Critique Hipotesis (Allociné, 13 février 2014)

Allociné Hipotesis

Hipotesis de Hernan Goldfrid avec Ricardo Darin, Alberto Ammann, Calu Rivero (Argentine/Espagne; 2013) ***

Roberto Bermudez, spécialiste du droit pénal, est convaincu que l’un de ses meilleurs élèves est l’auteur d’un meurtre brutal qui a eu lieu à la Faculté de droit. Déterminé à découvrir la vérité sur ce crime, il se lance dans une enquête qui va peu à peu devenir une obsession.

Une pièce de monnaie qui roule sur la tranche sans vouloir choisir entre pile ou face, un grand appartement dévasté, un homme saisi d’un effroi qui le fige sur son canapé : le décor est planté. Le mystère, voilà ce que sera l’essence de ce deuxième long-métrage du jeune réalisateur argentin Hernan Goldfrid. De cette situation initiale nous allons remonter aux causes de l’angoisse. L’intrigue s’ancre autour d’un crime commis dans le milieu universitaire. Un duel psychologique s’installe entre un étudiant doué et un ancien avocat venu délivrer ses connaissances en affaires criminelles. Ce numéro du chat et de la souris convoque à la fois l’incontournable La corde d’Hitchcock et des variantes plus récentes comme Calculs meurtriers ou Crimes à Oxford. Des « petits » films malins qui manipulent autant les spectateurs qu’ils ballottent leurs personnages. De ce filon porteur accouche parfois des catastrophes, faute à un goût prononcé pour les rebondissements de trop. Heureusement, ce n’est pas le cas ici. Sans trahir son intention finale, la narration prend le parti de Roberto le grisonnant désabusé face à Gonzalo le jeune insolent. Pourtant, en lisant entre les lignes on s’aperçoit que le plus imbu et arrogant n’est peut-être pas celui qui en démontre les signes les plus ostensibles. Les acteurs principaux varient parfaitement les registres, passant de séduisants à détestables. La réalisation est suffisament épurée et fine pour ne pas appuyer sur les indices parsemés en chemin. Citons notamment la séquence de la discothèque qui instaure habilement le doute entre le déroulement des faits et leur perception. Et si l’ultime plan en frustrera beaucoup, il a le mérite de remplir le contrat tacite signé en préambule. Seul bémol, inévitable, le manque d’originalité de l’exercice de style choisi, devenu un sous-genre du polar vite oubliable.

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