De bonnes résolutions en pagaille – Review TNA Impact du 2 janvier 2014 (Les Cahiers du Catch, 11 février 2014)

Un train peut en cacher un autre.

Expression populaire

Avant-dernier show enregistré de longue date, avant la reprise du direct le 16 janvier avec l’Impact « Genesis », cette première édition de 2014 est marquée par un rebondissement qu’on n’attendait pas de sitôt autour du titre mondial, ainsi que par une dose d’action supérieure à la moyenne. Retour à l’essence du produit TNA ?

Ne prenez pas peur l’avenir de la fédération est sans doute inclus dans cette photo, mais où ?

Nalyse TNA Impact du 2 janvier 2014

En (pas) direct des Studios d’Orlando, Floride

Le show débute par un clip promotionnel pour le gros morceau de la soirée : la célébration publique du couronnement de Magnus, seul et unique Champion de la compagnie. Incontestable pour autant ? Nous le saurons bien assez vite.

Kurt Angle débarque sous les acclamations d’une arène tout acquise à sa cause. Il entame son discours en faisant profil bas, 2013 fut la pire année de sa carrière (ce qui n’aura échappé à personne). Il nous informe que le conflit avec Aces & Eights a laissé son corps détruit, sans compter ses problèmes personnels au printemps dernier. Pour ces raisons qu’il a refusé d’entrer au Hall of Fame, car il veut pouvoir se revendiquer à nouveau comme un « World Class A Athlete ». Certains l’ont surnommé à tort Cyborg, car il a été tout sauf cela en 2013, mais il est temps de parler de ses projets pour 2014.

L’exposition s’arrête là puisque Bobby Roode vient l’interrompre (et préfigurer l’extension du domaine de la feud cette année encore ?). Ne cachant pas une allure très réjouie, le It Factor rejoint son ennemi des derniers mois et se permet d’anticiper son discours. Ainsi il trouve génial que Kurt évoque enfin ses faiblesses, suppose que cette clairvoyance nouvelle va le pousser à annoncer son retrait des rings, comme Jeff Hardy la semaine dernière. Peut-être a-t-il réalisé après sa succession de défaites face à lui qu’il n’avait décidément pas ce qu’il faut pour continuer dans ce business. Roode poursuit en demandant une faveur, maintenant que son départ est imminent il lui reste à reconnaître les yeux dans les yeux que le It Factor du catch professionnel est meilleur que lui.

Naturellement le Champion olympique le contredit, non seulement il ne va pas se retirer, mais il promet de lui botter les fesses en 2014. Il le challenge d’ailleurs aussitôt pour une nouvelle opposition. Roode manifeste sa stupeur, demande à son interlocuteur s’il n’est pas fou. Un nouveau match ? Il n’en est pas question, conclut-il. De son point de vue, il n’a plus rien à prouver à personne, il l’a vaincu à plusieurs reprises, a démontré sa supériorité et a même prouvé qu’Angle n’était pas un potentiel Hall of Famer. Ils en ont fini, déclare-t-il enfin, en faisant mine de quitter les quatre cordes. Mais alors que le divin chauve est resté droit devant lui sans ouvrir la bouche, le mauvais garçon semble soudain hésiter, regarde à droite à gauche puis reprend la parole. Peut-être qu’il pourrait finalement accepter ce challenge, ce nouveau match, à la condition que Kurt mette quelque chose en jeu. Il précise aussitôt sa pensée : quand il le battra à nouveau, car le conditionnel n’a selon lui pas sa place dans sa proposition, Angle devra quitter la compagnie et surtout respecter une clause de non-intronisation au Hall of Fame à tout jamais.

Kurt accepte sans la moindre contestation, il fixe même le duel au 16 janvier suivant pour le show Impact Genesis de Huntsville en Alabama. Seule exigence de sa part, que le tout se déroule… dans une cage ! À ces mots, Roode recule de plusieurs bons mètres et repart dans une rage dont il a le secret. Il répète les clauses induites par son adversaire à voix haute, et accepte le défi.

