Essai sur l’OM de 1996 à 2008 Chapitre 6 Nouvel élan ?

Essai sur OM 1 (logo du club)

OM (1996-2008) : Les raisons d’une crise perpétuelle ou la tentative d’expliquer en quoi les dirigeants successifs ont laissés sciemment se pourrir la situation

VI Un nouvel objectif à long terme ?

Il est très vite acquis que Jean Fernandez ne poursuivra pas au-delà de cette saison pourtant très respectable, vœu provenant sans doute des deux parties : l’homme aspirant à un environnement plus calme pour exercer son métier tandis que le club se met à la recherche d’un entraineur plus huppé. Et oui c’est officiellement le retour aux ambitions et à la volonté d’obtenir la signature d’un entraineur-star. Le club va donc démarcher en long et en large mais comprend qu’il devra vite se résoudre à la solution interne en la personne de l’éternel Albert Emon. Niveau effectif on se débarrasse de joueurs qui ont montrés qu’ils étaient en fin de cycle à commencer par la star Fabien Barthez mais aussi Abdoulaye Meité, Demetrius Ferreira, Frederic Dehu,… les prêts sont encore des solutions privilégiées pour de jeunes joueurs devant s’aguerrir ou pour Fabrice Fiorèse qui prend cette fois la direction de Lorient. Côté arrivées le club a fait simple avec des jeunes repérés en ligue 2 ou en national comme Ronald Zubar venu de Caen ou Mathieu Valbuena de Libourne. Par ailleurs il fait signer des contrats définitifs ou des prolongations à des joueurs ayant signés à court terme comme Sabri Lamouchi ou Toifilou Maoulida qui se voient conforter par le nouvel entraineur comme titulaires. Seule arrivée fracassante, celle de Djibril Cissé, paraissant une blague les mois précédents la venue de l’ex buteur Auxerrois devient possible par son statut d’indésirable à Liverpool. Autre facteur et non des moindres, le joueur a manqué le mondial 2006 suite à une grosse blessure en mai et rien ne garantit qu’il retrouvera tous ses moyens sachant qu’il a connu une autre très grave blessure fin 2004. En clair c’est tout un challenge que le club et le joueur relèvent en signant cette entente puisqu’au mieux on annonce qu’il pourra reprendre pour la mi-décembre. Ces quelques réserves ne suffisent pas à tempérer les ardeurs des supporters Olympiens qui tout au souvenir de l’attaquant d’Auxerre qui leur avait tant fait du mal par le passé rêvent tout hauts à l’éclatante combinaison que constituera l’association Ribéry-Cissé. Mais justement que devient-il ce Ribéry qui vient d’exploser aux yeux du monde entier lors du mondial 2006 ? Alors que le club garantissait qu’il serait là pour une deuxième saison le voilà courtisé par les plus grands clubs Européens, tout à son affolement et ayant eu sans doute des garanties, il s’exprime début août au micro de TF1 pour déclarer qu’il souhaite quitter le club. Et voilà la tempête médiatique relancée sur ce joueur après la polémique du mondial où il aurait été approché par Jean-Michel Aulas le président Lyonnais, qui logeait dans le même hôtel…que celui de l’équipe de France. Ses déclarations sont très mal reçues par les supporters Marseillais. A nouveau sous la pression d’Aulas qui offre au joueur le double de son salaire et ayant encore en mémoire le précédent Drogba, le club se met en conformité avec ses propos du début d’été et aligne le contrat du joueur au niveau de celui proposé par Aulas. C’est à ce prix que le prodige restera, ce qui entrainera la jubilation d’Aulas prétextant avoir bluffé les Olympiens pour les obliger à mettre la main à la poche.

Première "affaire" Ribéry en 2006, départ finalement repoussé d'un an.

Première « affaire » Ribéry en 2006, départ finalement repoussé d’un an.

En tout cas, l’opération stabilité est bien réelle et le début de saison voit un OM tonitruant. A nouveau il s’échappe de la coupe Intertoto pour accéder à l’UEFA et surtout il réalise un début de saison impeccable en ligue 1. Jugez en plutôt : à la mi-septembre il compte seize points après six journées c’est-à-dire cinq victoires et un nul avec seulement deux buts encaissés… et encore les buts encaissés !!! Ils sont le fruit du nouveau zèle de l’arbitrage visant à nettoyer les surfaces de réparations pour des fautes assez peu perceptibles, c’est ainsi que Paris et Bordeaux scorent face à eux sur des penaltys inexistants. Or ces deux rencontres le club les gagne quand même et réalisent des performances qui font figure de matches références comme celles à Auxerre à la 3e journée (0-3) et au Parc des Princes car oui c’est à Paris qu’ils s’imposent (1-3) lors de la 5e journée avec à chaque fois un grand Ribéry. Le meneur de jeu a donc bel et bien mis de côté ses réticences à repartir avec le même club. Mais alors que  sur le terrain tout va pour le mieux la coulisse reprend le pouvoir avec le départ rocambolesque de Lamouchi qui joint finalement un club Qatari, sous le prétexte qu’on lui avait manqué de respect en faisant de lui un remplaçant après l’avoir prolongé. En réalité le joueur en sort tellement gagnant financièrement qu’on ne peut que le soupçonner d’avoir réalisé un gros coup à l’insu de ses dirigeants.

