Review UFC 153 (Top Fight n°15, Décembre 2012-Janvier 2013)

UFC 153 : Le jiu-jitsu reprend ses droits

 

Non on ne vous rebattra pas les oreilles avec Anderson Silva puisqu’on le fait si bien par ailleurs (voir page 86), non on ne vous dira pas à quel point nous avons adoré sa nouvelle démonstration face à Stephan Bonnar, sa troisième en Light Heavyweight lui le Champion inoxydable des poids moyens, non on n’utilisera plus de superlatifs dithyrambiques pour qualifier un homme capable de les faire passer pour les plus pâles des euphémismes. Non, on ne vous dira pas à quel point nous le regretterons quand il quittera le circuit « d’ici cinq ans » comme l’annonce le principal intéressé lui-même.

En revanche, on saluera avec déférence le retour en grâce de deux maîtres jiu-jitsukas dont on s’impatientait de revoir jaillir l’éclat. Premier à l’œuvre, le récent converti à la catégorie des welters, Demian Maia. L’homme capable de s’imposer avec cinq soumissions consécutives pour ses débuts à l’UFC. Tellement attendu par la suite qu’il n’avait pu en exécuter la moindre depuis février 2009 (soit neuf combats dont sept allant à la décision). Devant Rick Story, le Brésilien n’a même pas cherché à répondre aux échanges de boxe mais a directement plongé dans les jambes, avant de prendre le dos de son adversaire de la plus belle des manières. Alors que l’on se dirige vers un Rear Naked Choke des plus classiques, M       aia prouve sa détermination en accentuant la pression pour aboutir à une variante de Neck Crank. En un demi-round, l’affaire est pliée, Rick Story aussi. Satisfaction renforcée pour le régional de l’étape, absent des précédents voyages de l’UFC en terres auriverdes.

Autre professionnel de la soumission en sommeil, Antonio Rodrigo Nogueira, vingt succès acquis par ce procédé sur ses trente-trois levées victorieuses (chiffres avant ce show)  mais une seule dans l’Octogone remontant à février 2008. À tel point que l’on s’était résolu à l’évolution du style de Minotauro, devenu bien plus axé sur la boxe anglaise et le corps à corps debout depuis son arrivée dans la compagnie américaine. Depuis surtout la première défaite de sa carrière par K-O/TKO en décembre 2008 face à Frank Mir. Capable par la suite de dominer Randy Couture en boxe et surtout Brendan Schaub, mis K-O, le Brésilien a vu son ego le perdre lors de la revanche face à Mir fin 2011. Transcendé par un désir ardent de faire parler son jiu-jitsu, il y a laissé son bras droit en chemin. A priori aucun signe de cette volonté lorsqu’il débute son opposition avec Dave Herman. À nouveau solide en anglaise, Nogueira domine un adversaire hors du coup. Pourtant, l’obsession refait surface en début de 2 e round au moment du premier knockdown obtenu. Tour à tour, Big Nog travaille en vue d’un Arm Triangle Choke puis d’une Americana, d’un Rear Naked Choke voire un Heel Hook. En milieu de reprise, le match repart en stand up, en est-ce fini pour autant des velléités de soumission du grand maître ? Mille fois non ! La fatigue et une bonne vieille Armbar aura raison de l’Américain. Le public de Rio exulte : « Le jiu-jitsu fonctionne bel et bien » clame Joe Rogan au micro en référence aux déclarations irrespectueuses de Dave Herman, victime de la première soumission de sa carrière, en avant-match.

Élève de Minotauro, le finaliste malheureux du TUF Brazil Sergio Moraes y est pour sa part allé d’un Rear Naked Choke en milieu de troisième reprise pour accueillir comme il se doit la première Octogonale de Renee Forte.

Au-delà des prestations de ces héros du sport traditionnel, ce show a confirmé certaines tendances et en a refroidi d’autres. Tout d’abord la réputation de terreur de Glover Teixeira, qualifié « d’homme que personne ne veut affronter » par Dana White, est plus que jamais en vogue après les dix minutes d’enfer infligées à Fabio Maldonado. La résistance exceptionnelle de ce dernier a logiquement été tempérée par un arrêt médical à l’issue du 2e round. Quant à l’image de rabat-joie collée à Luiz Cane depuis l’UFC 134, pour avoir été le seul Brésilien à s’incliner face à autre qu’un compatriote, elle lui reste scotchée au corps via sa défaite à la décision face à Chris Camozzi. Mais il n’est pas le seul cette fois-ci, deux autres locaux ont dû rendre les armes face à des combattants américains. À commencer par Erick Silva, victime d’un Jon Fitch bien loin de son image de combattant ennuyeux, dans ce qui fut récompensé du bonus Fight of the Night. On se souviendra longtemps de l’échappée héroïque de l’ancien challenger de GSP au cours du 2e round. De son côté, Wagner Prado n’a pas convaincu lors de son rematch avec un Mr. Wonderful Phil Davis des grands soirs. Le lutteur de formation, seulement ceinture bleue de jiu-jitsu, s’est même payé le luxe de conclure la joute par un Anaconda Choke.

Plus que les Brésiliens, c’est donc le jiu-jitsu qui a été prophète en son pays.

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