Après avoir simulé, un nouveau départ Bobby provoque un brawl. Voilà les deux larrons repartis pour l’exercice dans lequel ils sont passés maîtres. La sécurité vient alors s’en mêler, et même Rockstar Spud, envoyé bouler comme du linge sale par Angle. Le chef du staff s’empare d’un micro et réprimande les deux trouble-fêtes, rappelle qu’il s’agit de la soirée de Dixie. Mais puisque les deux veulent en découdre, ils les convient à se choisir un partenaire pour concourir dans un deux contre deux ce soir.

Inutile de m’étaler de semaine en semaine sur le talent de showman de Bobby Roode, le fait est que ses mimiques et ses « what ? » étaient irrésistibles et qu’il a totalement porté ce segment sur ses épaules face à un Angle transparent. Sinon, ça me fait toujours autant marrer le souci des catcheurs de fixer leurs combats pour les gros évènements de la compagnie, y’a-t-il si peu de haine entre les deux qu’ils puissent attendre sans frémir deux semaines ? L’intrusion d’un General Manager pour programmer les matchs en fonction des critères promotionnels de la compagnie passerait beaucoup mieux. D’ailleurs Spud finit bien par s’amener, mais se contente de la jouer Teddy Long sur le coup.

Comme quoi EC3 a raison de considérer sa victoire contre Earl Hebner comme un exploit.

Petit récapitulatif du programme de la soirée, ce qui donne l’occasion de découvrir une opposition Joseph Park/Bully Ray sortie « out of nowhere », sinon pour marquer les deux ans de la disparition originelle d’Abyss, envoyé dans un transfo par l’ancien leader des Aces & Eights à Genesis 2012. Également au menu, la tenue d’un Open Challenge par Gail Kim, après les dernières éditions contrariées par la paire ODB/Madison Rayne.

Détour par les couloirs de l’arène où Dixie Carter nous vante (vend ?) les mérites du nouveau Champion du monde, elle déclare même qu’après onze années de recherche elle vient de trouver le parfait représentant du titre. Tout de suite après ce message, elle se dirige vers son bureau, reçoit un courrier anonyme où est inscrit « On se voit ce soir ». Elle est troublée et interroge le colporteur sur l’origine de celui-ci, mais il n’en sait guère plus. Ainsi repart-elle contrariée.

Un invité-surprise en vue dans le main event de ce soir. Serait-ce… non je n’ose y penser.

Clip promotionnel pour un show One Night Only consistant en un tournoi par équipe.

Dixie, toujours aussi interloquée, ordonne à Rockstar Spud, depuis une petite pièce filmée à la sauvette, de mener des investigations pour en apprendre le maximum sur le mystérieux courrier reçu.

MATCH 1 : Gail Kim vs… Madison Rayne (Open Challenge)

Petite promo habituelle de la Championne des Knockouts avant le match, selon laquelle 2013 fut son année, qu’elle est la plus dominante des compétitrices. À son avis 2014 sera encore un meilleur cru, à condition que celles répondant à ses défis s’avèrent plus impressionnantes que jusqu’à présent. La musique de Rayne retentit alors. Malgré une molle contestation de la légitimité de cette candidate, le match a bel et bien lieu. Une opposition à la fois technique et rythmée comme aux meilleurs jours de la division, hélas conclue par une énième variation de Roll Up en faveur de la face. Tapa n’a pas eu le temps d’intervenir et la tendance au déclin de la Championne heel se poursuit.

Kim prend toujours autant soin de faire acquiescer ses dires par sa protectrice Lei’D Tapa, dont l’absence de réaction et la neutralité d’expression ne permettent aucune interprétation. Pourtant, la perte de son titre passera sans doute par une scission. Par ailleurs, je croyais naïvement que l’Open Challenge consistait à mettre le titre en jeu à chaque fois… Le résultat de cette édition révèle donc que la Championne ne défend pas sa ceinture depuis deux mois ? On n’est pas à une incohérence prés, alors réjouissons-nous plutôt d’avoir vu le meilleur combat knockouts depuis Bound for Glory.

Madison règne dans l’art du camouflage.

