Essai sur l’OM de 1996 à 2008 Chapitre 5 Désillusions

By

Essai sur OM 1 (logo du club)

OM (1996-2008) : Les raisons d’une crise perpétuelle ou la tentative d’expliquer en quoi les dirigeants successifs ont laissés sciemment se pourrir la situation

V Le retour à l’instabilité généralisée

Le début de la saison 2003/2004 voit débouler un OM ambitieux sur la scène nationale et continentale. Le tour préliminaire de la C1 est une formalité devant l’Austria Vienne (1-0 ; 0-0) malgré une certaine frilosité au match retour mais la manne financière ainsi assurée permet de construire un groupe apparaissant très solide. A commencer par un coup de boost dans le secteur offensif : Steve marlet de retour en D1 après son escapade Anglaise, l’Egyptien Mido et surtout la révélation de l’étonnante équipe de Guingamp la saison précédente Didier Drogba. Avec la conservation de Sytchev et de Sakho dans l’effectif, c’est une belle palette de possibilités qui s’offre à l’entraineur pour composer sa ligne d’attaque. Il s’en est également fallu de peu pour que Bakayoko ne boucle une cinquième saison au club mais un accord intervient avec Osasuna alors que le championnat a déjà repris et que le pestiféré a même eu le temps d’inscrire le but victorieux à Guingamp pour la première journée. Le club doit aussi gérer le départ en préretraite de Leboeuf au Qatar. Ce coup-ci le coup semble avoir été anticipé puisque des contacts avec le grand espoir Français Philippe Christanval ont été pris depuis longtemps, seul souci le joueur rejoint le club handicapé par une blessure. Le milieu est lui aussi renforcé, Camel Meriem signe avec joie dans le club de la ville de son enfance. Le début de saison est dans la lignée de la précédente et le club semble avoir les armes pour jouer les premiers rôles. Tout juste est-il ébranlé par un cruel échec pour l’ouverture de la C1 à Madrid (4-2) où Perrin n’a pas hésité à employer une tactique ambitieuse qui a un temps déboussolé le Real Madrid. D’ailleurs le succès (3-0, triplé de Drogba) lors de la rencontre suivante contre le Partizan Belgrade leur laisse envisager une possible qualification.

Vedran Runje, victime collatérale d'une lubie venue de la coulisse.

Vedran Runje, victime collatérale d’une lubie venue de la coulisse.

Au mois d’octobre, un incident somme toute anodin va cependant gripper la belle mécanique : la grave blessure du second gardien Cedric Carrasso. Le club compte bien un autre suppléant en la personne de Benjamin Gavanon mais les dirigeants ont une autre idée en tête. Depuis plusieurs mois, Bouchet a pu comme tous observé le mal-être de Fabien Barthez devenu indésirable à Manchester United. Après une série de boulettes, le gardien de l’équipe de France a été écarté de l’équipe type et il sait bien qu’en cette saison qui s’achèvera par le championnat d’Europe des nations au Portugal son statut de remplaçant peut devenir problématique. Le sélectionneur Jacques Santini tient d’ailleurs un discours en ce sens : pour pouvoir prétendre à la sélection un joueur doit être titulaire dans son club. Et soudain la corrélation à priori peu évidente se réalise entre ces deux événements. Runje, gardien titulaire et irréprochable pour sa troisième saison consécutive voit d’un mauvais œil les tractations des dirigeants avec Barthez. Eux lui affirment qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter et que le grand club qu’ils veulent construire doit obligatoirement avoir deux «grands » gardiens. Les pourparlers s’éternisent autour d’une clause pouvant satisfaire tout le monde, les supporters sont partagés : d’une part la bonne chose que constituerait le retour de l’enfant du pays, celui qui accepta même de jouer un an en D2 en 1994/1995 alors que la génération championne d’Europe 1993 avait décampée, d’autre part ils sont contre la mise à l’écart de Vedran Runje qu’ils ont adoptés. En effet personne n’imagine sérieusement que la star Barthez s’assoira sur le banc en arrivant. Les médias ont vite fait de relayer le pistage du « divin chauve » qui met vraiment du temps à se conclure. Pendant ce temps l’équipe peut-être rendu mal à l’aise par ce climat entame une série de défaites cinglantes, Runje notamment commet des bourdes inhabituelles. A Strasbourg puis face à Lyon l’addition est lourde (4-1 les deux fois). Alors qu’il était jusque là sur la même base de points que la saison précédente l’OM plonge suite à un calendrier difficile qui le voit enchainer trois ténors au Vélodrome : Lyon, Monaco, Paris. Trois chocs, trois défaites auxquelles s’ajoute les deux revers à domicile en C1 devant Porto et le Real Madrid. Tandis que Perrin est de plus en plus menacé, Barthez arrive enfin officiellement. L’approche avec Runje se veut amicale mais rien ne résoudra cette crise dans la crise et ce dernier est le premier sur la liste des départs au marché hivernal. Concernant le licenciement de Perrin, Bouchet a tenu bon jusqu’à la trêve et avec le retour des matches contre les équipes de bas de tableau le club se maintient dans les cinq premiers à la fin des matches allers, parallèlement il obtient le billet de consolation pour la coupe UEFA en terminant 3e de sa poule de C1.

