Bilan de mi-saison : optimisme de rigueur malgré les défaillances (Fou de Foot, 11 janvier 2014)

Ce n’est pas le calme plat ayant régné sur la maison violette durant la trêve hivernale qui aura donnée des signes d’ambition pour la deuxième partie de la saison. Un mélange de quiétude et de silence enveloppé dans de la tranquillité, ce qui dénote à l’heure où la plupart des clubs de Ligue 1 de statut comparable ont réalisé ici ou là une affaire (J.Ayew à Sochaux, Cissé à Bastia, Hoarau à Bordeaux…). Alors, faut-il déjà tirer un trait sur cette saison de transition ?

Onzième avec 25 points à la trêve, soit des temps de passage relativement similaires à l’an dernier (douzième avec 26 points à la même période). Les écarts sur la place de quatrième (sept au lieu de six points) ou celle du premier relégable (onze au lieu de dix) prêtent également au parallèle. Autrement dit, une position véritablement confortable et loin de toute pression avant d’aborder la deuxième phase. Mesurons donc ce qui constitue à ce jour les spécificités et les tendances d’une équipe en apparence semblable à toutes les autres.

 

Le sacre du 3-5-2

Ce qui avait presque commencé comme une boutade de fin de saison 2012-2013, alors que le club n’avait plus rien à craindre ou à espérer, s’est poursuivi sans la moindre exception durant toute la phase aller. Et Alain Casanova d’en profiter pour casser son image d’entraineur défensif. Ne pas se fier à la feuille de match pour autant, ce TFC-là n’est pas un navire qui part à l’abordage. Ce 3-5-2 est sans cesse modulé selon les forces en présence et les circonstances de jeu. L’apport offensif en tant que milieu droit de l’ultra polyvalent Serge Aurier n’a à ce titre rien de comparable avec celui d’un Akpa-Akpro ou d’un Ninkov, pourtant aligné à tour de rôle à ce poste. Idem dans l’axe selon que soit préféré de purs récupérateurs comme Didot ou Aguilar ou des manieurs de ballon plus « joueurs » comme Trejo. Ce système de jeu s’appuie avant tout sur une forte densité au milieu de terrain. Et effectivement le TFC s’est révélé dominateur dans cette portion du jeu, bien que peu apte à exploiter sa possession de balle. Un peu comme un serpent capable d’entourer sa proie, mais dénué de venin.

La répartition des joueurs sur le terrain importe moins que l’animation offensive. Qui a les clés au TFC ? Chantôme ? Partiellement, oui. Trejo ? Il aimerait bien être plus décisif et a des atouts pour y parvenir mais… En attente d’éclosion, il faut s’en remettre à la force collective.

La récente prestation à Nantes, de loin la plus aboutie des matchs allers, a révélé une créativité nouvelle. Hélas non validée par un nul poussif face à Guingamp lors de la rencontre suivante. Restera-t-elle un one shot sans lendemain ?

Ça coince à la maison

Le principal problème est là : le faible rendement des Toulousains au Stadium. Au total une récolte tout juste moyenne de 14 points sur 27 possibles. L’impression de gâchis est particulièrement criante quand on constate les dégâts face à des équipes moins bien classées. Des clients au maintien comme Ajaccio et Montpellier sont venus prendre un point mérité, tandis qu’une équipe chaotique comme Rennes a été la seule à s’imposer au Stadium, de la manière que l’on sait (0-5). La thèse du « petit » venant arracher un résultat avec une défense fortifiée et un jeu en contre ne tient pas. À l’exception éventuellement de Guingamp, le TFC n’a pas fait face à des équipes beaucoup plus regroupées qu’à l’extérieur. Reste cette difficulté à assumer un statut de favori. Une hypothèse plus probable. Et souhaitable, sans quoi l’heure des comptes pourrait s’avérer redoutable en phase retour. Quasiment tous les cadors de Ligue 1, l’OM excepté, ont un déplacement dans la ville rose au programme dans les prochaines semaines  ou mois (Monaco, Saint-Etienne, Paris SG, Lille, Lyon). Le bilan à domicile face à ces clients au top 5 déterminera en partie l’intérêt de la deuxième moitié de saison.

Et la coupe de France dans tout ça ?

De là à accrocher un sésame européen par le championnat, il est des rêves éveillés qu’il convient de savoir balayer face à la réalité. Notamment en vertu de ces fameuses carences face aux petites équipes. Reste donc une autre voie, loin d’être balisée.

