Ken Shamrock en 10 Dates (Top Fight n°11, Avril-Mai 2012)

Alors qu’il vient de fêter ses 48 ans en février dernier, Ken Shamrock ne sait pas encore s’il en a vraiment fini avec le monde du fight. Beaucoup, Dana White le premier, lui ont conseillé une retraite et ont déploré qu’il poursuive sa carrière au-delà du raisonnable. Mais puisque légende il y a, il convient de la raconter.      

 

12 novembre 1993

À jamais parmi les pionniers

Que l’on apprécie ou non les qualités de combattant de l’aîné des Shamrock, on ne pourra jamais nier son appartenance à un club très fermé : celui des participants à l’UFC I. Au moment d’entrer dans l’Octogone, l’Américain possède déjà à son actif trois victoires dans la compagnie japonaise précurseur, le Pancrase. Sa spécialité : les soumissions, déjà ! Au premier tour du tournoi, le kickboxeur Patrick Smith n’y coupe pas et abdique sur une clé de talon. Puis Ken tombe sur un os nommé Royce Gracie. Le Brésilien dévoile son jiu-jitsu à la face de l’Amérique et l’étrangle en moins d’une minute. Sa crédibilité de fighter reste néanmoins intact. Pas étonnant que les deux hommes soient les seuls parmi les huit compétiteurs du soir à mener par la suite une carrière significative en MMA.

 

16 & 17 décembre 1994

King of Pancrase

Trois mois après avoir déclaré forfait pour blessure (et aussi par dépit dû à l’absence de Royce Gracie) avant la finale de l’UFC III, Ken concourt à un nouveau tournoi de haut standing. Le Pancrase décide en effet de couronner son premier Champion poids lourds en regroupant seize des plus grosses pointures du circuit nippon. En l’espace de deux soirs, le bientôt déclaré World’s Most Dangerous Man domine ses quatre opposants et se pare de sa première couronne mondiale. Parmi eux Maurice Smith, victime d’un Arm Triangle Choke. On ne soupçonne pas alors que cette opposition implique deux futurs Champions de l’UFC.

 

13 mai 1995

Suzuki, l’autre bête noire

Un mois seulement après une revanche polémique face à Royce Gracie (match nul à l’UFC V), Shamrock défend son titre du Pancrase face à Minoru Suzuki. Le Japonais possède la spécificité d’être un des trois hommes à compter une victoire sur le créateur du Lion’s Den à ce stade de sa carrière. Il s’agit donc là aussi de revanche. Mais visiblement hors de forme Ken s’incline sur une clé de jambe, identique à celle du premier match, en 134 petites secondes. Une entaille dans un parcours jusque-là ascensionnel.

 

14 juillet 1995

UFC Superfight Champion

Au fil des éditions de l’UFC, l’idée de créer un titre suprême récompensant le Champion des Champions a fait son chemin. À savoir opposer les différents vainqueurs de tournois avec des figures emblématiques de la compagnie. Royce Gracie en semi-retraite, c’est Shamrock qui revêt ses habits de pionnier à l’UFC VI pour rencontrer Dan Severn, vainqueur du tournoi de l’évènement précédent. S’il s’était attelé durant 36 minutes face au jiu-jitsuka brésilien, Ken enterre rapidement les velléités de son adversaire du jour avec un étranglement en guillotine. Deux mois après avoir abandonné une ceinture au Japon, il se pare d’or sur le sol U.S.

 

17 mai 1996

Au bout de l’ennui

Depuis dix mois, Ken confirme qu’il est un Champion valeureux. Deux défenses de titre à l’UFC : Un match nul à l’allure de victoire devant Oleg Taktarov, une belle soumission sur Kimo Leopoldo; et trois succès en parallèle au Pancrase. Le moment est venu de disputer un match retour face à Dan Severn. L’attente est énorme… la déception n’en sera que plus grande. Au lieu d’assister à un clash, le public observe incrédule un jeu de « à qui touchera le moins » entre les deux protagonistes. La prolongation n’y change rien. Auteur du seul mouvement tranchant du combat, Severn devient Champion à la faveur de deux juges à un.

 

1er mai 2000

Retour gagnant

Après une parenthèse consacrée au catch via la World Wrestling Entertainment (WWE), Ken choisit le Japon pour réaliser son retour au fight. Les fans nippons ne l’ont pas oublié. L’annonce de son come-back fin janvier suscite de grands espoirs. Son opposition du soir face au gargantuesque Alexander Otsuka entretient la possibilité d’un retour au sommet. Très affûté, doté d’une boxe plus incisive qu’à sa première époque, le géant américain redouble de percussions. Otsuka s’effondre à quelques secondes de la fin du premier round (d’une durée de dix minutes). Un message fort envoyé à la concurrence.

 

22 novembre 2002

Solder les comptes avec Tito

Depuis une performance remarquable face à Don Frye, plus tôt dans l’année au Pride 19, le  nom de Shamrock revient sur toutes les lèvres. Et en premier lieu celles de l’UFC. Des années après l’émergence de tensions entre Tito Ortiz et le Lion’s Den, Ken obtient une opportunité aux facettes multiples : revenir à l’UFC, défendre l’honneur de son club d’entraînement contre l’Huntington Beach Bad Boy, postuler à la ceinture des Light Heavyweight… Tout cela arrive à la fois un peu trop vite et un peu trop tard. Shamrock résiste avec tout son cœur, mais subit une volée en mode ground & pound, de la part d’un des plus dangereux combattants du circuit. Bien qu’il soit conscient à l’issue du troisième round, le coin Shamrock décide d’arrêter les frais.

 

21 novembre 2003

Une reconnaissance d’une valeur inestimable

Chaque grand sport compte aux États-Unis un temple de la renommée, soit un club fermé où sont consacrés des hommes ayant accompli des actes majeurs pour leur sport. Après dix ans d’existence, l’UFC se devait de lancer le processus. Les noms des premiers à franchir la porte de la gloire ne pouvaient poser débat : Royce Gracie et Ken Shamrock. C’est donc en marge de l’UFC 45 que les deux premières icônes du MMA sont célébrées. Depuis, seuls cinq fighters et le fantasque Charles Lewis Jr. (cofondateur de Tapout) les ont rejoints dans la Légende.

 

10 octobre 2006

Chapitre final

La première manche avait confirmé Tito Ortiz comme le meilleur Light Heavyweight du moment, la deuxième est marquée par un arrêt précipité de John McCarthy envers un Ken Shamrock assailli par des missiles pugilistiques. Il fallait donc un dernier affrontement pour clore la rivalité historique entre deux des plus emblématiques représentants de l’Octogone. Hélas, la tendance ne s’inverse pas : le Californien surclasse le natif de Macon et procède à son enterrement symbolique.

La plus belle chose à retenir de ce conflit est l’aveu de Ken à l’oreille de Tito à l’issue du dernier match « Tu es un bien meilleur combattant que moi. »

 

16 octobre 2010

Ultime sursaut ?

Malgré une succession de terribles K-O/TKO subis dans des ligues majeures (UFC, Pride, Cage Rage), Ken reste un combattant incontournable et demandé. Trois mois après une défaite lors d’un show australien face à Pedro Rizzo, autre terreur de son temps, il livre un étrange combat devant Jonathan Ivey. Lors d’une séquence devenue culte, ce dernier esquive une attaque par le biais de plusieurs cabrioles consécutives. Shamrock reste circonspect puis se ressaisit pour obtenir au final une décision unanime.

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