Le vent du changement ? – Review TNA Impact du 19 décembre 2013 (Les Cahiers du Catch, 6 janvier 2014)

Les rites de consécration introduisent dans le monde du sacré un être ou une chose. Les rites de désacralisation, ou d’expiation, à l’inverse, rendent une personne ou un objet pur ou impur au monde profane.

Roger Caillois, L’homme et le sacré

 

Dans ce qui ne fut qu’un ersatz de PPV, la Total NonExcess Action a eu le mérite d’aller au bout de ses idées, rendant grâce à un tournoi qui se sera étiré sur huit semaines. À part ça, pas mal de tergiversations et quelques statues déboulonnées.

 

 

Célébration entre un métrosexuel et un Leprechaun, y a mieux pour un premier couronnement.

 

 

Nalyse TNA Impact Final Resolution du 19 décembre 2013

 

 

En (pas) direct des Studios d’Orlando, Floride

 

Nous débutons avec – devinez quoi – un récapitulatif de l’imbroglio autour du titre mondial. Les intros se suivent et se ressemblent, tout en progressant d’une petite strate à chaque fois. Le focus est particulièrement mis sur les deux finalistes qui vont se disputer le titre vacant à la fin de cette édition. Une belle musique de cavalcade façon Manowar rythme le teaser.

 

Toujours au sein de ce clip, un rappel concernant l’ouverture des mallettes du Feast or Fired, match qui a eu lieu la semaine précédente. L’histoire ne dit pas si les précieuses ont été scrupuleusement conservées sous verrou depuis lors.

 

Un Magnus visiblement soucieux marche en backstage. Il interpelle un membre du staff au sujet de Dixie Carter et de Jeff Hardy. Ce dernier affirme ne pas en avoir de nouvelles. L’Anglais manifeste un certain scepticisme et dit que cela n’importe peu, il va de ce pas se rendre au ring et requérir leur attention.

 

Comme promis, voilà le jeune fougueux entre les quatre cordes. Avant toute chose, il rappelle son amour pour le métier, tous ses efforts consentis qui ne trouvent leur source que dans la passion. Il est très fier de combattre sur le sol américain depuis cinq ans et y a appris beaucoup. En premier lieu le pouvoir de l’argent. Comment celui-ci peut faire tourner les têtes : hôtels cinq étoiles, femmes etc. Lui ne s’est jamais laissé enfermer dans ces pièges, il n’accorde de l’importance qu’à la fierté, l’honneur, la dignité et le respect. Or, il doit déplorer l’attitude de son opposant pour la finale, Jeff Hardy.

 

Devant les chants d’encouragement du public pour le Rainbow Haired Warrior, Magnus tempère ses propos, s’affirme le premier fan de Jeff. S’adressant directement à son adversaire, il le félicite de s’être débarrassé de ses démons, mais peut-être qu’un tout petit d’entre eux surnage encore à la surface, ce qui justifierait qu’une bande vidéo ait dévoilé son dîner secret avec Dixie Carter. À ces mots, nous entrapercevons à nouveau ces images. L’Anglais cherche à rallier le public à ses interrogations sur ce que l’on peut interpréter comme une manipulation de Hardy à leur encontre. Aussi, il s’agit ce soir du match le plus important de sa vie et il fera face à la tromperie, qu’elle vienne de Jeff, Dixie ou quiconque.

 

Sur cette mise en garde déboule le guerrier peinturluré, pour l’instant en civil. Le chouchou du public s’étonne de devoir répondre à un tel procès d’intention, uniquement basé sur un moment volé. Qu’est-ce que Magnus connaît de lui pour pouvoir lui prêter des intentions ? L’Anglais précise qu’il veut s’assurer que rien ne gâche la plus grande soirée de sa vie, que Hardy doit des explications. Par ailleurs, il affirme avoir bonne mémoire, même si ce n’est pas le cas de tout le monde (visant explicitement la foule). Il n’a pas oublié un certain 10/10/10, soir du Bound for Glory il y a trois ans… Jeff se prend la tête dans les mains face à cette évocation, rétorque qu’il était alors une autre personne, à un autre moment, à un autre endroit. Magnus rectifie alors : un autre moment oui, mais un autre endroit ? N’est-ce pas au milieu d’un ring que Jeff a vendu son âme, a passé un pacte avec le diable, a privilégié l’argent, tout ça pour la conquête du titre de Champion du monde ! Voilà pourquoi il le pense capable de succomber à nouveau à la tentation.

