Les garçons et Guillaume, à table ! (Allociné, 12 décembre 2013)

Allociné Les garçons et Guillaume, à table!

 –Les garçons et Guillaume, à table ! de Guillaume Gallienne avec Guillaume Gallienne, André Marcon, Françoise Fabian… (France ; 2013) ***1/2

Le premier souvenir que j’ai de ma mère c’est quand j’avais quatre ou cinq ans. Elle nous appelle, mes deux frères et moi, pour le dîner en disant : « Les garçons et Guillaume, à table ! » et la dernière fois que je lui ai parlé au téléphone, elle raccroche en me disant : « Je t’embrasse ma chérie » ; eh bien disons qu’entre ces deux phrases, il y a quelques malentendus.

 

Il y a des films (une majorité pour ainsi dire) dont toutes les qualités sont contenues dans la bande-annonce, la vision intégrale s’avérant un calvaire. Et il y a l’inverse. Cette première réalisation de Guillaume Gallienne, adaptation d’un spectacle théâtral très personnel, appartient à la seconde catégorie. Ses clips de promotion ne rendaient compte que d’un humour outrageux grosses ficelles. Et de fait cette dimension, bien présente, est au final assez accessoire. Le vrai sujet, la difficile quête de soi sous le poids d’un environnement ayant choisi pour vous, est traité avec bien plus de finesse. Le personnage central pousse la dévotion en ses proches jusqu’à adopter une attitude et intégrer des codes de comportement en vertu de ce qu’ils attendent. Un témoignage pouvant apparaître surréaliste (admirer sa mère au point d’en devenir une copie conforme), et pourtant prompt à soulever des interrogations universelles sur le genre humain : comment doit se comporter un homme ? Quels sont les pratiques communément admises et celles jugées rédhibitoires ? La norme doit-elle toujours s’imposer ?

Tout est loin d’être maitrisé, telle l’annonce de cette phobie originelle déboulant tardivement, mais le propos est magistralement soutenu par la double interprétation de Gallienne. Chaque réplique prononcée sous l’identité de la mère est à la fois exquise et cruelle.

Les courants allers-retours entre la scène et la partie « cinématographique » rappellent le matériau d’origine et assument le caractère autobiographique de la narration. Une comédie française bien au-dessus du lot, et préférable à n’importe quelle galéjade de Fabien Ontoniente ou Jean-Marie Poiré.

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