Sous la houlette de José Anigo le parcours européen de 2004 restera un arbre cachant la forêt.

Sous la houlette de José Anigo le parcours européen de 2004 restera un arbre cachant la forêt.

Après avoir recruté un élément par ligne au marché hivernal dont l’improbable attaquant Koke jusqu’alors remplaçant en D2 Espagnole et cédé de manière inexplicable (sous forme de prêt) l’excellent Van Buyten à Manchester City en échange de David Sommeil, le club repart de l’avant.  Il se qualifie en coupe de France aux tirs aux buts face à Strasbourg en 1/32 grâce à un Barthez décisif, ce qui fait abusivement s’emballer les médias et le club même sur l’apport du gardien international. Plus tard il confirmera sa tendance aux boulettes qu’il a importé de premier league. Le retour au championnat est moins encourageant mais ne constitue qu’un revers somme toute anodin à Auxerre (2-0). Au moment où l’on ne s’y attendait plus, Perrin est démis de ses fonctions par la direction du club tandis qu’on l’avait maintenu au cœur de la crise. Officiellement c’est les prestations sportives qui sont en cause, une autre piste circulera cependant en interne durant les semaines suivantes il s’agirait du harcèlement sexuel que l’entraineur faisait subir à une secrétaire du club, qui aurait frôlé un dérapage plus grave. Toujours est-il qu’on peut voir objectivement et à l’instar du licenciement de Courbis fin 1999, que rien ni personne n’avait été approché pour lui succéder. D’où le retour au poste de José Anigo après son éphémère passage à l’été 2001. Le style tranche radicalement avec celui de Perrin, on retombe dans le cycle de l’entraineur copain, celui que les joueurs appellent « José » et non monsieur, celui qui réagit à chaud en conférence de presse et parle comme un supporter, sans aucune distance. Il a beau mettre un costard Anigo restera toujours le minot de 1984 et pas un meneur d’hommes. L’équipe se prend en mains pour le meilleur et pour le pire autour de meneurs émergents comme Habib Beye en défense, N’Diaye au milieu et l’incontournable Drogba en attaque. Le meilleur ce sera le parcours Européen qui parvient quasiment à faire oublier au public le pire, le spectacle indigent en championnat et dans les coupes nationales. Et aussi oublier l’importance que revêtait jusqu’alors l’affrontement avec le supposé ennemi Parisien. A nouveau trois matches entre les deux équipes et trois victoires Parisiennes comme la saison précédente dont une en 1/16 de coupe de France (1-2 au Vélodrome a.p), une série de 0-6 contre le club de la capitale qui donnera des arguments à ceux qui reprochent le manque de caractère de cette équipe. L’OM de cette saison là perd les matches à ne pas manquer et étonne lorsqu’il se retrouve en position d’outsider. Ainsi il s’impose par exemple à Lyon au soir de la 31e journée (1-2) alors que le club d’Aulas était archi-favori et ira chercher d’ailleurs son 3e titre consécutif en fin de saison. En revanche le club se montre incapable de se ressaisir pour accrocher une place Européenne dans les dernières journées, il ne gagne qu’un seul des six derniers matches et échoue à la 7e place. En coupe UEFA il parvient à trouver une unité avec le fameux adage qu’il n’a « rien à perdre », il ne croisera que des clubs roués aux joutes continentales à l’exception du 1/16 face aux Ukrainiens de Dniepropetrovsk péniblement écartés (1-0, 0-0). Ainsi la pression n’est pas sur les Olympiens et tandis que la majorité du pays s’attend à chaque tour à l’élimination du dernier représentant Français en C3 il se débarrasse de ténors tels Liverpool (1-1 ; 2-1), l’Inter (1-0 ; 1-0) et Newcastle (0-0 ; 2-0) sous les coups de boutoirs de son arme offensive Didier Drogba. Mis en parallèle avec le remarquable parcours de Monaco en C1 (qui sort notamment le Real Madrid et Chelsea), c’est un véritable vent de renouveau qui souffle sur le foot Français de clubs qui place deux des siens dans les deux finales Européennes. La suite est bien connue et moins heureuse : Valence dispose, sans forcer son talent, d’un OM pas à la hauteur de l’événement (2-0). Le club ne capitalise pas sur le capital sympathie qu’à généré son parcours et ne fait guère illusion en pointant la sévérité de l’arbitre Italien Mr Colina qui a à juste titre expulsé Barthez en fin de première mi-temps pour un attentat sur un Valencian, provoquant pénalty et ouverture du score pour les Espagnols. Barthez va lui-même jusqu’à resservir l’épisode d’un pénalty sifflé par erreur contre lui par le même homme lors du France-Espagne de l’Euro 2000. Et le mot d’ordre repris de partout sera « ça méritait un jaune, pas un rouge, c’est une finale quand même ! Ca a faussé le match ! ». Comme si l’arbitrage d’une finale devrait se montrer plus clément au prétexte fallacieux de sauvegarder l’équité sportive ! Combiné à la désillusion Monégasque face à Porto (0-3) c’est le football Français qui pleure à l’aube de l’Euro 2004. L’intersaison sera un des plus mouvementés du club qui pourtant en a pris l’habitude.