Dans les vestiaires avec Velvet Sky et son comploteur de fiancé Chris Sabin, toujours aussi méprisant et hautain à son égard. Concernant les plans pour ce soir (son rematch pour le titre X-Division face à Austin Aries), il affirme que si elle l’écoute attentivement et se contente de réaliser ce qu’il lui demande il repartira avec la ceinture autour de la taille. Si elle ne le fait pas, il quittera le building sans elle (Sky, pas la ceinture, encore que les deux soient interdépendants vous avez compris l’idée). La pauvre petite n’a même pas le temps de répliquer et demeure désemparée devant un miroir.

Kurt Angle s’entretient avec Gunner qu’il souhaite avoir pour équipier dans le Tag Team Match de tout à l’heure. Le détenteur de la mallette de challenger ultime accepte sans se faire prier, d’autant que son interlocuteur lui a assuré croire qu’il fera fructifier son gain pour devenir Champion du monde (pouaaaah). De passage dans le coin, James Storm ne semble pas goûter à cette association qu’il qualifie « d’intéressante ».

Les bookers se décideraient-ils enfin à mener la discorde Gunner/Storm quelque part ?

MATCH 2 : Austin Aries vs Chris Sabin (X-Division Championship)

Largement dominé pendant l’ensemble de la rencontre, Sabin est sauvé par une intervention à contrecœur de sa belle. Elle se contente de se poster sur le tablier du ring sans nuisance particulière. Or l’arbitre est suffisamment tatillon pour se concentrer sur elle, et le Champion naïf pour oublier un temps son opposant. Un Low Blow plus tard et voilà que le challenger obtient le tombé par un Roll Up d’école. Sky culpabilise à en pleurer. Elle ne sera pas réconfortée par son boy friend qui dans sa promo post-victoire n’accorde de mérite qu’à lui-même.

Bien que meilleure, cette deuxième manche n’aura pas rattrapé l’opposition assez pâle d’il y a quelques semaines, faute à un manque de temps et à un booking axé sur la fidélité de Sky vis-à-vis des consignes de Sabin. On peut néanmoins saluer le côté tactique d’Aries et l’originalité de certaines de ses manœuvres. Ce mec est une espèce de mix parfait entre Chris Jericho et Eddie Guerrero. Je suis hélas sceptique sur l’intérêt des rotations aussi rapprochées de ce titre X-Division, bientôt réduit à la valeur d’un Championnat TV.

Question beuh aussi ils ne sont pas sur la même longueur d’onde.

Clip promotionnel pour l’édition spécial Genesis du 16 janvier prochain.

Côté coulisses, Rockstar Spud répète avec entrain la partie du discours qu’il prononcera pour le couronnement de Magnus. Son téléphone sonne alors (musique de Dixie, lèche-bottes jusqu’au-boutiste qu’il est). Cependant, personne ne parle à l’autre bout du fil. Inquiet et en proie à la paranoïa, le chef du staff rumine qu’il s’agit du quatrième appel de ce genre ce soir.

MATCH 3 : Samuel Shaw vs Norv Fernum

Nouvelle utilisation du jobber-crevette pour lancer sur la bonne voie une carrière, en l’occurrence celle de Shaw, dont la gimmick à la American Psycho intrigue fortement. Niveau look, ce gendre idéal se contente d’un polo et d’un jean. Seule incongruité, il conserve ses gants en cuir pour catcher. Suite à son entrée, il enjoint Christy Hemme d’aller s’installer à l’extérieur, ce qui n’est pas sans l’étonner. Le combat se résume à une exécution sommaire, composée de mouvements très « stiffs » et conclut par un étranglement debout. Entre deux coups, Shaw regarde Hemme de manière obsessionnelle, attitude qu’il renouvelle à la fin du combat. La jolie rousse contient péniblement sa gêne devant la situation.

Un début de storyline qui augure d’un plan à long terme pour le nouvel intronisé, pas vraiment d’information claire sur l’état de la relation entre Christy et son dom Juan.

Dans les couloirs Storm se déclare non étonné de l’attitude de Gunner. En tant que légende de la division par équipe, il se trouve le mieux placé pour savoir qu’on peut changer de partenaire avec succès. Hélas, Kurt Angle a selon lui commis une erreur en choisissant le mauvais membre du duo. Ainsi promet-il d’y répondre à sa façon. Il ouvre alors une porte et déclare « avoir trouvé justement celui qu’il cherchait ».

