Sakara vs Rivera, le match annulé de l’UFC 122 (Top Fight n°2, Décembre 2010)

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Le match tant attendu entre deux stars établies de l’UFC a été déprogrammé au dernier moment. Top Fight a voulu connaître les dessous de cette décision qui, au final, ne profite à aucun des deux fighters. La parole est aux concernés.

 

Alessio Sakara « Par respect pour le public »

 

 

Top Fight : « Alessio, le match prévu à l’UFC 122 contre Rivera a été annulé, pouvez-vous nous expliquer pourquoi ?

 

 

Alessio Sakara : À vrai dire, je souffre d’horribles douleurs au niveau de l’estomac. Déjà à l’hôtel je ne me sentais pas dans mon assiette, à la limite de l’état grippal. Lors de la pesée, c’était pire, le trac habituel s’est transformé en angoisse. Affaibli, je suis retourné à l’hôtel pour essayer de me requinquer avec de la nourriture et des boissons énergisantes. Le lendemain, voyant que ma santé ne s’était pas améliorée, j’en parle à mon coach. On décide pourtant de continuer l’aventure et d’aller dans l’Octogone. Évidemment, le staff médical vient me consulter avant, pour voir mon état et me prescrire quelques médicaments.

 

TF : Malgré ces précautions, le match n’a finalement pas eu lieu…

 

AS : Oui, pourtant ce n’est pas faute d’avoir essayé. Avec mon équipe, on s’est rendus à la Konïng Pilsener Arena, car malgré ma grande fébrilité, j’étais fermement décidé à combattre. Bien entendu, je parle de mon état à Dana White. Très compréhensif, il me dit tout de suite que si je ne suis pas à 100 % je devrais plutôt annuler le combat. Ses conseils m’ont touché, car on voit qu’il attache plus d’importance à la santé des combattants qu’au show. Néanmoins, Dana n’a rien décidé, il m’a laissé prendre mes responsabilités. C’est ce que j’ai fait à 18 heures ; même si mentalement j’étais prêt à relever le défi, mon corps ne me suivait plus, j’étais K-O avant le combat. Jeter l’éponge sans combattre n’est jamais facile, mais parfois il faut savoir ravaler sa fierté et accepter son destin. Pour moi, il est évident que si nous ne sommes pas en pleine possession de nos moyens, mieux vaut éviter d’aller dans la cage, par respect pour le public. J’ai une sainte horreur des fighters qui justifient leur défaite par une blessure. Ils n’avaient qu’à ne pas combattre !

 

 

TF : La décision d’annuler la rencontre vient donc de vous ?

 

AS : Et comment ! Dana White m’a fait comprendre qu’il valait mieux ne pas monter dans l’Octogone vu mon état fiévreux, sans toutefois me forcer la main. Ce n’est pas de gaieté de cœur que j’ai accepté son conseil, surtout que la rencontre comptait énormément pour Rivera et moi-même.

 

TF : Avec le recul, comment vous sentez-vous ?

 

AS : Cette décision m’a attristé. Le MMA représente ma vie, et ce combat deux mois de préparation. En plus, c’était la première fois que j’étais co-main eventer. Mais le plus frustrant est de savoir que ma famille, mes amis, et beaucoup d’Italiens ont fait le déplacement pour rien. Je suis extrêmement déçu de ne pas avoir pu les satisfaire.

 

TF : Que comptez-vous faire maintenant ?

 

AS : Pour le moment, je ne sais pas, seuls Dana White et mon manager s’en occupent. J’ai toujours autant envie de combattre et j’espère juste que ce faux bond ne me portera pas préjudice. A priori, je ne pense pas, puisque tout le monde a bien vu que j’étais ultra motivé, mais qu’à bout de force, je ne pouvais pas décemment batailler. Ce n’est quand même pas de chance de tomber malade le jour de son combat, mais c’est le destin. Je fais avec. En tout cas, ça me servira de leçon pour plus tard : éviter les petites compagnies aériennes, car c’est à coup sûr durant mon long voyage entre Miami et l’Allemagne que j’ai attrapé ce virus.

 

 

TF : Un futur combat n’est donc pas d’actualité ?

 

AS : Non, d’autant plus que les cartes sont établies des mois à l’avance. Pour le moment, je vais me consacrer à mon rétablissement et passer quelques examens médicaux. J’espère revenir en forme en 2011, car je dois dire qu’à présent 2010 m’a porté la guigne. Après le décès de mon père, quelques pépins de santé et cette blessure, les tuiles s’accumulent. »

 

 

Jorge Rivera : « Ça aurait été une très belle rencontre »

 

Top Fight : « Jorge, est-ce le combat le plus facile de votre carrière ?

 

Jorge RIVERA : Pour être honnête, j’ai été très déçu. J’ai appelé Joe (Silva, le principal planificateur de combats à l’UFC, ndlr), c’est moi qui ai voulu ce match. Sur le papier, c’est une affiche qui claque. Alessio un très grand combattant. Pour les fans, ça aurait été une très belle rencontre. J’ai 38 ans, je me bats depuis des années et je n’ai plus énormément de temps pour prouver mes capacités. À ce stade-là de ma carrière, je souhaite une réelle compétition et de grandes batailles. Voilà pourquoi j’ai été d’autant plus déçu lorsque j’ai appris que ce combat ne pourrait avoir lieu.

 

TF : Comment avez-vous appris que vous n’alliez pas pouvoir combattre ?

JR : En fait, j’étais en train de m’entraîner en boxant dans le vide tout en imaginant que j’avais mon adversaire en face de moi, lorsque j’ai appris que le match n’aurait pas lieu. Je n’y croyais pas, c’était tellement irréel de recevoir cette nouvelle à si peu de temps de l’échéance.

 

TF : Vous vous entraîniez depuis longtemps pour ce combat ?

JR : Complètement, ça fait depuis juillet que je m’entraîne très dur en préparation de ce combat. Maintenant, je vais rentrer chez moi et me concentrer sur mon prochain match, ce sera en février, en Australie, contre Michael Bisping. Je serai prêt et en pleine forme, ça devrait être un sacré combat !

 

TF : Vous avez un entraînement spécifique pour vous préparer à cette rencontre ?

JR : Je n’ai pas peur de Bisping. Hé, Michael ! Je te promets mon pote, c’est moi qui donnerai le premier coup !

 

TF : Y’a-t-il une chance que le match Sakara/Rivera ait lieu prochainement ?

JR : Non, il n’y aura pas de report. C’est dommage. Je me suis tellement préparé pour ce combat que pour tout vous dire, ça me déprime de penser qu’il n’y aura pas de match entre nous. »

 

Jérôme Pourrut et Émilien Bartoli, à Oberhausen

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