Matt Hughes en 10 Dates (Top Fight n°9, Novembre-Décembre 2011)

Bien qu’il ait démontré une vaillance de tous les instants, Matt Hughes vient de subir face à Josh Koscheck son second K-O consécutif. Âgé de 38 ans, le fighter de l’Illinois est finement poussé vers la sortie par Dana White. Est-ce le chant du cygne pour le Randy Couture des poids welters ? Retour en dix dates sur ses accomplissements sans pour autant exclure qu’il rajoute des lignes à sa légende.      

1er janvier 1998

Tout commence par un slam

Fils de fermiers, le futur Hall of Famer de l’UFC n’était en rien prédestiné à devenir un combattant de renom. C’était sans compter sans les énormes capacités physiques qu’il démontre durant son parcours à l’université de l’Illinois. Fer de lance de l’équipe de foot (américain), Matt est également une référence en matière de lutte. Reste à franchir le cap du combat mixte, ce qui est fait en ce jour de l’an 1998. Pour un salaire de 100 dollars, Hughes force Erick Snyder à abandonner expressément via un slam. Une manœuvre qui va constituer sa marque de fabrique et lui ouvrir la voie du succès.

13 novembre 1999

Extrême domination

Désormais rodé aux joutes du MMA avec 10 combats au compteur (9-1), Matt participe pour la deuxième fois à un tournoi de la fédération Extreme Challenge. La première lui a laissé un goût amer puisqu’il subit une guillotine express (17 secondes) en finale face à Dennis Hallman, sa bête noire. Un an plus tard, c’est à son tour de soumettre un à un ses opposants et remporter ledit challenge. Un véritable coup d’éclat puisqu’il domine notamment deux vétérans ou futurs vétérans de l’UFC : Joe Doerksen et surtout Laverne Clark en finale. Hughes se découvre par la même occasion une nouvelle prise de prédilection : le Rear Naked Choke.

2 novembre 2001

Un couronnement chanceux ?

Malgré trois précédentes apparitions dans l’Octogone, dont une nouvelle défaite face à Dennis Hallman (UFC 29), le natif d’Hillsboro n’a pas complètement convaincu. Durant l’année 2001, il regagne le droit de combattre à l’UFC grâce à sept victoires de rang dans diverses organisations. Consciente de son talent, la compagnie l’oppose à Carlos Newton pour le titre des poids welters à l’UFC 34. Le final du match reste dans les annales comme l’un des plus curieux de l’UFC. Pris dans un étranglement en triangle, Hughes soulève Newton, le plaque contre la cage, mais rien ne semble pouvoir casser la prise… sauf un slam, plus ou moins volontaire. Le Canadien est K-O sur le coup, mais son adversaire est tout aussi groggy, voire déconnecté. Passé une petite dizaine de secondes pour se remettre d’aplomb, Matt Hughes exulte : le voilà au sommet de la catégorie.

21 novembre 2003

Chaude alerte

En deux ans, Hughes a largement justifié son statut de Champion avec quatre défenses de titre à son actif, dont une revanche face à Carlos Newton. Un nouveau défi se présente à lui en la personne de Frank Trigg. Confiant jusqu’à la déraison, Hughes accorde peu de crédit à ce challenger quasiment « sorti du néant » (première rencontre à l’UFC) et oublie bien vite qu’on n’obtient pas un match de Championnat par hasard. L’expérience est néanmoins du côté de Matt et elle lui sera bien utile ce soir-là. Surpris par les redoutables saillies de Trigg, le Champion reste serein et parvient à sceller un Rear Naked Choke en fin de premier round. L’essentiel est préservé.

31 janvier 2004

Prodige à la une

Plus que jamais vu comme invincible après le spectaculaire retournement de situation face à Frank Trigg, Hughes semble destiné à régner sur la division Welterweight jusqu’à la fin des temps. Il faudrait un miracle pour qu’il perde son trophée… ou tout au moins un Prodige. BJ Penn répond justement de ce surnom et compte bien le justifier par les faits lors de l’UFC 46. L’homme a gravi les échelons du jiu-jitsu plus vite que n’importe qui, mais a échoué lors d’affrontements pour le titre poids légers. Comment imaginer alors qu’il perturbe les plans du Champion de la catégorie du dessus ? Et pourtant rien ne se passe comme prévu. Penn amène son adversaire au sol et s’empare aussitôt de son dos. Maladroit dans sa défense, Hughes ne peut échapper à l’étranglement. Il abandonne peu avant la fin du premier round. Blessé dans son orgueil, mais toujours vif mentalement, Hughes reconquiert la ceinture quelques mois plus tard face à Georges Saint-Pierre.

