Veilleur de nuit sur les plaines (Pozza Challenge #1)

Éléments d’histoire : Fils aîné d’une famille paysanne, doit reprendre en mains la scierie familiale. Un grand frère mort trop tôt, une certaine homosexualité refoulée ainsi qu’un syndrome d’Œdipe, le tout accompagné d’une insomnie récurrente. Après des années passées dans la capitale, il remet en cause son mode de vie pour le bien de sa mère.

 

Contrainte : Un élément-clé de l’histoire a eu lieu en 1978 donc allusion impérative au premier album du groupe Toto.

 

 

La journée commençait à peine et Frank Von Bronckhorst était déjà envahie par les signes de mauvais augure. D’abord la radio diffusant Hold the line, le premier tube international du groupe Toto. 30 ans après, il n’avait pas oublié. Ce titre restait associé à la disparition de son père. Les médecins avaient conclu à la crise cardiaque mais Frank, alors jeune étudiant, a toujours pensé que son paternel était avant tout mort de tristesse. Celle de savoir que son fils aîné ne lui succéderait pas à la tête de la scierie familiale. Passé pour un égoïste auprès de tous, l’héritier désigné devint persona non grata au village. C’était survenu si tôt après son départ… la culpabilité le rongeait. Ses rares retours se réalisaient en catimini et se réduisaient à une totale immersion dans la vie du foyer. Ni sorties pour prendre des nouvelles des anciens du lycée, ni déplacements de nature commerciale. Mais ce week-end, il ne pourra faire autrement qu’affronter tous ces regards empreints de mépris.

 Et les signaux de se poursuivre. Voilà qu’il dû endurer, assis dans un snack autoroutier, la diffusion d’archives sur les victoires du PSV Eindhoven en Coupe UEFA 1978 et Coupe des Clubs Champions 1988. Dates anniversaires oblige. Son père l’aimait cette équipe du PSV, c’était bien l’un des seuls dans un village où les partisans de l’Ajax régnaient en maîtres. Mais qu’importe, il pouvait batailler ferme pour sa cause et les résultats plaidaient enfin en faveur de son club de cœur. Frank, imperméable au football, avait finalement consenti à l’accompagner en tribune pour la finale contre Bastia. William était trop occupé ce soir-là, il avait dû se contenter d’entrevoir la rencontre à la télé, tout en bossant à la pizzeria. C’était deux jours avant que le fils aîné annonce son intention de poursuivre des études dans la capitale. Un dernier moment de partage avant l’incompréhension.

Et les signaux de redoubler. Maintenant c’était la chanson-thème de Midnight express qui résonnait sur les ondes. Toujours cette maudite année 1978. Des geôles turques à la campagne néerlandaise, rien de commun en apparence mais le grand champ de la famille Van Bronckhorst n’avait jamais rimé avec liberté dans l’esprit de Frank.

Les souvenirs remontent peu à peu : les disputes fraternelles, la lourde responsabilité retombée sur les épaules de William, les repas silencieux sous le regard forcément glacial du père décédé dont le portrait ornait les murs du salon.

William aussi lui en avait voulu. Tout juste âgé de 17 ans le cadet avait dû reprendre l’entreprise, comme le prévoyait le testament, tandis que Frank poursuivait sa longue quête estudiantine.

Et à présent le sort, qui a dit le destin, s’acharnait sur la famille. William avait succombé face au stress quotidien et le village était sous le choc. Si le patriarche avait donné de nombreux signes de fatigue avant sa crise cardiaque, son second fils démontrait depuis toujours une santé de fer. La thèse de la malédiction était renforcée du fait que les deux décès étaient intervenus à trente ans d’intervalle. Jour pour jour.

A SUIVRE…

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