Essai sur l’OM de 1996 à 2008 Chapitre 3 Management défaillant

Essai sur OM 1 (logo du club)

OM (1996-2008) : Les raisons d’une crise perpétuelle ou la tentative d’expliquer en quoi les dirigeants successifs ont laissés sciemment se pourrir la situation

III Les mauvais choix de Courbis et la propension de Dreyfus à associer des hommes incompatibles.

Une saison à la Poulidor en somme mais quel ascension tout de même pour un club qui revenait de D2 depuis trois ans ! Croiriez-vous que c’est ça qu’allait se dire le propriétaire Louis-Dreyfus ? Oh que non il lui vient l’idée insensée d’aller chercher un administratif ne connaissant rien au football pour travailler en collaboration avec Courbis. Ce personnage répond au nom de Yves Marchand et il devient tout bonnement le président délégué du club, comprenez par là que Dreyfus s’exonère de ses responsabilités et croyant le club entre de bonnes mains se contente d’aligner l’argent sans contrôler son entreprise. Courbis, c’est bien connu est davantage un super manager/gérant dans un club qu’un pur entraineur, il laisse le plus souvent la charge du terrain à son adjoint Jacques Vankershaver et à lui le portable, le recrutement et les négociations diverses. Or Marchand vient empiéter sur ses plates bandes et ralentit le développement du secteur strictement sportif au profit des infrastructures.

Laurent Blanc, patron de la défense olympienne pendant deux ans...Trop peu

Laurent Blanc, patron de la défense olympienne pendant deux ans…Trop peu

Faut-il y voir une causalité, toujours est-il que c’est à ce moment là que Courbis procède à des choix étonnants avec en premier lieu le renvoi pur et simple de Laurent Blanc âgé de 33 ans sous prétexte de préparer l’avenir (depuis Courbis a avoué s’être gravement trompé sur ce point). L’international rejoint l’Inter Milan pour la somme pour la moins curieuse de 18 Millions de Francs au vu de la dimension du joueur (à titre comparatif le supposé génie Brésilien Denilson a rejoint la saison précédente le Betis Séville pour 200 Millions de Francs et Sonny Anderson rejoint Lyon à l’été 1999 pour prés de 120 Millions de Francs). L’impression d’avoir bradé un des piliers de l’équipe de France sera renforcée par les belles saisons qu’il effectuera ensuite en Italie et dans une moindre mesure à Manchester United. Ce transfert n’est que le début de choix chaotiques tel le recrutement de Bakayoko en attaque, l’Ivoirien constituera pour les dirigeants un véritable casse-tête lors des tentatives de revente à chaque intersaison. Autre bizarrerie, l’arrivée de Lamine Diatta au début de l’été pour 27 Millions de Francs (oui oui) puis sa revente quasi immédiate pour 1 million de Francs de moins. Quant au remplaçant de Blanc, ne croyez pas qu’il viendrait du vivier local il s’agit d’un improbable défenseur Argentin (Berizzo) qui se mettra rapidement tout le Vélodrome à dos. Le championnat démarre péniblement : après une victoire inaugurale devant le promu Sedanais (3-0) le club enchaine quatre résultats nuls contre des équipes modestes tels Le Havre ou Bastia. L’OM, dans sa pure tradition sera poussif toute la saison en championnat et capable de coups d’éclats en Europe. La récente réforme lui a permet de participer à la ligue des champions en tant que 2e du dernier championnat Français et la première phase de poules se passera relativement sans embûche avec comme sommet une victoire sur Manchester United au Vélodrome (1-0). En championnat le club se montre capable de remporter de « gros » matches comme en témoigne son succès au Parc des Princes (0-2) mais n’enchaine aucune série de bons résultats. Il reste cependant au contact des poursuivants d’une équipe de Monaco qui prend rapidement le large, et pointe à la sixième place au soir de la réception de la Lazio de Rome en deuxième phase de poules de C1. La défaite (0-2) scelle le sort de Rolland Courbis qui selon les versions démissionne ou est viré.

Cette belle photo de famille sera contrarié par le départ de deux cadors au mercato hivernal 2000.

Cette belle photo de famille sera contrariée par le départ de deux cadors au mercato hivernal 2000.