Encore un peu et cette question se serait autodétruite sur le terrain champêtre de Romorantin le week-end dernier, mais ce TFC si prompt à se mettre tout seul dans des guêpiers comme à Annecy, Lille ou face à Montpellier en championnat, sait aussi parfois ne pas s’affoler. Et éviter la dramatique inutile d’une trentaine de minutes supplémentaires, susceptibles de booster les amateurs locaux. Au gré des prochains tirages au sort, celui des 1/16 de finales s’étant révélé une nouvelle fois clément (déplacement à Moulins, club de CFA), les Haut-Garonnais seraient bien inspirés de davantage miser sur ce qui constitue la voie la plus rapide à une croissance sportive et économique, étant donné qu’ils sont rayés de la Coupe de la Ligue. Le moins qu’on puisse dire c’est que la culture « coupe » n’est pas une vertu locale. Au palmarès du club, une seule victoire dans la plus vieille compétition de France en 1957 (et encore s’agissait-il du TFC première mouture, l’actuel étant créé dans la décennie suivante). Avant cela, rien. Après, rien. Pis, pas même une montée infructueuse dans la capitale à déplorer, ni de finale perdue en Coupe de la Ligue, malgré des saisons où il n’est entré dans la compétition préférée de Frédéric Thiriez qu’au stade des huitièmes de finale. Pourquoi y’aurait-il une (r)évolution des mentalités cette année ? Et bien par exemple parce que le groupe est sorti de sa routine avec les départs de nombreux cadres, remplacés par des hommes à la notoriété non établie. Qu’ils aient signés à Toulouse pour s’installer sur le long terme ou pour s’en servir de tremplin vers une destination européenne plus prestigieuse, leur renommée ne sera pas assurée par une place en milieu de tableau. Rien de tel qu’un petit challenge annexe pour créer de l’émulation. La difficulté sera accrue par les ambitions carnassières affichées par des clubs plus huppés, ainsi le Paris SG est déterminé à jouer sur tous les tableaux. Et que dire de clubs, tentés, au gré de leur décrochage en championnat, de s’offrir un bol d’air frais avec Dame Coupe. Tendance des 1/32e, un seul club de L1 éliminé par une équipe d’une division inférieure, à confirmer… quitte à ne pas jouer un seul tour au Stadium si besoin est. De même qu’en Ligue 1, l’antre des violets n’est pas gage de plus-value dans des matchs couperets. Ainsi c’est à domicile que les jambes ont flageolés lors des deux dernières opportunités d’aller au stade de France : face à Guingamp, futur vainqueur en 2009 et devant Marseille en ½ finale de la coupe de la ligue l’année suivante.

Pronostics

Le joueur qui va exploser lors de la phase retour : Adrien Regattin. Ses deux titularisations à la fin des matchs allers ont laissé présager un bien bel avenir. Reste à espérer qu’il ne retournera pas sur la touche au retour de blessure de Clément Chantôme. Une association des deux aurait fait de quoi transformer durablement le jeu.

Le joueur qui n’en finira pas de décevoir : Jonathan Zebina, pour l’instant l’erreur de casting sur toute la ligne. Une défense s’est construite sans lui durant sa longue indisponibilité, ses prestations n’ont depuis pas vraiment apporté la sérénité attendue. En point d’orgue son expulsion stupide contre Montpellier. Aujourd’hui, un Abdennour ou un Aurier constituent de bien meilleures garanties.

Le total qu’atteindra le meilleur buteur toulousain : Tablons sur douze unités tout au plus pour Ben Yedder ou Braithwaite, à moins d’une évolution vers un système de jeu privilégiant l’approvisionnement en ballons d’une seule pointe.

Le classement final du club : 8e, bien au chaud, avec seulement deux points pris dans les quatre derniers matchs.

 

Tous les résultats de la première moitié de saison

 

Championnat

J1

E

VALENCIENNES

0-3

 

J2

D

BORDEAUX

1-1

Ben Basat (45′)

J3

E

MONACO

0-0

 

J4

E

BASTIA

1-2

Braithwaite (57′)

J5

D

MARSEILLE

1-1

Ben Yedder (66′)

J6

E

SAINT-ETIENNE

2-1

Braithwaite (63′) Sylla (75′)

J7

D

LORIENT

1-0

Braithwaite (71′)

J8

E

PARIS SG

0-2

 

J9

D

NICE

1-0

Ben Yedder (34′)

J10

E

REIMS

2-1

Trejo (42′) Braithwaite(88’sp)

J11

D

RENNES

0-5

 

J12

E

EVIAN TG

1-2

Aurier (52′)

J13

D

AJACCIO

1-1

Sylla (42′)

J14

E

LILLE

0-1

 

J15

D

SOCHAUX

5-1

Ben Yedder (28′) Ben Yedder (45′) Sirieix (47′) Ben Yedder (62’sp) Zouma (90’+3csc)

J16

E

LYON

1-1

Braithwaite (82′)

J17

D

MONTPELLIER

1-1

Aguilar (71′)

J18

E

NANTES

2-1

Didot (54′) Akpa-Akpro (71′)

J19

D

GUINGAMP

0-0

 

 

Coupe de France

 1/32

E

ROMORANTIN

 2-1

Regattin(37′) Braithwaite(90’+4)

 

Coupe de la Ligue

 1/16

E

CRETEIL (L2)

 3-1

Sylla(50′) Trejo(79′) Ben Yedder(90′)

 1/8

E

MARSEILLE

 1-2

Spajic(42′)

 

 

Temps de jeu (min) en Ligue 1

21 joueurs utilisés : Ahamada (1710 mins) Spajic (1568) Sylla (1448) Aurier (1440) Ben Yedder (1429) Abdennour (1324) Braithwaite (1323) Chantôme (1260) Didot (1189) Trejo (1072) Aguilar (1013) Zebina (519) Yago (773) Ninkov (716) Akpa-Akpro (570) Regattin(442) Ben Basat (395) Sirieix (338) M’Bengue (119) Moubandje (59) Fennouche (9)

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