Diviser pour mieux unifier – Review TNA Impact du 9 janvier 2014 (Les Cahiers du Catch, 11 février 2014)

La mouche qui veut échapper au piège ne peut être plus en sûreté que sur le piège même.

Georg Christoph Lichtenberg

 

Rien à attendre d’une édition coincée entre celle de la nouvelle année et le spécial Genesis en direct ? En temps normal oui, sauf qu’en lieu et place d’une soirée de transition nous avons assisté à des expéditions punitives. Les cadavres se sont amoncelés les uns après les autres, ne restait plus qu’à effectuer les pelletées d’un enterrement en première classe… avant une renaissance ? Les paris sont ouverts.

 

 

– Ben quoi Earl ? Match sans disqualification qu’on a dit ! Estime-toi heureux que j’aie laissé mon bazooka à la maison.

– Non, ce n’est pas le problème, c’est juste que ça me fait tout drôle d’arnaquer quelqu’un.

 

Nalyse TNA Impact du 9 janvier 2014

 

En (pas) direct des Studios d’Orlando, Floride, dernier enregistrement en date avant un bon gros show live qu’on nous annonce du meilleur cru. Hélas, le Genesis du 16 janvier sera une parenthèse avant une nouvelle salve de tapings réalisés dans une certaine urgence.

Comme d’habitude un clip recense les derniers faits majeurs autour du titre mondial, la victoire de Magnus en finale de tournoi mi-décembre, puis le retour du diable Vauvert d’AJ Styles la semaine dernière pour contester la légitimité du nouveau détenteur.

Arrivée au ring de la présidente Carter. Visiblement très remontée ce soir (elle ne se donne même pas la peine de nous servir son large sourire hypocrite), elle présente le contrat/CDD d’une soirée destiné à AJ Styles et réclame sa signature immédiatement, précisant son souhait de voir ce cauchemar se terminer. Le rebelle s’amène de ce pas avec un micro, mais Dixie n’est pas disposée à lui laisser la parole. Selon elle il n’a pas besoin de prononcer le moindre mot, les éléments du contrat ont pu être analysés par ses avocats dans la semaine et la foule ici présente n’a pas à en être témoin. Elle répète qu’il ne s’agit que d’une opportunité d’un soir, d’un match où le vainqueur sera consacré Champion unique de la TNA. Dernière précision de sa part, ce sera un combat sans disqualification. Étrangement la foule acclame cette dernière déclaration, comme si elle ne pressentait pas ses conséquences. Dixie avoue s’être astreinte à l’idée de ce match, car son envie de ne plus jamais voir la face de Styles l’a emporté, tout comme son souhait de le voir sanguinolent, brutalisé, massacré, évacué sur une civière. Elle lui tend alors le contrat et l’enjoint de signer.

Pas pressé de la satisfaire, AJ s’amuse du discours confiant de la patronne envers son « Champion de papier », car elle tenait les mêmes propos au sujet de Bully Ray, or tout le monde sait ce qu’il est advenu à Bound for Glory. Il s’étonne qu’elle n’apprenne jamais rien de ses erreurs, pointe le fait que la conclusion de ce soir garantit que l’on n’aura plus un quelconque tournoi ou un autre stupide Dixieland Match. Il se déclare prêt à devenir le Champion incontesté, signe et certifie que la clause de non disqualification ne l’effraie pas. Il est conscient qu’elle a été rajoutée dans l’espoir que la foule ou n’importe qui vienne en aide à Magnus. Or il peut compter pour sa part avec de nombreux alliés dans la coulisse, des gens détestant la présidente et son régime autant que lui. À ces mots, Dixie monte d’un ton, réaffirme lui avoir tout donné. Quant à ses prétendus amis dans les vestiaires, c’est elle qui signe leurs chèques, elle les tient d’une main de fer. Elle conclut en exprimant son impatience à le détruire après l’avoir créé. Le Phenomenal One en exploserait presque de rire : elle, le détruire ? Et de quelle façon ? Par le même procédé qui a poussé Jeff Hardy à partir ? Il assure qu’elle ne peut rien par elle-même, prend le public à témoin pour valider la croyance répandue selon laquelle elle ne connaît rien au catch, il ne s’agit que d’une histoire de deux hommes allant en découdre pour savoir qui est le meilleur. Il se félicite d’avoir encore plus valorisé la ceinture mondiale en ayant quitté la compagnie, d’avoir acquis le respect que son « Champion de papier » ne reçoit pas.