Le départ de Drogba, meilleur élément de l'équipe, à l'été 2004, rappelle celui de Laurent Blanc cinq ans plus tôt. Il ne sera jamais compensé.

Le départ de Drogba, meilleur élément de l’équipe, à l’été 2004, rappelle celui de Laurent Blanc cinq ans plus tôt. Il ne sera jamais compensé.

Seule certitude à la fin juin-début juillet Anigo reste au poste d’entraineur (véritable choix ou économie salariale chacun en jugera) ainsi que Bouchet à la présidence. Ah oui une autre décision se veut certaine, celle de conserver Drogba, ce qui ne devrait pas être si compliqué pour un joueur ayant signé pour quatre ans l’été précédent. Les discours de « reconstruction » fleurissent et de « bâtir une équipe autour de Didier », mieux encore le mot « intransférable » est lâché à la vindicte populaire qui malgré son aveuglement sent une entourloupe poindre à l’horizon. Un seul homme, une seule proposition fait basculer l’édifice, celle émanant du président de Chelsea Roman Abramovich qui fait miroiter quelques 37 millions d’euros aux dirigeants. En mal de cash pour son recrutement qui peine à se lancer et devant gérer une masse salariale en hausse avec les retours de prêts de joueurs encore sous contrat (Chapuis, Fernandao, Sakho, Olembe, Tuzzio,…), le club place quasiment le joueur devant le fait accompli et l’invite à rejoindre les Blues de Chelsea. Un parjure insensé jeté à la face des supporters mais qu’importe après tout puisque l’argent est là n’est-ce pas ? Que vont-ils donc en faire de cet argent ? On perd un attaquant de calibre international, sans doute faudrait-il le remplacer par un joueur équivalent, ce n’est pourtant pas ce que va faire le club qui prouve si ça devait encore l’être son manque d’anticipation. C’est tout logiquement que le public accueille avec réserve Habib Bamogo et Péguy Luyindula qui sont de simples « bons » attaquants de ligue 1. Mais les supporters ne sont pas au bout de leurs surprises au niveau du secteur offensif. Censé revenir tardivement de vacances l’Egyptien Mido a en fait négocié son transfert à l’AS Roma et entame un bras de fer avec une direction trop fébrile pour refuser une nouvelle manne financière.

