Review WWE Royal Rumble 2012 (Planète Catch n°42, Mars 2012)

Date : 29 janvier 2012
Lieu : Scottrade Center
Ville : St Louis, Missouri

Punk triomphe avec la bienveillance de Laurinaitis
Plusieurs inconnues planaient sur ce Royal Rumble 2012, autant sur la bataille royale elle-même que sur la capacité des Champions en titre à garder la tête froide à l’approche du Grandaddy of them All. On peut au moins être rassuré sur un point : CM Punk continue d’honorer la promesse rendue publique au lendemain des Survivor Series 2011 : « Désormais le yo-yo des Champions va stopper, je vais garder ce précieusement ce titre avec moi ». Le challenge n’était pas mince en la personne de Dolph Ziggler. Ce brillant technicien s’est imposé comme la bête noire du Champion au cours des semaines précédant le PPV. Bien que privé de sa manager, la très influente Vickie Guerrero, le maître du Zig Zag demeure un redoutable client. Sans minimiser la qualité formelle de l’opposition, c’est davantage le climat périphérique qui capte notre attention. Lors du dernier Raw avant le PPV, le point de non-retour a été atteint par le biais d’un GTS asséné sur John Laurinaitis. Ainsi pouvait-on craindre une riposte du Droopy de la WWE envers Punk. Il n’en sera rien. Est-ce la perspective d’être renvoyé par Triple H en cas d’arnaque avérée ? Le GM a semé le doute lorsqu’il a tourné le dos (volontairement ?) à un abandon de Ziggler… pour prendre soin de l’arbitre qu’il était censé remplacer. Pourtant, le même se précipite un peu plus tard sur le ring pour frapper les trois coups décisifs… alors que l’arbitre officiel s’est entre-temps rétabli.

Malgré ce rôle prépondérant, le héros du soir s’appelle bien CM Punk. La fédération repose plus que jamais sur ses épaules.

Impossible encore de statuer sur la valeur du règne de Daniel Bryan, tant les circonstances ont joué pour lui

Si Punk nous a une nouvelle fois conquis, Daniel Bryan inspire toujours un certain sentiment d’exaspération. Au sortir de sa défense de titre victorieuse, on ne peut toujours pas situer son vrai niveau, d’autant que l’ancienne idole de la RoH tombe dans le registre de la bataille bête et méchante, au détriment de la technique.

Impossible aussi de statuer sur la valeur du règne de Bryan tant les circonstances ont joués pour lui : la possibilité d’escalader la cage par exemple, pas vraiment une faveur pour les gros gabarits lui faisant face (digne de Samoa Joe dans les Ultimate X Matchs), l’état de forme déplorable de Mark Henry dont on salue le courage tout en déplorant qu’il n’ait pas choisi de soigner sa blessure, la faiblesse psychologique du Big Show, toujours culpabilisé par ce qui est arrivé à AJ. Et puis comment qualifier l’emphase avec laquelle Bryan célèbre une si piètre victoire ? Tout simplement insupportable. Vivement qu’une bonne âme vienne dégonfler le melon de l’American Dragon !

Zack Ryder est passé en un mois de Champion U.S. à chair à canon

Bloqué sur un fauteuil, un air très grave sur le visage, Ryder pressentait que la soirée allait être difficile. Pourtant, il est resté dans son vestiaire au mépris du danger. Le duel entre John Cena et Kane était trop sanguin pour se dérouler entre quatre cordes. Une fois déplacé dans les coulisses, le Big Red Monster a pu s’en donner à cœur joie. En l’occurrence, aller à la rencontre de sa victime préférée, nulle autre que le roi du buzz Internet. On s’étonne de la faible résistance de ce dernier face à la tentative d’étouffement opérée par Kane. Endormi en l’espace de dix secondes, Ryder est ensuite baladé sur le ring et subit une nouvelle punition. Les larmes d’Eve n’y changeront rien : Zack Ryder est passé en un mois de Champion U.S. à chair à canon. Quant à John Cena, il a prouvé qu’il pouvait répondre à un défi placé sous le signe du pugilat, ne lui reste plus qu’à gommer ses derniers échantillons de naïveté pour devenir vraiment un nouvel homme. Le Champ’ sort doucement de sa période de transition, en point de mire la mutation…

Jericho promettait la fin du monde, Sheamus est en passe d’imposer le début d’une nouvelle ère

Le changement était aussi à l’ordre du jour de la bataille royale. Ou du moins le retour en arrière. Après le gigantisme de la dernière édition comprenant 40 participants, la WWE revenait à son format traditionnel. De quoi établir un nivellement par le milieu et permettre seulement aux meilleurs de concourir. Hélas, ce n’est pas le plan retenu par la fédération, plutôt dans la lignée de l’adage selon lequel « C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures confitures ». Entre les présences de catcheurs semi-retraités comme Mick Foley, Road Dog et Jim Duggan et celle de commentateurs guère plus reluisants, le tout s’est révélé très brouillon pendant une demi-heure.