Après un écran de pause, nous retrouvons Bobby Roode en gros plan, méfiant devant la proposition de partenariat qu’un interlocuteur hors champ vient de lui soumettre. Il exige de connaître une seule raison pour laquelle il devrait lui faire confiance. Basculement de caméra pour dévoiler (sans surprise) Storm. L’amateur de bières place la conversation sur un autre terrain, il ne s’agit pas pour lui de faire confiance puisqu’il est en est tout aussi incapable. Il déclare même haïr Bobby, non sans préciser qu’il a besoin d’être son associé ce soir pour « envoyer un message ». Le It Factor rétorque que ce n’est pas son problème, car de son côté il n’a pas et n’a jamais eu besoin de lui. Le cow-boy reformule sa demande sous forme de chantage : soit il accepte de l’avoir à ses côtés, soit il devra s’accommoder d’une attaque incongrue de sa part pendant le combat, car il s’en prendrait alors aux concurrents sans la moindre distinction. Storm quitte le vestiaire, abandonnant un Bobby pensif.

Impossible de cracher sur une bonne vieille reformation de Beer Money, même dans ce cadre restrictif. Amorce ou pas d’un futur heel-turn, cela promet en tout cas une belle rencontre.

Lequel des spectateurs en train de la mater vais-je agresser ?

Vidéo revenant sur la finale Magnus/Jeff Hardy, avec en toile de fond de nouveaux commentaires du vainqueur du tournoi.

MATCH 4 : Kurt Angle & Gunner vs Bobby Roode & James Storm

Lors de son arrivée pour le combat, Jeremy Borash demande à Gunner ce qu’il pense de la possibilité de voir Storm s’associer à Roode. Cette perspective est qualifiée « d’intéressante » et serait selon lui facteur de plus grande intensité. L’alliance s’avère effective, mais les deux anciens compères réalisent cependant deux entrées séparées plutôt qu’une arrivée sous l’étiquette Beer Money. Le public n’en a cure et ressuscite aussitôt les chants propres au mythique duo. Les deux se jouent de ce rapprochement de circonstance, multiplient les interventions à la limite de la légalité, exécutent une souplesse collective, mais ne cèdent pas à la ferveur ambiante pour pousser le pacte jusqu’à la complicité. Ainsi Roode couvre Gunner pour la victoire, grâce au Last Call salvateur de Storm, et quitte le ring sans un regard pour son équipier. Il est vrai que l’assaut d’Angle l’a fortement aiguillé vers la sortie.

Cinquième succès télévisé de rang pour Bobby Roode dans une opposition avec Angle (dont trois en one an one), le résultat a contrario du Cage Match de Genesis semble ne faire aucun doute. Pourvu que les deux se remettent ensuite à tourner autour du titre mondial. Quant à l’antagonisme Storm/Gunner il passe un palier décisif. L’enjeu de la mallette du Feast or Fired sera sans doute remis sur le tapis à un moment ou à un autre.

Beer Money en mode Canada Dry ça gagne quand même.

Sting marche dans les couloirs d’un air décidé. Il se voit couper la route par Spud, ce dernier l’accusant d’être l’auteur des appels téléphoniques et du courrier anonyme. L’Icon le balaye de son chemin et l’informe qu’il n’est pas venu pour lui parler, mais pour s’adresser au « petit chien de Dixie ». Référence à peine voilée à EC3.

Voilà justement le neveu pistonné de Dame Carter en route vers les quatre cordes. Son arrivée est entrecoupée par les images du main event de la semaine dernière, notamment ponctué par les adieux soudains de Jeff Hardy.

Ethan Carter The Third dresse tout d’abord un bilan tout personnel de l’année 2013, marqué par ses débuts ayant changé la face du catch. Il vante à ce titre la rude adversité à laquelle il a fait face, pointe ses quelques détracteurs du doigt en rappelant qu’il est l’auteur du tombé sur Sting dans le match par équipe. Un peu de moquerie par la suite au sujet du départ de Jeff Hardy dont il salue le nouveau temps disponible pour écrire poèmes et chansons à l’attention de ses « créatures ». Il lui propose cependant une rédemption, le défie de s’amener pour un duel right here right now. La musique du Rainbow Haired Warrior retentit, mais évidemment personne ne s’amène. EC3 saisit l’occasion pour réclamer la sonnerie du gong et une éventuelle victoire par forfait. Alors qu’il atteint le compte de neuf, c’est la musique de Sting qui investit à présent l’arène.

