Essai sur l’OM de 1996 à 2008 Chapitre 2 Remontée et démesure

Essai sur OM 1 (logo du club)OM (1996-2008) : Les raisons d’une crise perpétuelle ou la tentative d’expliquer en quoi les dirigeants successifs ont laissés sciemment se pourrir la situation

II Les deux ans de purgatoire en D2 et la gestion de la remontée.

S’en suivit la période de gloire sous la présidence Tapie (1986-1994) avec le dénouement que l’on sait (champion d’Europe mais relégué en division 2). Lors de la saison 1994-1995 l’OM doit retrouver la simplicité et faire face aux départs de la majorité de ses stars, Tapie va lui aussi partir progressivement et le club s’appuie alors sur une équipe modeste. Champion de D2 dés 1995, le club doit purger une saison supplémentaire en raison de la suspension infligée par la ligue et il remet le couvert l’année suivante, terminant 2e derrière Caen cette fois-ci. Les titulaires sont alors de modestes joueurs au niveau national comme Bruno Germain, Michel De Wolf, Hamada Jambay ou même Joël Cantona au milieu de terrain qui n’a en commun avec son frère que le nom. Lors de ses deux années en D2 le club est porté par un coup de génie du recrutement : l’arrivée de l’Irlandais Tony Cascarino, repéré notamment à la world cup 1994, il va marquer 61 buts en deux saisons et devenir le chouchou du vélodrome.

L'équipe-type de la saison 1996-1997, belle sur le papier mais montée trop précipitamment.

L’équipe-type de la saison 1996-1997, belle sur le papier mais montée trop précipitamment.

C’est à partir de là, que se sentant sans doute investi d’une mission de reconquête immédiate le club va péter les plombs pour la première fois de son ère post-Tapie. Au lieu de capitaliser sur le groupe de la remontée et de se repositionner progressivement dans le giron du football Français l’OM affiche des ambitions démesurées et le mot « titre » est même évoqué sous couvert de boutades. Les principales recrues estivales sont Pedros, Letchkov et Gravelaine : des joueurs connus pour leur fort caractère mais cela ne va pas s’arrêter là, l’OM se paye le gardien-star de l’équipe d’Allemagne à l’Euro 1996 Andreas Köpke. Autrement dit des titulaires en puissance qui n’accepteraient pas d’être mis de côté au profit de joueurs provenant de division 2. Ce qui aurait dû être une saison de transition sereine va se transformer en saison de toutes les pressions. Une victoire illusoire en match d’ouverture contre Lyon (3-1) renforce ce sentiment de puissance. Mais sur le long terme la mayonnaise ne prend pas dans une équipe comptant plus de dix nationalités différentes dont certains joueurs à la cote très surfaite comme les deux défenseurs Italiens Malusci et Franceschini. Le groupe se scinde naturellement en deux voire en trois et les anciens ayant contribués à la montée ne se retrouvent plus dans ce patchwork d’équipe qui a perdu son âme. Comme un symbole, l’ex-héros Cascarino ne parvient pas à mettre un seul but en D1 ce qui fera conclure aux dirigeants qu’il n’a pas le niveau, l’Irlandais signera à Nancy et au sein de ce club plus « familial » il retrouvera de sa splendeur et claquera ses 10-15 buts par saison.