Arrive alors Magnus, sous une bordée de chants « Paper champ ! Paper champ ! » Sa première mesure est de demander à Dixie de le laisser s’expliquer en face à face avec son futur adversaire.

Le rose et le noir, l’alliance impossible.

Après un chipotage de rigueur de la dirigeante, voilà donc les deux Champions seuls à seuls. Magnus prend un ton menaçant pour promettre qu’il s’agit de la dernière fois où on lui collera l’étiquette de « Champion de papier », car le temps d’AJ est bien passé et révolu. L’Anglais s’étonne de l’évocation de ces gens en backstage soi-disant prêts à l’aider, la dernière image laissée par AJ étant celle d’un fuyard solitaire. Il assure en finir avec lui ce soir et demeurer l’unique détenteur du titre. Magnus ne s’attarde guère plus entre les cordes. Tandis qu’il remonte la rampe, son opposant signe le contrat et demande à être écouté. Son dernier message consiste à évoquer le dur travail effectué depuis onze ans pour atteindre ce statut de Champion (sang, sueur et larmes, soit une revisite de grands classiques du speech). Quelle que soit l’issue ce soir, Styles affirme qu’il quittera la salle avec honneur, respect et dignité quand lui sera encore une fois occupé à lécher les fesses de Dixie. Magnus fait alors mine de vouloir remonter sur le ring pour en découdre tout de suite, mais est retenu sans mal par la patronne.

Segment accueilli par de belles envolées du public, ma foi assez justifiées. Il était indispensable, ne serait-ce que pour préciser la stipulation et renforcer le heat à l’endroit de Magnus. Je remarque d’ailleurs que ce dernier est encore très perfectible au micro, il faudra suivre à l’avenir s’il va s’émanciper ou se réfugier toujours derrière un autre orateur pour booster ses storylines façon Randy Orton à la WWE (en l’occurrence Dixie, guère plus talentueuse dans cet exercice a priori).

Nouvelle diffusion du clip concernant la tenue de l’Impact Genesis jeudi prochain.

En arrière-scène, nous prenons en cours une discussion entre Dixie et Gail Kim. La patronne insiste sur l’importance de la mission qu’elle lui confie, la championne des Knockouts dit saisir le message et la toujours muette Lei’D Tapa acquiesce de la tête. Une absence de parole qui inquiète la dirigeante. Aussi enjoint-elle Kim de clarifier la situation pour sa bestiasse de copine.

 

– Tu as bien compris ce que tu dois faire ?

– Ne jamais m’intéresser au titre.

– Mais non pas ça idiote, l’autre truc!

– Oui oh ça va je ne suis pas Great Khali non plus.

En préalable au match qui suit, Dixie informe à leur tour les BroMans sur le rôle qu’ils doivent accomplir. Robbie amorce un semblant de contradiction, avant que son collègue le foudroie du regard pour l’inciter à répondre positivement à la boss.

Manque de pot, le caméraman arrive encore à la fin du segment, nous ne constatons donc que leur accord verbal sans connaître explicitement la teneur du propos. Un art sulfureux du suspense à en faire se retourner Alfred Hitchcock dans sa tombe.

MATCH 1 : BroMans vs Joseph Park & Eric Young

Voilà une opposition dégagée de toutes les histoires en cours. Aucune utilisation par exemple, ni même mention de la métamorphose de Park en brute indestructible. Alors pourquoi ce mystérieux briefing ? Hum hum. À noter Zema Ion toujours aux platines pour annoncer ses potes, c’est pas comme s’il avait une mallette pour le titre X-Division et la volonté de redevenir catcheur un jour. Une minute après le début de l’affrontement, le titantron dévoile l’agression backstage d’ODB par le duo Kim/Tape-la. Eric Young n’a d’autre choix qu’abandonner son équipier pour sauver sa femme. L’occasion d’enfin obtenir un succès facile pour les Champions par équipe, titres qui n’étaient de toute façon pas en jeu. Les associés ne s’en contentent pas, ramènent après le gong une barrière de sécurité sur le ring et envoient Joseph Park via le finish de la Hart Foundation (toujours des approximations avec le nom des prises ne m’en voulez pas).

Bon allez, je ne vais pas insulter votre intelligence autant que la TNA feint de dribbler la notre, le plan de la soirée est clair : détruire tous les alliés potentiels d’AJ Styles en vue d’un main event plus « aéré ». De là à y inclure ODB, c’est peut-être pousser le bouchon (de rhum forcément) un peu loin.