 

Devant l’absence de répondant, l’Anglais poursuit sa diatribe, pointe le fait que tous les gens dans la salle, les fans à travers le monde et lui-même ont pardonné à Jeff, qu’aujourd’hui des gamins se peignent le visage comme lui, que vont-ils penser s’il les trahit encore une fois ?

Les partisans de la Charismatic Enigma lâchent alors des « We know Jeff » encourageants, en retour leur héros déclare seulement à son adversaire de ne se soucier que de sa vie, de laisser la sienne de côté. Sur ce, crash de micro et désertion du ring. Magnus demeure interdit face à cette réaction, consistant en somme à ne pas confirmer ni infirmer.

 

Segment d’ouverture réussi et indispensable pour parachever le build up efficace du tournoi depuis presque deux mois. Les ficelles sont grosses et tout fan un rien érudit aura vu les soupçons de heel turn pesant sur Magnus se confirmer. La teneur de cette feud naissante a ravivé mes plus vieux souvenirs de scénarios similaires, au premier chef les tensions Tatanka/Lex Luger à l’été 1994, le premier accusant le second de s’être acoquiné à la Corporation du Million Dollar Man Ted Dibiase, le twist révéla évidemment le contraire. Qu’importe ce manque d’originalité, le rappel des égarements passés des bookers ne fait pas de mal, démontre une certaine considération pour les fans suivant le produit depuis longtemps, ce qui tranche avec l’actuelle incongruité Orton/HHH à la WWE.

 

 

Si Jeff a arrêté la piquouse, ce n’est pas nécessairement le cas pour certaines de ses « créatures ».

 

 

Interview de Kurt Angle par Christy Hemme. Au menu le 2 out of 3 falls de ce soir contre sa Némésis des derniers mois, Bobby Roode. Le divin chauve reconnaît avoir déçu par ses récents résultats, notamment face à cet opposant, mais promet que ce soir va marquer un changement ; et prouver qu’il « l’a toujours », rien de tel que de battre Bobby non pas une mais deux fois. Ainsi ce combat ne marque-t-il pas la fin, il s’agit seulement du début (sous-entendu de sa reconquête).

 

Clip retraçant les dernières crasses de Roode envers Angle et ce qui a amené à la signature de ce match au meilleur des trois tombés.

 

L’annonceur Jeremy Borash se trouve devant la salle de conférence où se déroulera un peu plus tard la réunion scellant l’ouverture des mallettes du Feast or Fired. Trois hommes bénéficieront d’un match de championnat, le quatrième sera viré de la compagnie. À ce sujet, l’un des postulants s’amène, il s’agit de Chavo Guerrero. La vedette latino affiche un relatif optimisme puisqu’il a 75 % de chances de concourir pour un titre (ben ouais, trois sur quatre, trop fort Chavito !). Après cette lapalissade, s’en vient Zema Ion. Toujours affublé de sa gimmick de DJ, il demande que le public voulant qu’il obtienne un title shot fasse du bruit. Légère altercation avec le neveu Guerrero, ce dernier exprimant à voix haute son souhait que les 25 % de risque d’être renvoyé échoient à Ion. Les deux rentrent ensuite dans la salle de conférence.

Cette séquence maintient ma conviction en mes pronostics exprimés la semaine dernière, les indices disséminés ici et là allant notamment dans le sens d’un renvoi de Chavo.