L'arrivée de Fiorèse ne correspondait à aucune logique sportive et économique.

L’arrivée de Fiorèse ne correspondait à aucune logique sportive, économique ou humaine.

En fait l’opération se clarifie au fil des jours et des transferts : détruire l’essentiel du groupe constitué par Perrin et notamment des joueurs accusés de lui être restés trop fidèles après son éviction. On retrouve donc dans la charrette des partants Celestini, Johansen, Dos Santos et même Van Buyten qui signe finalement à Hambourg. Le club cède aussi à la facilité de prêter les rares jeunes sortis du centre de formation tels Cicut et Dahou quant ce n’est pas pire à les céder pour rien à l’opportuniste Arsène Wenger d’Arsenal, ce sera le cas de Mathieu Flamini qui profite de failles administratives. Au niveau des arrivées, coups médiatiques garanties avec la signature du capitaine Parisien de l’exercice précédent Frederic Dehu en défense ainsi que celles au milieu de terrain d’Edouard Costa et de Benoit Pedretti que l’OM chipe sur le fil à Lyon. Plus énorme encore, le club s’adjuge les services du toujours vivace Bixente Lizarazu qui met fin à un exil de sept ans au Bayern Munich. Dans tous ces mouvements c’est les individus qui ont primés et le club semble avoir négligé le côté problématique de la signature de « stars » dans un effectif qui s’était ressoudé autour d’un parcours Européen la saison précédente. Mais si c’était niveau paillettes aucun souci, les noms claquent et les maillots blancs nouvellement ornés d’une croix parait-il « caractéristique » de la cité Phocéenne se vendent comme des petits pains. Alors que se passe t-il dans la tête des dirigeants quand sur le gong du marché ils choisissent de réaliser un dernier transfert houleux ? L’homme est controversée et ne faisait déjà pas l’unanimité dans son précédent club, il se nomme Fabrice Fiorèse. Un individu qui dans la dernière semaine du mois d’aout se répand en déclarations dans un magasine spécial PSG pour expliquer qu’il se voit « Parisien pour toujours », le même toujours qui, suite à son but victorieux lors d’un OM-PSG (0-1) la saison précédente s’était délecté de pouvoir « narguer ce public hostile ». Et bien le voilà Marseillais le 31 aout et il veut rentrer dans l’arène par la grande porte, enfile le numéro de maillot qui était celui de Drogba et déclare « avoir retrouver une famille » (sic). Du point de vue d’un club, qui en plus de Luyindula et Bamogo pouvait compter dans le secteur offensif sur Marlet, conservé après un prêt et sur Koke le supposé talent en herbe l’opération ne paraissait pas de première nécessité. En revanche elle met à mal un effectif  Parisien limité et c’est peut être cette volonté populiste de piller ce que la masse désigne comme l’adversaire numéro 1 qui a prévalu. Enfin, dernier « coup » réalisé par le club, l’arrivée du Japonais Koji Nakata (rien à voir avec le capitaine de la sélection Hidetoshi Nakata) dont les supposées qualités ne resteront connues que par lui seul puisqu’il sera fantomatique sur le terrain, peu importe là aussi puisque son recrutement a surtout pour but d’attirer le marché Japonais et que ce sera une complète réussite sur ce point.

L'art du jeu sans ballon de Koji Nakata reste indémodable.

L’art du jeu sans ballon de Koji Nakata reste indémodable.