16 avril 2005

Bis repetita

Soucieux de venger ses rares défaites, Matt Hughes aurait bien voulu croiser le fer avec Dennis Hallman pour sa première défense de titre depuis sa reconquête du Championnat Welterweight. Problème : ce dernier a été mis K-O quelques mois plus tôt par un certain Frank Trigg. L’UFC accorde donc une deuxième chance au Twinkle Toes. Remonté comme une pendule, Trigg délivre une boxe de haute volée. Matt subit un pilonnage durant 90 secondes, longues comme des heures entières. À peine les déboulés passés que voici venir l’orage sous la forme d’un étranglement arrière. Prodigieusement, le lutteur de l’Illinois se dégage, entoure son adversaire de ses grands bras pour pouvoir le soulever et le rabattre au sol. À son tour de jouer. Après une furieuse accélération en ground & pound, Matt bondit sur le dos de Trigg et finalise d’un nouveau Rear Naked Choke. Rideau.

27 mai 2006

Extinction des feux pour Royce

Légende actuelle contre légende sur le retour. Voilà l’affiche que propose l’UFC en main event de sa 60e édition. Le Brésilien Royce Gracie a en effet décidé de revenir à ses premiers amours. De préférence par la grande porte. Étant entendu qu’une telle rencontre est un événement à elle seule, le titre de Hughes n’est pas en jeu. Son avenir l’est en revanche. Personne ne comprendrait qu’il faiblisse devant un homme absent de l’organisation depuis onze ans. Matt ne va faire aucun sentiment face à une de ses idoles. Si une clé de bras en extension ne suffit pas à écarter le Brésilien, un intense ground & pound lui assure la victoire. Il s’agit d’une véritable punition pour Royce, la seule qu’il ait reçue dans sa carrière en MMA.

18 novembre 2006

La passation de pouvoir

Tout Roi finit par céder sa couronne un jour. Non sans émettre un dernier soupir, ou un dernier soubresaut dans le cas de Matt Hughes. En septembre 2006, le Champion des welters confirme sa domination en vengeant sa défaite contre BJ Penn. Observateur d’un soir, le prétendant suivant, Georges Saint-Pierre interpelle l’Américain et se déclare pas du tout impressionné par sa prestation. De quoi mettre le feu aux poudres avant leur rencontre à l’UFC 65. GSP assume ses propos et domine son glorieux aîné en stand up grâce à son arsenal de karatéka. Sur un énième head kick, le Canadien touche au but et n’a plus qu’à fondre sur sa victime. Le règne de Georges 1er commence.

29 décembre 2007

GSP vraiment trop fort

Si la marque des grands Champions est de savoir retenir les leçons des échecs passés pour pouvoir rebondir, alors Hughes est sans conteste l’un d’eux. Lors de son premier duel avec GSP, sa principale erreur fut de vouloir soutenir l’échange en boxe. Une cause perdue d’avance. Cette fois, il privilégie le corps à corps et multiplie les takedowns. Le plan est excellent, mais le Canadien encore plus. Après une succession d’esquives prudentes, GSP passe à l’offensive. Sa clé Kimura, annihilée, se transforme finalement en clé de bras classique. Hughes abdique, mais n’a pas déçu pour autant. Mieux, il a prouvé qu’il avait encore de belles années devant lui.

7 août 2010

Le dernier coup de maître

Après un relatif passage à vide, marqué par un TKO face à Thiago Alves et une absence de près d’un an, Hughes a su redonner de l’élan à sa carrière. Il domine d’abord Matt Serra en mai 2009 puis accroche un deuxième Gracie à son palmarès, Renzo. La passe de trois s’annonce compliquée lors de l’UFC 117 où Ricardo Almeida se dresse sur sa route. Très tactique, Matt accepte quelques instants la domination du Brésilien en stand up. Il se protège via sa garde atypique (mains ouvertes, paumes vers le haut) et raccourcit la distance dès que possible. Sur un seul coup, un crochet gauche, Almeida perd l’équilibre et donne l’occasion au héros américain de lui saisir le cou. Amorce de Guillotine Choke ? Mieux, une variante de l’Anaconda

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