 

Tout l’intérêt des barrières « old school »  réside dans leur facilité de transport, allez faire de même avec les gros panneaux de sécurité noirs…

En voilà un qui n’a en revanche rien compris au film. Samoa Joe, qui d’autre, se rend dans le bureau de Dixie avec un air revendicateur. Il s’autodésigne comme l’un des alliés mentionnés plus tôt par AJ Styles. La patronne lui suggère de réfléchir si son idée est de l’arnaquer. Quant au Samoan, il prétend ne pas avoir de crainte. Quel que soit le plan destiné à piéger Styles, il faudra lui passer sur le corps. Elle rappelle qu’elle l’a créé et peut tout aussi bien le briser, avant de lui conseiller de porter son attention sur son match de ce soir contre son neveu (EC3). Joe ricane au sujet de ce dernier. Il part en mentionnant que si le sang de son neveu est entre les mains de Dixie, le sien ne l’est pas. Expression qui demande mieux qu’une traduction mot à mot j’en conviens. Enfin, dans les grandes largeurs il y a une vaste idée de contrôle et d’insoumission derrière cela.

Un passage inutile, sinon de présenter une fois de plus Joe comme le dindon de la farce, semblable à un suspect très suspect comme dans un bon vieil épisode de Colombo.

Un plan filmé pendant la pub révèle l’état d’inconscience de Joseph Park, cloué sur une civière et entouré d’officiels.

Nous voyons à présent Eric Young s’affairant à porter sa femme hors de l’arène, il croise en chemin un Sting suspicieux et carrément interloqué par la situation qu’il trouve en backstage. Quelque chose me dit que notre Icon aura sa carte à jouer dans le main event.

Dure loi du système de santé américain, l’ambulance pour les uns, l’évacuation artisanale pour les autres.

Promo de James Storm au centre du ring. Il est déterminé à enfin mettre à plat les différends ayant émergé entre lui et son partenaire depuis quelques semaines. Ainsi demande-t-il à Gunner de le rejoindre. Ceci fait, le Cow-Boy met directement les points sur les I : ils ont formé une grande équipe, et en tant que spécialiste de cette division il peut témoigner de la nécessité de mettre son ego de côté dans un travail à deux. Son expérience lui a aussi appris que c’est souvent la course au titre de Champion du monde qui met un terme aux associations. Ainsi en a-t-il été de America’s Most Wanted (son duo avec Chris Harris) et de Beer Money (équipe avec Bobby Roode). À présent, il pointe comme responsable la mallette que détient Gunner. Ce dernier défend la façon dont il s’est emparé de la précieuse, ce qui a été réalisé dans un match où l’enjeu était individuel, où chacun aurait agi de manière identique. L’ancien jobber heel pointe aussi la jalousie de son équipier par rapport au choix de Kurt Angle la semaine dernière, son incapacité à justement mettre son ego entre parenthèses. Storm contient ses griefs pour mieux proposer un duel entre les deux, avec valise en jeu, car il estime son ami incapable de la décrocher une nouvelle fois. En guise de réponse, Gunner lui sert la main de manière virile.

Il n’est pas précisé si la mallette sera suspendue ou s’il s’agira d’un combat sous forme classique. Un peu incohérent en tout cas que Gunner n’exige pas de contre-enjeu. Pigeon jusqu’au bout le gars.

Sans transition aucune voilà Ethan Carter The Third donnant l’assaut sur Samoa Joe, par derrière c’est encore mieux. Au retour de la pub, les deux sont sur la rampe d’accès et débutent officiellement le combat. Enfin un nom au tableau de chasse du pistonné ?

MATCH 2 : Samoa Joe vs Ethan Carter III

Bien que pénalisé par l’attaque en traître de plutôt (mais pas le chien), Samoa Joe prend rapidement l’avantage. Il accule le neveu Carter dans un coin et le bombarde. Mais ce dernier est pris d’une lueur de stratégie et décide de s’acharner sur la jambe gauche de l’ancien Champion mondial (oui bon ça remonte à loin maintenant). Il s’en faut néanmoins de l’irruption du guignolesque Rockstar Spud pour que Joe se dissipe et s’aventure à l’extérieur du ring. Les deux sbires en chef de Dixie redoublent d’agressivité envers le genou gauche du Samoan. Au moment de les poursuivre, il s’effondre, avant d’accepter de ronger son frein au sol.

On ne comprend même pas si le match s’est achevé en count out, disqualification ou no contest. Finish peu soigné puisque l’intérêt repose encore une fois sur la mise hors d’état de nuire d’un allié potentiel d’AJ Styles.