Grâce à un calendrier clément qui le voit recevoir lors des deux premières journées, l’OM fait illusion sur ses capacités et signe deux succès. Cependant les accrocs vont faire très vite leur apparition à partir de la 4e journée où le promu Messin vient s’imposer au vélodrome (1-3) grâce à la performance éclatante d’un certain Franck Ribéry, à suivre… Début novembre l’OM stagne, après douze journées de ligue 1 il a un parcours décent mais ordinaire et insuffisant aux yeux des supporteurs (5 victoires, 4 nuls, 3 défaites) à qui on promettait monts et merveilles. Cependant les dirigeants ne sont pas encore chahutés et une semaine décisive se profile où l’OM rencontrera le PSG au parc le dimanche pour le compte de la 13e journée de championnat puis le rejouera à domicile le mercredi en 1/16 de la coupe de la ligue. Au parc le onze Olympien joue son va-tout et on croit longtemps qu’il va parvenir à stopper la série de défaites en cours contre « l’ogre » Parisien mais rien n’y fait, ni l’expulsion rapide d’Armand au bout de vingt minutes, ni l’alignement de Fiorèse en titulaire pour provoquer un déclic. Ce sont bien les individualités qui vont faire la différence mais elles seront Parisiennes : Une ouverture du score suite à une belle frappe enroulée de Pauleta et un but venu d’ailleurs d’Edouard Cissé font oublier la belle reprise acrobatique de Batlles qui avait permis l’espoir Marseillais (2-1). Le mercredi suivant c’est aux chants de « 7-0 ! 7-0 ! 7-0 ! » que le kop Parisien accueille les spectateurs du Vélodrome venus dans la conviction d’une réaction sans faille. D’ailleurs tout prête à croire que ce sera pour ce soir-là puisque l’entraineur Parisien Vahid Hallilhodzic a aligné une équipe B, ne considérant pas la coupe de la ligue comme un objectif prioritaire alors que son club connait un début de saison délicat dans l’ensemble. C’est donc la classe biberon Parisienne qui se rend au Vélodrome jouer ce match, épaulé par des recrues indésirables comme Ljuboja ou Boskovic. En face les Olympiens ne jouent pas à ce petit jeu et présente leur équipe type. Cela semble payer puisqu’au bout d’une demi-heure l’OM mène 2-0 et on a même droit à un coup franc direct de l’infortuné Pedretti (qui aura tôt fait de regretter son Sochaux de cœur). Tout va très vite se lézarder, à commencer par la réduction du score en toute fin de première mi-temps par Boskovic, le même homme se permet un lob sur Barthez en début de seconde mi-temps pour ramener les équipes à égalité. Dans ce contexte délicat Fiorèse fait son entrée et se fait huer des deux côtés, il n’a guère était convaincant depuis le début de la saison et sera rangé progressivement dans la case « indésirables ». Le coup de grâce intervient à la 90’ suite à une mésentente Lizarazu-Barthez qui voit le ballon filait vers le but, accompagné d’un Bernard Mendy n’ayant plus qu’à le pousser aux fonds. Une défaite après avoir mené 2-0 et surtout une huitième de rang face au PSG ça devient trop pour des supporteurs qui demandent des têtes.

Lizarazu n'aura pas le temps de souffler qu'il sera déjà parti.

Lizarazu n’aura pas le temps de souffler qu’il sera déjà parti.