 

MATCH 1 : Kurt Angle vs Bobby Roode (2 out of 3 falls)

 

Onze minutes pour un affrontement bien trop propret à mon goût, compte tenu de la guerre que se livrent les deux protagonistes depuis de nombreuses semaines. Aucune véritable séquence de brawl, aucune violence inhabituelle, pas de débordements particuliers. N’aurait-il pas fallu par exemple qu’un des points s’obtienne par disqualification ? Par ailleurs, on remarque une faible résistance assez incohérente avec les états de service des deux hommes. Ainsi un simple Angle Slam suffit à sonner Roode pour le tombé. Et que dire des deux triches mineures, un coup dans les parties et une corde maintenue, permettant au It Factor de s’imposer sur l’ensemble du match ? Par un Roll-up de surcroît ? Une crainte quant au devenir de cette feud : qu’Angle perde toutes ces petites batailles hebdomadaires et finisse par remporter la guerre lors d’un évènement majeur. Roode mérite de réinvestir le sommet de la compagnie au plus vite, pourvu que le booking aille dans ce sens. Ce n’est pas gagné tant les caméras insistent lourdement sur la désillusion du médaillé Olympique, resté au centre du ring.

 

 

C’est à se demander pourquoi certains s’efforcent à créer de nouveaux finishs.

 

 

À nouveau Jeremy Borash devant la pièce où tout va se jouer pour les acteurs principaux du Feast or Fired. Gunner, accompagné de James Storm, se pointe au micro. Interrogé sur les circonstances controversées qui l’ont vu se munir de la dernière mallette du combat, Gunner affirme que chacun connaissait les règles et risques revêtis par cette stipulation, que son équipier aurait agi de la même façon. Sans valider ce propos, le Cow-Boy se demande simplement si l’histoire donnera raison à ce comportement. Peut-être s’est-il condamné au licenciement, « peut-être pas » lâche simplement Gunner avant de rentrer dans la salle, suivi d’un acolyte de plus en plus tendu.

 

Clip pour les produits dérivés de la compagnie (t-shirts, figurines), apparemment soldés comme jamais. Liquidation avant fermeture définitive ?

 

Après une rediffusion des phases importantes du 2 out of 3 falls de tout à l’heure, Kurt Angle s’adonne à une réaction en coulisse. Il ne se cherche même pas d’excuses, reconnaît que Bobby a su se montrer le plus malin depuis Bound for Glory. A-t-il pour autant la mainmise sur lui comme le suggère l’interviewer (« He said he has your number. ») ? Kurt ne cache pas son profond malaise, n’apporte pas de réponse claire, se tourne vers les vacances des fêtes de fin d’année en famille, vers son prochain film, et ne peut rien prédire pour la suite.

Veut-on nous faire croire à une retraite, intenable au niveau kayfabe, de l’homme venant tout juste refusé d’intégrer le Hall of Fame de la TNA ?

 

Clip récapitulant les liens forts ayant unis Gail Kim et Madison Rayne par le passé, puis le retour sans crier gare de la quadruple Championne la semaine dernière.

 

Jeremy Borash encore et toujours scotché à la porte de la salle de conférence. Puisqu’il n’en restait qu’un, voilà Ethan Carter The Third, le dernier intéressé par le contenu des mallettes. Tout de costard vêtu, celui « dont nous avons besoin » vanne Borash sur le fait qu’il lui doive toujours un combat, bien que cela ne se fera pas ce soir. Il affirme que sa destinée de gagnant est déjà toute tracée, indépendamment de l’opportunité que contient sa mallette. Et il ajoute que dans le pire des cas, sa connaissance rapprochée des instances dirigeantes le met à l’abri. Cela tombe bien, voilà son téléphone qui sonne (par le biais de sa musique d’entrée bien sûr, le précédent Shawn Michaels faisant autorité) et Dixie est à l’autre bout du fil. Ethan s’excentre légèrement pour y répondre. Il apparaît alors bien plus inquiet qu’il voudrait le laisser paraître. En effet la présidente lui confirme qu’elle n’a aucun contrôle sur le contenu des mallettes, qu’elles ont été scellées sous la présence d’un huissier. Ainsi, elle ne pourra pas aller à l’encontre du sort s’il se retrouve être la personne licenciée. EC3 raccroche et contient péniblement son stress.

