Preview Bellator FC Saison 10 – Plus qu’un concurrent à l’UFC, une alternative

Bellator MMA Championship Tournaments

Autrefois regardée avec dédain et curiosité par ses grandes sœurs de l’UFC et du StrikeForce, la « petite » compagnie californienne est devenue en cinq ans une pièce majeure du monde des Mixed Martial Arts (MMA). Sa formule spécifique, sous le principe du fonctionnement d’une émission télévisé à épisodes, n’est pas étrangère à son succès. Ainsi arrive-t-elle au fil des tournois et des saisons à construire sa propre mythologie.

Historique globale et perspectives du menu particulièrement chargé de la 10e saison.

Des tournois allant de la catégorie poids lourds à celle des plumes, la quasi-totalité des titres défendus en l’espace de deux mois (seule la division Lightweight manque à l’appel – voir par ailleurs), des stars établies opposées à des clients à leur hauteur, de nouveaux candidats pour bousculer les habitués de la compétition : tous les ingrédients sont réunis pour un nouveau trimestre  de pugilat made in Bellator Fighting Championships. L’actuel numéro 2 des MMA américains (et mondiaux) présentera sa 110e édition à la fin du mois, débutant ainsi ce qui s’annonce comme une année charnière.

L’anti StrikeForce

S’il ne bénéficie pas encore d’une diffusion internationale significative (visible notamment en France avec deux semaines de décalage sur Kombat Sport), le Bellator a construit son succès grâce à une stratégie qui ne doit rien au hasard.

Début 2009, les cendres du prestigieux Pride FC japonais sont encore chaudes, l’UFC en a récupéré la quasi-totalité des stars et l’éphémère concurrence est réduite à établir des cartes avec les rares rescapés ou rejetés : Fedor Emelianenko, Josh Barnett ou Andrei Arlovski à Affliction, Frank Shamrock, Nick Diaz ou Renato Sobral au StrikeForce… Les galas de ces organisations sont trop espacés et hétérogènes pour que le public puisse se prendre d’intérêt pour de nouveaux fighters.

C’est alors qu’émerge l’initiative de Bjorn Rebney, homme de loi spécialisé dans le droit du sport : lancer une compagnie qui remettrait au goût du jour les tournois, à la fois base et image d’Epinal des arts martiaux. Ceux-ci ont disparus au rythme de la professionnalisation de la discipline, notamment aux Etats-Unis où des commissions sportives chapeautent les évènements et interdisent à un combattant de livrer plusieurs joutes le même soir. Contourner cet obstacle ne sera pas l’opération la plus complexe. Au lieu d’une compétition unique, la fédération réalisera une ronde entre les tournois des différentes catégories (quatre sont concernées lors de la première saison), agrémentés de combats d’encadrement, ce qui conduira à un espacement approximatif d’un mois entre chaque niveau franchi. Pour exemple le parcours de Lyman Good, premier vainqueur en poids welters : ¼ de finale le 10 avril, ½ finale le 15 mai et finale le 12 juin. Suffisament de temps pour respecter les conventions et créer une attente, sans trahir le concept-même de tournoi, destiné à se conclure sur du court terme.

Les problèmes de financement mettent en revanche à mal le projet. Rebney passe près de six mois à rendre visite à des investisseurs potentiels, refroidis par les récentes faillites d’organisations comme l’Elite XC ou l’International Fight League (IFL). En parallèle le futur président sillonne le pays pour sonder des combattants potentiels et parvient à signer un accord avec un diffuseur anglo-hispanique, ESPN Deportes.

L’aventure démarre donc début avril 2009 dans la petite salle du Hard Rock Hotel de Hollywood (en Floride). La première édition comprend des fighters qui ne tarderont pas à se faire un nom : Daniel Sarafian (aujourd’hui à l’UFC), Jonathan Brookins (vainqueur du TUF 12 fin 2010), Joe Soto (récemment couronné Champion des coqs au Tachi Palace Fights) ou encore Eddie Alvarez (double Champion poids légers du Bellator). En une poignée d’années, l’organisation a changé plusieurs fois de diffuseur pour finalement obtenir en 2013 une case horaire avantageuse, le vendredi soir sur Spike TV, chaîne anciennement associée à l’UFC. Rare coïncidence avec la compagnie leader du marché. Car le mérite principal du BFC est d’avoir su se différencier stratégiquement. Par les tournois nous l’avons déjà dit, mais aussi par sa capacité à auto-générer des stars qui lui sont propres. Selon le principe inaliénable que tout le monde est inconnu avant d’avoir pu sortir du lot, le Bellator a réalisé une belle campagne de promotion autour de ses meilleurs combattants et champions, forcément légitimes puisqu’ils auront dominé trois adversaires dans un intervalle rapprochée pour devenir challengers puis rentabilisé leur title shot.

Voici un spot emblématique de la communication privilégiée par la compagnie, il met en avant le fait que personne ne connaissait Michael Chandler avant son avènement au Bellator.