La décision semble précipitée puisque aucune piste d’entraineur d’envergure n’a été étudiée pour le remplacer. C’est donc celui qui était alors entraineur de la réserve (CFA soit l’équivalent de la quatrième division) Bernard Casoni qui s’y colle. A partir de là se met en place ce que l’on appellera la règle de l’alternance entre entraineur à fort caractère et entraineur plus malléable. Les compétences de Casoni ne sont pas en cause mais il faut bien percevoir qu’à ce moment là il n’a pas l’étoffe pour relever le défi et qu’il lui sera dur de passer derrière Courbis. Comme de bien entendu dans ce genre de cas, les prestations des joueurs sont encourageantes pendant les deux ou trois matches suivants et on parle de « choc psychologique » ou de « déclic » mais entre fin novembre (arrivée de Casoni) et début janvier des nouveaux problèmes internes vont secouer le club et deux stars vont s’éclipser alors qu’elles juraient quelques semaines plus tôt qu’elles seraient fidèles au club. Ces deux personnalités sont Ravanelli et Dugarry, deux gros égos qui comme par hasard étaient contrôlés lorsque l’entraineur était un fort en gueule mais n’ayant désormais plus aucun mal à faire pression pour obliger le club à les vendre. Ainsi au mercato d’hiver Dugarry retourne à Bordeaux pour une somme modique tandis que Ravanelli rejoint gratuitement la Lazio bien que sous contrat, grâce à une clause tout bonnement hallucinante. D’une équipe de quasi galactiques la saison précédente le club passe la deuxième partie de la saison 1999-2000 avec une équipe au rabais dont le principal « joker » du mercato hivernal est Cyrille Pouget un attaquant au parcours jusque là très ordinaire et le défenseur Jean-Pierre Cyprien, ex espoir du foot Français qui n’a jamais confirmé au haut niveau. C’est là aussi le début d’une constante dans le concept de « joker » offensif du mercato hivernal devant sauver la maison OM, il sera le plus souvent les saisons suivantes soit un illustre inconnu (Koke, Sytchev,…) soit un vrai talent mais sur le déclin (Nouma, Weah,…). Une variante dans cette tendance, celle du « joker » offensif recruté en toute fin de mercato estival (Fiorèse, Moussilou). Bref le plus souvent le « sauveur » prête à rire et ne s’attarde guère plus de quelques mois sur la canebière. En guise de match de rentrée l’OM est atomisé à Bastia en coupe de la ligue (3-0) et sans la maladresse des attaquants Bastiais l’addition aurait pu être plus lourde.

La rencontre OM-Monaco d'avril 2000 sera aussi très dur en dehors du terrain.

La rencontre OM-Monaco d’avril 2000 sera aussi très dur en dehors du terrain.

Au final seul quelques soubresauts permettent au club de terminer aux portes de la relégation cette saison là (15e avec 42 points) tel un festival offensif face au PSG au Vélodrome (4-1). Le club ne s’épargne pas non plus des affaires très médiatisées qui dépassent le cadre du terrain. Lors du match Marseille-Monaco, plus ou moins couperet pour le maintien, une agression a lieu à la mi-temps dans le tunnel d’accès aux vestiaires, les protagonistes sont Marcelo Gallardo le meneur de jeu Argentin de l’ASM et Christophe Galthier… entraineur adjoint de l’OM. Des joueurs Olympiens auraient aussi étaient impliqués mais ça n’a pu être prouvé car…il n’y avait pas de caméra ce soir-là dans le tunnel du vélodrome ! Etonnant quand on sait que le diffuseur Canal+ a comme marque de fabrique le fait de filmer au-delà du terrain. En tout cas l’arbitre fait un beau cadeau à l’OM ce jour là en expulsant les deux hommes sans le moindre discernement. Si un ramasseur de balles agresse un joueur adverse on expulsera donc les deux hommes sans distinction ? Le futur champion monégasque s’incline nettement (4-2) et la suspicion planera sur Barthez, l’ami de Casoni, pour sa prestation plus que moyenne dans les cages. Auparavant un autre incident d’importance avait eu lieu à Metz où Porato avait pété les plombs contre l’arbitre entrainant son expulsion puis avait surenchérit lors de son retour aux vestiaires en défonçant un panneau publicitaire à coups de pieds. Bref ces incidents en disent long sur le climat détestable qui a empoisonné le club lors de cette saison 1999/2000.