La direction du club parvient à reporter l’ultimatum à la réception de Strasbourg le week-end suivant. L’échéance est retardé grâce à un succès peu probant sur le dernier du championnat mais le couperet n’en reviendra que plus vite suite à une véritable humiliation subie à Ajaccio (2-0), le comble étant que c’est un rejeté du club, André Luiz qui signe les deux buts. Le club prend acte de la situation qu’on se le dise et des décisions « radicales » seront prises les jours suivants promets-on. Jugez en plutôt : Anigo est démis de ses fonctions d’entraineur…mais reste dans le secteur sportif pour épauler son futur successeur ; Emon assure une fois de plus l’intérim quelques jours avant que la perle rare soit recrutée sachant qu’on nous promet que des grands noms sont pistés ; Bouchet est démis de ses fonctions de président du club…mais reste dans le directoire pour plancher à des solutions pour le club. Des choix très ambigus donc mais le meilleur reste à venir et comme souvent il est le fruit de Robert Louis-Dreyfus, celui-ci se rappelant qu’il était quand même l’argentier numéro un du club se décide à mener une sorte d’enquête sur le fonctionnement de son entreprise mais fidèle à sa conception du pouvoir il délègue la tâche à Louis Acariès, célèbre promoteur et manager… de boxe. Officiellement il s’agit d’un audit mené sur un temps illimité pour déterminer qui doit vraiment être le prochain président du club. A la fin novembre le club n’a donc plus de président à proprement parler mais concède quand même à nommer un président du directoire en la personne de Pape Diouf, l’ancien agent ayant rejoint le secteur sportif du club l’été précédent. Et l’entraineur dans tout ça ? Il a été trouvé là où on ne l’attendait pas, et il ne s’agit surtout pas d’un homme expérimenté des joutes Européennes, en fait c’est du mercenaire Philippe Troussier dont il s’agit. On se souviendra sûrement (ou pas) de lui dans quelques années comme de l’homme qui a cautionné la politique de la sélection du Qatar qui s’était lancé dans une grande opération de naturalisation express de joueurs étant barrés dans leur sélection nationale et leur proposait de revêtir le maillot Qatari à grands renforts de millions. Accessoirement il a aussi entrainé d’autres sélections Africaines comme l’Afrique du Sud mais n’a quasi pas de références en clubs. Toujours est-il qu’on parlera « d’effet Troussier » lorsque suite à son arrivée le club enchaine deux victoires contre Nantes et Caen et inscrit à chaque fois trois buts. Son mérite sera d’aplanir le groupe et de rester stable dans l’effectif alors que le mercato hivernal ouvre ses portes, il aura aussi su doucher l’égo des « stars » laissant à plusieurs reprises Pedretti et Lizarazu dans les tribunes. Un seul départ mais de taille lors du mercato : celui de Bixente Lizarazu qui a eu beau jeu d’évoquer une incompatibilité relationnelle avec le nouvel entraineur pour retourner fissa au Bayern Munich et y finir sa carrière. S’il n’y a pas de doutes sur le fait que Troussier a bien bousculé le défenseur international dans ses certitudes, le prétexte demeure bon pour fuir le guêpier Marseillais, cette machine à broyer les talents qui a si souvent fait ses preuves.

Une affaire bien Troussier ?

Une affaire bien, Troussier ?

Les résultats du moment apportant la légitimité à Troussier il n’aura pas non plus à affronter la défiance des supporteurs. Cependant il est cueilli à froid à la reprise de janvier par une élimination en coupe de France contre Angers, pensionnaire de ligue 2 et de surcroit au Vélodrome (2-3). Le championnat ne fait pas longtemps oublier cette saison poussive et après des bons mois de janvier-février ponctués de six victoires en sept matches, le club va couler à pic. Au soir de la 27e journée il se montre incapable à domicile de battre l’archi dernier Istres (1-1) et ne s’imposera plus qu’à une seule reprise lors des onze journées suivantes. Malgré tout, l’inconstance de la ligue 1 permet à l’OM de finir 5e et de pouvoir démarrer sur la grille de départ de la coupe Intertoto l’été suivant. Troussier ne souhaitait pas la jouer mais qu’importe puisque voilà qu’il n’est même plus aux commandes à l’orée de la saison 2005/2006, on rappelle l’ancien Jean Fernandez pour mener la barque. Ephémère entraineur de l’équipe de rêve sous Tapie 1er, l’homme espère s’inscrire dans la durée cette fois-ci. Le club donne des signes encourageants tel la fin du suspense pour la fonction de président qui revient définitivement et officiellement à Pape Diouf qui dans les faits l’était déjà.