 

Belle tentative de fausse piste, mais impossible de croire à un sort contraire pour EC3, au moment où son ascension prend de la consistance, notamment depuis le face à face avec Sting lors de l’édition précédente.

 

 

Ce qui s’appelle jouer petits bras.

 

 

Entre deux couloirs, Eric Young nous annonce que son expérience pour réveiller son partenaire par équipe, Joseph Park, va se poursuivre cette semaine. Il nous présente une chaise vulgairement emballée de papier cadeau, une offrande à destination de ce dernier.

Dans la foulée un clip retrace le moment fort survenu la semaine dernière, la révélation par Young de la double personnalité de son équipier, non pas frère de, mais lui-même Abyss.

 

Une table investie de quelques paquets se trouve sur le ring. Avant d’expliquer le but de l’entreprise à son équipier, Young lui réaffirme qu’il est Abyss. Toujours aussi tremblotant et affolé, Park le remercie de son amitié, de sa volonté de le mettre sur le bon chemin. Cependant sa tête est embrouillée par tous les messages venus de toutes parts, il ne sait pas ce qui l’a poussé à croire certaines choses, mais lui est sûr d’une chose : son nom est Joseph Park. En guise de réponse, Young l’invite à accorder sa confiance à la science, car il agit en ce moment en tant que scientifique. Ainsi, son poing matraqué dans la face de son ami jusqu’au sang a révélé l’émergence d’un monstre, Abyss. S’il admet l’existence de ces images troublantes du combat de la semaine dernière, Park dit n’avoir aucun souvenir de la scène. Plutôt que de chercher à le convaincre, Young affirme sa volonté de persévérer dans ses expériences, d’abord ce soir, puis lors de la prochaine édition via un match handicap de son acolyte contre les deux trublions de Bad Influence. Park se liquéfie de plus belle, met en doute les intentions de son ami : veut-il l’aider ou provoquer sa mort ? Pour le rassurer, Young précise qu’il a demandé un match de type Monster’s Ball. La stipulation préférée de son frère, pas la sienne, rétorque le pseudo-avocat, qui refuse aussitôt la perspective de ce clash.

 

Nous passons à présent au dévoilement du projet de ce soir : offrir à Park des objets l’aidant à retrouver la mémoire. Ainsi, il déballe successivement et avec maladresse une chaise, un sachet de punaises et un câble de barbelés. Mais rien n’y fait, tous ces éléments lui sont étrangers. Puisque ces objets ne représentent rien pour lui, il confirme décliner le 2-on-1 futur. L’expérience n’est pourtant pas terminée, Young l’envoie chercher une dernière chose sous le tablier du ring. Malgré sa réticence, le pleutre s’exécute et brandit le célèbre bâton constellé de clous, que l’on nomme plus familièrement Janice. De ses yeux possédés, Park saisit un micro et déclare qu’il est à présent d’accord pour le défi de la semaine prochaine.

Encore un moment saisissant de plus dans le feuilleton Joseph Park/Abyss. À la manière d’un « It’s your life » du pauvre, la TNA précise un peu plus ses intentions concernant cette gimmick étirée au maximum, et même au-delà de la bienséance selon de nombreux observateurs. Et si au bout du tunnel Abyss devenait un élément majeur de l’année 2014 du côté d’Orlando ?

 

 

Et pré-tordue avec ça, dédicace à tous les frileux du bump.

 

 

Nous voilà enfin à l’intérieur de la salle de conférence pour la révélation des sorts dévolus aux quatre décrocheurs de mallettes. Chacun se trouve fébrile devant la pièce concernée. Je fais confiance à la fédération pour ne pas avoir inversé les numéros attribués, je remarque par contre que le positionnement des catcheurs ne suit ni l’ordre de décrochage, ni celui des numéros, ainsi Gunner n’est pas par exemple placé en bout de table. Détail pas si négligeable comme le montrera la suite…

 

En attendant, le suspense se prolonge avec une rediffusion partielle de la confrontation verbale Magnus/Hardy en ouverture.

