Rubrique « Sniper » : Kofi Kingston (Planète Catch n°44, Mai 2012)

Le mois dernier, j’établissais une comparaison, véridique mais néanmoins choquante, au sujet de la métamorphose de Sheamus, passé du statut de guerrier sans pitié à celui de héros rigolard à la Kofi Kingston. Le temps de m’attaquer plus amplement à ce dernier (de la classe) est venu. Et croyez-moi je n’ai pas besoin de chercher bien loin à son sujet, tant il cumule les tares et incarne tout ce que je déteste chez un catcheur.

 

 

Sa musique d’entrée originelle annonce la couleur « ♫SOS♫ », ce mec a besoin d’aide, il brasse du vent depuis des années, mais ne parvient pas à exister dans les moments cruciaux. « Comment ça ? Mais Kofi est un des mecs les plus divertissants du circuit !» J’entends vos cris d’orfraies d’ici, alors je vais tâcher de développer mes arguments en conséquence. Dans le fond, je ne suis pas si différent de vous autres fans de catch moyens (en bien plus intelligent évidemment), je sais reconnaître l’exécution d’un bon mouvement quand j’en vois un, quel que soit l’identité de celui qui le réalise. Lorsque le pseudo Jamaïcain s’est révélé aux yeux du public français, à savoir durant la tournée post-WrestleMania de 2008, j’ai moi aussi écarquillé les yeux devant ses acrobaties, ses fantaisies diverses telles ses rebonds dans les cordes avant de plonger sur un adversaire à l’extérieur du ring. Aussitôt un mot m’est venu à l’esprit : « Révélation, ce mec est la révélation de l’année ! » Quatre ans se sont écoulés, et toujours pas de confirmation au programme.

 

Kofi est devenu une caricature de lui-même, le gentil garçon qui sourit à tout le monde comme Koko B Ware ou Rocky Maivia en leur temps, celui qui va toujours privilégier une action spectaculaire à une mesure moins belle mais plus efficace, celui qui va garder sa candeur en dépit de tous les couteaux dans le dos qu’on lui plantera. Rendez-vous à l’évidence : The Dreadlocked Dynamo (quel surnom ridicule en passant) n’a aucune personnalité, il traîne son air perdu à longueur de shows, il ne sait même pas d’où il vient (le Ghana et la Jamaïque ne sont pas vraiment frontaliers) et surtout il ne sait pas où il va.

Encore qu’il sache faire preuve de vice quand le moment le nécessite, regardez donc par quel astucieux moment il est parvenu à s’incruster dans la carte de WrestleMania XXVIII. Depuis le Royal Rumble et sa fameuse « marche sur les mains » salvatrice, Kofi pensait être devenu quelqu’un de mémorable, un personnage au futur tout tracé. Mais les semaines passaient et, telle la cigale de la fable, le petit bonhomme en jaune ne voyait rien venir. Il a donc décidé de jeter un œil du côté du conflit émergent entre les GM des deux branches principales de la WWE. D’un coup d’un seul, Kingston était le sbire sur qui Theodore Long pouvait compter, quand bien même il ne s’agirait que d’accompagner au ring le Père La Rigueur et ses annonces de « Tag Team match ».

Bilan des courses : une place péniblement mendiée pour le Grandaddy of Them All !

 

Le Kofi s’est donc noyé avec joie dans une rencontre ne comportant que des catcheurs en quête de sens. Il en est ressorti indemne, c’est à dire toujours aussi creux. Franchement, qui se souvient de ses deux règnes de Champion US et de ses trois levées intercontinentales ? Quels combats importants a-t-il livrés durant ses périodes de Champion ? À y regarder de plus près, il y a eu ces  belles passes d’armes face à Dolph Ziggler à l’été 2010. De juillet à septembre, les deux n’ont cessé d’en découdre. Pour au final un résultat identique, Mr. Perfection ayant toujours LE supplément d’intelligence pour conserver son titre. À tel point que Kingston a bien failli fondre un plomb. À chaque nouvelle entourloupe victorieuse de son concurrent, il s’est mis à s’exciter sur le blondinet ou sur le matériel, avec des yeux de possédé. Je me suis pris à rêver « ça y est, il va passer un palier !  ». Espoir rapidement déçu tant il est rapidement revenu à sa médiocre sérénité quotidienne.

 

En matière de platitude, le pompon a été atteint lors de son association avec un autre adepte de la non-personnalité, Evan Bourne. Comme si M. Propre et St Marc faisaient alliance pour lutter contre la crasse. Quand ces deux-là sont à l’œuvre, je n’ai qu’une envie : qu’on les balaye le plus vite possible hors de ma vue !

 

Hey Kofi, tu devras en boire beaucoup pour enfin te réveiller !

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