Réputé modéré dans ses choix, l’entraineur Jean Fernandez va pourtant totalement démanteler l’ossature du recrutement de l’été précédent et alléger la masse salariale en se débarrassant de joueurs non utilisés depuis des années. Pour les bons joueurs s’étant simplement révélés incapables d’affronter la bouillotte Marseillaise tels Benoit Pedretti et Edouard Costa on trouve rapidement preneurs. Cela devient plus compliqué pour des joueurs  sur le déclin comme Philippe Christanval ou Cyril Chapuis dont on choisit de résilier les contrats pour les libérer et se libérer d’une importante masse salariale. Pour d’autres encore on n’échappe pas à la traditionnelle flopée de prêts dont les Olympiens se sont faits une spécialité, c’est le cas pour Fabrice Fiorèse, ratage complet qui part se ressourcer au Qatar mais aussi pour Habib Bamogo, Koke et Rudolf Skacel, joueur sans envergure qui n’a pas percé en milieu défensif. Plus incompréhensible est la séparation avec des hommes au-dessus du lot la saison précédente tels Sylvain N’Diaye ou Laurent Batlles. Ce sera donc « une saison de transition » on ne le cache pas cette fois-ci et la déconstruction/reconstruction bat donc son plein. Côté arrivées, on nous promet la trouvaille d’un duo d’attaque flamboyant personnifié par deux Sud-Américains nommés Gimenez et Mendoza. Mamadou Niang recruté à Strasbourg est perçu dans un premier temps comme un attaquant de complément, il sera mieux que ça. Pour encadrer un effectif plutôt jeune, on réalise des bons « coups » avec les venues de joueurs libres de tout contrat tels Wilson Oruma et Sabri Lamouchi. Cependant le club, fidèle à sa légende recrute aussi dans la confusion et la polémique : en faisant venir un leader du PSG en milieu de terrain en la personne de Lorik Cana mais surtout en débauchant Franck Ribéry de Galatasaray sans verser d’indemnités alors que le joueur est encore sous contrat. Finalement le club Turc s’avérera plus frauduleux que l’Olympien en termes de contrats et le tout se réglera sans encombres. En tout cas c’est le gros transfert de ligue 1 cet été là et il fait même espérer mieux que les ambitions initiales.

Élan démesuré pour la seule compétition européenne comptant plusieurs vainqueurs. Aujourd'hui, on appelle ça un tour de barrages.

Élan démesuré pour la seule compétition européenne comptant plusieurs vainqueurs. Aujourd’hui, on appelle ça un tour de barrages.

En ce début de saison le Vélodrome va d’ailleurs très vite être enivré par le parfum des soirées Européennes : en effet l’OM va au bout de la coupe Intertoto et offre même deux chocs épiques à son public lors des matches retours face à la Lazio de Rome et le Deportivo La Corogne, en particulier contre ce dernier avec un renversement de situation incroyable (0-2 à l’aller, 5-1 au retour). Le voilà sur la grille de départ de la coupe UEFA et Robert Louis-Dreyfus tout à sa joie de se rappeler que c’est « son » club se laisse aller à quelques pas de danse sur la pelouse. En ce mois d’août le tableau n’est pourtant pas si clair car le club ne décolle pas en championnat et ne glane même que deux points en cinq rencontres. Gimenez a beau inscrire son premier but lors de cette 5e journée contre Ajaccio il ne sera pas le goléador tant attendu. Après cette heureuse issue en coupe Intertoto tout repart au mieux puisque lors des six journées suivantes le club obtient cinq victoires, mettant fin notamment à la malédiction contre le PSG avec un succès 1-0 sur un but de l’ex Parisien Lorik Cana. Si les résultats d’ensemble vont ensuite être satisfaisants sans qu’il puisse cependant permettre au club de tutoyer les sommets, le secteur offensif demeure le gros point négatif et le club doit encore manœuvrer au mercato hivernal pour compléter sa ligne d’attaque. Alors qu’il s’est séparé de Péguy Luyindula prêté à Auxerre il recrute un joueur ayant le même profil en la personne de Toifilou Maoulida mais la venue qui offre le plus d’intérêt est celle de Mickaël Pagis, attaquant qui a fait ses preuves dans d’autres clubs de ligue 1. Si l’on ajoute à cela le seul recrutement en défense de l’expérimenté Jérome Bonnissel (à la condition physique plus qu’incertaine) ce marché hivernal est un des plus calmes du club depuis sa remontée en D1 de 1996. Il n’y a pas de secret, cette volonté de stabilité paye avec une belle deuxième moitié de saison qui amène le club tout prés de la 3e place qualificative au tour préliminaire de la champions league mais il devra finalement se contenter de la 5e place, la faute à quelques points perdus sur la pelouse d’équipes qui descendront en ligue 2 en fin de saison comme Ajaccio ou Metz. Mais au-delà du championnat le public Marseillais a pu se remettre à rêver grâce à un remarquable parcours en coupe de France qui voit notamment un succès à Lyon en ¼ de finale (1-2) alors que le club Rhodanien visait une fois de plus un doublé coupe-championnat. En ½ c’est le Stade Rennais qui est atomisé au Vélodrome (3-0) sous les attaques menées par un Ribéry qui a éclaboussé toute la saison de sa classe malgré encore un peu d’inconstance dans les performances.