Dans les vestiaires, Samoa Joe rejoint le Charismatic Enigma, lui suggère de ne pas être énervé s’il ne se sent pas coupable. Hardy grogne de plus belle lorsque Joe demande une explication, lui rétorque qu’il n’en aura pas plus que quiconque et quitte les lieux.

 

Retour dans la salle de conférence. Borash annonce l’arrivée de l’instigatrice du concept, Dixie Carter. Celle-ci se vante de la génialitude de son invention, au moins équivalente à celle de la roue à stipulations, rappelle aux concernés que leur vie changera après l’ouverture de leur mallette et leur souhaite bonne chance.

 

Zema Ion est le premier à s’y coller, il s’évertue à rester cool et pousse son cri de guerre, avant d’hériter… d’un match pour le Championnat X-Division !

 

Au tour de Gunner, asticoté par Borash, en présence de James Storm, au sujet de l’identité de son partenaire en cas d’acquisition d’un match pour les titres par équipe. Le bûcheron réplique sèchement que la question n’a pas lieu d’être, il choisirait James bien entendu. Or le sort lui attribue…un match pour le Championnat mondial ! Gunner explose de satisfaction pour ce qui sonne selon lui la réparation d’une trop longue injustice. Des regards tendus émergent entre Storm et lui.

 

Les deux derniers détenteurs sont invités à exprimer leur ressenti : Chavo se dit confiant dans le contenu positif de sa mallette. En cas de vent contraire, il resterait de toute façon un Guerrero. Quant à EC3, il met en avant le fait qu’il n’a jamais été vaincu, qu’il ne devrait donc pas être viré, tout en lançant des regards lourds de sous-entendus à sa patronne de tante. Alors qu’il allait enchaîner avec sa catchphrase, Sting vient interrompre les débats, ce qui provoque un léger soubresaut de Dixie. L’Icon justifie sa présence par son envie d’aider EC3 à accomplir quelque chose de remarquable, que l’héritage d’une famille est en jeu, ce qui est une affaire sérieuse. Dixie approuve mollement, mais Sting faisait référence à la famille Guerrero, il ne supporte pas l’idée que les deux hommes soient mis sur un pied d’égalité face au hasard. Aussi défie-t-il le jeune Carter de s’offrir une porte de sortie un peu plus digne en mettant sa mallette en jeu contre lui ce soir. Challenge rejeté par l’insolent après un bluff d’une demi-seconde.

 

Les dés sont jetés : EC3 obtient une chance aux ceintures Tag Team et Guerrero doit quitter la compagnie. Réjouissance d’un côté, désolation de l’autre. Tentative de Sting de réconforter Chavo, suivie de hurlements à la face des Carter. L’homme aux lunettes noires leur promet qu’il s’agit du début de la fin pour eux, déclare à Dixie qu’elle l’écœure et ne pas avoir de mots assez forts contre son neveu.

 

Je pensais vraiment m’ennuyer aux prémices de cette séquence, c’était sans compter sur une belle mise en scène de la cérémonie d’ouverture des attachés-cases. Les mimiques d’EC3, doublées de regards en direction d’une Dixie indifférente, pendant toute la séquence, étaient assez irrésistibles. Mention honorable à la musique de film catastrophe pendant l’apparition de Sting. Pour le reste, mes estimations de la semaine dernière se sont révélées exactes à 100 %. Les prix attribués font progresser les perspectives de chaque feud : Carter l’égotiste qui devra se trouver un équipier, Gunner en challenger ultra underdog qui devra lutter en parallèle avec la jalousie causée à son ami Storm, Ion propulsé de la meilleure façon qu’il soit hors de ses platines ; quant au sort de Chavo, il solde une phase de sa carrière très oubliable. En espérant que cela cache un retour flamboyant pour bientôt.

 

 

T’inquiète pas, il paraît que Rey Mysterio cherche une feud solide…

 

 

Dans les vestiaires, Magnus déclare ne pas être plus perturbé que cela par l’absence de réponses de Jeff. Il se concentre uniquement sur la quête du titre, toutes les autres questions sont accessoires.