Le fringant quinqua le rejoint sur le ring, déclare ne pouvoir supporter d’entendre des propos dégradants sur Jeff Hardy, car celui-ci a prouvé qu’il était un « homme » contrairement à son détracteur. EC3 se prétend un homme, et même un homme qui l’a battu la semaine dernière, aussi le remercie-t-il de son intervention, mais l’invite à regagner les vestiaires. Loin de s’écraser, le Stinger se dit conscient que le jeunot fait et fera tout ce qu’il est possible pour esquiver une rencontre avec lui, logique puisqu’il n’est qu’un petit chien teigneux. L’Icon l’encourage alors à prouver qu’il vaut mieux, en étant capable de le défier par exemple. Le public accentue la pression en chantant de manière répétée « Dixie Lap Dog ! ». Rien n’y fait, le neveu Carter affirme qu’il ne se laissera pas manipuler et quitte les lieux. Cependant, il rebrousse chemin et finit par annoncer qu’il affrontera Sting… dans deux semaines à Genesis.

Joseph Park, toujours aussi peu sûr de lui, se trouve aux côtés d’Eric Young. Il a beau avoir vu les enregistrements vidéo de ses prestations « habitées » des derniers shows, il n’en a aucun souvenir. Aucun doute de son point de vue, il est Joseph Park et Abyss est son frère. Il reproche alors à Young d’avoir planifié son combat à venir face à Ray. Le petit barbu réclame de la confiance et précise son objectif : le ramener à la situation de départ pour provoquer un déclic. En effet, il y a deux ans presque jour pour jour Abyss affrontait Bully Ray, il lui confie donc la tâche de marquer l’évènement par une victoire ce soir. Young laisse seul un Park toujours aussi terrifié. Surgit alors Bully qui lui garantit que venir l’affronter seul n’est pas la meilleure chose qui soit. Il promet de le démolir et regrette de le voir dans le rôle de celui qui devra expier les pêchés de Mr Anderson.

MATCH 5 : Joseph Park vs Bully Ray

Le combat n’a pas vraiment lieu puisque l’ancien Dudley Boys, resté dans un coin du ring au retentissement de la cloche, assène d’emblée un Low Blow à son adversaire. Disqualification instantanée. À noter que les deux ont conservé leurs tenues civiles du moment. De manière mécanique, Bully déverse ensuite un liquide inflammable sur les habits de son opposant et s’apprête à utiliser un briquet. Mr Anderson se précipité à la rescousse, mais est aspergé à la seconde même où il saute sur le ring. Vu que Ray le tient en joug avec le briquet, le blond ne l’attaque pas, il se résout même à le laisser quitter le ring.

Segment bien plat, que ce soit dû au nouveau personnage de Ray, dénué d’intensité ou à la participation amorphe du public, presque comparable au malaise provoqué par l’apparition de Tito Ortiz l’été dernier.

Mince, ça n’avait jamais été fait la gimmick du mec qui défie un absent pour se construire une streak de victoires par forfait.

Nouveau clip pour l’Impact Genesis, enfin un show en direct qui promet de « changer la face de la fédération pour toujours ».

Une déco comprenant un fauteuil-trône, presque semblable à celui du King of the Ring en son temps, un drapeau anglais, quelques plantes et autres babioles a été disposée sur le ring. La cérémonie en l’honneur du Champion poids lourds débute avec Rockstar Spud et ECM.

Le chef du staff promet que l’histoire va s’écrire ce soir, il insiste sur la provenance anglaise de Magnus (ce qui provoque les habituels chants « USA ! USA ! ») et enfonce quelques autres portes ouvertes, avant d’introduire le maître de cérémonie du soir, alias l’homme positionné à sa gauche, le neveu de « Madame » Carter. Ce dernier affûte sa comparaison entre l’Angleterre où règnent des rois et des reines, et les USA où le pouvoir se répartit entre les fameux 1 %. Il répond aux réactions négatives du public par le rappel de son statut d’invaincu, de sa victoire clean sur Sting la semaine dernière, mais aussi par sa simple identité de membre de la famille « dont le monde a besoin ». Il introduit ensuite l’arrivée de Dixie par tous les superlatifs les plus recommandables.