Au petit jeu du « qui va se faire buter dans cette séquence ? » la TNA entretient le suspense :

  1. A/ « Joe gonna kill them ! », le Samoan se relève à la Shawn Michaels et enchaîne Sweet Chin Music et Hurricanrana.
  2. B/ Earl Hebner prend un énième droiton pour s’être découvert une conscience tardive.
  3. C/ Rockstar Spud prend un plongeon en reculant sur Christy Hemme.
  4. D/ Obi Wan Kenobi.

Focus sur Kurt Angle, aux côtés de Jeremy Borash. Le médaillé olympique se distingue par sa proposition d’Open Challenge du soir (autant ramener les Open Fight Night au rythme où ceux-ci reviennent à la mode), qui plus est dans une cage pour bien se préparer à celle qui accueillera son ultime duel (avant le prochain) contre Roode à Genesis. Il se fiche de qui aura le courage de répondre à son défi, il est prêt à tout.

Plan sur un AJ Styles pensif, recroquevillé au milieu du matériel pyrotechnique.

Après un retour en images sur les différentes agressions du soir, nous filons dans les vestiaires où un médecin examine Samoa Joe. Le catcheur assure qu’il va bien, mais le professionnel de santé insiste pour le transporter hors de l’arène.

Alors qu’il passe toujours entre les gouttes pour une raison inconnue, Sting est sidéré de découvrir les corps gisants de James Storm et Guner. Des infirmiers s’activent déjà autour d’eux. Seul indice éventuel sur l’agresseur, des bris d’une bouteille en verre aux alentours. Enragé, l’Icon va trouver Dixie dans l’arrière-scène du studio et exige des explications. Aurait-elle complètement perdu la tête ? Comment peut-elle tolérer tous les évènements s’étant déroulés ce soir ? Il s’insurge en détail sur ce dont il a été témoin, lui demande si elle le croit assez débile pour prétendre à une coïncidence, notamment du fait que tous les évacués sont des amis d’AJ. Elle répond seulement que chacun d’eux sait qu’il pratique un métier dangereux. Sting est consterné de voir ce qu’elle est devenue et demande quand elle compte arrêter ce manège. La patronne rappelle alors leurs positions respectives et lui annonce qu’elle va lui programmer un match ce soir, histoire de calmer ses ardeurs. Loin d’être calmé, le guerrier maquillé assure que rien ne l’empêchera de venir en aide à Styles.

MATCH 3 : Kurt Angle vs… Bad Influence (Open Challenge Steel Cage Match)

Dans un premier temps la musique de Bobby Roode retentit. Dans sa tenue de combat, le It Factor s’amène très sérieusement. Il déclare qu’il prouvera sa supériorité dans une semaine, ce qui signifiera le dernier match d’Angle et la fin de ses espoirs de Hall of Fame. Il chauffe alors son ennemi et le public, demandant si tout le monde a envie d’avancer le duel. Mais, loin d’être stupide Roode maintient l’échéance et désigne ses deux potes de Bad Influence comme les invités-surprises du soir.

Même si plus consistant que les deux précédents matchs-segments, ce challenge à handicap sert évidemment à élever un peu plus Angle au firmament. Après s’être incliné dans les mêmes conditions contre Joseph Park (certes en mode Abyss), le duo poursuit dans le rôle des faire-valoir idéaux. À la fois dommage pour les qualités exceptionnelles d’un Chris Daniels et pour la division Tag Team qui gagneraient à les avoir comme têtes d’affiche.

Dixie est au téléphone et réclame bruyamment de laisser la cage en place. Arrive alors Bobby Roode, apparemment convoqué au rapport. La présidente lui demande s’il se sent prêt pour un match en cage. D’abord étonné, il croit qu’elle fait référence au challenge de Kurt Angle et justifie son refus de ce soir par rapport aux multiples victoires acquises ces derniers temps. Mais elle lui signifie qu’il ne s’agit pas de ça, mais de la possibilité d’affronter Sting. Il n’en faut pas plus pour que Roode s’insurge de cette idée incongrue avec force « what ? » et expressions faciales hirsutes. Elle parvient néanmoins à calmer ses réserves, lui demande de montrer sa loyauté et lui assure qu’il ne sera pas seul. Ainsi accepte-t-il à reculons. « Tu dois te montrer un bon joueur d’équipe » réitère la dirigeante.