Dans ce contexte, la revente du club fin 1996 au riche PDG d’Adidas Robert Louis-Dreyfus ne fait que rajouter à la confusion et à l’impression qu’il veut rapidement changer de dimension. 11e en fin de saison, place qu’on aurait jugé honorable pour un promu en temps normal mais insuffisant pour un club qui a voulu mettre la charrue avant les bœufs au nom de sa récente gloire, encore présente dans tous les esprits. D’ailleurs point d’intention de tempérer ces ardeurs dans la bouche du nouveau président du club (bientôt réduit à la simple fonction de propriétaire) qui déclare vouloir faire de l’OM « le Bayern du sud d’ici cinq ans ». Dans un but de réoccuper de plein pied l’espace médiatique pour la saison 1997/1998 il fait appel au Pagnolesque Rolland Courbis pour prendre le poste d’entraineur à la place du discret (mais foncièrement plus compétent) Gérard Gili. Et cela marche ! Avec ses réseaux, Courbis attire des joueurs prestigieux tels que Claude Makalele et Laurent Blanc, qui sera mieux qu’un rempart en défense puisque aussi le meilleur buteur du club entre ses coups francs et ses pénaltys. En cours de saison ils sont rejoints par Fabrizio Ravanelli et Christophe Dugarry. Pourtant si sur le terrain le club franchit un pallier et aurait même pu rester dans la course au titre sans un effondrement inexplicable dans les dernières journées (4e au final), les méthodes en coulisses laissent à désirer et le club ne s’épargne pas des conflits extra-sportifs comme la mise à l’écart de Pedros avant son rocambolesque transfert à Parme ou des affaires douteuses comme l’arrivée de Ravanelli et les spécificités de son contrat (affaire qui ressortira au moment du départ de l’Italien à la Lazio). Bref malgré des transferts houleux et des inévitables clans dans un effectif abondant, le renouveau sportif du club prend le dessus. D’ailleurs l’intersaison 1998 se veut plus modérée et le recrutement ne prête guère à contestation avec, en plus du maintien des joueurs ayant donnés satisfaction, les arrivées de Robert Pires, Daniel Bravo et Florian Maurice. Peter Luccin signe une arrivée fracassante avec un contrat de douze ans (il ne fera que deux saisons). Seul bémol alors, un clash avec Köpke devenu persona non grata depuis son mondial 1998 en demi-teinte et l’avènement de Stéphane Porato dans les cages. Par manque d’honnêteté envers son international Allemand l’OM se paye un nouveau conflit. Peu importe puisqu’en ce début de saison l’OM part en boulet de canon et Courbis a bien intégré que ce qui lui avait fait défaut la saison précédente c’était une meilleure efficacité offensive. Il a aussi l’intelligence à ce moment-là de procéder à un large turn-over qui permet, sans froisser la sensibilité des « stars », que tout le monde se sente concerné. Surtout il met en place un système très offensif avec le plus souvent le quatuor Pires-Maurice-Dugarry-Ravanelli qui est complété par l’entrée systématique en cours de match de Titi Camara. Les buts viennent de toute part et rapidement on comprend que tout sera possible avec cette équipe, la 3e journée offre à ce titre un retournement de situation déjà légendaire contre Montpellier au Vélodrome (0-4 à la mi-temps, victoire 5-4).

L'effectif de la saison 1998-1999 aurait mérité un meilleur sort.

L’effectif de la saison 1998-1999 aurait mérité un meilleur sort.

Sur la scène Européenne le club s’affirme aussi comme un nouveau cador dans ce qui est encore la « vraie » coupe de l’UEFA. Toute la France ou presque se met à rêver que ce club qui a été le premier club Français à soulever la C1 soit aussi le premier à ramener la C3. Au fil des tours les qualifications se font de plus en plus laborieuses (Vigo en ¼ 2-1 ; 0-0 et Bologne en ½ 0-0 ; 1-1 grâce à un pénalty inexistant sifflé à l’extérieur) mais la finale est en vue. Pendant ce temps le championnat de ligue 1 n’a cessé d’être un chassé-croisé entre l’OM et Bordeaux (la dernière grande saison de D1 de l’avis de nombreux spécialistes) et les deux clubs ne quittent pas les deux premières places. A la veille de la dernière journée, Bordeaux compte un point d’avance et les deux clubs se déplacent chez des équipes du ventre mou qui n’ont plus rien à jouer, Paris pour les Girondins et Nantes pour les Olympiens. Le titre va balancer entre l’un et l’autre durant la soirée et choisit finalement Bordeaux lorsque Feindouno arrache la victoire à la dernière minute au Parc des Princes (2-3) alors que l’OM s’imposait à la Beaujoire (0-1). 2e avec 71 points et ceci en 34 journées puisque période où le championnat était repassé à dix-huit clubs, cela fera dire à Courbis que « on ne verra pas souvent un 2e finir avec ce total » bref le club aura était à son sommet l’année où il y avait du répondant. Et comment ne pas corroborer les propos de l’entraineur Olympien lorsque parfois le total de Lyon champion de France en 38 journées sera inférieur à celui de son club 2e en 1998-1999. En revanche on ne saurait adouber la thèse du « Contre l’OM les équipes font le match de leur vie donc on ne joue pas le même championnat que les autres ». En effet si l’OM ne remporte pas le titre cette année-là la cause est surtout un match charnière qui l’a vu se faire laminer chez son adversaire direct en Gironde (4-1 au Parc Lescure).

 En finale de l’UEFA contre Parme le rêve tourne court et le club qui devait faire face à de nombreuses indisponibilités et suspensions s’incline lourdement (0-3) et doit donc se contenter d’une nouvelle place d’honneur et des médailles d’argent qui vont avec.

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