Review TNA Against All Odds 2012 (Planète Catch n°43, Avril 2012)

Planète Catch n°43 Review TNA Against All Odds 2012 Page 1 001Planète Catch n°43 Review TNA Against All Odds 2012 Page 2 001Planète Catch n°43 Review TNA Against All Odds 2012 Page 3 001

Date : 12 février 2012

Lieu : IMPACT Zone

Ville : Orlando
Sting revient dans l’équation

Et Bobby Roode repartit à nouveau avec le titre. Sans gloire. Une fois de plus. Comme une ritournelle dont on ne verrait jamais la fin. Pourtant, rien ne jouait pour lui en ce frigorifique soir de février. D’un côté, celui qu’il croyait acquis à sa cause, Bully Ray, refuse sa main tendue en début de match, de l’autre se met en place une association James Storm-Jeff Hardy, fragile mais très déterminée lorsqu’il s’agit de foudroyer le Champion. Impossible de se relâcher un seul instant, même les frissons de la foule lorsque Roode et Storm exécutent une manœuvre collective évoquant les belles heures de Beer Money n’auront pas fait déviés les protagonistes de leur course au Graal. Et puis, dans la plus pure tradition, Brian Hebner se retrouve pris à parti et on doit recourir à un arbitre remplaçant. Tout désigné à la fonction en tant que Special Enforcer, Sting ne daigne pas intervenir immédiatement. Mais lorsque Roode décide de se servir de sa ceinture comme d’un assommoir, le sens de la justice titille le vengeur maquillé. L’arme se retrouve bien vite entre les mains de l’Icon, déterminé à punir le forfaitaire. Une esquive plus tard, Jeff Hardy devient la victime collatérale de l’échauffourée. Tout penaud, Sting se résout à frapper les trois coups en faveur de Roode. Ce dernier prend le temps de jubiler, il a bien raison car il n’en aura peut-être plus le loisir. Une lueur s’est rallumée chez le Stinger, malheur à celui qui sera au milieu des flammes quand elles se déchaîneront…

 

Des Champions enfin convaincants

La soirée de la plupart des autres tenants a été plus prospère et maitrisée, encore que… Robbie E. a dû débarquer en urgence pour défendre son titre TV, sans doute en lien avec la fin prématurée du duel d’ouverture Zema Ion/Jesse Sorensen. Ce dernier, le bras droit en vrille, risque d’être absent pour un bon bout de temps. Au moins peut-on se réjouir du retour de Shannon Moore, hélas à court de compétition pour inquiéter durablement le Champion TV et son sbire de service, Robbie T. Un duo qui fonctionne comme sur des roulettes, à l’inverse de celui composé par les Championnes par équipe des Knockouts. En l’occurrence seul le titre solo de Gail Kim était en jeu, mais Madison Rayne tenait à lui prêter main forte, en dépit de son intervention manquée lors d’un récent IMPACT. Or elle ne récolte en retour que le mépris de la tenante du titre et décide finalement de retourner en coulisses. Dans ces conditions, l’éternelle Tara semblait avoir les atouts pour bousculer la hiérarchie, or c’est bien l’effet inverse qui s’est produit. Hormis l’espace d’un moment de distraction, la Championne a surclassée la rencontre par son agilité et sa technicité, la prétendante revenant seulement à l’assaut dans une phase d’échanges de coups presque virils. Une Tara par ailleurs blessée au genou droit suite à un Moonsault du haut des cordes. Si la prestation de Gail Kim est remarquable, celle d’Austin Aries est à ranger au panthéon de la gloire. Et puisqu’il faut être deux pour réaliser un grand match, n’oublions pas en chemin le retour tonitruant d’Alex Shelley. La moitié des très populaires Motor City Machine Guns est restée la même personne : volontiers fougueux, pas loin d’être suicidaire, poseur sur les bords, rapide en diable. Quasiment le même profil que son adversaire du soir, ce qui n’est pas pour rien dans la synergie instantanée entre les deux. Against All Odds passe enfin à la vitesse supérieure et on en prend plein les yeux. Bravo à Aries pour ses vicieuses traversées sous le ring, merci à Shelley pour ses expressions faciales absolument uniques au monde. De l’or en barre !

Le PPV vient de connaître son apogée, il va malheureusement retomber en chute libre.

Les mentors ne suffisent pas

Alors que s’amorcent les combats principaux, la déception affleure. Par le biais d’abord d’une opposition Kazarian/Styles dont on attendait beaucoup plus. Au vue de la faible action, surtout quand on connaît le potentiel des deux catcheurs, le public ne s’y est pas trompé et a réservé ses réactions à l’encontre de Christopher Daniels, le grand manitou de l’affaire. On a d’ailleurs rien appris de plus sur l’emprise que le Fallen Angel semble exercer sur Kaz. Même si on peut détester la manière dont son émancipation a lieu, il est grand temps que ce dernier passe un palier et les manigances de Daniels pourraient bien l’y conduire à terme. Mais qu’importe le coach, pourvu qu’il y ait le talent. Garett Bischoff en manque grandement. Avoir Hulk Hogan à ses côtés n’a pu créer le miracle escompté. Durant douze minutes ou presque, Gunner a enchaîné de puissantes manœuvres pour réduire à néant les espoirs du rookie. À l’issue de cette dérouillée, Bischoff père et son bras armé étaient morts de rire et fiers de leur coup. Ils sont bien les seuls tant le calvaire de Garett Bischoff aura aussi été le notre. Qu’un tel combat se retrouve en co main event alors que tant de catcheurs de qualité étaient absents du show, relève de la supercherie. Souhaitons que le prochain PPV réinstalle le talent comme valeur étendard.