Petit segment priceless, comme toujours avec Bobby. Si la TNA coule, je parie qu’il sera le premier à rejoindre le monde de Vince McMahon.

À force elle devrait savoir qu’il n’est catcheur qu’une semaine sur deux.

Angle, encore en tenue de ring, est pris en photos avec des fans à l’extérieur de l’arène. Soudain surgit Al Snow en voiture. Sous couvert d’une urgence, il lui dit de monter avec lui.

Nouvelle pièce à l’implacable puzzle du complot. Sur le coup, Angle a super bien joué le benêt de service. Alors comme ça Monsieur possède l’immunité contre les bumps ? On lui pond une évacuation bien à lui ? Il est vrai qu’en cas d’attaque à son encontre on aurait eu du mal à le vendre comme vif la semaine prochaine.

MATCH 4 : Sting vs Bobby Roode (Steel Cage Match)

Rencontre étonnante et agréable. En tout cas la meilleure de Sting depuis un bon bout de temps. Le vieux a de beaux restes je dois l’avouer humblement, moi qui ne suis pas son premier fan, y compris dans son « prime ». Pour rester en cohérence avec la soirée, Ethan Carter III et Spud transmettent une sorte de batte de baseball pour assurer la victoire de Roode. Les sbires ne poursuivent pas l’assaut après le combat, la blessure du Stinger semblant acquise.

Segment en extérieur, et plus précisément au sein de l’église ayant sacralisé la fin des Aces & Eights. Mr Anderson est penché au-dessus du cercueil, il s’aperçoit rapidement de la présence de Bully Ray sur les bancs du fond. Le roi des Assholes propose d’en finir ici et maintenant, tandis que son adversaire opte toujours pour attendre Genesis, là où tout est censé commencer, mais où lui promet d’en finir. Il parle toujours de sa voix monocorde et de sa diction lente, le maintient à distance via son briquet allumé. Autour d’eux cette ambiance glauque et cette musique de fond avoisinant celle de « Qui veut gagner des millions ? » pendant les phases de réflexion. Ray prédit à son rival qu’il sera incapable d’endurer le type de douleurs que lui a subi, il dit le connaître par cœur, car il a été un frère d’armes, puis l’incite à regarder au fond du cercueil où un cadeau l’attend. Anderson se retourne vers celui-ci et y découvre deux ensembles de tenues de bébé, une bleue et une rose, référence aux jumeaux attendus par sa femme. Alors qu’il cherche à nouveau Ray du regard, il constate qu’il a quitté les lieux.

Excellente confrontation, tout en intensité et en finesse une fois n’est pas coutume. Par contre le coup de la menace du briquet faudrait oublier, que je sache Anderson n’a pas de l’essence sur le tee-shirt chaque semaine.

 

Est-ce à dire que le Piledriver ne fera pas perdre les bébés à Mme Anderson ?

Récapitulatif de toutes les agressions et coups tordus du soir.

Dans la foulée, Sting va défier Dixie une nouvelle fois. Il assure que rien ne le stoppera ce soir. L’occasion pour la patronne de lui susurrer de manière odieuse que nous ne sommes pas actuellement dans une période de vacances, mais dans celle des renouvellements de contrats. Bien qu’il s’affirme incorruptible et peu prompt à céder pour une question d’argent, elle tente de l’amadouer en pointant ses intérêts personnels, notamment qu’il n’aurait aucun intérêt à ce que AJ quitte la fédération en tant que Champion unifié, qu’il se condamnerait lui-même.

Belle interprétation de Dixie Carter, qui a ressemblé durant ce passage à une de ces garces de séries télé que l’on adore détester.

Clip récapitulatif des origines des différends entre AJ Styles et la direction de la fédération.

Après une dernière mise en avant du show Genesis de la semaine prochaine et ses quatre affiches connues (Angle/Roode, Ray/Anderson, Gail Kim/ODB, Sting/EC3), plein feu sur le main event.

MATCH 5 : AJ Styles vs Magnus (No Disqualification Match pour le titre poids lourds)

Comment décrire une opposition qui n’en a pas été une ? Dans le jusqu’au-boutisme de son plan, Dixie avait aussi prévu de ne pas même laisser « son » Champion être mis en difficultés. Ainsi Magnus tourne d’abord autour du pot, feint ensuite une blessure au genou lorsqu’il se réfugie à l’extérieur, avant que sa troupe d’alliés ne vienne passer à tabac Styles. D’abord par les seuls EC3 et Rockstar Spud, puis par les Bromans et Zema Ion.

