Critique Casse-tête chinois (Allociné, 9 février 2014)

Allociné Casse-tête chinoisCasse-tête chinois de Cédric Klapisch avec Romain Duris, Cécile de France, Audrey Tautou (France; 2013) ***

Xavier a maintenant 40 ans. On le retrouve avec Wendy, Isabelle et Martine quinze ans après L’Auberge Espagnole et dix ans après Les Poupées russes. La vie de Xavier ne s’est pas forcément rangée et tout semble même devenir de plus en plus compliqué. Désormais père de deux enfants, son virus du voyage l’entraîne cette fois à New York, au beau milieu de Chinatown. Dans un joyeux bordel, Xavier cherche sa place en tant que fils, en tant que père… en tant qu’homme en fait ! Séparation, Famille recomposée. Homoparentalité. Immigration. Travail clandestin. Mondialisation. La vie de Xavier tient résolument du casse-tête chinois ! Cette vie à l’instar de New York et de l’époque actuelle, à défaut d’être cohérente et calme vient en tout cas nourrir sa plume d’écrivain…

Petit proverbe cinéphilique : suites espacées par de nombreuses années = objets suspects. C’est donc à reculons que l’on s’adonne à ce Casse-tête chinois, plus de huit ans après Les poupées russes, lui-même séquelle de L’auberge espagnole, sorti il y a maintenant prés de douze ans. Reconnaissons d’emblée à Cédric Klapisch la cohérence de son fil rouge, la vie chaotique du personnage de Xavier, pendant années 2000 de l’Antoine Doisnel de François Truffaut. L’idée d’une trilogie germait depuis le début et cela se ressent. À ce titre, la transition d’étudiant à père de famille, tout en devenant un scénariste et écrivain à succès, se réalise en douceur et en symbiose avec les affres de la génération que le héros incarne. D’un point de vue narratif, ceux (visiblement nombreux) qui ont abhorrés les procédés et tics de langage cinématographique du deuxième volet seront servis au centuple. Le réalisateur se permet tout, et parfois de manière totalement gratuite : splits screens sans foi ni loi, ralentis esthétisés, arrêts sur images abruptes, séquence d’animation funky…autant d’effets de manches délivrés sur fond musical omniprésent et voix off caressant dans le sens du poil. Force est de constater que ce cocktail à l’allure de guêpier fonctionne une nouvelle fois. Bien de son époque (famille recomposée la quarantaine passée, enfant procréé pour un couple homosexuel, cosmopolitisme new-yorkais), le film assume son côté bordélique, via des multiples mini-récits lui faisant franchir vaillamment la barre des deux heures. Certains sont plutôt dispensables (la visite du père), quoique réjouissants (la liaison d’Isabelle avec sa jeune baby-sitter). Nous échappons donc de peu à l’indigestion grâce à la maestria de conteur de Cédric Klapisch, remise en cause le temps de son fade Ma part du gâteau (2011). Un seul souhait nous envahit à la vue d’une fin assez ouverte, que l’aventure s’arrête belle et bien ici, sous peine d’un ultime épisode réellement lourdaud.

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