Essai sur l’OM de 1996 à 2008 Chapitre 4 Mutations et saison de transition

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Essai sur OM 1 (logo du club)

OM (1996-2008) : Les raisons d’une crise perpétuelle ou la tentative d’expliquer en quoi les dirigeants successifs ont laissés sciemment se pourrir la situation

 

IV le retour de Tapie : un mal pour un bien ?

C’est le début d’un grand ménage qui résume l’ère Tapie II puisque qu’entre avril 2001 et avril 2002 (date à laquelle on situe son départ) il sera procédé à 54 mouvements de joueurs avec là aussi son lot de sketches comme la vraie-fausse arrivée du buteur Brésilien de Porto Mario Jardel qui viendra repérer la commanderie (centre d’entrainement) et repartira le jour même. Mais en ce début de saison 2001/2002 le gag a lieu sur le banc de touche. Ivic s’en va pendant la préparation estivale pour officiellement des raisons médicales et est remplacé par l’ex-minot des années 80 José Anigo. Ce changement est promu comme un acte d’audace, comme un retour du pouvoir entre les mains de vrais Marseillais. Le discours fait long feu, Anigo est démis après une faible récolte de deux points en cinq journées et est remplacé…par Ivic soudainement rétabli. Je vous laisse à vos suppositions sur les raisons de ce revirement mais il est évident que cela stigmatise un climat pas très serein dans la direction du club. D’ailleurs après avoir obtenu le départ de Marchand et Ceccaldi, Tapie trouve le moyen de rentrer en conflit avec Pierre Dubiton, un gestionnaire jusque là discret qui a acquis une dimension médiatique tout récemment. Dreyfus comme à son habitude ne tranche pas au plus vite et les invectives se poursuivent par presse interposée entre les deux.

Tapie-Dreyfus, le climat de méfiance.

Tapie-Dreyfus, le climat de méfiance.

Le recrutement part donc dans tous les sens et connait de nombreux ratés (Ibrahim Ba, Alfonso, Chapuis,…) mais certaines bonnes surprises sont à noter à commencer par le nouveau gardien Vedran Runje, le Belge Van Buyten en défense ou Olembe au milieu de terrain. Seule star confirmée à signer, le défenseur international Franck Leboeuf alors sur le déclin à Chelsea. Le public commence alors à ne plus s’étonner des prestations laborieuses de son équipe. Dans un championnat d’une faiblesse criante (Lyon conquière son premier titre sur le fil devant Lens avec 66 points), l’OM mène un parcours ni bon ni mauvais, simplement quelconque et finit 9e avec la perspective peu reluisante d’une éventuelle place en coupe Intertoto pour la saison suivante. Ivic part une fois de plus en cours de saison et Albert Emon, voué à l’origine à assurer l’intérim, va finalement faire toute la deuxième partie de la saison sur le banc devant le manque de candidats au poste. Comme à l’accoutumée les jokers ont été sortis durant l’hiver il s’agissait cette fois des attaquants Lamine Sakho et Pascal Nouma. Malgré cela l’OM termine la saison dans la posture d’un anonyme, sentiment renforcé par le peu d’attraits médiatiques d’Emon.

L'OM de Bouchet-Perrin a démarré sur les chapeaux de roues.

L’OM de Bouchet-Perrin a démarré sur les chapeaux de roues.

Durant la saison les manœuvres en coulisses n’ont cessés de rendre le groupe encore plus fragile. Le remaniement de l’équipe dirigeante est déjà acquis autour du mois d’avril 2002 : Christophe Bouchet, journaliste et surtout ami de Robert Louis-Dreyfus prendra la présidence active du club pour la saison à venir, reste à lui associer un entraineur compétent mais financièrement abordable. Connaissant bien le milieu, Bouchet avait pu observer bon nombre d’entraineurs et son choix s’arrête sur Alain Perrin, en pleine ascension et ayant effectué une remarquable saison avec la modeste équipe de Troyes (5e au final). Avant même que l’exercice suivant ne débute, on note la complicité entre les deux hommes ayant pour conséquence que désormais le club ne parle que d’une seule voix.

Cependant le chantier qui se dresse devant eux est énorme. Il faut dégraisser l’effectif avant d’envisager tout recrutement. Le club est d’ailleurs sous la pression d’un contrôle de sa gestion par la DNCG si il ne remet pas les comptes à flot. RLD que tout appelle à vendre le club à ce moment-là, d’autant que son plan quinquennal de « Bayern du sud » est écoulé, refuse d’avouer son échec et bouche à nouveau les trous dans la caisse sans se soucier de ce qui les avait causés.

D'abord apprécié, Fabio Celestini sera ensuite stigmatisé pour son manque d'attraits niveau spectacle.

D’abord apprécié, Fabio Celestini sera ensuite stigmatisé pour son manque d’attraits niveau spectacle.

Plutôt que de s’égarer en promesses concernant l’arrivée de stars, la nouvelle direction du club se montre pragmatique et procède surtout à une réduction de l’effectif et à des ajustements. Exit les joueurs tapageurs tels Jerome Leroy qui signe, sans gêne aucune, à nouveau au Paris SG et affirme même que c’est le choix du cœur. En revanche c’est l’ère du recrutement de joueurs discrets et efficaces tels Celestini et Johansen au milieu de terrain. En attaque le manque demeure flagrant et le joker hivernal se nomme cette année là Sytchev. En somme le groupe est peu modifié et l’objectif affiché consiste en un plan de trois ans : saison de transition, qualification Européenne la deuxième saison et course au titre la troisième. Tout ira plus vite que prévu puisque l’OM arrache à la fin de la saison 2002/2003 une 3e place synonyme de tour préliminaire de ligue des champions et un Perrin réaliste se dit en off « que cela arrive peut être un peu tôt ». Le club s’était même mis à rêver à mieux lorsqu’il a acquis le titre honorifique de champion d’automne à la fin des matches allers. Un peu de retenue semblait pourtant nécessaire au vu d’un des plus faibles total de points pour un leader à ce stade de la saison (34 points ex aequo avec Lyon). En fin de saison Lyon gagnera son deuxième titre avec un plus faible total que pour le premier (64 points) dans un championnat pourtant repassé à vingt clubs pendant l’intersaison donc comportant quatre journées de plus que l’exercice précédent. D’ailleurs les points noirs n’ont pas manqués lors de cette saison telle une tendance à perdre contre les « grosses » équipes. Mais le public est devenu moins exigeant et tolère sans emportements les deux corrections subies contre le Paris SG en championnat (3-0 au Parc ; 0-3 au Vélodrome) auxquelles il faut ajouter l’élimination subie aux tirs aux buts en coupe de France contre le même club de la capitale. Ce soudain relativisme Marseillais fera d’ailleurs réagir Tapie dans la presse « s’étonnant de la patience accordée à l’égard des nouveaux dirigeants » sous-entendant que lui n’y avait pas eu droit. Il s’attribue par ailleurs le crédit de la bonne saison d’ensemble de l’équipe composé pour l’essentiel de joueurs qu’il a recruté en 2001/2002.

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