Fin septembre, le club va subir ses premiers couacs importants avec une défaite à Nantes, alors lanterne rouge, lors de la 7e journée et surtout une élimination prématurée en coupe de l’UEFA contre le Mlada Boleslav (défaite 4-2 après un succès 1-0 insuffisant à l’aller). Pourtant en ce début de saison il s’avère un candidat sérieux face à la suprématie Lyonnaise en ligue 1 et à la veille de recevoir les Rhodaniens lors de la 10e journée, il ne compte que cinq longueurs de retard. Il s’en fallait d’ailleurs de peu (les erreurs d’arbitrage conjuguées de Lyon-Saint-Etienne et Lens-Marseille lors de la journée précédente) pour que ce ne soit qu’un point qui sépare les deux équipes à l’aube du choc. Toutes les gazettes et observateurs du football se réjouissent d’avoir enfin un club qui va tenir la dragée haute au Lyon d’Aulas et envisagent un match à bâtons rompus. L’OL va calmer ce doux rêve en venant littéralement assommer les Olympiens sur un score sans appel (1-4), le tournant ayant été le coup franc direct de Juninho qui ouvrit le feu d’un match jusqu’alors très équilibré, l’expulsion amplement justifiée de Taiwo pour une semelle sur Malouda à la 56’ n’arrangeant pas les choses. Le but pour l’honneur de Bamogo est par ailleurs entaché d’une position de hors-jeu ce qui ôte toute contestation possible sur l’identité du patron de la ligue 1. Avec huit points d’avance aussitôt dans la saison c’est un boulevard qui s’ouvre pour les Gones. Dur de se relever d’un tel constat et d’une telle claque ! Le club Olympien entame une mini-crise lorsque trois jours plus tard il est étrillé de la même façon en coupe de la ligue à Saint-Etienne (4-1) contre une équipe pourtant nettement moins géniale que son adversaire du dimanche. La spirale de la défaite ne semble pas devoir s’interrompre lorsqu’un OM vaillant s’incline à Nice (2-1) lors de la journée de championnat suivante sur un pénalty à la 91’.

Éclosion d'un jeune formé au club : enfin !

Éclosion d’un jeune formé au club : enfin !

La chute se poursuit devant Lorient et à Lille et on commence sérieusement à questionner les choix tactiques d’Albert Emon et ses compétences au-delà de celle d’intérimaire. Pourtant ce premier tiers du championnat a constitué l’explosion de Samir Nasri, véritable alternative à Ribéry quand ce n’est pas tout simplement le complément lorsqu’ils sont ensemble sur le terrain. Pour une rare fois un joueur formé au club a pu bénéficier de la patience de ses dirigeants qui l’ont lancé progressivement dans le bain sachant qu’il faisait partie du groupe depuis plusieurs années et rentrait régulièrement en cours de jeu depuis la saison 2004/2005. Pour l’heure le club reste au contact des premières places grâce à la faiblesse du championnat qui voit se succéder les dauphins de l’ogre Lyonnais. Le club se reprend avant la trêve gagnant des points précieux au Vélodrome mais toujours aussi fébrile à l’extérieur et il s’en faut souvent d’un grand Carrasso pour conserver des scores durement acquis. A la mi-décembre un petit événement a lieu avec le retour de Cissé sur les terrains : les débuts sont encourageants avec une passe décisive contre Monaco (victoire 2-1 au Vélodrome 17ej) puis un but contre Saint-Etienne (2-1, 19ej).