La présidente persiste dans sa manière de feindre des acclamations à son endroit, se félicite d’avoir définitivement tourné la page AJ Styles, changement symbolique qui la ramène à un article de six pages consacré à Magnus lu durant un de ses lointains vols pour New York, alors qu’il était perçu comme un talent montant de la scène britannique. Cinq ans plus tard, elle est fière de pouvoir compter ce Champion aux aptitudes en tout point de vue parfaites au sommet de son roster. Plus que tout, elle salue le fait qu’il a atteint ses accomplissements sans la moindre aide. Elle encourage donc toute la salle à se lever pour accueillir le nouvel homme fort d’Orlando.

Magnus arrive en costard, salue les précédents orateurs et s’installe sur son trône. Il s’en relève très vite pour déclamer un discours empreint de fierté et de virulence envers le public. Il se montre particulièrement flatteur envers Dixie, reproche aux spectateurs d’avoir espéré le couronnement d’un Bobby Roode, Kurt Angle ou Jeff Hardy, pas de chance pour eux c’est bien lui qui siège au sommet. Selon lui, les fans lui ont tourné le dos avant qu’il ne se contente de faire de même en contrepartie. Le jeune Champion promet alors qu’il ne regardera plus jamais les choses « du siège arrière », qu’il vient tout juste de débuter un très très très long règne. Il n’en dira pas plus puisque la musique de Gunner retentit.

Hé Champion, tu n’aurais pas lu le Petit The Rock Illustré avant de venir ?

Non, pourquoi tu dis ça ?

Le détenteur de la mallette donnant droit à un combat pour le titre mondial s’amène effectivement, brandissant le Graal en question. Le challenger affamé reprend à son compte l’expression selon laquelle l’histoire va s’écrire ce soir, « son » histoire débute ici, car il est prêt à combattre sur le champ. La présidente Carter s’interpose aussitôt et garantit que cela n’aura pas lieu maintenant, indique aux officiels de ne pas faire sonner la cloche. Alors qu’elle va se mettre à l’abri, ses assistants (Spud et EC3) parviennent à prendre le dessus sur Gunner. Ils le retiennent afin que Magnus vienne le sonner d’un coup de ceinture. C’est alors… qu’AJ Styles surgit de la foule ! Malgré la large réaction populaire, Magnus ne ressent évidemment pas sa présence dans son dos. Les sbires sont envoyés manu militari à l’extérieur du ring et les deux Champions se font face, malgré les cris d’orfraie de Dixie pour exiger l’expulsion du loup solitaire. Magnus se prête également au jeu et les deux lèvent leur ceinture en signe de défiance. Styles finit par poser la sienne au centre du ring pour mieux réclamer un règlement de comptes, mais cette fois-ci l’Anglais ne fait pas de même, choisissant de se réfugier à l’extérieur.

Deux ceintures mondiales en pleine récession quel est le sens du message ?