Force est de reconnaitre les avantages de ce dispositif liant l’émergence des fighters à cette seule organisation, plutôt que de s’appuyer sur des hommes à la gloire passée et étiquetés à tout jamais par ces accomplissements.

Les tentations de remettre en cause ce fonctionnement sont nombreuses et, s’il ne cherche pas à signer le moindre fighter non renouvelé par l’UFC, le Bellator a voulu créer le buzz en fin d’année dernière avec une opposition entre deux icônes de ce sport : Quinton « Rampage » Jackson et Tito Ortiz. Prévu pour être le main event de son premier pay per view, le duel a finalement été ajourné pour cause d’indisponibilité du second nommé et la compagnie a reporté ses débuts en PPV. Aussi ne faut-il pas voir de reniement dans cette initiative, tout comme pour la récente signature de Cheick Kongo. Cela correspond à des occasions sporadiques plutôt qu’à une récupération généralisée de stars estampillées UFC. En contrepoids, la compagnie a d’ailleurs créé Fight Master, son équivalent de The Ultimate Fighter, pour dénicher de nouveaux talents.

Spot concernant l’édition de 2013

Présentation des participants de la première saison

 Certaines limites inhérentes

Malgré sa forte identité, le Bellator est encore largement perçu comme un simple tremplin. Il révèle les combattants et éprouve ensuite de grandes difficultés pour les conserver. De son Champion poids lourds invaincu Cole Konrad, préférant la retraite à la longévité, à Ben Askren, terreur des Welterweight parti au One FC en passant par Hector Lombard, apparu comme invincible mais au parcours mitigé depuis qu’il évolue dans l’Octogone. Cette faille laisse douter de la capacité à l’implantation de Champions emblématiques à long terme.

Quant à la formule de tournois continuels, elle est en proie à des carences si elle ne présente pas assez de renouvellement des fighters y participant. Pour exemple la division Light Heavyweight est le plus petit roster de la compagnie, d’où une compétition réduite depuis peu à quatre participants au lieu de huit. Parmi eux, Muhammed Lawal bénéficie d’une certaine condescendance puisqu’il entrera dans son troisième tournoi de la catégorie en un an. Le star power de l’individu n’y est sans doute pas pour rien. Pointe alors l’accusation de conjonctures favorables à la détermination préméditée de challengers. Ainsi la victoire dans le mini tournoi poids lourds de Cheick Kongo en saison 9 semblait toute désignée tant il présentait un background supérieur aux autres participants. Autre problème pratique, le risque d’embouteillage de challengers lorsqu’un combat de championnat doit être reporté, faute à une absence prolongée du tenant du titre ou une remise en cause de la hiérarchie. Ce cas est doublement illustré cette année avec les catégories Lightweight et Featherweight. Dans le premier le Champion Eddie Alvarez n’est pas remis d’une blessure, sans que l’on sache si son combat de retour sera une belle face à Michael Chandler ou un affrontement contre un des deux vainqueurs de tournoi en attente, Dave Jansen ou Will Brooks. Dans la seconde situation, Pat Curran s’est vu accorder une revanche directe face au nouvellement couronné Daniel Straus alors que Frodo Khasbulaev et Patricio Freire ont obtenu un accessit théorique. À terme la compagnie devra revoir son mode de désignation des prétendants au titre, sous peine de voir son concept majeur être réduit à un gadget.

Voici les deux affrontements entre Michael Chandler et Eddie Alvarez, assurément parmi les meilleurs s’étant déroulé sous l’égide du Bellator.

Matchs de Championnats prévus pour la saison à venir

Bellator Dantas vs Leone

Eduardo Dantas vs Anthony Leone (7 mars – Bantamweight

Bellator Straus vs Curran 3Daniel Straus vs Pat Curran (14 mars – Featherweight)

Bellator Vegh vs NewtonAttila Vegh vs Emmanuel Newton (21 mars – Light Heavyweight)

Bellator Shlemenko vs WardAlexander Shlemenko vs Brennan Ward (28 mars – Middleweight)

Bellator Minakov vs KongoVitaly Minakov vs Cheick Kongo (4 avril – Heavyweight)

Bellator Lima vs HawnDouglas Lima vs Rick Hawn (18 avril – Welterweight)

Bellator Joe Warren Edition 118Vainqueur de Dantas/Leone vs Joe Warren (2 mai – Bantamweight)

Brève présentation des participants aux tournois de la saison à venir

A noter que ceux du tournoi poids moyens n’ont pas encore été annoncés.