La petite coupure hivernale va permettre au club de participer à un tournoi international en janvier où il s’oppose à la Lazio de Rome et au Bayern Munich. Même s’il subit deux défaites à cette occasion le fait qui marquera sera l’avènement de la fameuse complicité tant attendue entre Cissé et Ribéry qui ressortent comme les stars du challenge. Le déplacement à Cambrai en 1/32 de coupe de France est un rodage parfait pour Djibril le revenant qui y signe un triplé. Dans la foulée il libère les Marseillais à Rennes lors du premier match retour de ligue 1 qui les voit finalement s’imposer 0-2. En ce mois de janvier 2007, chargé encore plus que de coutume le club doit cependant y laisser des plumes et ce sera en ligue 1 puisqu’il franchit par ailleurs deux autres tours de coupe de France pour se retrouver en ¼ de finale. Il doit gérer les aléas d’un tel programme qui le voit s’imposer au Mans dans la dernière minute de la prolongation en 1/16 de coupe (0-1 a.p) et perdre une semaine plus tard face à la même équipe dans le même stade (2-0) en ligue 1. En 1/8 il sort Lyon de la coupe, ce qui semble être devenu une habitude, après un retournement de situation dont les Lyonnais avaient eux seuls l’habitude jusque là. Rapidement menés 0-1 sur un coup franc déposé par Juninho sur la tête de Cris, le club signe deux buts coups sur coups dans les arrêts de jeu par Pagis et Niang qui sont rentrés en cours de jeu.

La séquence Jack Kachkar est rentrée dans les annales du club.

La séquence Jack Kachkar est rentrée dans les annales du club.

Les beaux jours semblent donc de retour à l’aube de recevoir la PSG pour le duel éternel lors de la journée suivante de ligue 1. On pourrait donc dire que tout est calme, le calme et Marseille… comme deux notions incompatibles ! Voilà donc qu’au moment où la situation se redresse sur le terrain, Robert Louis-Dreyfus se trouve en pleine investigation visant à l’arrivée d’un repreneur. Il ne va pas y aller par quatre chemins pour « vendre » son club. Il invite au club un sulfureux homme d’affaires Canadien nommé Jacques Kachkar, le présente aux joueurs avant même que tout contrat soit signé. Ce ne sont dans un premier temps que des garanties verbales qu’exprime l’éventuel repreneur, doublé d’un message diffusé dans les médias comme quoi il serait littéralement tombé amoureux de l’OM. Kachkar obtient à partir de là ses entrées au club, s’affiche fièrement avec l’écharpe Olympienne dans la tribune présidentielle du Vélodrome et de surcroit se comporte tel un supporter moyen dans les tribunes. Il ne se contentera pas des tribunes puisque suite à ce fameux 1/8 de coupe contre Lyon il rejoint tout le monde dans les vestiaires pour fêter la qualification en dansant sur la table avec les joueurs. Déjà les compliments de toutes parts inondent l’homme dont on juge qu’il sera plus en phase avec la bonhomie locale que son prédécesseur. Or les négociations avec Louis-Dreyfus s’éternisent ce qui pousse le vendeur à obtenir une clause bien mystérieuse : une garantie qu’une certaine somme d’argent serait versée au club au cas où l’affaire n’aboutirait pas. Cette fois ci Louis-Dreyfus a eu le nez creux puisque Kachkar va soudain disparaitre des alentours du club et manquera la réunion devant finaliser la cessation. Après enquête de la LFP, celle-ci servant d’ailleurs de prétexte au Canadien pour jouer les outrés d’un tel manque de confiance, il s’avère que l’homme n’est pas solvable et donc encore moins en mesure de faire acquisition d’un club de foot. C’est vers la fin mars que s’achève ce feuilleton parallèle à la vie quotidienne du club et il serait naïf de croire qu’il n’a eu aucune incidence sur les prestations sportives.

Finale de 2007 : la malédiction continue.

Finale de 2007 : la malédiction continue.