Tandis qu’une Dixie au bord de la suffocation continue de clamer que cela n’arrivera pas, Styles se saisit d’un micro et lui indique que sa « propriété intellectuelle » est entre ses mains si elle veut toujours la récupérer. Il affirme être venu ce soir, car il n’a pas supporté d’entendre ses propos selon lesquels elle l’avait créé, ainsi que de la voir continuer à mentir et arnaquer le public. Sa plus grosse arnaque étant à l’heure actuelle de consacrer un Champion qui n’est qu’une farce. Styles réitère les mêmes propos en s’adressant plus spécifiquement à Magnus, en passe d’enrager sérieusement. À son avis, tout le monde sait que ses affirmations sont vraies. Un chant « You are farce » retentit d’ailleurs pour aller dans son sens. Le Phenomenal One poursuit sa charge en déclarant se moquer de voir la ceinture que peut arborer Magnus ou de la liste des adversaires qu’il a pu vaincre, il ne sera jamais le Champion sans avoir vaincu le véritable détenteur du titre. Après un signe d’apaisement envers Dixie, Magnus demande s’il comprend bien la situation, s’il s’agit d’un défi. Réponse affirmative de son opposant, qui met en avant que deux ceintures ne peuvent exister lorsqu’il ne doit y avoir un seul Champion du monde. Malgré les réticences de Dixie, l’Anglais se dirige à nouveau vers le ring. Toutefois de manière hésitante, ce que remarque d’un ton acide Styles, soucieux de titiller la fierté du Corporate Champion : va-t-il simplement écouter sa chef et rebrousser chemin ou prouver qu’il un Champion de cœur et accepter le challenge ? AJ énonce ensuite les idées répandues dans le business selon lesquelles beaucoup ne voient pas en Magnus un Champion, désamorce le contre-argument facile du « Je me fous de ce que pense le public », car il sait bien qu’il s’en soucie. Refuser l’affrontement ce serait céder à son propre doute sur un avenir en tant que Champion mondial. S’ensuit le lancement d’un ultimatum, l’offre d’unification partira en même temps que lui ce soir, il s’en tiendra au choix de Magnus.

Dixie continue de répondre des sempiternels « non » pour son poulain. Ce dernier finit par prendre la parole, assure AJ qu’aujourd’hui il ne lui est plus supérieur et propose lui-même la prochaine édition d’Impact (et non Genesis bizarrement !). Il se doit de répondre favorablement pour que plus personne à l’avenir ne remette en cause la légitimité de son règne. Il menace même de quitter lui-même la fédération avec sa ceinture si les officiels s’opposent à sa volonté. Dixie pointe la folie de la manœuvre, notamment que Styles n’appartient plus au roster de la compagnie, ce à quoi Magnus rétorque qu’elle n’aura qu’à lui accorder un contrat d’une soirée.

Dans une dernière tentative désespérée, la présidente demande à son favori d’évaluer les conséquences : en cas de défaite de sa part, elle n’aura plus rien. Ce dernier s’estime en veine et assume ce risque.

Le show se conclut sur une poignée de main tendue par Styles.

Belle confrontation verbale, malgré la mise en exergue d’un certain manque de prestance pour Magnus, sorte de Randy Orton privé d’un porte-parole de la stature d’un Triple H. Les craintes de le voir se limiter à un rôle de Corporate Champion obéissant à ses maîtres sont balayées. J’apprécie particulièrement de ne pas voir son personnage changer du jour au lendemain. Trop souvent le passage d’un catcheur en heel s’accompagne d’une soudaine lâcheté, ce que je trouve regrettable pour la considération de l’intelligence du public.

Et pourquoi pas un cash in réussi de Gunner pendant qu’on y est ?

Un show très agréable dans l’ensemble qui ouvre des perspectives nouvelles à des feuds anciennes comme Angle/Roode et Ray/Anderson. En point de mire un focus important sur la carte de l’Impact Genesis du 16 janvier prochain. Reste à savoir si le sort autour du titre mondial va se régler rapidement, compte tenu de la persistante inconnue sur les relations hors kayfabe entre Styles et la compagnie.

Les récompenses du soir :

« Le moment dont on se souviendra encore dans un mois » : Le retour d’AJ Styles à l’antenne de manière enfin officielle, enfin à condition qu’il s’agisse bien de cela.

« La séquence drôle de la soirée » : L’attitude de Bobby Roode dans le segment d’ouverture.

« Le Match de la soirée » : Austin Aries vs Chris Sabin, malgré un finish un brin facile.

« La Phrase de la soirée » : « Si on ne signe pas ce match, je partirai moi aussi de la fédération avec ma ceinture. » Magnus, partisan d’une unification contre AJ Styles

« La Pop de la soirée » : Kurt Angle (segment d’ouverture)

« Le Heel Heat de la soirée » : Magnus

 « Le “On comprend pas tout” de la soirée » : Chacun continue de tranquillement s’autobooker, malgré la présence de deux représentants de l’autorité en Dixie et Spud.

« La mention spéciale » : L’incarnation possédée de Bully Ray qui espérons-le aboutira à une nouvelle storyline plus consistante que les Aces & Eights.

Bon pour l’instant ses méthodes d’hypnotisme restent assez rudimentaires.

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