 

MATCH 2 : Madison Rayne & ODB vs Gail Kim & Lei’D Tapa

 

Intéressante construction en symétrie pour cette feud, mettant aux prises deux belles knockouts alliées à des personnages vendus comme des guerrières peu féminines. Bon palliatif pour masquer la situation désertique d’un roster encore conséquent il y a un an de cela. Le combat est de facture classique, avec deux heels dominatrices dans les premières minutes, Rayne entrant par la suite sous les acclamations de la foule pour inverser la tendance. Un finish contré en Backslide plus tard, voilà l’ancienne reine de la TNA repositionnée en principale prétendante au titre. Pas encore de scission au programme pour le duo Kim/Tapa, juste un début d’énervement.

 

Déboule Sting dans le vestiaire de Jeff Hardy, décidément un sacré moulin. Contrairement à Joe, l’Icon déclare ne pas exiger la moindre explication, il se contente d’adresser un conseil au prétendant à la ceinture (et auteur d’un combat honteux face à lui à Victory Road 2011) : qu’il reste lui-même, en vertu de ses fans autour du monde et de sa famille. Hardy demeure très froid et dit à Sting qu’il n’a pas les éléments pour tout comprendre.

 

Spot Impact 365 enregistré plus tôt dans la semaine. Rockstar Spud s’excuse auprès de Dixie pour ne pas avoir pu ramener la ceinture poids lourds originelle. Alors qu’il rentrait dans les détails, la présidente s’énerve et balaye ses explications ; le fait est qu’à quelques jours de la finale, ils doivent trouver une solution d’urgence. Elle l’enjoint de mettre la main sur quelqu’un capable de fabriquer une réplique de la ceinture.

 

En voilà une qui a retenu la leçon.

 

 

La cage et l’échelle du main event sont d’ores et déjà en place, rappelons que le Dixieland Match consiste, pour le meilleur ou le pire, à mixer deux stipulations emblématiques.

 

Un nouveau clip nous présente les temps forts des parcours de Jeff Hardy et Magnus dans le tournoi, ainsi que les doutes semés par l’invitation à dîner de Dixie.

 

Jeff Hardy arrive au ring en tenue de combat. Pourtant, il se munit d’un micro et revient sur les insinuations dont il a été victime tout au long du show. Il reconnaît avoir fait de nombreuses erreurs dans sa vie, des choses qu’il ne pourra jamais effacer, mais au moins peut-il ne pas les répéter. En point d’orgue, il cite la purge qu’a été sa prestation de Victory Road 2011, quelque chose que l’on ne verra plus jamais.

 

Il en vient enfin à son fameux tête à tête avec Dixie la semaine dernière. De quoi s’agissait-il ? Simplement d’une discussion où il a évoqué son futur, sa femme, sa fille, son amour du métier. Cependant, il n’était pas naïf sur les intentions de la présidente. Aussi sait-il qu’en se rangeant de son côté, il aurait obtenu tout ce qu’il voulait en échange d’une perte d’indépendance. Or, personne ne le manipule, personne ne contrôle ses « créatures ». C’est cette réponse qu’il a fait entendre à Dixie en privé. Il se compare alors à AJ Styles, car il sera comme lui capable de gagner le titre sans aucune aide et représenter la compagnie de la manière qu’il entendra.

 

La présidente s’amène en personne pour le contredire. Libre à lui de se comparer à AJ Styles, et dans un sens il existe des similitudes. Notamment le fait que les deux lui doivent tout ce qu’ils ont obtenu. Quant à la question de ses errements passés, elle est celle qui a su la première lui pardonner. Jeff valide ce dernier point et tente de poursuivre, si ce n’est que la véhémence de la patronne est la plus forte. Elle pointe du doigt ceux qu’il appelle aujourd’hui ses « créatures », les mêmes qui lui avaient tourné le dos pendant sa période sombre, contrairement à elle. C’est seulement pour cela qu’il a conservé son job, c’est pour cela qu’il doit penser uniquement à ce qui est meilleur pour la compagnie ce soir, non au bien-être de sa précieuse femme et de sa petite fille. Dans le cas inverse, il devra recourir à une recherche d’emploi permanente comme AJ Styles actuellement. D’ailleurs, poursuit-elle, qui achètera ses albums de musique ou ses dessins artistiques s’il ne peut plus les promouvoir en étant un catcheur actif ? Elle appuie le tout d’une formule à l’allure de sentence : « Tu as plus besoin de Dixie Carter que Dixie Carter a besoin de toi ». À lui de prendre la bonne décision : celle pour le business ou celle pour les stupides « créatures » qui le soutiennent. Elle conclut en signalant que, compte tenu de l’importance de l’évènement, elle restera dans les parages pour suivre son combat.