Seuls à sortir intact du marasme, Cody Rhodes et surtout The Miz (éliminé seulement en 24e position alors qu’il est rentré en numéro 1) ont tenu la dragée haute jusqu’à l’arrivée des « vrais » prétendants à la victoire royale : Dolph Ziggler, Sheamus, Wade Barrett, Randy Orton ou Chris Jericho.

La qualité des vingt dernières minutes se charge de nous faire oublier ces défauts. Elle rappelle aussi pourquoi la WWE a toujours une longueur d’avance sur ses concurrents. L’intensité atteint un nouveau pic lors de l’arrivée en 28e position de Randy Orton, régional de l’étape. The Viper se concentre aussitôt sur ses rivaux d’hier et d’aujourd’hui : Wade Barrett, Sheamus puis Cody Rhodes. Ce dernier subit aux côtés de Ziggler un Double Rope-Hung DDT implacable. Les comptes se règlent finalement entre les trois derniers entrants et Sheamus (numéro 22). Favori dans pareil cas de figure, le Big Show est assailli par les autres participants, et doit disputer un véritable match handicap pour survivre. Le géant est alors expulsé par Orton, lui-même victime dans la foulée de l’opportunisme de Jericho. Le duel final donne le tournis tant les tentatives d’expulsion abondent des deux côtés. Le King of Bling-Bling parvient à placer ses prises de finition et tente même un tombé, avant  de réaliser l’inutilité de la chose. Sheamus retrouve ses esprits et foudroie un des grandissimes favoris avec un enchaînement projection/Brogue Kick.
Le Celtic Warrior s’impose dès sa 2e tentative tandis que Y2J essuie un septième échec dans cet exercice.
Jericho promettait la fin du monde, Sheamus est en passe d’imposer le début d’une nouvelle ère. Son succès le distingue d’autant plus qu’il est le premier Européen à avoir remporté la prestigieuse bataille royale. Une véritable revanche pour un homme privé en dernière minute du main event de WrestleMania en 2010. À lui de mettre fin à la série noire pesant depuis 2008 sur les vainqueurs du Rumble…

DES ABSENTS… PRÉSENTS DANS TOUTES LES TÊTES
Pour une fois la WWE avait précisé une clause essentielle : « Les catcheurs ayant un combat sur la carte peuvent aussi concourir au Rumble Match ». Vu le faible nombre de participants révélés avant le show, tous les rêves et configurations étaient permis. On a donc attendu impatiemment : John Cena en premier lieu, Brodus Clay ou encore Kane. Si le premier n’était sans doute pas en état de se présenter au ring et le deuxième encore à sa célébration funky, l’absence du Big Red Monster est plus intrigante. D’autant qu’elle clôt sa série record dans la bataille royale à treize participations consécutives. Question retours, sans rêver à d’éventuels rétablissements express de Rey Mysterio ou Sin Cara, les derniers soubresauts venus de la coulisse annonçaient les présences de Goldust et de Christian. En lieu et place, c’est Great Khali et Kharma qui ont assumé cet honneur.
Dans un autre registre, Heath Slater était attendu comme le possible « participant de plomb » de l’année mais il a été épargné, s’inclinant seulement en dark match contre Yoshi Tatsu. Pas sûr que cela puisse le consoler.

RETOUR VERS LE FUTUR
ROYAL RUMBLE 2007 : UN FINISH ANNONCIATEUR
À travers le final époustouflant entre Sheamus et Chris Jericho, les fidèles fans ont cru voir un remake de la passe d’armes historique entre Shawn Michaels et Undertaker en conclusion de l’édition 2007. Alors les plus anciens catcheurs en activité à la WWE, les deux Légendes ne se contentent pas de tenter de projeter leur opposant par-dessus la troisième corde, ils livrent un véritable minimatch. Durant près de dix minutes, le sort ne semble pas vouloir choisir entre l’un ou l’autre. L’agilité de HBK répond à la puissance du Deadman. Lorsque l’homme d’outre-tombe obtient enfin le dernier mot, l’extase du public est totale. Le rêve d’une opposition « officielle » en un contre un prend forme, mais ne se concrétisera que deux ans plus tard à WrestleMania XXV.

