My own private Festival Saison 2 Episode 10 (Arte Creative, 6 décembre 2013)

ÉPISODE 10 : Des films qui se laissent (re)revoir sans perdre de leur force

samedi 30 novembre : Finale Compétition « Prix du Public » (Cinémathèque)

Ce n'est pas un film de cow-boys

Ce n’est pas un film de cow-boys

En route pour LA séance incontournable du festival, sorte de Best Of ultime avant la journée de séances « bonus » du dimanche. Un programme qui ne peut tout simplement pas décevoir, puisqu’il regroupe des CM passés entre les mailles d’un premier tri par les organisateurs, puis d’une des trois présélections pendant l’année. Lors de ces sessions de mars, mai et septembre, public et jury votent pour leurs deux films préférés pour leur garantir une place à l’évènement majeur de novembre. Ainsi ces deux finales comportent généralement six pièces de choix. Cette édition ne fait pas exception à la règle, elle est notamment marquée par la double présence de Ceci n’est pas un film de cow-boys de Benjamin Parent, court-métrage ayant déjà obtenu de multiples récompenses en festival. Battu de peu dans le vote du jury, il remportera d’ailleurs la distinction du public, symbolisée par une belle statuette qui était placée sur une table au pied de l’écran. À noter que trois films étaient représentés par des personnalités : Betty’s Blues par son réalisateur, Rémi Vandenitte, Bienvenue aux A.A. par un de ses acteurs, Alexandre Thibault et L’aurore boréale par sa productrice, Delphine Benroubi.

Les films présentés

La séance s’ouvre sur le très dur Avant que de tout perdre, récit d’une fuite familiale qui prend viscéralement aux tripes. Les propos et le jeu des acteurs sont toujours empreints de finesse, n’appuient pas inutilement sur une situation dont on devine les contours. En filigrane sont aussi dressés les divers profils compris dans l’environnement professionnel de cette jeune femme, au-delà des stéréotypes. Nous avons droit à la cheftaine dénuée de psychologie, mais aussi à la collègue solidaire et à un grand patron doté d’humanité. Un court-métrage que je voyais avec le même intérêt pour la quatrième fois.

Même nombre de visionnages pour Ce n’est pas un film de cow-boys et mêmes impressions. Une œuvre capable d’éviter tous les écueils du film joué par des collégiens, les dialogues sonnent justes, la pudeur domine alors que nous nous trouvons dans des toilettes pendant douze minutes, une certaine moralité est esquissée sans être assénée, opération réussie sur toute la ligne.

Bienvenue aux A.A. s’inspire ouvertement de l’association aux deux mêmes lettres pour rapporter les préceptes à des Acteurs Anonymes, ayant eu du mal à rebondir après des séries télé populaires. Un beau numéro d’autodérision, rare dans le cinéma français. Dommage que le procédé s’essouffle un peu, faute à un épilogue facultatif.

Betty’s Blues met en chansons une histoire située pendant la ségrégation aux États-Unis. Une résonnance troublante avec le récent Django unchained, puisqu’il s’agit là aussi de la vengeance d’un noir Américain face à des rednecks, membres du tristement célèbre Ku Klux Klan. Malgré une réalité crue, c’est la poésie qui domine ce court-métrage.

À partir d’une anecdote météorologique, L’aurore boréale rassemble un père et une fille dans une situation ubuesque. Le fossé générationnel semble irréductible et un quiproquo survenu en présence de policiers n’arrange rien. Au final, on retient l’image d’une vieillesse encore rempli de rêves face à une jeunesse blasée de tout.

Les lézards aurait pu être sous titré « drôle d’endroit pour une rencontre », puisqu’il s’agit des affres d’un homme en attente de celle à qui il a donné rendez-vous dans un hammam. Témoignage aussi d’une tendance moderne puisqu’il a établit un contact par Internet, mais est si peu sûr de sa force qu’il est venu accompagné de son meilleur ami. Les deux compères nous gratifient d’un dialogue désespéré à l’allure de sketch, sur une image noir et blanc renforçant les effets de sudation de leur corps.

Le film coup de cœur

Dialogues affûtés, fluidité des transitions entre les deux groupes de personnages, clarté de la photographie, références culturelles universelles, Ce n’est pas un film de cow-boys touche juste sur bien des points. Accessoirement, il constitue aussi un superbe teaser pour Le secret de Brokeback Mountain, dont la vision brute de décoffrage d’un collégien apporte un bien meilleur argument commercial qu’un dossier de presse. Le court-métrage s’apprécie d’ailleurs tout aussi bien que l’on ait vu ou pas le long-métrage lui servant de point de départ. Au-delà de cette évocation, le film s’attache à deux relations d’amitié d’adolescents. Elles sont empreintes de ce mélange de dépendance réciproque et de fierté pudique.

Aux dernières nouvelles, le réalisateur-scénariste Benjamin Parent s’attèlerait à la réalisation de son premier long. Nous suivrons de près la suite de sa carrière.

Le petit « on s’en fout » du jour

Le président de l’association, Alain Escalez, nous gratifie d’une explication technique justifiant le passage de quatre à trois présélections, le tout relié au passage au DCP. Les initiés auront apprécié, les profanes auront tout comme moi continué à applaudir en prenant un air concerné à la Joey Tribbiani (Friends).

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