 

 

Oh mon dieu j’ai cru voir l’Antéchrist une deuxième fois.

 

 

MATCH 3 : Jeff Hardy vs Magnus (Dixieland Match pour le titre mondial de la TNA)

 

Voilà une confrontation qui a su éviter l’écueil tendu par ce match 2 en 1. La partie dans la cage couvre l’essentiel du temps et ne donne pas lieu à d’incohérences majeures, ni excès de lenteur au moment d’escalader, ni accumulations de spots ne servant pas la narration du combat. Jeff y est bien allé de son saut au sommet de la cage, au lieu d’en sortir, mais au moins était-il justifié par la présence d’un opposant toujours vivace, et non sonné pour le compte comme c’est souvent le cas.

 

La présence d’Ethan Carter entretient le doute, tout comme le démontre sa première intervention pour perturber la descente de Magnus. Le refus par Hardy de ce coup de main inconvenant l’élève au rang d’adepte de la politique John Cenaienne « Hustle, Loyalty, Respect ». Le caractère opportuniste de Magnus pour profiter des circonstances en fait une sorte d’Edge nouveau, ayant dans ce tournoi profité deux fois de suite de règlements de comptes extérieurs sans se salir les mains. Sera-t-il pour autant un Corporate Champion ? Une alternative intéressante consisterait à en faire un heel à double tranchant : aussi bien complice et bénéficiaire des agissements de la direction, tout en se montrant fourbe avec ses alliés objectifs quand la situation le nécessite.

 

 

La Perfide Albion a pu compter sur son deuxième larron. De là à conclure au communautarisme…

 

 

Encore un show très mitigé pour son équilibre d’ensemble, mais satisfaisant au niveau du traitement de ses deux principales sources d’enjeux : la finale du tournoi et les conséquences du Feast or Fired. Effet pervers de cette focalisation sur deux points précis, de nombreuses absences : Chris Sabin ou Austin Aries par exemple, ce dont nous avons pris l’habitude, mais aussi plus nouveau, Bad Influence. Reste à savoir qui va hériter du rôle de face numéro un pour contrer le désormais heel Magnus (l’est-il vraiment ?), puisque Kurt Angle et Jeff Hardy semblent en passe d’être enterrés sans fleurs ni couronnes.

 

 

Les récompenses du soir :

 

« Le moment dont on se souviendra encore dans un mois » : L’énième renvoi d’une fédération de Chavo Guerrero, pourtant loin d’être mauvais ou du luxe dans un roster X-Division ou Tag Team. Et bien sûr, le sacre de Magnus, même si facile à deviner depuis son incorporation dans le tournoi comme le seul non-ancien Champion des huit participants.

 

« La séquence drôle de la soirée » : RAS

 

« Le Match de la soirée » : Jeff Hardy vs Magnus, pas exceptionnel mais fidèle à nos attentes, contrairement au 2 out of 3 falls.

 

« La Phrase de la soirée » : La prophétie de Chavo « Qu’importe ce que me réserve cette mallette, je resterai un Guerrero. »

 

« La Pop de la soirée » : Eric Young

 

« Le Heel Heat de la soirée » : Dixie Carter

 

« Le « On comprend pas tout » de la soirée » : Le nombre de segments inutiles pour tenter de confondre Jeff Hardy, ayant eu l’exact effet inverse.

 

« La mention spéciale » : Les différentes attitudes d’Ethan Carter III pendant l’épisode de l’ouverture des mallettes.

 

 

Comme un relent de Damien Sandow dans l’air.

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