Évaluation

SPORT (4 étoiles)
On ne peut que regretter l’usage finalement peu opportun de la cage pour le match de Championnat poids lourds. Compte tenu du peu de vivacité de Big Show et surtout d’Henry, les dés étaient pipés. En revanche, le combat pour le titre WWE a offert une palette technique très innovante tandis que le duel Cena/Kane a tenu ses promesses en termes de pure bagarre. Enfin, la bataille royale, d’abord poussive, a ensuite mis en valeur tous les talents de la fédération.

DIVERTISSEMENT (5 étoiles)
Le E de Entertainment contenu dans les initiales WWE a occupé une place importante dans le show : la présence de Brodus Clay, plus danseur que catcheur en ce soir de PPV, la marche des mains salvatrice de Kofi Kingston, le duel de « chaussettes » entre Foley et Marella, l’enchaînement de roulades entre le même Santino et Ricardo Rodriguez, les multiples renversements de situation entre Sheamus et Jericho, n’en jetez plus !

AMBIANCE (5 étoiles)
Un public passionné dont les encouragements se sont souvent répartis entre plusieurs protagonistes, indifféremment de la tendance en vigueur. Notons à ce titre l’accueil plutôt bon réservé à John Cena. Bien que le héros local, Randy Orton, ait obtenu logiquement la plus grosse ovation, l’ambiance n’est pas retombée après son élimination. A noter aussi les chants en faveur de Brodus Clay, déjà devenu un des membres les plus populaires de l’écurie Raw.

SURPRISES (3 étoiles)
Le seul domaine où le bât blesse. Bien sûr les retours de catcheurs blessés ou l’apparition de légendes ont été de la partie, mais rien de l’ordre de l’impact insufflé par les arrivées de Kevin Nash et Booker T l’an dernier. Finalement, la vraie bonne surprise fut l’attitude loyale de John Laurinaitis envers CM Punk. Hache de guerre mise de côté à défaut d’être enterrée.

Verdict : 17/20

Les plus
+Sheamus, vainqueur au nez et à la barbe des favoris
+L’évolution hardcore de la rivalité Cena/Kane
+Les retours de Kharma et du Great Khali (quoi que)
+Kofi Kingston, auteur du geste fou (donc génial) de la soirée
+John Laurinaitis revient à de meilleures intentions

Les moins

-Les trois commentateurs dans la bataille royale : oui c’est drôle, mais on aurait préféré voir des catcheurs plus méritants à leur place
-Mark Henry, complètement hors de forme. Pourquoi ne s’est-il pas retiré du match au préalable ?
-Deux matchs à l’intérêt douteux rajoutés en dernière minute
-Zack Ryder qui s’endort comme un bébé lors de l’attaque de Kane

Conclusion
Un show qui a démarré en demi-teinte avec deux premiers affrontements très oubliables avant de gagner en intensité grâce à l’étrange et fascinant conflit Cena/Kane/Ryder. Sans être la merveille technique espérée, le match pour le titre WWE a confirmé Punk et Ziggler en tant que piliers de la nouvelle génération. Quant à la bataille royale, elle a été marquée par un final des plus créatifs. Si l’on ajoute à cela les retours et les mouvements d’exception, cette cuvée 2012 a parfaitement rempli son rôle : être l’évènement qui lance l’année sur les chapeaux de roues.

En un clin d’œil

Daniel Bryan bat Big Show et Mark Henry dans un Steel Cage Match et conserve le titre de Champion poids lourds
Beth Phoenix, Natalya & Bella Twins battent Kelly Kelly, Eve, Alicia Fox & Tamina
John Cena et Kane font match nul (double décompte extérieur)
Brodus Clay bat Drew McIntyre
CM Punk bat Dolph Ziggler et conserve le titre de Champion WWE
Sheamus remporte la bataille royale de 30 catcheurs

Le catcheur à oublier
Epico

Le catcheur à retenir
The Miz

Les notes
CM Punk (10/10)

Tout sauf un Champion de transition

Sheamus (10/10)
Plus guerrier que jamais
Dolph Ziggler (9/10)

Encore deux matchs de haut niveau à son actif

Kane (8/10)

Une capacité de nuisance encore en hausse

Chris Jericho (7/10)
Enfin en action, pour le meilleur et pour le… meilleur
Daniel Bryan (6/10)
Bon et lâche à la fois
Randy Orton (5/10)
Pas prophète en son pays
John Cena (5/10)
Dépassé par l’agressivité de son adversaire
Mark Henry (3/10)
Prestation indigne de son rang
Zack Ryder (0/10)
Un rôle de défouloir qui se confirme

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