisme de l’intendant du club, un climat haineux dans la ville et une méfiance quant à un contrat pas encore homologué.

Nous passons ensuite à la natation dans 5 mètres 80, ou plus précisément aux sauts synchronisés exécutés par de girafes du haut d’un plongeoir. L’irruption de ce groupe d’animaux animés étonne, car la qualité visuelle du bassin en ouverture est proche d’une image de fiction. Ce court-métrage reste d’ailleurs très épuré et conserve sa part de mystère jusqu’au bout. Los banistas verse en revanche dans le réalisme le plus formel, nous proposant de suivre la débrouillardise d’un entraîneur de natation démuni pour mener à bien sa mission auprès de son groupe d’élèves. Précarité et solidarité sont mises en confrontation durant cette quête attachante en faveur de « la natation pour tous ».

L’athlétisme à l’honneur dans 100m, petit bijou de création numérique durant lequel les participants de la course se métamorphosent en animaux sauvages. En seulement 160 secondes, cette lutte acharnée transpose les lois de la jungle au cœur d’une piste Olympique. Mention toute particulière à la bande son et à l’esthétique des ralentis de coups de griffes, jonglant avec le noir et blanc pour le meilleur.

Tennis elbow flirte d’abord avec la chronique de vacances familiales galères. Il se recentre rapidement sur la passion d’un père de famille pour la balle jaune, et surtout pour la gagne. Ainsi s’engage une concurrence exacerbée avec son fils aîné, quand les aspirations du cadet sont ignorées. Des personnages plus vrais que nature dans lesquels chacun se reconnaitra ou se remémora un épisode dont il a été témoin.

Le basket est effleuré via la fable 3X3 où l’homme de ménage d’un complexe sportif établit un moyen infaillible pour marquer des paniers. Nous suivons avec délectation ses improbables mesures et calculs (incluant des valeurs vectorielles comme dans les pires résurgences de nos cours de maths) lui permettant de devenir un titan des parquets.

Déjà primé dans la catégorie « premières œuvres de fiction » l’an dernier, La tête froide fonctionne toujours aussi bien à la deuxième diffusion (il remportera également ce prix d’ailleurs). Suivi de l’évolution de la relation de deux jeunes footballeurs, ce court-métrage soulève des tabous du milieu sportif comme l’homosexualité et l’intégration. Le personnage nouvellement arrivé dans le club est perçu comme forcément suspect, ainsi le groupe suit aveuglement les accusations de leur capitaine à son encontre.

En film bonus, le festival proposait la diffusion du vainqueur du prix du scénario 2013, tourné durant les huit derniers mois en région Midi-Pyrénées. Tonus confiance aborde les conflits intérieurs d’un DRH durant un jogging en forêt. Au-delà du cas de son entreprise, il met en perspective, sous forme de zapping télévisuel, le mal du monde professionnel : déshumanisation, délocalisations, discours de la performance à tout prix.

Le film coup de cœur

Difficile de trouver personnage plus concret et palpable que le père mauvais perdant de Tennis elbow. De même que tout le monde a un oncle acariâtre, cette évocation de père rageur ne voyant le jeu qu’à finalité de victoire possède une épaisseur réaliste. La tension monte habilement au cours de la partie, allant jusqu’à empreindre le fils aîné dont on ressent la domination de la contrainte sur le plaisir de jouer. La tombée de la nuit ne freine pas les ardeurs des participants, symbolisées notamment par la présence d’une foule fantasmée suivant leurs échanges. Suite à sa défaite, le père marque un peu plus son égoïsme avec l’abandon pur et simple de sa famille sur les lieux du match. Séquence drôle à souhait à laquelle succède une lettre d’arrêt de carrière évoquant le retrait en politique de Lionel Jospin en 2002. La normalité du père, une fois regagné son foyer, tranche avec ses impulsions insensées. La fin suggère qu’il va refermer cette parenthèse endiablée pour vaquer à un rôle plus louable de formateur.

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