Retour au terrain donc, nous sommes début février et au-delà de résultats plutôt bons une partie du public Marseillais prend en grippe Djibril Cissé qui aligne des performances ordinaires et montre des réactions négatives envers ses partenaires. Dans le même temps Pagis, Niang ou même Maoulida se montrent bien plus convaincants lorsqu’on daigne les aligner. Cissé sera néanmoins le seul buteur Olympien lors du « classico » face aux Parisiens qui se solde par un nul (1-1). La suite du mois est plus problématique avec des défaites à Bordeaux (1-0) et surtout à Toulouse (3-0) et une incapacité à vaincre Nantes au Vélodrome (0-0) suite à un match énorme de Fabien Barthez, la récente recrue hivernale.  La rébellion face au petit poucet Vannes en coupe de France (5-0) ne peut faire figure de référence mais elle ouvre la porte des ½ finales. Lors de ce match Cissé transforme un pénalty de manière rageuse à l’attention du public du Vélodrome et n’apaise guère les tensions. Le championnat les voit enchainer les deux premiers au classement et paradoxalement le nul est arraché à Lyon (1-1) grâce à l’inévitable Niang tandis qu’au Vélodrome c’est la défaite face à Lens (0-1) avec certes un nouveau pénalty imaginaire en faveur des Nordistes comme au match aller. A ce moment là le club semble pouvoir espérer au mieux la troisième place ayant lâché énormément de terrain pour la deuxième. Mais c’est alors qu’arrive le printemps que le club et son attaque se redresse pour une fin de saison en boulet de canon : Huit victoires, un nul et une seule défaite pour les dix dernières journées de ligue 1 et une deuxième qualification consécutive pour la finale de la coupe de France. En plus d’être irrésistible au Vélodrome l’OM prend enfin des points à l’extérieur dans des matches décisifs comme à Monaco (1-2) et Saint-Etienne (1-2). Dans la bonne tenue générale, même Cissé retrouve de sa superbe et augmente son capital but pour le porter au final à 16 toutes compétitions confondues. Comme l’année précédente, la ½ finale de coupe de France est une formalité et elle permet d’admirer un des derniers grands matches de Ribéry au club. Le meneur ouvre d’ailleurs le score sur une frappe croisée imparable, Maoulida assomme en contre des Nantais entreprenants et Cissé conclut la fête (3-0). La finale s’intercale à deux journées de la fin du championnat, l’adversaire qui se présente est Sochaux une équipe du ventre mou, récemment battu d’ailleurs 4-2 au Vélodrome. Cette fois c’est sûr croit-on l’OM qui a animé cette coupe depuis trois mois va logiquement s’imposer et mettre une ligne à un palmarès désespérément vierge depuis la remontée de 1996. Emon aligne l’équipe type ni plus ni moins, il n’a guère le temps de douter puisque d’une tête croisée Cissé ouvre le score à la 5’, de quoi mettre en confiance les Olympiens. Trop sans doute puisqu’au bout d’un quart d’heure ils laissent l’initiative du jeu aux Sochaliens et le danger se rapproche progressivement. Et arrive ce qui devait arriver, sur un énième centre de Leroy (oui oui Jérome celui-là même), Dagano place sa tête pour l’égalisation (67’). Malgré un jeu à l’arrêt des Marseillais, la différence ne se fait pas et il faut jouer les prolongations. Tout (re)commence pour le mieux puisque suite à un beau mouvement Maoulida adresse une belle déviation vers Cissé qui y va ce coup ci d’une tête décroisée. Il reste alors plus de vingt minutes à jouer et l’OM n’est guère rassurant : 3 minutes après le but c’est un coup franc du meneur Sochalien Karim Ziani qui échoue sur la transversale, Oruma manque le chaos cinq minutes plus tard dans un duel face à Richert, et à 4 minutes de la fin Ziani ouvre pour une nouvelle tête (décidément) de Le Tallec qui arrache le 2-2 et surtout la séance de tirs aux buts.

Tyrannie de l'histoire, ce sera après la mort de RLD que l'OM apprendra à son tour à gagner les finales.

Tyrannie de l’histoire, ce sera après la mort de RLD que l’OM apprendra à son tour à gagner les finales.

Les Marseillais se présentent à la séance quasi accablés tandis que les Sochaliens sont pleins d’entrain, il ne faut alors pas être très fin observateur pour savoir à qui va échoir la coupe. Après les cinq tirs initialement prévus les équipes sont à 4-4, Maoulida et Bréchet étant les deux ayant échoués. Le moment vient de choisir un sixième tireur pour « la mort subite » et c’est à la surprise générale Ronald Zubar qui s’aventure à aller le frapper alors que des joueurs plus rodés à l’exercice comme Ribéry ou Oruma n’y sont pas encore allés. Sochaux vient de transformer pour le 5-4, voilà Zubar qui s’élance et voit son tir du droit magistralement sorti par Richert. La coupe va à Sochaux ! Est-ce vraiment une surprise ? N’accablons pas Ribéry pour son supposé manque de courage comme une certaine presse le fera les jours suivants mais l’équipe dans son ensemble pour une fois encore ne pas avoir su être conquérante le jour J. Robert Louis-Dreyfus, pourtant peu prompt à se mêler du secteur sportif, descendra dans les vestiaires fou de rage pour insulter les joueurs, notamment de « petits bourgeois » (sic). Peut être est-il alors encore frustré de la vente raté de ce club problématique qui a aboutit sur un camouflet prétendant que la cession du club n’était pas d’actualité. Le club aura quand même le mérite de ne pas perdre de vue les deux dernières journées de ligue 1 et il assure une deuxième place qui lui offre un accès direct à la champions league la saison suivante. Une nouvelle fois une saison à la Poulidor qui rappelle à un certain titre celle de 1998/1999 en cela que le club a semblé dessiner un vrai projet à long terme, à confirmer donc.

En revanche on ne saura pas si le propriétaire, si enclin à déléguer les tâches, avait aussi délégué les clés de la vitrine contenant les trophées du club mais elles risquent bien d’être rouillées à présent tant ça fait longtemps qu’il n’y a pas eu l’occasion de l’ouvrir.

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