Casoni a eu du mal à composer avec ce groupe qu’il n’a pas vu naitre mais il se sent prêt à construire un effectif à lui pour la saison 2000/2001. On ne lui en laissera pas l’occasion. Dreyfus qui a suivi tout ça de très loin reconduit sa confiance à Yves Marchand dans le choix du futur entraineur tout en lui adjoignant un juriste, l’avocat Etienne Ceccaldi dont on ne sait encore aujourd’hui quelles ont étés les fonctions précises. « Diviser pour moins régner » pourrait être un proverbe déformé tout spécialement en hommage à Louis-Dreyfus.

RLD, bien intentionné mais mal entouré.

RLD, bien intentionné mais mal entouré.

Au milieu de ces deux fortes personnalités à la tête du club, l’entraineur se devait d’être un homme effacé, ce sera le rôle d’Abel Braga. Comme à l’accoutumée le recrutement partira dans tous les sens et le déficit arrivées/départs est particulièrement flagrant cette intersaison là : On laisse partir les derniers joyaux de l’équipe qui a obtenu la deuxième place en 1998/1999 comme Pires, Luccin et Maurice et on investit sur une paire de Brésiliens Marcelinho-Dill en attaque et sur un joueur sur le déclin au milieu comme Ingesson. A ce sujet ne manquons pas de rappeler la fameuse anecdote lors du pistage d’Ingesson qui était corrélé à celui de Denilson précédemment cité : Braga annonce à Marchand les possibles arrivées de ces deux joueurs et ce dernier en amateur éclairé du ballon rond (sarcasme) de se féliciter « de ses deux opportunités Suédoises ». C’est bien cet homme qui a le destin du club en mains ne vous y trompez pas. En provenance de Paris, le détestable Jérome Leroy complète ce recrutement à la va vite. Quant à lui Bakayoko est conservé faute de propositions, il est le symbole de l’inconscience Marseillaise consistant à faire signer aux joueurs des longs baux quant il suffirait de les mettre sous contrat pour deux ans afin de se prémunir du cas où le joueur ne ferait pas l’affaire.

Bakayoko, emblème malgré lui d'un OM discount.

Bakayoko, emblème malgré lui d’un OM discount.

La saison sera encore plus chaotique que la précédente et à nouveau le club se sauve à la dernière journée d’une relégation en D2. Durant la saison Dreyfus se fera dicter ses décisions par la vindicte populaire au lieu de faire preuve de hauteur de vue, Braga ne passe pas l’hiver et l’ancien sélectionneur de l’Espagne Javier Clemente lui succède. Homme à poigne et aux conceptions de jeu peu spectaculaires il se heurte rapidement au rejet des supporters. Lors de la période hivernale Dreyfus réapparait en pleine lumière, il fait le tour des plateaux télés et la vérité saute aux yeux : Il n’est pas du tout au fait des dossiers. Un passage en particulier le ridiculise lors d’une émission de M6 lorsque qu’il semble découvrir en même temps que les téléspectateurs (et preuves à l’appui dans un documentaire) qu’un certain type de gens peu recommandables tournent autour du club. Début 2001 il se rend, sans doute pas innocemment, sur le plateau de la nouvelle émission de Bernard Tapie sur RTL9 (« rien à cacher »). L’ancien président historique se montre virulent envers Clemente et indique clairement qu’il n’est pas l’homme de la situation, le mal être actuel du club est par ailleurs largement évoqué. Prémédité ou non, influencé par les commentaires du café de commerce ou non mais toujours est-il que Tapie revient au club en avril 2001 sous une étiquette floue de manager sportif. Surtout pas endossé le rôle de président délégué il n’est pas fou le nanard ! Ce retour aura j’en suis sûr était balayé depuis longtemps de la mémoire des supporters au profit de l’image immaculé de la période historique 1986-1993. Cependant ne négligeons pas qu’il arrive en imposant sa loi et l’entraineur de son choix Tomislav Ivic (qu’il avait autrefois embauché et viré au cours de l’année 1991) pour les un mois et demi de compétition restant.

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