 

Challengers multiples, une situation pas si défavorable ?

Chaque fois qu’un Champion est soumis à une défense de titre comprenant plusieurs challengers, on met en avant la multiplicité du danger et le risque qu’il perde sa couronne sans même être vaincu personnellement. Constat bien réel, si ce n’est qu’on oublie souvent de contrebalancer avec les avantages de ce type d’opposition : pouvoir se cacher pendant que les autres s’usent, profiter du finish d’un autre pour obtenir un tombé furtif, réaliser différentes alliances de circonstances… Bobby Roode a illustré cet aspect, profitant même d’un imbroglio pour épingler Jeff Hardy. Avant lui, d’autres Champions (rarement favoris de la foule) ont brillés par leur ingéniosité et leur vice dans pareilles oppositions. De Randy Orton infligeant un soudain Punt Kick à un Cena sur le point d’obtenir le tombé sur Triple H (triple threat de WrestleMania XXIV) à un Jeff Jarrett roi des King of the Mountain Matchs. Mais le spécialiste de la sorte reste JBL, durant son règne de dix mois (juin 2004 à avril 2005) en tant que Champion WWE. Souvent opposés à des hommes bien plus doués techniquement, le Texan s’en tire grâce à sa persévérance et son sens tactique. Citons notamment le Fatal 4-Way d’Armageddon 2004 impliquant Booker T, Undertaker et Eddie Guerrero, ainsi que le Triple Threat du Royal Rumble 2005 avec Kurt Angle et Big Show.

 

EN UN CLIN D’ŒIL

l    Zema Ion bat Jesse Sorensen par décompte extérieur

l    Robbie E bat Shannon Moore et conserve le titre de Champion TV

l    Gail Kim bat Tara et conserve le titre des Knockouts

l    Samoa Joe & Magnus battent Matt Morgan & Crimson et deviennent Champions Tag Team

l    Austin Aries bat Alex Shelley et conserve le titre de la X Division

l    Kazarian bat AJ Styles

l    Gunner bat Garett Bischoff

l    Bobby Roode bat Jeff Hardy; Bully Ray; James Storm et conserve le titre de Champion TNA
À RETENIR / À OUBLIER

Austin Aries & Alex Shelley / Garett Bischoff

 

LE VERDICT 11/20

 

Sport  2/5

L’objectif est loin d’être atteint dans ce domaine. Le Championnat Tag Team est correct, mais identique à la première manche de Genesis. Shannon Moore était encore un peu juste après des mois de balbutiements, idem pour une Tara peu inspiré. À force de repousser leur clash, Kazarian et Styles ont joué avec nos nerfs, ne parlons même pas du calvaire de Garett Bischoff, source de bien des souffrances pour notre œil averti. Heureusement que Aries/Shelley et, dans une moindre mesure, le Championnat TNA, ont sauvé les apparences.

 

Divertissement  3/5

Tout a débuté sous le signe de l’amusement avec Zema Ion et sa bombe spray à l’utilité douteuse. Malgré l’incident Sorensen, Robbie E. a pris le relai et Aries y est allé de son attitude de showman. Le main event a aussi rempli sa mission grâce aux différentes associations éphémères entre les quatre protagonistes. Mention aussi à AJ Styles qui a préféré le catch-champagne à l’assurance d’un résultat positif.

 

Ambiance 4/5

Assez électrique par moment mais forcement limité par l’IMPACT Zone. A noté des chants assez inhabituels, tels ceux adressés à Daniels, pourtant en marge du combat Kaz/Styles et, plus étonnant encore, les réclamations concernant Devon lors du main event. Bully Ray n’a visiblement pas apprécié.

 

Surprises 2/5

Presque le désert encore une fois. Il n’y a guère que le rajout du Championnat de la TV pour faire office de curiosité à se mettre sous la dent. Ce manque d’imprévu au moment des PPV devient une mauvaise habitude à la TNA.

 

 

LES PLUS

 

+Un main event qui a donné lieu à des séquences enthousiasmantes

+Le Championnat de la X Division, encore un bijou !

+À la rigueur le couronnement de Samoa Joe & Magnus

 

 

LES MOINS

 

-Un manque de rythme général et un agencement inadapté des combats

-Le temps accordé à Garett Bischoff pendant que des talents comme The Pope, Kurt Angle, Mr Anderson, Abyss ou Devon sont absents des écrans

-Un début de show en demi-teinte, notamment due à la blessure de Jesse Sorensen

-Le comportement inexpliqué de Daniels avec Kaz et AJ Styles. Sait-il lui-même ce qu’il veut ?

-Tara passe à côté de son Championnat des Knockouts

CONCLUSION
Après plusieurs PPV très solides, la TNA a marqué un gros coup d’arrêt lors de ce Against All Odds, particulièrement indigne de son nom cette année*. Plus que la qualité propre aux combats, c’est par manque de surprises, de connections plus fluides entre les matchs que le bât blesse (deux affrontements de même type à la suite, un match féminin trop bas sur la carte, Garett Bischoff juste avant  le main event…). Le Championnat X Division en ouverture aurait peut-être mieux lancé le show, bien qu’il faille évoquer une part de malchance, à savoir la blessure de Jesse Sorensen au bout de 4 minutes. Plaidons pour l’accident de parcours.

 

* Against All Odds signifie « Contre toutes attentes »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s