De l’autre bord, Sting tient sa parole et joue le justicier à merveille en tant que seul face valide encore présent dans la salle. Ainsi nous offre-t-il régulièrement des vagues héroïques au milieu d’une chasse à l’homme impitoyable. Sont ensuite impliqués Bad Influence et Bobby Roode pour le bouquet final. Ajoutez à cela des arbitres envoyés bouler à tour de rôle et vous aurez un aperçu d’une action aussi foutraque que jouissive. Magnus s’impose sans avoir eu à exécuter la moindre prise importante, pas même le finish.

Un booking à faire rager tout fan traditionaliste, et pourtant cohérent dans son ensemble. Bien sûr on pouvait espérer quelques séquences entre les deux belligérants avant les premières interventions. Mais comment Dixie aurait-elle pu accepter l’idée de voir son Champion mis en difficultés ? Qu’un Roll Up et un compte rapide viennent conclure soudainement le combat ? Je pinaillerais plutôt sur le sort réservé aux arbitres, à quoi bon encore mettre en scène Earl Hebner en rebelle de la dernière heure ? À quoi faire tabasser son fils, qui ne faisait pas lui de manière pour obtempérer ?

J’ai lu ici et là sur divers forums la comparaison avec les gros brawls auxquels nous avaient habitués autrefois la WCW, notamment dans ses main events. La comparaison tient effectivement la route, mais ce clash m’a davantage évoqué le Casket Match Yokozuna/Undertaker du Royal Rumble 1994, où une dizaine de heels étaient venus permettre au sumo de conserver son titre. Gamin à l’époque j’avais détesté, ne percevant que de loin l’intérêt d’une storyline qui allait s’étendre toute l’année. Aujourd’hui le plan est davantage justifié encore, a mis très over AJ Styles (d’où ma conviction en un inévitable retour) et a consacré Dixie en heel enfin convaincante.

Reste à savoir s’il s’agissait d’un scénario sporadique ou si Magnus continuera à s’afficher comme un Champion faiblard dans les semaines à venir. Jusqu’ici on peut encore espérer qu’il ne s’agisse que d’un opportunisme forcené à un moment M.

L’enjambage de cordes, mouvement le plus périlleux du soir pour le Champion…

 

…Encore que la descente aura été plus redoutable encore.

Un show, fait rare, presque exclusivement centré sur une feud. Un peu décontenancé à la première vision, je l’ai réévalué positivement à la seconde (car oui je suis possédé, je revois tout deux fois minimum). Si l’on se contente d’un jugement purement catchesque, c’est-à-dire les perspectives ouvertes, l’opération est réussie. Je ne peux croire que Magnus et Styles ne se retrouveront pas bientôt dans un vrai one an one. Et puis l’action, même si le plus souvent illicite, a repris de l’épaisseur cette semaine. Dernier élément positif, le travail de construction autour de Sting pour qu’il devienne, en attente des retours de Hardy et Styles, le nouvel opposant numéro un au régime Carter. Pourvu que la suite soit à la hauteur…

Les récompenses du soir :

« Le moment dont on se souviendra encore dans un mois » : La boucherie générale pour virer de l’arène les faces du roster.

« La séquence drôle de la soirée » : Bobby Roode qui frise une fois de plus l’hystérie en apprenant qu’il va devoir catcher.

« Le Match de la soirée » : Sting vs Bobby Roode et Kurt Angle vs Bad Influence ex aequo (j’exclus d’office le main event de la candidature pour les raisons précédemment mentionnées)

« La Phrase de la soirée » : Sting : « Ce n’est  pas un match qui m’empêchera d’aider AJ. »

« La Pop de la soirée » : AJ Styles

« Le Heel Heat de la soirée » : Magnus

 « Le “On comprend pas tout” de la soirée » : ODB et Eric Young étaient-ils si dangereux pour devoir les écarter eux aussi ? Et où était le duo des nerds Norv Fernum-Dewey Barnes ? Une intervention dans les tenue de dindes gagnées à Thanksgiving n’aurait pas dépareillé.

« La mention spéciale » : À l’ensemble de l’angle pour mettre hors d’état de nuire les amis de Styles. Oui c’était un peu NwO sur les bords, mais il fallait oser aller au bout de cette idée, notamment le résultat défavorable au face. Je suis convaincu que si la WWE met en place un plan de ce genre contre John Cena il finirait par s’imposer quand même.

– Vraiment une super storyline Dixie. Bon maintenant vous avez buildé qui comme prochain challenger ?

– Euh…

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