Bellator Season 10 Featherweight Tournament 

  • Diego Nunes, ancienne figure importante du WEC et de l’UFC.
  • Matt Bessette, 100% de victoires pour ses trois apparitions au Bellator, jusqu’ici hors-tournoi.
  • Daniel Weichel, combattant à la grosse expérience ayant notamment œuvré au M-1.
  • Scott Cleve, américain sans grande réputation, reste néanmoins sur dix victoires lors de ses onze derniers combats dont une au Bellator en 2013.
  • Mike Richman, s’est incliné les deux fois face au vainqueur du tournoi de la catégorie lors des saisons 7 et 8.
  • Desmond Green, auteur d’une participation infructueuse lors du tournoi saison 9 de la même catégorie.
  • Goiti Yamauchi, ce japono-brésilien possède un palmarès de 16-1 et un taux de finalisation supérieure à la norme. Déjà 2 victoires au Bellator. À suivre de près.
  • Will Martinez, enfin convié à un tournoi après quatre victoires de rang au Bellator.

Bellator Season 10 Lightweight Tournament

  • Marcin Held, troisième participation à un tournoi de la catégorie après une élimination au premier tour par Michael Chandler en saison 4 et une défaite en finale en saison 7.
  • Rodrigo Cavalheiro, nouveau venu au Bellator, reste sur dix victoires consécutives dont 9 KO/TKO.
  • Brandon Girtz, score de 3-1 au Bellator, première participation à un tournoi.
  • Derek Campos, score de 2-1 au Bellator, première participation à un tournoi.
  • Patricky Freire, troisième participation dans un tournoi après la saison 4 (défaite en finale) et la saison 6.
  • David Rickels, figure du Bellator où il possède un score de 9-2, vainqueur du tournoi de la saison 8 dans cette catégorie, mais a échoué à la prise du titre.
  • Terry Etim, star anglaise du fight, une dizaine d’apparitions dans l’Octogone de l’UFC, victoire récente en novembre 2013.
  • Derek Anderson, invaincu en onze combats dont une récente victoire contre Patricky Freire.

Bellator Season 10 Welterweight Tournament

  • Andrey Koreshkov, vainqueur du tournoi de la catégorie lors de la saison 7, la seule défaite de sa carrière a eu lieu contre le Champion Ben Askren.
  • Jesse Juarez, compte cinq victoires au Bellator, mais n’a encore jamais pris part à un tournoi.
  • Mark Scanlon, sorti en 2013 d’un gros passage à vide après son unique participation à un UFC, en novembre 2010 en Allemagne. Il s’agira ses débuts au Bellator.
  • Adam McDonough, palmarès impeccable de 9-0, il s’agira de son premier vrai test.
  • Joe Riggs, combattant ultra expérimenté qui a officié dans les plus grandes compagnies, a retrouvé une seconde jeunesse en remportant la première édition de Fight Master.
  • Sam Oropeza, jusqu’ici trois participations hors-tournoi.
  • War Machine, connu autant pour ses frasques dans le cinéma porno que pour sa participation au TUF 6 en 2007. Battu en demi-finale lors du précédent tournoi de la catégorie.
  • Nah-Shon Burrell, apparitions sans grand éclat au StrikeForce et à l’UFC. Une première victoire au Bellator fin 2013.

Bellator Season 10 Light Heavyweight Tournament

  • Quinton Jackson, légende du Pride FC, ancien Champion de l’UFC dans la même catégorie.
  • Christian M’Pumbu, ancien Champion de la catégorie.
  • Muhammed Lawal, ancien Champion du StrikeForce, devenu en peu de temps un incontournable malgré des résultats en dents de scie.
  • Mikhail Zayats, combattant de renom ayant été challenger au titre au M-1 et défait en saison 8 en finale du tournoi de la même catégorie.

Bellator Season 10 Heavyweight Tournament

  • Peter Graham, dominé par Cheick Kongo en finale de l’édition précédente, il se voit offrir une nouvelle chance.
  • Mighty Mo, avant tout un kickboxer dont la carrière en MMA laisse sceptique. Néanmoins deux victoires enregistrées au Bellator en 2013.
  • Alexander Volkov, ancien Champion poids lourds, détrôné par Minakov lors de la saison précédente.
  • Mark Holata, score de 3-2 au Bellator, toujours hors-tournoi. Son dernier combat remonte à octobre 2012, ce qui laisse planer le doute sur son niveau actuel.
  • Blagoi Ivanov, Champion mondial de sambo, réputé notamment pour sa victoire contre Fedor Emelianenko dans cette discipline. Invaincu en dix combats de MMA dont quatre au Bellator. Faute d’une blessure, il avait dû abandonner le tournoi heavyweight en cours en saison 5.
  • Richard Hale, toujours placé jamais gagnant, il entame son 4e tournoi au Bellator, s’est notamment incliné en finale Light Heavyweight en saison 4 et en finale Heavyweight en saison 7.
  • Lavar Johnson, éphémère cador au Strikeforce, il cherche un nouveau souffle depuis 2011, ainsi reste-t-il sur cinq défaites lors de ses sept derniers combats.
  • Ryan Martinez, s’est incliné en finale du tournoi Summer Series 2013 contre Vitaly Minakov, futur Champion de la catégorie.
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