Finale de Coupe de France 2006, nouvelle occasion manquée.

Finale de Coupe de France 2006, nouvelle occasion manquée.

Après l’épopée en UEFA deux ans auparavant c’est par la coupe de France que tout un peuple espère mettre fin à une disette de treize ans au palmarès. Puisque après quelques tours passés dans cette C3 l’OM échoue contre le modeste Zenith Saint-Pétersbourg en 1/8 de finale il a tout misé sur cette finale de coupe de France qui se profile très vite en cette année de mondial 2006 en Allemagne puisqu’elle a lieu le 29 avril. Et si l’enjeu ne suffisait pas à en faire un événement, le caractère exceptionnel de la rencontre est renforcé par l’opposition avec le Paris SG qui se profile. Des Parisiens plus que poussifs en championnat dont le nouvel entraineur Guy Lacombe joue sa tête sur ce match. Les deux clubs qui se sont si souvent affrontés les années précédentes à un stade plus avancé des deux coupes nationales (avec toujours des qualifications Parisiennes) se retrouvent au stade ultime, on se demande alors si le match va confirmer la fin du complexe Marseillais qui a freiné la domination Parisienne en cette saison 2005/2006 (superbe 0-0 au parc au match retour grâce à l’équipe réserve envoyée en signe de protestation contre un problème de quotas de places). Les recrues ont étaient très satisfaisantes en ces matches retours puisque le duo Pagis-Maoulida a inscrit 18 buts en quatre mois toutes compétitions confondues, quant à Niang il est demeuré titulaire et a inscrit la bagatelle de 17 buts sur l’ensemble de la saison. Ainsi Jean Fernandez n’a pas peur d’aligner les trois hommes ensemble dés le coup d’envoi de cette finale comme il l’a souvent fait, avec Ribéry derrière en distributeur on frôle les quatre attaquants et ce système a régalé les observateurs durant la deuxième partie de saison. Hélas pour les Olympiens tout va très vite se déséquilibrer lorsqu’ils encaissent un but venu d’ailleurs de Kalou dés la 6e minute de jeu. Paris mène sans dégager de sérénité particulière et bétonne derrière, à tel point que Pagis sort autour de la demi-heure de jeu sur blessure. Trop enclin à balancer les ballons l’OM se condamne à un exploit individuel or Ribery passe à côté de son match (ce qu’il reconnaitra avec honnêteté) et reste enfermé dans l’étreinte Parisienne au milieu. En début de deuxième période, nouveau coup de tonnerre : une frappe de quasi trente mètres de Vikash Dhorasoo qui cloue Barthez sur ses appuis (49’), qui comme à sa mauvaise habitude était quelque peu avancé. Paradoxalement c’est un des pestiférés du club Parisien qui signe le succès définitif, qui ne semble faire aucun doute à ce moment là. Dans le quart d’heure qui suit le PSG pris de confiance va même manquer de faire tourner le match à une démonstration en tirant sur la transversale (Kalou) et le poteau (Rothen) au moment où l’OM concède des coups francs inutiles.  Finalement Maoulida hérite d’un ballon cafouillé et réduit le score d’un tir violent à la 67’. Les Olympiens reprennent le contrôle du jeu pendant les vingt dernières minutes mais très maladroitement et c’est donc le club de la capitale qui va chercher une coupe qu’il affectionne particulièrement (sa 4e victoire depuis 1993).

Publicités